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Le Premier ministre qui cherche également des solutions. du côté du patronat. Absolument, une tentative en tout cas pour ce gouvernement de sortir d'un tête-à-tête incertain entre les cortèges et le gouvernement pour entrer dans un dialogue qui soit un peu plus balisé avec les acteurs sociaux. Donc l'objectif de Sébastien Lecornu, le chef du gouvernement, c'est donc de parvenir à faire se nouer le débat entre des syndicats et les organisations patronales. L'objectif, nous l'avons entendu dans le sujet, sans doute, c'est de faire passer le seuil des 1 500 euros net et avec une hausse autour de 20 euros. 23 euros, loin donc des demandes des différents syndicats de salariés qui seront reçus lundi. Il se tourne donc Sébastien Lecornu vers Patrick Martin, qui est le patron du MEDEF, vers Amiréza Tofighi pour les petites et moyennes entreprises et pour Michel Picon, qui était ici encore ce soir, qui dirige l'union, lui, des entreprises de proximité, des dirigeants, de chefs d'entreprise extrêmement, des entreprises, elles, extrêmement différentes, qui font face à des réalités non moins différentes, avec des marges de manœuvre en conséquence extrêmement différentes. et donc évidemment une complexité globale qui ne donne pas une horizon extrêmement rose à cette conférence sociale. Ça veut dire quoi ? Qu'il n'y a pas beaucoup de chance pour trouver un terrain d'entente ? Alors moi je dois dire que je n'y crois pas énormément ou alors à peine en apparence ou alors sans doute parce qu'il faut tout de même trouver une issue à ces cortèges dans la rue qui prennent la place et pourquoi pas après tout de la campagne présidentielle. Non mais en fait si je n'y crois pas... Raison simple, c'est qu'Emmanuel Macron lui-même n'a jamais cru à la démocratie sociale, à cet art du compromis qui convoque le temps long ou au moins au temps semi-long et surtout qui fait confiance au corps intermédiaire de ce pays dont sont les syndicats. Et cela remonte à loin parce que déjà en 2016, on s'en souvient, lors des lois travail, Emmanuel Macron était à Bercy, François Hollande était à l'Elysée et à ce moment-là, il lui avait demandé de faire l'intermédiaire avec Laurent Berger qui avait la confiance de France. François Hollande est beaucoup trop aux yeux d'Emmanuel Macron qui, lui, ne voulait pas dépendre des syndicats. Et lorsqu'il est arrivé à l'Élysée, non seulement il voulait que les choses aillentent, considérant que le dialogue social ralentissait son action, c'est Emmanuel Macron comme chef, avec personne en dessous, on l'a dit, sur les corps intermédiaires, il n'y croyait pas. Et durant tout son mandat, cela s'est vu en particulier, évidemment, lors des lois, lors de la réforme des retraites et des cortèges qui étaient dans la rue, il a reçu des avertissements. de certains de ces ministres, dont Astrid Panosian, qui était ministre du Travail. Il ne les a pas écoutés. Et aujourd'hui, au crépuscule de ces mandats, la situation reste compliquée.
Merci, Sophie. Bonsoir à vous, Olivier Roucan. Merci d'être avec nous ce soir. Vous êtes politologue, enseignant, chercheur en sciences politiques et chercheur associé au CERSAL, Centre d'études et de recherche de sciences administratives. Trouver une solution. Augmentation du SMIC, c'est sûr, il y en aura une.
Oui, ça c'est acté. Ça veut dire
que le coût du travail en France sera au cœur des discussions, si l'augmentation du SMIC il y a
coût du travail, si vous voulez, lorsqu'on regarde la baisse des cotisations aussi bien salariales que patronales depuis des années, ce coût sur le plan des charges sociales a diminué. Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles, comme cette baisse des cotisations est liée au SMIC ou à 1,1,2 fois le SMIC, c'est une des raisons pour lesquelles beaucoup de salaires se situent à ce niveau-là parce que les entreprises ont un intérêt finalement puisqu'elles payent moins de charges. Et ça crée cet aplatissement de la courbe des salaires et le fait qu'en France, de plus en plus de travailleurs, la moitié aujourd'hui des salariés du privé sont 20% en dessous du salaire moyen. Donc c'est vous dire que cette évolution de la baisse du pouvoir d'achat, c'est quelque chose qui est préparé depuis assez longtemps. Entre 2014 et 2024, on a eu par an 0,5% d'augmentation du pouvoir d'achat. Et là, on a une baisse du pouvoir d'achat. Donc on est sur des dynamiques qui sont assez anciennes finalement, mais qui s'aggravent dans le mauvais sens.
Et si le gouvernement fait un geste sur la fiscalité, alléger les prélèvements des charges
Là, disons que vous savez bien à quel point la fabrication du budget est difficile sur le plan des recettes, du fait d'une croissance à tonnes. Et donc l'État ne peut pas faire grand-chose sur le plan de la baisse de la fiscalité, et d'autant plus qu'il a fait… C'est en partie ce que disent les syndicats qui défilent, beaucoup de cadeaux aux entreprises. Donc peut-être qu'une ouverture de ce qui sera discuté dans cette conférence sociale, ce sera la question des aides aux entreprises, sur lesquelles, semble-t-il, on peut récupérer de l'argent. Mais le temps est compté et c'est quand même quelque chose de difficile et d'assez lourd à... Vous
le disiez, le temps est compté. Une cinquantaine de responsables d'universités françaises n'ont défilé symboliquement aujourd'hui du Sénat à Matignon pour demander une action urgente en faveur notamment des étudiants et lycéens. Il y a urgence, disent-ils, comme vous le dites à l'instant. Est-ce que l'exécutif aurait dû anticiper la montée de cette colère ?
Disons qu'il y avait des indicateurs, y compris d'ailleurs dans les sondages, dès cet été, qui montraient bien que la colère montait. Ensuite, où précisément... On est toujours surpris a priori dans l'histoire de l'éclosion de certaines mobilisations sociales qui peuvent ensuite faire tâche d'huile. Pourquoi cette année plus tôt que l'an passé, la situation dans les universités, la situation des étudiants face à Parcoursup, des lycéens, pardon, c'est quelque chose d'assez ancien d'installer. On entend les familles angoissées avec ce Parcoursup depuis plusieurs années. À un moment donné, les facteurs explicatifs sont difficiles à trouver sur le moment. Eh bien, cela explose. Il y a plusieurs facteurs, dont un, c'est un pouvoir en bout de course. L'horizon de la
présidentielle aussi peut jouer ?
L'horizon de la présidentielle, mais un pouvoir en bout de course, inconsciemment ou consciemment, les forces qui sont en colère ont un espace, puisqu'il est affaibli, ce pouvoir.
Ça veut dire quoi ? Que la conférence sociale arrive trop tard
Bien sûr, de toute façon, il vaut mieux commencer un mandat en faisant des conférences sociales. que le terminer en sachant qu'on ne va pas pouvoir faire grand-chose parce que les acteurs qui vont aller à cette conférence sociale, ils savent à l'avance qu'ils vont être déçus. Même si on augmente un peu le SMIC, alors ce sera toujours ça de gagné, mais il n'y aura pas les réformes structurelles que nécessite un tel état de colère et d'inquiétude aussi.
À qui profite la crise, Olivier Roucan
Je ne dirais certainement pas aux Français, certainement pas à ce pouvoir, on l'a bien compris. Et je ne suis pas sûr qu'elle profite aux candidats, quels qu'ils soient, parce que Calais est aujourd'hui un projet qui donne envie. qui fait un peu rêver, qui donne de l'espoir, tout en étant dans cet étau de la contrainte financière et économique, c'est quelque chose qui relève de la magie presque. Mais
la colère, pour elle, c'est-à-dire de mettre au cœur et sur la table les sujets qui inquiètent décidément et profondément les Français.
Oui, simplement une colère doit déboucher sur quelque chose de constructif, sur des propositions, sur le fait que la société à l'avenir puisse reposer un contrat social et se projeter, notamment sur la question de la redistribution et des inégalités qui n'ont cessé d'augmenter. Parce que le fond de l'affaire, il est là finalement. Et bien là, ce sont des projets présidentiels qui vont pouvoir essayer de répondre à ces attentes. Et c'est très difficile aujourd'hui, je vous dis, de tenir cet équilibre entre un réalisme économique dur, puisque la France, elle est attendue, on ne lui fait plus de cadeaux, plus du tout, sur les marchés financiers. Et puis, il faut quand même, encore une fois, contenter ou essayer de le faire des individus qui, pour mille raisons, sont insatisfaits.
tout cas, il y a cette conférence, il y aura certainement des annonces qui seront faites au moment où Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron sont à leur plus bas niveau historique de popularité.
là encore, ça semble presque logique du fait de l'enchaînement. des événements et du fait que ça a été dit. On essaie de voir quels facteurs peuvent permettre de comprendre pourquoi. Ce pouvoir a faibli aussi parce qu'il a refusé de jouer le jeu, soi-disant désuet, des négociations et d'un travail en commun avec les organisations syndicales, avec les corps intermédiaires. Mais c'est la même chose avec les collectivités territoriales. Donc cette cassure qu'il y a eu... entre cet état central et le reste de la société, se payent aujourd'hui de façon très visible la dernière année, entre autres. Il y a déjà eu des chocs importants, mais c'est assez révélateur et symbolique ce qui se produit là.
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