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Si le SMIC passe à 1 500 euros net, cela représente un peu plus de 22 euros supplémentaires par mois. C'est quoi selon vous, Julie Ferreuil ? C'est un coup de pouce ou un coup de com ?
Nous, on pense surtout que ce n'est pas encore assez. Donc ce n'est
pas un coup de pouce
Ce n'est pas un coup de pouce, c'est plutôt un coup de com'. Dans le sens qu'on voit sur les lieux de travail, c'est qu'aujourd'hui, on a des salariés qui ne mettent pas de fioul pour se chauffer cet hiver, qui n'ont pas rempli leur cuve, parce qu'ils n'ont pas les moyens. C'est ça aussi qu'on voit sur le lieu de travail. Ce sont des salariés qui sont de plus en plus précaires. Parce que du fait de l'inflation, du fait de l'augmentation des prix, et au-delà du SMIC, ce qu'on demande aussi, c'est des revalorisations dans toutes les branches. Il y a un véritable dialogue qui s'ouvre dans toutes les branches, parce que le SMIC va augmenter, mais les bas salaires, aujourd'hui, si le SMIC augmente, même s'il n'augmente pas, il y a 124 branches. qui ont les premiers salaires de leur grille qui sont en dessous du SMIC. Donc ça, c'est aussi à revoir vraiment pour éviter cette trappe à bas salaires. Donc nous, ce qu'on demande, c'est une véritable augmentation du SMIC. Jusqu'à combien, pardon ? Alors nous, à Solidaire, on demande un SMIC à 2000 euros. Comme le demande France Ouvrière. Comme le demande, voilà.
Grégoire Leclerc, pour les patrons qui alertent, augmenter les salaires pourrait faire grimper les prix et menacer l'emploi. Augmenter le SMIC, est-ce qu'on relance la consommation ou est-ce qu'on alimente l'inflation
fait, il n'y a pas de pensée magique. C'est-à-dire que si on augmente les SMIC, on va évidemment faire payer ça d'abord aux chefs d'entreprise, donc aux entreprises qui elles-mêmes n'ont pas de trésorerie. Et je parle surtout des entreprises qu'on accompagne énormément, des TPE, PME, qu'on accompagne beaucoup et qui ont des trésoreries déjà difficiles aujourd'hui. Donc on va leur demander de faire un effort supplémentaire. Et cet effort va être répercuté où ? chez les clients. Donc ça veut dire qu'on va augmenter encore plus l'inflation parce qu'il va y avoir une répercussion immédiate et massive de cette hausse des salaires dans les prix d'achat. Donc finalement on rentre dans un cercle vicieux qui n'a jamais fonctionné d'ailleurs, on le sait bien, on va mettre en péril l'emploi, on va mettre en péril le pouvoir d'achat en essayant d'augmenter péniblement le SMIC et tout ça pour faire régler, c'est comme d'habitude le problème, faire régler aux entreprises un problème de l'État. Les entrepreneurs ne sont pas magiques, les grands sauveurs de l'humanité, ils ne sont pas là pour régler les problèmes que l'État a causés lui-même. La hausse du carburant notamment n'est pas à remettre toujours sur la tête des mêmes personnes, à savoir les chefs d'entreprise.
Sophie Dravenel, ce serait une journée clé cette journée de lundi parce que Sébastien Lecornu reçoit les organisations syndicales et les organisations patronales et partenaires sociaux.
Oui, c'est une journée clé, c'est une journée compliquée, parce que c'est une journée clé dans la mesure où on essaye de sortir, le gouvernement tente de sortir d'un tête-à-tête, d'un face-à-face entre les cortèges et le gouvernement pour faire quelque chose qui ressemble à de la démocratie sociale, mais une démocratie sociale qu'il n'a jamais menée pendant les dix ans comme durait le mandat d'Emmanuel Macron. Et donc, dans cette situation-là... on a le sentiment de quelque chose d'un peu crépusculaire, si je peux me permettre, qui pourrait ne pas convaincre les différents acteurs qui seront autour de la table, aussi bien du côté du patronat que du côté des syndicats. La question, c'est que tout de même, il va falloir donner des réponses concrètes. d'un gouvernement qui n'a plus que cinq mois de vie et qui pourrait, en tout cas les ministres qui sont là, ne pourraient ne pas être conduits. On sait bien que les marges de manœuvre sont difficiles. Mais ce qui est très intéressant, c'est de pouvoir poser sur la table ce débat-là, ces débats-là, toutes les questions qu'il pose, alors que nous sommes en pleine campagne présidentielle et qu'il ne soit pas saisi que par les candidats, mais par les acteurs du corps social pour donner plus de corps et plus de réalité à ces débats sociaux qui habitent le pays depuis des années.
Que vous disent vos employés, justement, concernant l'augmentation des salaires ? Quels discours leur tenez-vous s'ils vous font part de ce genre d'inquiétudes et de revendications concernant leur fin de mois,
la vie
chère
Bien sûr que dans nos employés, on est 300 employés chez MyNesoft, on a effectivement des employés qui sont au SMIC et pour lesquels un coup de pouce est nécessaire. D'ailleurs, on a mis en place des primes, notamment, pour les aider en matière de carburant, pour les aider à venir au travail. Que vous financez comment ? On finance sur les données de l'entreprise. C'est une prime finalement, qui est taxée d'ailleurs en termes de charges sociales à 100%. On n'est pas aidé par l'État pour le faire. Donc on le fait parce qu'on pense qu'on a la capacité de le faire et qu'on a un intérêt à ramener les salariés aussi au travail parce qu'il est bien qu'ils puissent se déplacer. Mais ce qui est certain, c'est que ce n'est pas un puissant fond. À un moment donné, si on le fait, d'ailleurs on en parlait, si on le fait pour le SMIC, il faut qu'on le fasse aussi pour tout le monde parce qu'on doit faire évoluer l'ensemble de la grille salariale, de l'ensemble des salariés. que la boîte compte 5, 10 ou 300 personnes. Donc tout ça, c'est un effet d'emballement qui est compliqué. Les salariés et les patrons ont conscience que les salariés ont un problème de pouvoir d'achat. On a conscience qu'il y a de la vie chère. On a conscience que les mobilisations ne sont pas neutres. Mais on ne peut pas récupérer la patate chaude à chaque fois qu'il y a un problème en disant que les entreprises n'ont qu'à payer plus cher des salaires. Ça ne marche pas.
Est-ce que vous diriez, parce qu'on en parlait tout à l'heure avec Sophie de Ravenel, Julie Ferrué, que finalement ce qui se joue dans la rue depuis bientôt plus de trois semaines et sûrement demain, parce qu'on va en parler de la mobilisation de demain, c'est un rejet du macronisme de deux quinquennats d'Emmanuel Macron ?
C'est un rejet du non-dialogue social qu'il y a eu pendant tous les deux quinquennats d'Emmanuel Macron. On a été très peu reçus et quand on a été reçus, on a été méprisés. Il n'y a eu aucune écoute de ce que demandaient les syndicats, que ce soit Solidaire ou l'ensemble des syndicats. On a été très peu écoutés. Et au-delà de l'augmentation du SMIC, effectivement, il y a cette vie chère qui y revient. Nous, ce qu'on demande aussi, c'est un blocage des prix des produits de première nécessité, qui nous paraît aussi important dans la période. Et puis nous aussi, ce qu'on dit, c'est qu'augmenter le SMIC, ça permettrait aussi de relancer la croissance et de permettre à certains commerces aussi de reprendre un peu de force. Parce qu'il y a ça aussi, c'est qu'aujourd'hui, on voit qu'il y a une croissance qui est en baisse. Les gens n'achètent plus, donc forcément moins de commandes. Donc forcément, oui, les prix... continue d'augmenter. C'est un cercle un peu sans fin, mais dans le sens inverse. Donc on pense qu'en augmentant le SMIC, on peut redonner un peu d'élan et repartir dans une croissance un peu plus positive et permettre à chacun de pouvoir vivre dignement.
On va écouter un avis un peu plus pessimiste que le vôtre, celui de Michel Picon, le président de l'UP2. Il évoque qu'avec cette hausse du SMIC, il a été reçu par Sébastien Lecornu tout à l'heure, la hausse du SMIC pourrait provoquer, selon lui, le risque d'une fermeture. massive des petites entreprises. On l'écoute.
je pense que ce n'est pas raisonnable, c'est plus que pas raisonnable, c'est impossible. Moi, je l'ai dit à mes homologues des organisations de salariés, Madame Binet, Madame Léon, franchement, 90% des entreprises de ce pays sont des petites entreprises de moins de 10 salariés. Je veux dire, des salons de coiffure qui, avec des salaires qui sont entre 1 et 1,3 SMIC, si vous leur mettez une augmentation de 100 euros du SMIC et que... Légitimement, ceux qui sont légèrement au-dessus vont demander de les avoir aussi. Mais vous mettez l'entreprise par terre.
n'est pas raisonnable, voire c'est impossible, dit le patron du 2P. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'il a raison ?
En tout cas, j'ai plutôt tendance à aller dans son sens, dans la mesure où les toutes petites entreprises, encore une fois, n'ont pas de trésorerie. Ils représentent surtout les petites entreprises, notamment les entreprises du bâtiment, les entreprises de proximité, les petites entreprises de services, les petits commerces. Il n'y a pas de trésorerie. Ça fait 15 ans que je fais ce métier, je suis la comptabilité de centaines de milliers d'entreprises, je vois la trésorerie se dégrader comme jamais. Ce qui est sûr, c'est que demander l'effort aujourd'hui aux petites entreprises, c'est presque aussi difficile. que de demander aux Français de se serrer la ceinture dans une période de vie chère. Il n'y a pas de marge de manœuvre dans les boîtes. Et ce qui est vrai, c'est que si on doit le faire... On aura des effets à la marge de casse de l'emploi. C'est-à-dire qu'il y aura peut-être des entreprises qui ne pourront plus salarier autant de personnes ou qui fermeront le rideau. Enfin, je veux dire, il y a aussi une fatigue générale quand même autour de tout ça, qui diront moi j'arrête, je baisse le rideau, je préfère faire autre chose que de me battre encore avec des charges, des salariés, des cotisations en plus, des charges administratives, du poids à payer, des difficultés avec les manifestations, des salis qui sont fermés, des commerces qui tournent mal. Il faut se rendre compte. Je me fais un peu l'avocat des petits patrons, mais ce n'est pas facile aujourd'hui.
On voit bien, Sophie Dravenel, les deux pendants du problème. C'est cela à quoi va être confronté Sébastien Lecornu lundi. C'est-à-dire qu'il va falloir à la fois écouter les revendications et puis, sachant que le budget de l'État est très limité, il va aussi falloir parler à ces gens-là.
Absolument. Et puis quand on entend les chefs d'entreprise, il y a évidemment des entreprises extrêmement différentes. Vous l'avez très bien expliqué. François Ruffin, on l'entendait ici. plutôt dans la journée, expliquer que les chefs d'entreprise, c'était comme des poissons dans un bocal. On trouve des sardines et on trouve des requins. Et donc, effectivement, et tout à l'heure, on entendait aussi Pascal Lockiek, qui est professeur de droit à Paris 1, expliquer qu'il fallait distinguer les entreprises les unes des autres. On voit bien aujourd'hui, même si c'est compliqué d'un point de vue légal, on voit bien la complexité de ce dialogue social, voire l'impossibilité en l'état des choses. de réussir à faire avancer des droits dans des conditions aussi diverses que celles que vous nous avez présentées.
puis peut-être que cette réunion de lundi, on va y revenir, mais elle va dépendre de la mobilisation de demain. Absolument. Parce que comme chaque vendredi, depuis maintenant plus de trois semaines en fin de journée, Laurent Nunez a donc donné des précisions sur la mobilisation sociale. De demain, d'importants moyens seront encore acquisitionnés. On va en parler avec vous, Guillaume Lavial. Bonsoir. Mais d'abord, on va revenir sur le fait que certains Gilets jaunes évoquent le parcours parisien. Celui qui est accepté par les autorités évite le cœur de Paris. Il devrait aller de République à Nation. Mais certains Gilets jaunes, comme Julien Ball, comme Benjamin... estime qu'il faut tout simplement aller, malgré les interdictions, à la Concorde, quoi qu'il en coûte.
Demain, nous irons à Concorde à 14h et nous y resterons jusqu'à 19h. Nous appelons à y aller, nous appelons à désobéir massivement et nous appelons à ne pas aller au parcours alternatif imposé par la préfecture. Nous pensons que c'est absurde, nous pensons qu'il est temps de nous lever, qu'il est temps de dire il y a deux camps. Il y a le camp de la démocratie et de la République, celui dans lequel nous sommes, et il y a le camp de la dérive autoritaire, celui d'Emmanuel Macron. Et à un moment, quand on veut dénoncer l'autoritarisme, on ne peut pas, coup après coup, après coup, après coup, accepter que les parcours soient imposés par le président de la République lui-même, parce qu'en fait, c'est de ça dont il s'agit.
va revenir sur ces tracés avec vous, Guillaume Laviel. On vient de l'entendre, le dispositif parisien qui évite le cœur de Paris, même si les Gilets jaunes n'excluent rien.
tout à fait. Ils comptent se rassembler, comme on vient de l'entendre, à la Concorde, au cœur de Paris. Mais ce rassemblement a donc été... Le parcours qui lui a été autorisé part de Place de la République et rejoindra Place de la Nation et évite donc l'hypercentre de Paris, les zones où il y a le plus de commerce. C'est également le cas dans d'autres grandes villes comme pour ici à Lyon avec ce parcours qui ira des manufactures des tabacs jusqu'à Place Jean Massé. Également parcours un petit peu dans la même logique à Marseille qui partira des réformés jusqu'à la Porte d'Aix et on le voit sur ces rectangles orange. Les hypercentres sont totalement évités. Je vous propose d'écouter Laurent Nunez à ce sujet.
Évidemment, les centres-villes demain seront protégés systématiquement. Les préfets ont pris des arrêtés d'interdiction de manifestations dans les centres-villes, de sorte qu'il ne puisse pas y avoir de rassemblement spontané dans les centres-villes. Les quelques manifestations qui ont été déclarées, des accords ont été trouvés avec les organisateurs pour que les manifestations n'aient pas lieu dans les centres-villes. Donc on maintient évidemment cette ligne de protéger à tout prix les centres-villes, les commerçants, et il y aura des dispositifs de protection de ces centres-villes. Prévoit
pour demain un dispositif de sécurité très important, une fois de plus.
Oui, et très similaire aux semaines précédentes avec quelques 70 000 policiers et gendarmes mobilisés, avec également du matériel renforcé, notamment 25 véhicules blindés de la Gendarmerie nationale nommés Centaure et également 15 engins, un canon à eau qui seront déployés dans plusieurs villes françaises.
Merci beaucoup, merci à Guillaume pour toutes ces explications concernant le cortège parisien de demain et dans les grandes villes où normalement les centres-villes devraient être évitées. On sent bien qu'une fois de plus, Laurent Nunez, Sophie Draminelle, il reste sur sa ligne, celui de la fermeté. On garde les mêmes dispositifs.
Absolument, et il l'a dit, je cherche sa citation pour être précise lors de sa conférence de presse cet après-midi, que l'ordre républicain serait respecté, il l'a répété à plusieurs reprises. Il a été assez direct, assez net. On le sentait fatigué, tendu après des semaines effectivement de maintien
de la pression
et d'une pression des forces de l'ordre extrêmement forte. On a vu d'ailleurs dans les cortèges hier... Des choses qui, normalement, ne se voient pas de tension entre la police et la gendarmerie, qui expliquent des débats sur les stratégies à mener et un peu une lassitude, sans doute, chez les uns et chez les autres, de ne pas savoir. En fait, tout ça est lié, pour M. Nunez, le ministre de l'Intérieur, à cette loi Riposte qui a été promulguée au cœur de l'été et dont il attendait un choc un petit peu. Mais ce choc dans la rue, il ne se voit pas. On est plutôt dans la cour. C'est vrai, sur la question du maintien de l'ordre, avec des brutalités dénoncées, avec un collectif d'avocats qui a décidé aujourd'hui de déposer plainte pour des blessures infligées aux manifestants. Et dans ce cadre-là, effectivement, il n'y a pas que Sébastien Lecornu à la tête du gouvernement qui est sur la sellette, qui est sous pression, mais effectivement aussi Laurent Nunez largement à l'intérieur.
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