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Votre rendez-vous politique du vendredi soir, le duel face à face ce soir. Philippe Juvin, bonsoir.
Bonsoir.
Député les Républicains des Hauts-de-Seine et rapporteur général du budget, rejeté à l'unanimité, c'était du jamais vu. C'était mercredi soir, on va en parler. Vous débattez ce soir avec Guillaume Lacroix. Bonsoir. Bienvenue, vous présidez le parti radical de gauche. On va parler de 2027, on va parler des salaires dans un instant. Mais évidemment, d'abord, je vais vous demander votre réaction à ce tragique accident de carrelant près de Bourg-en-Bresse. Deux morts, une fillette de 7 ans, un jeune homme tout juste majeur. On apprend ce soir... que le chauffeur se serait assoupi selon son propre témoignage. C'est toute une région sous le choc des victimes traumatisées.
'un coup, on entend « attention, accrochez-vous ». Je n'ai pas eu le temps de relever la tête de mon téléphone. J'étais dans le fossé, il n'y avait plus de lumière, il n'y avait plus rien, les vitres cassées. Pas bloquée, mais j'étais bloquée en état de choc. Je voyais les gens, ils sautaient par les fenêtres, les gens avec du sang, des enfants. Et tout de suite, j'ai cru que c'était la mort. Je cherchais beaucoup ma copine. Je la cherchais beaucoup du regard. J'essayais de lui demander si elle allait bien, si elle a été blessée. Et puis, on est sortis toutes les deux avec une autre copine à nous, par l'arrière du bus. Yom Lacroix, vous êtes particulièrement
touché ce soir, c'est votre région. Vous y étiez, vous êtes conseiller régional au Vingt-Grenalpes, né à Bourg-en-Bresse. Quel sentiment vous traverse ce
soir ? C'est effectivement ce matin à Bourg, encore. L'effroi, la sidération, l'infinie tristesse, la compassion pour des familles inconsolables. Comme parents d'élèves, on se dit tous que quand nos gamins montent dans un bus, il y a un risque. On sait que statistiquement, c'est rare, mais en même temps, on sait que cela peut arriver et c'est chaque fois une tragédie, une injustice. Je veux rendre évidemment hommage à Yves Christin, le maire de Lens, rendre hommage à ses équipes, aux services de l'État qui ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour accompagner les victimes directes, pour accompagner les familles, les gens inquiets. Mais en même temps, ce soir, je pense surtout aux familles qui sont, je le redis, inconsolables. et pour lesquels aucun mot ne viendra évidemment conforter, réconforter ce qu'il traverse.
L'enquête avance, le témoignage du chauffeur est central, forcément. C'est lui qui dit ce soir à la procureure, on l'a entendu sur France Info, qu'il se serait assoupi. Mais l'enquête n'est pas terminée, il faudra aussi regarder ses conditions de travail. C'est une compagnie privée de cars, de transport, affrétée par la région.
Absolument, c'est une ligne qu'on appelle régulière, donc c'est une ligne effectivement qui est déléguée à des entreprises privées. Quoique la justice doit faire toute la lumière sur ce qui s'est passé, le chauffeur a parlé. Les tests d'alcoolémie et de drogue ont été révélés négatifs, ce qui est déjà une vraie... satisfaction, même si c'est la normalité, mais parfois on s'inquiète. Et évidemment, les familles méritent de savoir ce qui s'est produit et si les conditions de travail et les conditions d'exercice de la mission étaient respectées.
Philippe Juvin, vous êtes médecin urgentiste de profession à l'hôpital Poupidou. C'est un grand traumatisme au-delà même de la région, forcément, parce que dès que les enfants sont touchés... C'est l'émotion et l'incompréhension qui saisit le pays. Est-ce qu'on est à la hauteur en matière de prise en charge ? Il y a évidemment des cellules psychologiques qui sont mises en place.
moi, des morts, j'en ai vu beaucoup dans ma vie. J'en ai vu trop, d'ailleurs. Mais c'est vrai que quand les enfants ou les adolescents sont impliqués, le traumatisme est évidemment immense, insondable pour la famille. Mais aussi, je pense aux équipes et tous ceux qui ne sont pas blessés mais qui étaient dans l'accident. Il va falloir maintenant les prendre en charge parce qu'ils peuvent aussi garder des séquelles. Ça laisse des
traces.
C'est un traumatisme, ça peut laisser des traces. Ça ne laisse pas toujours, mais ça peut. Et donc maintenant, il y a un long chemin à faire pour les survivants et évidemment pour les blessés.
On sait faire en matière d'accompagnement quand on a des accidents. Peut-être même que c'est un simple accident. Je peux me permettre l'expression, l'enquête le dira, ça n'empêche rien, ça reste un drame.
Un accident par définition c'est une minute avant, il n'y avait rien et une minute après il y a tout. On a le savoir-faire en
matière d'accompagnement médical, psychologique. Oui,
nous sommes bien dotés, nous sommes dotés à la fois pour soigner les blessures, pour intervenir rapidement, les pompiers, le SAMU, tout ça c'est très rodé. Et puis il y a des cellules d'accompagnement psychologique désormais disponibles dans chaque département. Donc tous ces professionnels sont en branle. Il ne reste pas moins que la médecine, ce n'est que la médecine. C'est-à-dire qu'il y a des choses qu'on ne sait pas traiter, d'autres qu'on traite mal. Mais ce qui est certain, c'est qu'il ne faut pas que les gens restent seuls. Ça, c'est très important. c'est le rôle de ces cellules.
Voilà, deux morts. Donc, on le rappelle, deux mineurs, 7 ans, 18 ans, 4 blessés en urgence absolue. Donc, deux dont le pronostic vital est engagé. On vous donne évidemment toutes les informations. C'est le fait du jour, évidemment. On engage ce duel. Allez, avec une première question. Faut-il aller enfin ? J'ai envie de dire enfin augmenter le SMIC, puisqu'il ne l'a pas été depuis 2012. Les syndicats, vous savez, réclament à l'unisson cette augmentation. Ils l'ont dit haut et fort dans des cortèges massifs, 1,6 million selon la CGT dans tout le pays, 600 000 pour le ministère de l'Intérieur, avec la réponse d'un ministre du Travail sur TF1 un peu sceptique. Écoutez Jean-Pierre Farandou.
L'idée c'est de, vous voyez, il y a la barre des 1500 euros net. On n'y est pas encore, on est à 1477. Est-ce qu'on peut arriver à franchir cette barre ? C'est important. La première partie de cet étage à trois fusées, il y a effectivement la date. Et on discute d'une anticipation possible au 1er décembre, dans ce cas-là, il faut aller vite. Le coup de pouce, il n'est pas acquis à ce stade. Il n'y a rien d'être acquis, on discute. Non, non, tout n'est pas tranché, il y a le coup de pouce. Vous savez, ce n'est pas fréquent le coup de pouce. Le dernier, c'était il y a plus de 14 ans.
Alors Guillaume Lacroix, la vie chère, le pouvoir d'achat, c'est vraiment la priorité absolue. On a vu hier dans les cortèges des publics extrêmement différents, du privé, du public, des jeunes, des retraités. Ils disent tous qu'ils n'en peuvent plus, ils n'y arrivent plus. Il faut l'augmenter ce SMIC et si oui, de combien ?
La question du pouvoir d'achat, c'est la priorité parce que c'est la réalité. C'est la réalité des Françaises et des Français. Et c'est ce qu'ils disent dans les rues, et c'est aussi ce qu'ils disent même quand ils n'ont pas les moyens d'aller manifester parce que l'essence est trop chère ou parce que les manifs sont principalement dans les grandes villes, bien éloignées de là où ils vivent. Le pouvoir d'achat, c'est évidemment la question des salaires. Et c'est la réhabilitation d'abord des forces syndicales et des forces patronales dans le dialogue social pour permettre les évolutions salariales. On ne peut pas vivre l'évolution salariale uniquement en parlant du SMIC. On doit parler de tous les salaires dans ce pays. Mais vous,
pour le PRG, vous la souhaitez cette augmentation au-delà de l'indexation sur l'inflation ? Moi je souhaite que
les salaires augmentent, tout augmente dans ce pays. Je souhaite que les salaires augmentent, mais on ne peut pas le faire en étant complètement en dehors des réalités économiques, d'un pays qui s'affaisse, en dehors des réalités budgétaires, d'un pays qui se ruine. On ne peut pas simplement l'annoncer pour se faire plaisir sur les plateaux, parce que c'est faire rêver les gens sans en avoir les moyens. Une trentaine d'euros brut, une vingtaine d'euros net, ce serait dans les tuyaux du gouvernement. C'est les salaires, mais l'urgence absolue, c'est le pouvoir d'achat, c'est l'essence, c'est le gaz, c'est le fuel. Ça coûterait 4 milliards et demi. 4 milliards et demi, que DD est les plus en difficulté, les plus impactés par les augmentations sur ces trois produits essentiels. 4 milliards et demi, c'est en gros ce qu'aurait rapporté l'impôt de solidarité sur la fortune, qui ne porterait d'ailleurs que très bien son nom si on parlait de solidarité. Je trouve que... Au moment où on parle des salaires et où on parle de la nécessité de faire évoluer les salaires, que le monde économique et le monde syndical puissent avancer sur cette question, on devrait aussi parler de la solidarité envers ceux qui galèrent. Vous savez, aujourd'hui, nous sommes le 6 novembre. Pour bien
comprendre votre position, le SMIC, 1478 euros net, est-ce que vous attendez du gouvernement, de cette conférence sociale ? Il y a un coup de pouce, oui ou non ?
J'attends que les salaires et tous les salaires augmentent. Bien sûr, à commencer par le plus bas. Mais je pense, madame Ancoua, que la première chose qu'on sait faire, qu'on pourrait faire dans un budget aujourd'hui, c'est réhabiliter l'impôt de solidarité sur la fortune et répondre à l'urgence sociale sur les questions de l'essence, du gaz et du fioul.
Très clair. Le SMIC est payé par les entreprises, mais les députés peuvent voter aussi de nouveaux impôts. Solidarité sur la fortune. Au fond, les 4 milliards auraient permis d'aider les Français, notamment, qui subissent les envolées des prix à la pompe.
Le pouvoir d'achat est évidemment le grand problème. Vous le dites avec raison, tous les deux. Et il faut qu'on passe du point mort à la cinquième dans cette affaire. Je pense que c'est une très mauvaise idée, vous le dis, d'augmenter le SMIC. Pourquoi ? Parce que d'abord, ça va concerner par définition ceux qui sont au SMIC et pas les autres. qu'aussi une difficulté de pouvoir d'achat. C'est déjà ça, pour ceux qui sont concernés. Je ne vous dis pas qu'il ne faut rien faire, je dis qu'il faut faire quelque chose, mais pas augmenter le SMIC. D'abord parce que ça ne concerne que les SMICAR et on oublie tous les autres. Ensuite parce que ça fait porter le poids sur des entreprises et parfois des petites entreprises qui vont avoir du mal, il ne faudrait pas en plus qu'on casse de l'emploi. Je pense que la solution, mais je l'ai proposée depuis plusieurs mois, y compris dans le cadre du budget, avec un succès. très relatif, pour ne pas dire nul, qui consiste à dire la chose suivante, on pourrait dès maintenant annuler trois points de prélèvement de cotisation salariale, ce qui fait sur un salaire médian en France 1000 euros par an, donc une somme considérable. Ça a l'avantage de toucher tous les salaires. Et en contrepartie, évidemment, il faut trouver l'argent. Alors comment
vous financez ça ? Il y a plusieurs solutions. Des recettes en moins pour l'État pour financer la retraite et la santé ?
Non, c'est que la retraite, c'est la cotisation salariale. Le modèle
social, disons.
Les retraites, donc ça te fait à peu près 26-27 milliards. J'ai fait une proposition. 27
milliards ? C'est gigantesque, trois points. Ça fait en
gros 9 milliards par... Un point de cotisation salariale. 27 milliards, où est-ce qu'on les trouve ? Les idées, on les a. Je peux vous en donner une. Les achats de l'État. La commande publique. Exactement, chaque année. Je ne parle pas des rafales et des bâtiments. Je parle des achats. Les voitures, le mobilier, tout ce qui fait que ça fonctionne. Les achats de l'État, c'est 64 milliards par an. Les achats des collectivités territoriales, c'est 64 milliards par an. Les achats de la sécurité sociale, les hôpitaux, 44 milliards. Ce sont des
produits dont tu as besoin l'État, non ?
Oui, mais pardon, quand on est en difficulté, il faut fixer des priorités. Si vous baissez de 20% les achats, c'est quoi ? Au lieu d'acheter 5 voitures, vous en achetez 4. C'est aussi simple que ça ? Non, c'est très compliqué. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, personne ne veut baisser la dépense publique. C'est ça le drame du pays. Mais vous me posez la question. Donnez
-nous des exemples concrets sur les achats. Ça ne va pas se faire uniquement avec les voitures de fonction. Non,
bien sûr. Avec tous les achats. Moi, j'ai été maire 25 ans. Et quand, certaines années, nous avions des recettes en moins parce que l'État, etc., qu'est-ce qu'on faisait ? On prenait les comptes ligne après ligne et on disait, là, on va faire 5%, 10%, 20% en moins.
vous trouvez 27 milliards
les achats ? Vous trouvez 20%. Ça fait beaucoup d'achats en moins. Non, mais madame, vous trouvez 20%. Parce qu'il y a deux solutions. Soit les gens disent, il n'y a qu'à augmenter le SMIC. D'accord, dites aux entreprises comment ils vont le trouver parce que ça, personne ne se pose la question. Et d'autres disent, il faut baisser le prix de l'essence. D'accord, mais on va le payer avec de la dette supplémentaire, c'est-à-dire des impôts en plus. C'est Guillaume Lacroix qui vous répond. Oui, et Guillaume Lacroix, je vais vous dire juste, vous faites une petite erreur. Si vous baissez la TVA à 5% sur le gazole et l'essence, je vous dis 5%,
c'est la proposition de Marine Le Pen. Il faut trouver
12 milliards. C'est pas 4, 5, c'est 12. Juste, et je vous passe la parole. Il a parlé de l'ISF. y a quelqu'un qui l'a fait avant nous. C'est le Premier ministre canadien. Il a convoqué tous ses ministres chrétiens. Et il leur a dit, vous allez me trouver 20% ou 10% de diminution de vos recettes, de vos dépenses. Alors les premiers ont eu du mal à trouver. Et puis quand le premier est venu en disant, je n'ai pas trouvé, il a été remercié. Voyez-vous, c'est curieux. Sans
toucher aux effectifs de la fonction publique. Absolument.
Voyez-vous, très curieusement, les autres derrière ont trouvé des économies. Le modèle
canadien. Il faut trouver
des économies. Il faut baisser la dépense. En vous baissant la dépense, vous réinjectez du pouvoir d'achat chez les Français. C'est aussi simple que ça.
La solution, c'est dans les économies, la baisse de dépenses des frais de l'État.
Nous avons, M. Juvin, 200 milliards à trouver d'ici 5 ans. Pas 125 comme vous l'avez écrit, 200 milliards. Vous venez d'une famille politique qui a toujours prophétisé la baisse des dépenses, qui ne l'a jamais faite. Vous avez baissé les recettes de l'État sous Nicolas Sarkozy de façon notoire. Vous n'avez jamais baissé les dépenses publiques. Depuis 2024, dans la mauvaise série B à laquelle les Français assistent, vous avez été de tous les génériques, de tous les scénarii. de la direction politique de ce pays. On ne pouvait pas arriver ici en étant confortablement installé comme un spectateur critique de ce qui vient de se dérouler. Moi, ce que j'observe, c'est que là, il va falloir soigner la France et pas les clientèles, M. Juvin. Soigner la France et pas soigner les clientèles. Alors, où baissons
-t-on la dépense publique ? J'y viens,
M. Juvin. Tous les leviers vont devoir être actionnés. Tous. Je crois qu'on ne pourra pas promettre de la baisse de recettes et de la baisse d'impôts. Il faut arrêter de promettre ce qu'on ne peut pas tenir. Absolument.
On est d'accord là-dessus. Parce que baisser l'impôt aujourd'hui, ça signifie augmenter le déficit. Donc on ne peut pas aujourd'hui. J'espère qu'on fera demain, mais on ne peut pas aujourd'hui.
Vous voulez augmenter les impôts ? Non, moi je dis que là, en l'occurrence... Non pas baisser les taxes sur l'essence, sur le fioul, ce que vous m'avez prêté et que je n'ai pas dit. Répondre au surcoût pour les plus pauvres seulement jusqu'en juin et les plus impactés, oui. Parce qu'il y a une urgence sociale. Enfin, qu'est-ce qu'on veut, monsieur Julien ? On veut que les gens manifestent dans les rues ou on veut que chacun puisse aller travailler et que l'économie se renforce ? Moi, je suis plutôt d'avis qu'il serait temps qu'on réponde à la colère sociale et qu'en même temps, on s'assure que l'économie cesse de partir d'une absence de réponse. Ensuite, l'autre levier, c'est la baisse, monsieur Julien. C'est la baisse, j'ai proposé. à titre exceptionnel, que ce budget prévoit 4,6 milliards de recettes. Donc le rétablissement d'ISF, ça tombe bien, vous êtes rapporteur du budget. Pour payer les surcoûts de l'énergie. Monsieur Givin, écoutez-moi, parce que je veux bien me répéter une troisième fois. Mais c'était très clair, vous l'avez dit. Et considérer que je ne suis pas très clair. Le carburant. Payer les surcoûts. Vous avez dit que c'était 12 milliards. Non, payer les surcoûts pour les plus pauvres et les plus impactés. Les surcoûts au-delà de 2 euros, sur l'essence, le gasoil, le fuel et le gaz. Mais on pourra en débattre hors plateau si cette proposition vous intéresse. 'ailleurs, c'est quand on a supprimé l'ISF et augmenté le prix de l'essence qu'on a eu les gilets jaunes. Dix ans plus tard, on se pose la question de remettre l'ISF. Il y a le levier fiscal, on l'a bien compris. On ne pourra pas baisser les impôts et la fiscalité. Le dire, c'est mentir. On devra baisser les dépenses. C'est une évidence. Et j'y suis absolument prêt. Nous, nous proposons depuis des mois et des mois un big bang de l'organisation de l'État. Vous savez, comme moi, monsieur Gévin, qu'aujourd'hui, ce qui est enquisté, c'est le fait que tout le monde s'occupe de tout dans ce pays. Vous êtes élu local, je suis élu local. Est-ce que vous avez vu des décentralisations qui se sont accompagnées de la suppression des directions de l'État qui concernaient les compétences envoyées aux collectivités ? Moi, jamais.
Donc vous, vous êtes plutôt décentralisateur ? Non,
je crois que nous avons un devoir qui est de reprendre. à zéro l'organisation publique du pays et de faire des économies à toutes les échelles. On n'en est pas à compter les voitures, monsieur Julien, quand on en est à chercher des milliards. On en est à se dire que notre organisation
doit
être totalement réinterrogée.
Vous répondez
là-dessus. Oui, c'est
assez simple. Moi, il se trouve que j'ai eu la tête dans le budget, qui était un mauvais budget, à travailler pendant deux mois.
On va enchaîner tout de suite, d'ailleurs, par une petite séquence.
Vous allez nous expliquer ce qui s'est passé. J'ai proposé à tout le monde des baisses de dépenses. La réalité, c'est que personne n'en a voulu. Et les socialistes n'ont voté aucune des bases de dépenses. Les socialistes n'ont fait que voter des augmentations de la dépense. Vous savez, le drame de ce pays, c'est que tout le monde dit dans les plateaux, oui, il faut baisser la dépense publique. Et puis quand vous arrivez au débat, vous avez toujours une œuvre à défendre. Mais alors,
le drame, est-ce que ce n'est pas finalement ce qui s'est passé mercredi soir sur le budget,
le
volet recettes ? Alors c'est quand même incroyable. Tous les députés de tous les bancs. ont rejeté le projet de loi finance. Regardez.
L'Assemblée n'ayant pas adopté la première partie du projet de loi. Vous comprenez
que c'est complètement incompréhensible. C'est quoi ? Vous créez un monstre ? Un texte dont personne ne veut ? Ça n'a plus aucun sens pour ceux qui essayent de suivre.
Je vais défendre les députés qui soient de droite ou de gauche sur ce plateau. Ce que le gouvernement laisse croire, c'est que l'Assemblée nationale peut reconstruire le budget. Ce n'est pas comme ça que ça se passe. C'est le gouvernement qui fait une proposition de budget, il pose le budget sur la table de l'Assemblée et il dit « vous pouvez l'amender, modifier des lignes, etc. » Mais en réalité, on a très peu de marge de manœuvre. Le budget tel qu'il nous a été présenté était un budget au jour où il nous a été présenté qui déjà était caduque. C'est-à-dire qu'il était calculé. Donc c'est une farce en fait ce débat ? Il était calculé. Sur la base de croissance qui n'était pas suffisante, d'inflation qui était sous-estimée, d'un taux du baril qui n'était pas le bon. Donc, de toute façon, le budget était caduque. Donc, c'est le gouvernement
qui était responsable, ce n'est pas les députés. Mais je l'ai
dit à la tribune, il y a une responsabilité du gouvernement, bien sûr, budget caduque. Donc, qu'est-ce que vous voulez faire avec ça ? Et après, il y a une responsabilité de certains députés. J'aime bien mes petits camarades, je ne vais pas pointer du doigt parce que ça c'est trop facile, ils ne peuvent pas se défendre. En tout cas, je peux vous dire que j'ai porté le principe durant tout le débat qu'il fallait baisser la dépense et favoriser les entreprises. Pourquoi ? Parce qu'il faut de la croissance. Ça se termine
comment ? Parce qu'à la fin, il y aura peut-être même quelques annonces pour les lycéens. Personne ne veut baisser la
dépense, Madame. Personne ne veut baisser la dépense. Donc rendez
-vous quoi ? À la fin du mois de décembre ? Non
mais c'est terrible. 49
.3 ordonnance
? Peu importe la méthode. ou le tuyau qui sera utilisé, enfin l'image est d'une part terrible, en même temps un budget qui prévoyait 5 milliards de recettes en moins sur les super profits des entreprises, et 800 euros de prise en charge en plus pour ceux qui sont victimes d'un accident du travail au SMIC, est difficilement supportable. Là où je vous rejoins, c'est qu'effectivement il faut baisser la dépense publique, et vous avez raison de dire... Moi je
donne des pistes, baisser les achats, 20% les achats.
Vous comprenez bien que quand on en est à chercher 27 milliards, on ne compte pas les voitures. Je pense que nous sommes sur des problématiques.
Baisser la dépense et augmenter les impôts, c'est ce que dit Guillaume Lacroix. Et augmenter les impôts, oui ou non ?
Aucun
impôt, rien, pour personne.
Aujourd'hui, on est le pays de l'OCDE qui paye le plus d'impôts. La
taxe sur les grands groupes, exceptionnelle, tout ça, vous ne la votez pas ?
Non, mais pas plus que ce qui existe aujourd'hui.
D'accord, donc il y a quand même des hausses d'impôts.
Par exemple, socialiste, mais pas seulement. Vote une taxe sur les gigaoctets, c'est-à-dire quand vous téléchargez un film ou un jeu, vous payez une taxe, tout ça est absurde. Je vous dis, il faut faire deux choses. Il faut baisser la dépense publique et dire laquelle. Moi, je commence à vous dire lesquelles. Et deuxièmement, il faut faire de la croissance. Si vous n'avez pas de croissance dans ce pays, vous ne pouvez pas avoir de pouvoir d'achat. Les pays... qui ont le plus fort pouvoir d'achat,
les
pays qui ont le plus fort pouvoir d'achat, sont les pays qui ont de la croissance, mais qui ont surtout une industrie qui exporte. Alors, ça, ça nous amène à 2027,
parce que rien ne pourra être relancé avant l'élection présidentielle. La primaire, la primaire de la droite et du centre est-elle devenue inévitable ? Édouard Philippe est le seul candidat dans le Bloc central à la refuser après David Lissnard, Gabriel Attal. Voilà que Bruno Retailleau, lui-même, votre candidat. Il est prêt, écoutez.
C'est qu'au moins, quand on la perd, on se présente. C'est déjà la règle de base. Voilà, c'est la règle de base. Bon, il ne faut pas trop m'en demander quand même.
Il est sincère de là à soutenir un éventuel vainqueur si ce n'était pas Bruno Retailleau. Mais qu'est-ce qu'il a converti à la primaire ? Parce qu'il a longtemps dit que ce serait un piège.
Vous avez devant vous le premier député LR qui, depuis deux ans, dit qu'il faut une primaire. Pourquoi ? Parce que si vous avez deux ou trois candidats dans le bloc central, il n'y aura personne au second tour. Donc j'ai été le seul au bureau politique des Républicains à dire à Bruno Retailleau très cordialement « Je ne souhaite pas que tu sois notre candidat ». Je lui ai dit comme ça. En tout cas, immédiatement, je souhaite que ça passe par une primaire. Il y a Lysnard qui est arrivé au même moment et qui a dit « Juvain a raison ». On était deux. Alors, nous à où votre primaire
? De Lysnard à
Édouard
Philippe ?
Moi, je pense que la primaire, il faut d'abord rédiger une charte dans laquelle vous mettez des valeurs. Et les gens qui partagent les valeurs, eh bien, peuvent y participer. Ceux qui ne partagent pas les valeurs ne peuvent pas y participer. C'est aussi simple que ça. Donc,
primaire ouverte.
Ah oui ! Surtout pas le vote des militants, parce qu'il n'y a rien de pire pour vous enterrer. Je l'ai payé pour voir il y a cinq ans, à la primaire de la droite. Non, une primaire large. La primaire de 2017 avait réuni 4 millions de personnes.
74% des sympathisants de la droite. Vous dites quoi, Edouard Philippe
? Arrête de t
'accrocher, tu dévisses
? Il est acculé à la primaire, il n'a
plus le choix ?
Moi, je pense que la primaire est indispensable et surtout, on ne peut pas y couper. Sauf que... Ça, je le demande depuis plus d'un an. Plus on attend, plus elle va être difficile à mettre en œuvre.
Alors le bon calendrier ?
Bah, vite ! Aujourd'hui, là, demain matin ?
Il va falloir le convaincre, Edouard Filtz. C'est le seul processus. S'ils sont aussi dividés dans ce bloc central et de la droite, c'est l'échec assuré. Vous avez vu les derniers sondages, intention de vote IFOP, dans une hypothèse où Philippe Seul est candidat dans ce bloc, il dévise, il est à 15%. Derrière, Jean-Luc Mélenchon a 17,5% qualifié pour le second tour, Marine Le Pen à 37% et Raphaël Glucksmann à 11,5%. Il faut une primaire, finalement.
me demandez ce que je pense des voisins. Absolument. De cet espace-là. Qui a le plus de chances de se qualifier. Nous n'étions pas dans la primaire parce que je crois que... Le parti radical de gauche. Le parti radical de gauche. Parce qu'on se trompe de moment. Dans ce moment, ce que je vois, moi, c'est M. Mélenchon et Mme Le Pen caracolés en tête et Mme Le Pen en passe de l'emporter dans toutes les hypothèses. Je n'ai pas élevé mes enfants dans ce pays, je n'ai pas fait 30 ans de combat de gauche républicaine pour me résoudre à regarder ce spectacle en me disant on va faire comme d'habitude. On va chercher des solutions, des petites primaires pour que les égaux cessent de se battre et qu'on s'intéresse à l'essentiel. L'urgence, M. Juvin, c'est de s'intéresser à l'essentiel. Redresser le pays. protéger les Français, être capable d'adapter le pays aux questions climatiques et être capable d'adapter le pays aux enjeux d'IA. Si on se dit que dans ce pays, il reste des Républicains qui sont des grandes personnes et des adultes, est-ce qu'il ne serait pas surtout urgent que tous ces Républicains de gauche, du centre, de la droite, qui seraient d'accord sur ce constat, sur le fait que nous n'avons pas besoin d'un président de la République, mais d'un chef d'État, pour 5 ans ? Pas pour faire gagner un parti, mais pour redresser le pays.
Je décris
un conclave républicain entre gens intelligents, intéressés par le pays. Tous ceux qui partagent ce diagnostic simple, il faut redresser le pays. Et là où je vous rejoins, ça ne peut pas être en considérant que toutes les taxes seront nécessaires et utiles. Je ne partage pas cette vision. Donc vous êtes d'accord avec Emmanuel
Macron qui pousse, manifestement selon nos confrères, en coulisses, pour une forme de coalition, un contrat de gouvernement de David Lysna ? à Raphaël Gluckman en incluant Bruno Retailleau.
Ce
serait la seule grande coalition sur la base d'un programme précis qui aurait une chance de battre Marine Le Pen. Je vous le
redis, je crois que nous avons besoin... C'est ça ou pas ? J'ai rarement été d'accord avec Emmanuel Macron et je suis quand même un peu surpris qu'il fixe les bornes, parce que c'est le meilleur moyen pour que ça n'arrive pas, c'est de commencer à donner des noms.
C'est dire,
c'est Glucksmann et Lysnard. Pourquoi pas ? Vous aviez dit à un moment, vous, M. Juvin, Mme Knafo, ils n'avaient rien à faire pour moi en 25. Rien à faire, nous, avec Mme Knafo. Ce que je dis simplement, Mme Knafo, c'est que l'urgence appelle que les républicains sincères se mettent autour de la table, cessent les guerres narcissiques de tous ceux qui partagent l'idée qu'il nous faut un chef d'État pour 5 ans. chargé de redresser financièrement le pays.
Vous savez, dans
ma famille politique, il y a eu le gouvernement de défense républicaine de Vadek Rousseau. Il y a eu Jean Moulin, le Conseil national de la République. Tous ceux qui veulent, non pas empêcher Marine Le Pen, mais la battre en disant qu'on va s'occuper de la vie des Français et du pays d'abord.
Je vous donne le mot de la fin.
mais le mot de la fin, je ne sais pas. En tout cas, je vais vous dire, je pense que les Français, ils détestent la politique quand ils ont l'impression qu'elle se résume à des petits calculs. J'y vais, j'y vais pas, etc. Là où je vous rejoins, c'est qu'il faut d'abord dire aux Français quel est notre projet. Le projet, c'est rétablir les comptes publics. Ça signifie rétablir à la fois du pouvoir d'achat et la grandeur du pays. C'est ça. Ensuite, comment fait-on
? Un nouveau débat sur la campagne des Républicains. Elle est devenue inévitable. Je
considère qu'il n'y a pas de grande différence entre Retailleau et Edouard Philippe et que nous pouvons nous mettre d'accord. Si nous y allons à plusieurs... Même si vous
prenez des coupes.
C'est risqué
une primaire en termes de... De toute façon,
je veux dire, la droite, elle est diverse, elle a toujours été diverse. L'UMP, souvenez-vous, ça allait de Raffarin, fédéraliste, à Christine Boutin.
Donc vous savez faire à droite, vous en avez déjà fait. Oui,
on est différents, mais on aspire tous à... Donc vive la primaire. On aspire tous à une certaine idée de la France. Et bon, on verra,
si vous pesez, merci. Et donc la
question c'est comment on fait, et il faut le faire vite.
On s'arrête là. Merci pour ce débat de qualité qui montre qu'on peut être d'accord, même si vous avez vraiment des
lignes
de différences, notamment sur le budget. Merci à tous les deux.
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