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Ça s'est passé d'abord, que vous a-t-il dit Sébastien Lecornu
mais, un, c'était pas une séance de négociation, la séance de discussion, de négociation, elle aura lieu lundi matin à l'invitation du Premier ministre, à laquelle bien évidemment nous lui avons dit que nous nous rendrions. Bon ensuite, après, il a voulu partager avec nous la situation d'abord. du pays, elle est préoccupante, elle est particulièrement préoccupante pour les ressortissants que je représente, les commerçants, les artisans, qui paient depuis le 17 octobre un lourd tribut à cette situation. Évidemment, nous partageons avec le Premier ministre de trouver tous les moyens pour apaiser le pays, parce que je pense que le pays a besoin d'être apaisé.
1 600 000 personnes selon la CGT, près de 600 000 selon le ministre de l'Intérieur. Le gros sujet, c'est la vie chère, le gros sujet, c'est les salaires et c'est le SMIC. Alors, ce n'est pas forcément le seul sujet, mais ce coup de pouce au SMIC, il est annoncé, anticipé et augmenté. Est-ce que vous confirmez ça ce soir, Michel Picon ?
Oui, je pense qu'on va bouger sur le SMIC, ça me paraît... Vous savez, quand on est des petites entreprises comme je représente, même les plus grandes, mais c'est encore plus vrai chez nous. La proximité, elle est avec nos clients, mais elle est aussi avec nos salariés. Et on voit bien les difficultés qui sont les leurs. Mais je voudrais aussi...
1470 euros net, le SMIC,
en France. Absolument. Après deux revalorisations, une au mois de janvier et une au mois de juillet.
Sur l'inflation seulement. Le gouvernement veut aller au-delà ? Oui, ce que je veux dire, c
'est que les entreprises subissent aussi l'inflation. L'augmentation des matières premières, l'augmentation des coûts de l'énergie, ça frappe aussi le résultat des entreprises et ça laisse des marges sur lesquelles il faut faire attention. On va ouvrir le débat avec Thomas Vacheron,
mais juste pour bien comprendre, vous avez entendu les syndicats hier, et je vous donne la parole dans un instant, la CGT réclame 150 euros net. On part de 1478, presque 1500, donc 150 euros net. Force ouvrière, 130 euros net. La CFDT, 100 euros net. Est-ce que parmi ces trois montants-là, les petites entreprises que vous représentez peuvent dire chiche
Très franchement, moi j'aimerais tellement vous dire oui. Je me mets à la place de tous les gens qui nous entendent et qui ont des difficultés. Mais la responsabilité d'un chef d'entreprise, c'est aussi de faire en sorte que la boîte, elle tienne debout. On va approcher les 80 000 défaillances d'entreprises en fin d'année. Malheureusement, c'est le chiffre vers lequel nous allons aller. Quand une entreprise défaille, les salariés perdent leur emploi, ils perdent leur travail. Et le capitaine à bord qui est le chef d'entreprise, c'est aussi, bien sûr, il faut prendre en compte... Les difficultés de nos salariés, on les mesure, mais aussi notre capacité à pouvoir faire. Donc ces sons-là, elles sont au-delà de ce que les petites entreprises... Alors après, je suppose qu'on va me parler des grands groupes qui ont des actionnaires, des dividendes... Mais le CIMIC, c'est le même pour toutes les
entreprises en France. C'est par décret payé par les entreprises. Chez nous, il n'y a pas
ça.
Ça, c'est important, ce sujet-là. Parce qu'il y a des grandes entreprises qui peuvent peut-être encaisser, s'aligner sur une hausse de 100 euros net. Les petites qui disent, attention, si vous nous demandez ça, on va devoir fermer la porte. Qu'est-ce que vous répondez à M. Picon
'à chaque fois qu'il y a eu des augmentations générales de salaire, ça a relancé l'économie et ça n'a pas fait fermer les entreprises. En fait, c'est quelque chose qui est très porté aujourd'hui et depuis quelques décennies de dire le lien c'est le coût du travail et il faudrait baisser le coût du travail, baisser les salaires pour maintenir l'emploi. Il n'y a jamais eu autant de chômage, il y a une remontée du chômage énorme. On a facilité les licenciements, il y a beaucoup de licenciements. D'ailleurs c'est la politique de M. Macron pendant deux mandats, la politique du ruissellement, c'est l'assèchement généralisé dans le pays qui fait qu'aujourd'hui... Les gens n'arrivent plus à vivre de leur travail. Et pire, ça a des conséquences pour les entreprises. Parce que le fait que nous, on ne puisse pas consommer, on ne va pas chez les artisans ou commerçants avec notre argent. puisqu'on n'en a pas. Et du coup, c'est l'inverse qu'il faut faire. Augmenter les salaires, ça relance l'économie, parce que nous, notre argent, on ne le place pas dans les îles Caïmans, on va chez nos commerçants et artisans, justement, donc ça leur profite immédiatement. Et ensuite, il y a une chose que je partage, le grand absent. Aucun débat avec nous, public, comme nous l'invitons. Moi, je disais aujourd'hui, aucun problème pour discuter avec les artisans, commerçants que vous représentez, mais pourquoi on n'a pas le MEDEF qui bloque tout partout ? dans les branches, qui feront pression sur les branches. Je vais vous donner un exemple. C'est à faute de Patrick
Martin que vous mettons en cause.
Moi, je n'ai pas de problème individuel, c'est la fonction. Aujourd'hui, les petites entreprises avec qui on discute aussi, les patrons, me disent que le gros problème, c'est la sous-traitance. On est pris à la gorge par le donneur d'ordre. Le problème, ce n'est pas nos salaires, qui représentent une petite partie des coûts qu'on a dans l'entreprise, puisque, vous l'avez dit, il y a les artisans commerçants avec qui on discute, ils me parlent de coûts de l'énergie, de coûts des matières premières, beaucoup moins des salaires. Et ils me disent, quand on peut... dans le bâtiment, on en discutait avant le plateau tout simplement, ils peuvent les payer plus quand il y a du boulot. En fait, quand le carnet de commande est plein, quand il y a du boulot, on peut mieux payer les gens. Et du coup, il y a une chose, c'est que moi j'entends l'argument de dire c'est difficile pour les petites et moyennes entreprises, et j'insiste sur le fait qu'elles et eux peuvent augmenter sensiblement le coût. La facturation, refacturation tout simplement. Donc vous
reconnaissez un problème pour les petites entreprises ? Mais juste une
chose, quand on est salarié, on a le même problème partout. Les salariés, ils ont trois problèmes. Le logement, le carburant et l'alimentation. Et ça, il faut y répondre. Qu'est-ce que c'est que ce pays qui est la deuxième économie d'Europe, avec qui on n'arrive pas à que les travailleuses et les travailleuses vivent de leur travail ? Je
vais vous demander ce que vous avez comme info, Sofiane. Sofiane Acklouf va nous dire ce que prépare le gouvernement. Mais cet argument au fond de dire, parmi les entreprises, elles ne sont pas toutes à la même enseigne. Celles qui pourraient... aligner un SMIC à 100 euros nets ou plus, 150. Et puis les autres, la gauche le reconnaît. François Ruffin sur France Info ce matin.
mesure très bien que quand on dit patron, ça ne veut rien dire, que c'est comme les poissons, à l'intérieur, il y a des requins et il y a des sardines. Bon, et donc, simplement, aujourd'hui, les requins sont en train de manger les sardines. On a des entreprises à deux vitesses. Quand vous voyez, c'est l'une des échos de mon ami Bernard Arnault, qui annonce la France championne d'Europe des dividendes, ça veut dire qu'on a des très grosses entreprises qui, en vérité, captent la plus-value, sucent. les profits, les fonds relever à la tête et qu'il reste plus rien pour les sous-traitants.
Alors, Soviana Clouff, est-ce que vous partagez l'analyse de François Ruffin ? Au fond, les entreprises ne sont pas la même enseigne. Le CAC 40 pourrait se permettre une hausse du SMIC conséquente, un vrai coup de pouce décidé par le gouvernement et payé par les entreprises. Les autres, non.
Oui, c'est assez juste. Ce qu'il faut dire, c'est que les résultats des grandes entreprises du troisième trimestre, qui sont tout récents, sont plutôt bons. En tout cas, ils ne décrochent pas. à l'instar du décrochage de l'économie française. Ça tient plutôt, le tissu industriel et économique tient. Donc c'est assez vrai. Après, la question des dividendes est une question un petit peu compliquée parce que pas mal de ces profits pour certaines entreprises ne sont pas réalisés en France. Donc ça pose la question de comment est-ce qu'on reprend cet argent si on instaure des taxes. Donc ça, c'est beaucoup plus compliqué en pratique que ce qu'on dit. Mais il y a quand même effectivement plus d'un emploi salarié sur deux qui n'est pas dans une grande entreprise. Et donc là, c'est très différent. Vous parliez du chômage. Malgré tout, certes, il remonte par rapport au début des deux quinquennats d'Emmanuel Macron. Malgré tout, c'est un peu la réussite, surtout du début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, c'est d'avoir fait baisser le chômage. Et peut-être, et là où on va peut-être se rejoindre, peut-être au détriment de la question du travail. C'est-à-dire que... On a mis tous les efforts pour faire baisser le chômage et peut-être pas sur la question de... L'emploi et pas le pouvoir d'achat. Et pas le pouvoir d'achat parce qu'on considérait que ça continuait à progresser un petit peu. Sauf qu'en fait, le décrochage... Là, le sujet,
c'est le pouvoir d'achat. Priorité absolue, c'est rouge et carlate. Qu'est-ce qu'il va faire, le gouvernement ?
Il va augmenter le SMIC. Il va pousser les entreprises à augmenter le SMIC. Il n'y a pas de doute là-dessus. Est-ce qu'on nous
parle d'une trentaine d'euros ? D'une
trentaine d'euros, oui. Trentaine d
'euros, pas plus ?
Oui, c'est ce qui est prévu. Non, même pas net en fait, en brut en réalité. Alors le calcul est un peu compliqué, mais vous me corrigerez. Même pas une cinquantaine d'euros
net ? Non,
non, ce ne sera pas ça. Pourquoi ? Parce que le ministre Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a dit qu'il faudrait passer le cap des 1 500 euros net. Comme vous l'avez vu, on est à 1 478. Donc en fait, on va passer ce cap-là. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la revalorisation automatique, elle devait être de 1%. Et donc de faire 14, 15 euros net. On va passer à 21, 22 euros net pour passer ce cap symbolique des 1 500 euros net. Mais on n'ira pas au-delà. Ça va être de la négociation avec les entreprises en disant, faites cet effort. Peut-être que ce ne sera pas janvier, mais dès le 1er décembre. Donc on va avancer d'un mois. et puis qu'on va revaloriser un peu au-delà. C'est
un tout petit coup de pouce que vous décrivez là.
Proportionnellement, c'est beaucoup, parce que je vais vous dire, 1 ou 1,5, c'est 50% d'augmentation, c'est assez conséquent. Mais effectivement, en termes d'argent sonnant des tributions sur la fiche de paie du salarié, ce n'est pas grand-chose. Je vais vous
faire réagir, évidemment, au nom de la CGT, mais ça ne suffira pas. Non ? Alors,
on est dans une entrée de négociation. On attend les partenaires. Ils n'ont pas appelé
à reconduire le mouvement, ils attendent lundi.
Bien sûr, parce qu'ils attendent la négociation, comme des partenaires sociaux normalement constitués. On a là, autour de la table, plusieurs acteurs. Vous avez d'un côté un gouvernement qui doit à la fois s'assurer de répondre avec une réponse politique, et donc là, en l'occurrence, une réponse économique à la crise sociale qu'on voit aujourd'hui dans les rues. Ça, c'est le premier acteur. Vous avez un deuxième acteur. qui sont les organisations syndicales, qui elles vont évidemment aller au plus haut possible dans leurs revendications, tout en sachant pertinemment que dans une négociation, vous partez d'un certain seuil et puis vous devez rejoindre le seuil de ceux avec qui vous négociez. Mais c'est le gouvernement qui décide du SMIC. Le gouvernement décide du SMIC, mais le SMIC a des impacts sur toute la chaîne des salaires.
Mais regardons, si vous, Luia, je vous donne la parole, les SMIC à l'étranger, chez nos voisins, parce qu'ils arrivent mieux que nous. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi le SMIC en Allemagne est à 1716 euros net ? On va voir la carte en Europe. Pourquoi en Irlande, il est à 2110 euros net et
nous, 1478 ? Parce qu'on vit dans un système assurantiel où on a décidé de mettre en commun beaucoup de la richesse qu'on produit. Et c'est ce qui nous permet d'avoir la sécurité sociale telle qu'on la connaît aujourd'hui. La difficulté... J'allais dire presque dans le système de manière générale, c'est qu'on a conçu un système qui était quasiment exclusivement assis pour financer nos besoins sociaux sur le travail. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus difficile d'assumer ce modèle-là. C'est le modèle social qui est payé par les actifs. Je ne pense pas que le modèle social pose un problème. C'est son financement qui doit nous questionner. Et le fait que le financement soit aujourd'hui exclusivement ou quasi, en tout cas beaucoup, assis sur le travail... Ça explique, parce que quand vous devez payer un salaire en Allemagne, ce que l'entreprise doit débourser pour obtenir la même somme nette qu'en France, en Allemagne, elle débourse beaucoup moins. C'est le fameux différentiel entre le brut et le net. Qu'est-ce que vous répondez, Thomas ? C
'est inexact, puisqu'on peut faire la même carte avec le salaire brut. Et avec le salaire brut... Donc c'est complètement erroné ce qu'il vient de dire. Avec le salaire brut, on a le sixième salaire brut d'Europe, le sixième SMIC d'Europe. Donc même avec les cotisations sociales qui ne sont pas des charges, qui donnent du droit en cas de licenciement. Et en ce moment, il y a des licenciements, heureusement qu'il y a des cotisations. En cas de maladie, en cas de parentalité ou pour nos retraites. Moi, je veux bien la même carte, si c'est possible, avec tous les SMIC d'Europe. Et vous verrez qu'alors que nous sommes la deuxième économie... Il y a des pays qui font
moins bien que nous. En Espagne, c'est 1332 euros le...
Nous avons la deuxième économie d'Europe, la France. On a seulement le sixième niveau de SMIC brut. Et là, on rentre dans le vif du sujet. Moi, je trouve que ce qui est positif, c'est qu'on commence à comparer. On est en train de se rendre compte, comme vous l'avez dit au départ, que net et brut, le SMIC est très bas en France, sixième niveau, alors qu'on a la deuxième économie. Deuxième chose, c'est donc pas un problème de niveau de SMIC. Et ça pose ce problème-là qui est sur la table. Monsieur le représentant patronal, à juste titre, il est obligé d'accepter de revaloriser... Ce qu'on appelle un coup de pouce au-delà de l'automaticité. Pourquoi ? Parce qu'il y a des grèves en France.
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