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Bonjour Alexis. Bonjour Richard. Alors, vous avez suivi évidemment la mobilisation d'hier, elle est réussie, et que va-t-on en faire ? C
'est toute la question. Alors les chiffres, d'abord 600 000 selon la préfecture, 1,6 million selon les organisations syndicales. On est de toute façon sur des chiffres qui montrent plus de monde que lors des précédentes mobilisations. Et on voit bien que ça ne faiblit pas, contrairement à ce que attendait le gouvernement. Le pari que les vacances auraient éteint la mobilisation des étudiants et lycéens, et puis que cette rentrée syndicale le 5 novembre. qui avait été appelé avant les vacances ne serait pas de cette ampleur-là. Mais patatras, ça ne fonctionne pas. Il y a beaucoup de monde dans la rue. D'ailleurs, le Parisien, journal de Bernard Arnault, fait même le portrait de certains de ceux qui ont choisi d'aller manifester dans la capitale, orthophonistes, ouvriers de l'automobile, institutrices, etc., qui ont du mal à joindre les deux bouts et qui pourtant travaillent depuis des années et attendent une retraite de plus en plus retardée et qui se rendent... bien compte que ça ne fonctionne plus, qu'il y a quelque chose dans le modèle social français qui est totalement cassé puisque avec ces salaires-là, on n'arrive pas à vivre décemment à Paris et même parfois ailleurs. Donc on est vraiment là dans une mobilisation profonde sur le pouvoir d'achat. La réponse du gouvernement, c'est simplement essayer de revaloriser le SMIC, le salaire minimum de quelques euros. Alors évidemment, c'est insuffisant. Et puis une conférence sociale, encore un Grenelle des Grenelles, ou je ne sais pas quel nom prendra cette conférence sociale. La France les accumule, les collectionne même, tout ça pour quels résultats ? Eh bien, toujours plus de dégringolades, que ce soit l'économie, les faillites d'entreprise, et puis les salaires, évidemment, rien ne va dans notre pays. on aurait tout pour réussir. Alors, qu'est-ce qui ne va pas ? Eh bien, peut-être, il faudrait se tourner du côté des responsables politiques, qui choisissent des politiques, justement, qui ne favorisent pas la créativité, la croissance, ou qui ne favorisent pas non plus une ère géopolitique qui serait dans l'intérêt des intérêts français. La question européenne aussi, qui ne revient jamais sur la table, l'éléphant dans la pièce de 2027. Alors, tout le monde attend un peu. L'élection de 2027, justement, en se disant, bah, on va mettre un petit bulletin dans l'urne et puis on verra si ça change. Mais... Est-ce que cette élection va avoir lieu déjà ? Et puis, est-ce qu'elle sera légale ? Ou est-ce qu'elle va être encadrée par la Commission européenne, Emmanuel Macron, qui veille à cette élection comme une poule sur ses oeufs, pour être bien sûr que rien ne change ? Emmanuel Macron, lui, qui était au cœur d'ailleurs de tous les slogans des manifestants, Macron explosion, Macron ébullition, Macron... Enfin, ce que vous voulez, à la sauce Macron, c'est vraiment un truc qui fonctionne en manif. Seulement, Emmanuel Macron, il est à 13% d'opinion favorable. Il a battu le record historique de François Hollande. Il est plus impopulaire que François Hollande, qui était lui-même le président le plus impopulaire de la Ve République. Félicitations, champion mon frère, comme il pourrait dire. Voilà où nous en sommes. Est-ce que ça peut tenir encore jusqu'en avril ? Moi, c'est la question que je me pose. Alors, ça veut dire qu'il faudrait se mobiliser tous les week-ends, tous les jours même, pour demander la démission d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, qui le disait par SMS à une éditorialiste, jamais il ne démissionnera, lui, il avance. Alors, il avance, mais où ? C'est toute la question. Visiblement, il a choisi de faire carrière à l'étranger, une fois terminé son travail de SAP en France. mais en tout cas ces mois de campagne vont être délicats délicats surtout d'ailleurs pour le parti centriste parti unique macroniste où on ne sait pas s'il faut ou ne pas faire une primaire. Alors là, il y a une pétition qui tourne, mais ils ne veulent pas la signer parce que ce serait donné peut-être trop de crédit à Gabriel Attal qui pousse pour une primaire. Edouard Philippe s'y croit encore. Raphaël Glucksmann, qui est allé en manif, s'est fait évidemment vilipender et huer, mais tout ça ne peut pas tenir très longtemps. J'ai l'impression que cette campagne, en fait, en dehors bien sûr de Jean-Luc Mélenchon qui marche sur l'eau avec ses manifestations, et de Marine Le Pen qui est toujours en tête des sondages et qui elle aussi profite des émeutes et du climat, Climat en France pour avancer. Tous les autres candidats sont à l'arrêt ou dégringolent et ne savent pas comment faire pour accrocher les wagons. Et Emmanuel Macron, lui, sur son trône, regarde ce qu'il a fait de l'hexagone, c'est-à-dire un champ de ruines avec des gens qui se tiennent les moignons.
'est horrible, horrible figure. On a vraiment l'impression d'être dans ces tableaux de la Renaissance avec Bosch. Absolument. Dans ce que vous décrivez, on voit bien que LFI fait la course en tête d'une certaine manière, non pas tant dans les sondages, mais malgré tout il progresse. On voit bien que la violence de la gauche, qui d'ailleurs maintenant a dépassé le cadre de la violence strictement de gauche, il y a des casseurs qui me paraissent être assez apolitiques, ne reçoit pas la désapprobation universelle à laquelle on pouvait s'attendre. Et vous avez surtout raison de le souligner. Maintenant, les médias tendent le micro à Robert Camionneur, Pascal Infirmière et Saïd Agent de maintien et qui, visiblement, ne sont pas du tout politisés. Ils se contentent d'expliquer qu'ils ont froid chez eux et qu'ils ont faim et que c'est ça qui les pousse dans la rue. Comment le gouvernement fait-il pour tenir avec des discours qui sont encore lunaires sur le fait qu'ils n'y peuvent rien, que ce n'est pas leur faute et que ça fait dix ans qu'ils ne sont pas au pouvoir ?
Ils sont vraiment finis. Quand on voit Roland Lescure se mettre en scène pour faire le plein d'une voiture qui n'est pas la sienne et expliquer que ces quelques centimes vont sauver la France. En gros, les gueux rentrés à la niche, ça suffit. On voit très bien qu'ils n'ont plus rien dans leur sac. Sébastien Lecornu et sa conférence sociale, je parlais d'un Grenelle des Grenelles, pareil, c'est totalement ringard. Les caisses sont vides, nous sommes en faillite. On va se retrouver avec sans doute une Troïka type Grèce après l'année. l'élection de 2027 parce qu'on n'aura pas le choix et parce que si la France fait défaut, c'est la fin de l'euro et c'est la fin de l'Union européenne. Et ça, c'est impossible pour les mondialistes qui nous gouvernent. Donc, on va avoir une soupe à la grimace, mais empoisonnée. Il n'y a pas d'autre mot. Donc, il n'y a pas de solution à part faire des chèques en blanc et des promesses. C'est sans doute ce que va faire le gouvernement Le Cornu. En parallèle, il y a le budget. Et le budget, il a été retoqué immédiatement, et c'est un budget qui va être impossible. Alors, ils vont se mettre d'accord pour faire un budget en disant « on doit avoir un budget avant les présidentielles », mais ce sera un budget calamiteux, encore une fois. Et peut-être qu'on aura même des 49-3. Enfin, je ne sais pas où on va, mais c'est vraiment, aujourd'hui, je pense, une situation politique totalement fermée. Et la seule chose qui pourrait ouvrir, c'est d'aller aux urnes, de demander aux Français ce qu'ils en pensent. C'est l'esprit d'à l'heure de la cinquième, quand c'est bloqué à ce point-là, soit on fait un affaire à l'homme, soit on fait une élection présidentielle, enfin bref. Bref, on se débarrasse du problème. Et le problème, on le sait depuis dix ans, c'est Emmanuel Macron et sa stratégie de recrutement, où il a choisi bien sûr les meilleurs. Donc, il n'y a pas d'autre solution que de changer radicalement. Or, le problème, c'est que tout est verrouillé. Emmanuel Macron ne veut pas démissionner. Il a placé à la tête des institutions, Banque de France, Conseil constitutionnel, Arcom, etc., des courtisans. Et donc, il prépare simplement l'après qui va être très difficile. Donc, demain, Jean-Luc Mélenchon est à Bagnolet, il attend 20 000 personnes. Marine Le Pen a lancé sa campagne. Alors, tout va continuer comme si c'était une campagne comme une autre. Mais je pense que là, on est vraiment dans une impasse gravissime. Et les Français continuent de s'appauvrir. Il n'y a pas de solution à part l'économie. En réalité, relancer l'économie française en arrêtant avec l'idéologie qui nous a mis dans ce trou noir absolu qui fait... qu'aujourd'hui, les Français n'arrivent pas à vivre de leur travail. Donc, il n'y a pas beaucoup de choses à faire. Il faut, je pense, d'abord un choix politique national qui engage les citoyens et ça, ça s'appelle une élection présidentielle. Elle devrait avoir lieu avant avril.
Alors, ça, c'est quelque chose qui est demandé et vous l'avez souligné. Emmanuel Macron nous explique qu'il restera jusqu'au bout et même après. Ça fait partie, c'est un vœu pieux, hélas.
Hélas, oui, c'est un peu pieux parce qu'à part faire une procédure de destitution, mais personne ne veut la faire, évidemment, Emmanuel Macron sera là jusqu'au bout. Et donc chaque miette de destruction qu'il pourra accumuler dans sa triste assiette, il le fera. Et on voit bien que là, c'est vraiment une fin cataclysmique de ces dix ans de destruction de ce qu'était la France. Et ça continue avec le fait que non seulement Emmanuel Macron ne veut pas démissionner, mais pire encore, ceux qui sont responsables. de ce désastre, osent se présenter devant le suffrage des Français. Il faut avoir un minimum d'esprit critique et surtout d'amour de soi, peut-être, pour oser faire ce que fait Edouard Philippe et Gabriel Attal. Pour moi, c'est de la folie. Ils savent très bien que les Français ne veulent pas d'eux. Et pourtant, ils font campagne comme s'ils étaient la solution. Ils trouvent même d'ailleurs des donateurs, ils trouvent même des gens pour être derrière, pour construire leur équipe. Alors c'est assez miteux, mais n'empêche qu'ils se lancent en campagne. C'est ridicule. S'ils n'ont pas compris que les Français n'en peuvent plus et n'en veulent plus du parti centriste et de ceux qui ont participé à la destruction de ce pays, il faut leur expliquer. Et il faut leur expliquer peut-être de manière plus radicale encore que ce qui se passe dans la rue. Mais voilà où nous en sommes aujourd'hui.
Merci beaucoup Alexis Poulain et à la semaine prochaine pour un commentaire avisé de cette présidentielle étrange.
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