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Bonjour à tous, bienvenue dans 100% Sénat, l'émission qui vous emmène au cœur du travail parlementaire. L'intelligence artificielle et ses enjeux en débat au Sénat. La commission des affaires économiques a auditionné la ministre en charge du sujet. Anne Le Hénanf estime que l'IA est aujourd'hui un sujet régalien. On regarde.
vous remercie d'être présent et nous allons donc procéder à l'audition de Madame Anne Le Hénanf, qui est ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique. Dans le cadre de nos auditions au PLF 2027, nous avons donc le plaisir de vous accueillir et c'est pour la Commission des affaires économiques une première, puisque c'est la première fois que vous vous retrouvez ici dans cette enceinte de la Commission des affaires économiques. Et donc je pense que l'ensemble de nos collègues auront un certain nombre de questions à vous poser. Justement, les infrastructures qui sous-tendent l'IA, ce sont notamment les centres de données. dont nous avions eu l'occasion de débattre en mars dernier à l'occasion de l'examen de la proposition de loi de notre collègue David Ross. Nous le savons, la France dispose d'atouts majeurs pour attirer sur son sol des centres de données, tels que sa position de carrefour des grands réseaux de câbles sous-marins ou son électricité à 95% décarboné. Le rapport réalisé... par Damien Michalet, ici présent, et plusieurs de ses anciens collègues de la Commission de l'aménagement du territoire et du développement durable l'a d'ailleurs rappelé cet été. Nous voudrions savoir comment vous travaillez à réduire les handicaps français, également pointés par ces récents travaux du Sénat. complexité et lenteur des procédures administratives, délai pour le raccordement au réseau électrique, réduction de l'empreinte environnementale pour faciliter l'acceptabilité des centres de données. Dans le domaine de l'intelligence artificielle, plusieurs experts ont cru percevoir au cours de l'été des signes d'une forme d'abandon par la start-up française Mistral A, de la course au modèle frontière mené par les entreprises américaines et chinoises. Elle a depuis lancé son nouveau modèle, Mistral Large 4, et assure dans les médias ne pas avoir l'intention... de renoncer à se battre pour rester à la pointe de la technologie, même si générer un modèle frontière se chiffre en centaines de millions, voire en milliards d'euros. Face à une compétition toujours plus féroce et coûteuse, comment l'État, au niveau national mais aussi au niveau européen, peut-il agir ? pour soutenir davantage Mistral Hay et les autres entreprises françaises du secteur de l'IA et de la tech en général. Mobilisons-nous suffisamment le levier de la commande publique. Nous le savons, il y a là un enjeu de souveraineté numérique décisif pour notre avenir. Le développement de l'intelligence artificielle permet à nos entreprises d'améliorer de façon parfois spectaculaire leur productivité et leur compétitivité, ce qui devrait à terme permettre d'augmenter le taux de croissance de notre économie, qui en a d'ailleurs bien besoin. Comment agissez-vous pour accélérer la diffusion de l'IA dans tous les secteurs et en particulier auprès des PME et des ETI ? Quels sont les enjeux de la diffusion de modèles en open source afin d'éviter que les coûts liés à l'IA n'explosent dans les comptes de nos entreprises au profit des géants américains du secteur ? Enfin, je souhaiterais que vous puissiez évoquer les questions de cybersécurité. Au cours des derniers mois, nous avons vu des fuites de données parfois gravissimes se multiplier. Je pense en particulier à celles qui ont touché l'Agence nationale des titres sécurisés, mais également la Direction générale des finances publiques. Dans le même temps, les cyberattaques vont croissant avec des effets économiques. comme celle qui a atteint les systèmes de régulation frigorifique de centaines de supermarchés dans la nuit du 11 au 12 octobre. J'entendais encore cette semaine que ça s'est également produit au niveau européen. Je crois en particulier en Belgique. Nous avons le sentiment que le gouvernement est complètement dépassé face à des assaillants qui s'en prennent, à certaines de ces administrations censées être les mieux protégées, mais également à nos entreprises dont beaucoup demeurent trop vulnérables. Que faites-vous et qu'allez-vous faire dans les mois qui viennent pour endiguer cette menace ? à notre collègue Anne-Catherine Loisier, qui est rapporteure pour avis sur les crédits dédiés au numérique de la mission économie. Puis nous prendrons les questions 3 par 3 de nos collègues, comme nous avons l'habitude de le faire dans cette enceinte. Avant de vous céder la parole, je rappelle que cette audition fait l'objet d'une captation vidéo et qu'elle est diffusée en direct sur le site du Sénat. Voilà, Madame la Ministre, je vous laisse bien volontiers la parole.
Merci beaucoup, Madame la Présidente, chère Dominique Estrosi-Sassonne, Mesdames et Messieurs les sénateurs, Mesdames et Messieurs les commissaires de la Commission des affaires économiques du Sénat. D'abord, je souhaite vous remercier très sincèrement, Madame la Présidente, de cette invitation, de votre accueil au sein de votre commission. C'est une première, effectivement, en tout cas pour moi. C'est l'occasion pour moi de vous présenter un bilan. de mon action, près d'un an après ma prise de fonction, mais de revenir également sur les priorités en cours, ce qui me donnera l'occasion de répondre à certaines de vos questions. D'autres, je me permettrai d'y répondre après. Je souhaiterais également vous partager mes convictions profondes sur le numérique et l'intelligence artificielle. Permettez-moi de poser d'emblée un constat simple. Le numérique et l'intelligence artificielle sont devenus des sujets régaliens. L'actualité internationale nous le rappelle chaque jour. Le numérique est un nouveau champ de compétition, de contestation et parfois même de confrontation qui recèle un potentiel immense. Il s'agit notamment de créer... d'innover, de rapprocher, de développer les filières françaises. Pour autant, ne soyons pas naïfs, ils comportent aussi des risques réels qu'il nous faut comprendre, anticiper, mesurer. Des risques pour nos valeurs, pour nos démocraties et pour les publics les plus vulnérables, en particulier les enfants. Les choix que nous faisons aujourd'hui nous permettront de maîtriser notre destin numérique qui s'incarne dans la notion centrale de souveraineté numérique. C'est dans cet esprit que j'ai souhaité organiser mon action. Le premier pilier, comme je le disais, c'est la souveraineté numérique. Évidemment, pour nous, être souverain n'est pas se couper du monde, n'est pas exclure non plus des parties du monde. C'est d'ailleurs le chapeau commun, la souveraineté numérique, à toutes les actions que je mène depuis plus d'un an dans ce ministère et qui guide nos choix. Tout d'abord, savoir précisément où nous en sommes. Et pour cela, c'est nécessaire de cartographier nos dépendances technologiques, secteur par secteur, pour agir sur des constats et non sur des impressions. C'est ensuite le deuxième point de la définition de la souveraineté numérique, c'est soutenir l'offre, c'est maîtriser nos propres technologies. Quand je dis nos propres technologies, je parle bien sûr de la France, mais aussi de l'Europe. Je me positionne bien en européenne. Nous n'avons pas vocation à faire tout nous-mêmes, mais nous devons être capables, sur les briques critiques, de choisir plutôt que de subir. Et c'est enfin porter des valeurs, ce qui fait une grosse différence avec certaines parties du monde. La protection des populations, la protection de notre démocratie et spécifiquement de nos enfants dans l'espace numérique. Un développement technologique respectueux de l'environnement et une transparence qui renforce la confiance qu'auront les citoyens dans la technologie. Sur la cartographie de nos dépendances d'abord, j'ai confié au printemps dernier la réalisation d'un observatoire de la souveraineté du numérique au Haut-Commissariat à la stratégie et au plan. L'objectif c'est d'identifier concrètement les dépendances critiques du secteur privé. Les résultats qui seront publiés d'ici la fin de l'année nous donneront une vision claire des objectifs à atteindre. Nous ne pourrons réduire ce que nous ne connaissons. Mais cartographier évidemment ne suffit pas. Il faut également développer l'offre. Maîtriser les technologies d'avenir, c'est un gage de souveraineté, d'indépendance et de croissance économique. C'est le sens de notre politique de soutien à l'innovation voulue par le président de la République. Nous soutenons nos champions grâce à France 2030. J'y reviendrai plus spécifiquement parce que je sais que c'est un sujet qui compte beaucoup pour les sénateurs. On y reviendra dans le détail si vous voulez. Et également l'accompagnement de nos stratégies sectorielles, notamment sur l'IA, le quantique, la cybersécurité et le cloud. Et grâce notamment, ça passe par l'accompagnement par la French Tech. Nous encourageons l'innovation de rupture avec un plan Deep Tech visant à accélérer l'industrialisation des résultats de notre recherche publique. Nous travaillons également avec Roland Lescure à renforcer l'accès de nos entreprises au capital grâce à l'action de BPI France au dispositif Tibi qui a mobilisé plus de 15 milliards d'euros depuis 2020 et dont la troisième phase permettra de mobiliser 13 milliards d'euros supplémentaires pour financer notre écosystème. Et nous portons ces sujets au niveau européen, en particulier celui du financement. C'est aussi un enjeu de souveraineté. Faute d'offres de financement suffisantes en France ou en Europe, nos entreprises technologiques n'ont généralement d'autre choix que de se tourner vers des investisseurs étrangers dès qu'il s'agit de lever plus de 100, 200, 300 millions d'euros et au-delà, bien entendu. Le soutien à nos acteurs français passe également par la commande publique. Vous en avez parlé, Madame la Présidente. Et je salue ici les travaux de la commission d'enquête. du Sénat, sur la commande publique, dont certains d'entre vous étiez membres, je rejoins pleinement la conviction qui est la vôtre. La commande publique peut et doit se jouer et doit jouer un rôle clé dans notre souveraineté numérique. Sur la commande publique... La doctrine du make or buy de l'État a été clarifiée en début d'année pour éviter que l'État ne redéveloppe pour ses propres besoins des produits, des technologies, des applications numériques qui existent sur le secteur privé. Nous faisons le choix désormais de miser sur des acteurs français. Mistral, bien entendu, par exemple, pour équiper les agents des ministères avec un assistant numérique. Première expérimentation avec 10 000 agents publics dorénavant généralisés. Le déploiement de cette IA de proximité a été généralisé en juin à tous les agents. Depuis cet été, l'assistant Mistral est ouvert à l'ensemble des agents connectés au réseau interministériel de l'État, soit près d'un million d'agents, au terme d'une expérimentation de 10 000 agents depuis 10 mois. A titre personnel, j'aimerais que ça dépasse largement le cadre des ministères et que l'ensemble des collectivités de notre pays puissent également bénéficier de ces agents Mistral. Dans cette logique, avec David Amiel, nous avons signé en septembre avec Exatrust, la DINUM, Numéum, un pacte numérique. Qu'est-ce que ce pacte numérique ? Il fixe une nouvelle méthode de travail fondée sur le dialogue pour co-construire les réponses aux évolutions technologiques au sein de l'État avec les acteurs privés. Je m'en réjouis. J'y vois une illustration exacte de ce que doit être le réarmement numérique, une méthode, pas seulement une ambition. En clair, les paroles ne suffisent pas, ce sont les actes qui comptent. Sur la protection des données, nous continuons de mettre en œuvre la loi SREN votée au Parlement en 2024. Le décret et l'arrêté d'application de son article 31 imposent désormais aux administrations d'héberger leurs données sensibles auprès de prestataires conformes au référentiel de l'ANSI avec un délai de 18 mois de migration. Et je note avec beaucoup de satisfaction que les offres labellisées Secnum Cloud, c'est le niveau de cybersécurité optimum, maximum en France, le nombre d'offres labellisées Secnum Cloud se multiplie. Secnum Cloud notamment permet de se protéger contre des lois extraterritoriales qui verraient les données partir dans des territoires extra-européens et en dehors de la France. C'est un signal très positif de la vitalité de notre écosystème et surtout une prise en compte des enjeux de protection et de sécurité. Mais notre ambition sur la souveraineté numérique ne s'arrête pas à la France. C'est à l'échelle de l'Union européenne que se joue la mise en place d'une préférence européenne, notamment dans le cloud et l'intelligence artificielle avec le Cloud and AI Development Act. Nous avons lancé les travaux pour définir en franco-allemand ce qu'est un service numérique européen. C'était un travail finalement nécessaire, mais qui n'était pas, comment dire, naturel au début. Nous n'avons pas la même notion de ce qu'est un service numérique européen. La France est plutôt myodisante. Il fallait donc discuter avec les Allemands, puisque le couple franco-allemand... permet notamment d'entraîner derrière elle l'ensemble des pays européens. C'est un travail que nous avons... avec notamment la consultation de l'écosystème pour fixer les seuils adaptés. Le dialogue, c'est la méthode dans laquelle je crois pour construire une politique publique intelligente. Les critères de préférence européenne qui font aujourd'hui consensus plus largement à Bruxelles et sur lesquels nous comptons capitaliser sont au nombre de quatre. La France a défendu fortement dans les critères de préférence européenne Le fait que les entreprises, notamment les sièges sociaux, soient installées en Europe. C'est le premier critère. Le second, c'est qu'au moins 50% des effectifs de recherche et développement soient localisés dans l'Union. Le troisième critère, qu'au moins 50% de la sous-traitance de rang 1 soit réalisée avec des partenaires de l'Union. Et enfin, que la localisation des fonctions de support critiques soit en Europe. Évidemment, le Cloud and AI Development Act, c'est un texte dont nous sommes au début des discussions. Mais je viens de vous exposer vraiment la position de la France et celle que nous allons défendre. J'ai la conviction que nous devons aller beaucoup plus loin dans le choix de préférer nos acteurs UE. Cela signifie que la marge de progression dans les discussions avec l'ensemble des pays de l'Europe, elle est encore immense. Et je compte bien avec nos équipes. les embarquer sur nos critères, ce que je viens de présenter devant vous, les fameux quatre critères. Le Cloud and AI Development Act, par exemple, ne concerne aujourd'hui que le cloud et l'IA. Nous avons devant nous l'opportunité d'élargir ce principe de préférence européenne au numérique dans son ensemble. Quand on dit au numérique dans son ensemble, c'est la cybersécurité, c'est le quantique, par exemple. Par ailleurs, il ne concerne la préférence européenne que la commande publique. Certes, c'est un premier pas. Il ouvre la voie à un élargissement à l'ensemble des aides publiques. C'est ce que la France souhaite également porter au niveau européen. Là, c'est la commande publique. On pourrait imaginer de conditionner également les accompagnements, les subventions européennes à une préférence européenne. Sur les critères de valeur ajoutée européenne. Ils sont aujourd'hui, d'abord, et ce qui nous, à ce stade, ne convient pas, la France, donc on va porter fortement aussi cela, à ce stade, ils sont optionnels. Ce n'est pas une obligation dans les marchés publics d'avoir une préférence européenne. Et si tel était le cas, si c'était choisi, la préférence européenne par les pays européens et par la Commission européenne, elle est limitée dans sa valeur à 12,5% de la note finale d'un marché public. Nous défendrons leur montée en puissance en défendant le principe de les rendre obligatoires avec un seuil plus élevé. Pour nous, le 12,5, c'est une base. Ce n'est pas le maximum, c'est le minimum. Voilà ce que je vais porter moi à Bruxelles. Et ce sera la position de la France. Ensuite, il faut le dire clairement, l'État ne peut pas y arriver seul. On estime que la commande privée en matière de numérique, c'est dix fois plus important en masse financière que la commande publique. La manne financière générée par la commande publique, elle reste finalement minime au regard du volume que représente la commande privée, qui finalement détient entre ses mains le vrai pouvoir d'accélération. L'engagement « Je choisis la French Tech » annoncé au salon Vivatech cette année réunit désormais 23 grands groupes engagés à dépasser 2 milliards d'euros d'achats auprès de nos start-up et scale-up françaises. C'est la preuve que lorsque nous fixons un cap commun, les résultats y suivent. Mais chaque entreprise, petite ou grande, finalement aussi détient dans ses achats de produits numériques une part de notre souveraineté. Je dis chaque entreprise, mais je devrais dire chaque organisation. Les collectivités locales, quel que soit l'échelon, ont également entre leurs mains une part de la souveraineté numérique de notre pays. Nous voulons maintenant amplifier cet élan à l'échelle du continent en fédérant des communautés d'affaires européennes autour de la même ambition et créer, je choisis... la tech européenne. Et pour que nos offres soient mieux connues, un catalogue des offres souveraines porté par le comité stratégique de filière solutions numériques de confiance sera publié prochainement. Enfin, le troisième pilier, et il est essentiel dans la définition d'une souveraineté numérique, c'est celui d'une souveraineté numérique conforme à nos valeurs. C'est-à-dire un numérique innovant au service de tous, respectueux des personnes et de l'environnement. Nous devons ainsi lutter contre le déficit de compétences, frein majeur à notre compétitivité, à notre capacité d'innovation, à notre autonomie. Nous allons devoir former des ingénieurs, des techniciens spécialisés et notamment des femmes. qui se maintiennent malheureusement encore éloignés des filières de la tech. Seuls 7% des adolescentes françaises s'intéressent au métier du numérique, contre quasiment 30% des garçons. Et seuls 14,8% des professionnels de l'IA sont des femmes. Nous n'avons pas les moyens de nous priver de la moitié de la population française. C'est tout l'enjeu de deux plans initiés par Elisabeth Borne. Le premier plan qu'avait lancé alors Elisabeth Borne, c'était le plan maths et filles. Et le second, c'était tech pour toutes. Programme porté par la fondation INRIA, que j'ai relancé aux côtés de Roland Lescure, Edouard Geffray, Aurore Berger et Philippe Baptiste lors de VivaTech, lors de sa dernière édition. Quelle est notre stratégie en matière d'intelligence artificielle depuis 2018 ? Je voudrais un peu vous présenter la stratégie nationale avec les partenaires européens. De la même manière, la souveraineté numérique ne se fera pas seule en français. Elle se fait également la course à l'IA avec les 26 autres pays européens. Tout d'abord, notre stratégie, c'est de soutenir nos champions. Grâce à la stratégie nationale pour l'intelligence artificielle qui avait été lancée à l'époque par le Premier ministre Edouard Philippe en 2018, nous sommes toujours sur cette trajectoire. du plan et la stratégie nationale pour l'intelligence artificielle. Cette stratégie a permis de soutenir notre recherche, de faire émerger des champions européens comme Mistral et Haï. Les grands modèles de langage misrales, Armatan et AI dans la Défense, H Company pour l'IA agentique, AmiLabs pour l'IA physique et bien d'autres encore. Ces entreprises prouvent que la France a des talents, les idées et les moyens de rivaliser avec les géants américains ou chinois. Mais il faut être lucide, il n'y aura pas d'IA souveraine sans infrastructure. Nous portons en ce sens une politique ambitieuse en matière d'implantation d'infrastructures de calcul sur notre sol. Lors du sommet pour l'IA de Paris en février 2025, le président de la République a porté une ambition forte, celle de positionner la France et l'Europe dans le peloton de tête de l'IA et de la course à l'IA, parce qu'on parle bien de course. Des investissements sans précédent ont été annoncés pour l'IA en Europe. 109 milliards d'euros d'investissements privés, étrangers et français en France dans les infrastructures IA. 20 milliards d'euros d'investissements de la Commission européenne dans des gigafactories de l'IA. Avoir des centres de données en France, c'est un atout stratégique. Notre électricité est abondante. Elle est décarbonée et elle... est bien mieux valorisée en alimentant nos centres de données et nos usages numériques qu'en étant simplement exportés. Avec le président de la République et l'ensemble du gouvernement, nous portons une vision claire, forte, une IA durable, inclusive au service de l'intérêt général. C'est ce qu'on appelle la troisième voie, respectueuse de nos valeurs, et refusant finalement la dépendance au modèle chinois et américain. Et cette troisième voie dépasse largement les frontières européennes, je peux vous le dire. Cette troisième voie est partagée par d'autres parties du monde. Je pense à la Corée du Sud, je pense au Japon, je pense à l'Inde, je pense au Canada et certains pays également du Moyen-Orient. Et j'ai pu vraiment le constater au sommet pour l'IA en Inde, où je me suis rendue en février dernier. Nous avons fait également la sécurité de l'IA, c'est stratégique, et de la diffusion des axes centraux de la présidence française du G7. Pour rappel, mémoire, nous avons la présidence française du G7 jusqu'à fin décembre. Et donc j'ai eu l'occasion d'accueillir en mai dernier une ministérielle G7 numérique et elle a permis d'adopter une déclaration commune sur ces sujets. La présidence française a ainsi mobilisé ses partenaires au sommet des viands. Le président a appelé à construire une plateforme de discussion et de coopération entre démocratie face aux risques réels. de l'intelligence artificielle et en particulier des modèles de frontières. Et j'ai depuis organisé deux nouvelles ministérielles dédiées en septembre et en octobre pour tenter d'avancer plus opérationnellement avec des engagements des sept pays du G7 sur la création notamment d'un groupe de travail de haut niveau sur le sujet de la sécurité de l'IA de manière générale et de l'IA de frontières en particulier. J'ai publié à cet effet un communiqué de la présidence pour faire état des discussions qui n'ont malheureusement pas pu aboutir. Petite précision, pourquoi ça n'a pas pu aboutir ? Aujourd'hui, les États-Unis, grâce à leurs grands opérateurs, grands acteurs de la big tech, avancent vite sur l'IA de frontières et ont lancé une task force de réflexion sur les vulnérabilités, sur les problèmes de sécurité que pourra engendrer, entre autres, l'IA de frontières. Et donc ne souhaite pas à ce stade faire de déclarations communes avec les six autres pays du G7 et nous demande d'attendre les conclusions américaines. Évidemment, nous, on le regrette. Mais on continue à avancer en européen sur ce sujet. Et c'est une discussion que j'ai systématiquement avec tous les pays que je rencontre, la sécurité, parce qu'on a l'INRIA notamment, on a l'INESIA qui nous permettent d'avancer sur ces sujets. Donc on continue à avancer sur le sujet. Il y a un sujet également sur lequel je souhaite revenir avec vous, c'est l'empreinte environnementale du numérique. Je sais que le Sénat fournit des travaux précieux sur ce sujet. Monsieur le sénateur Damien Michalet, vous avez bien voulu avec vos collègues rapporteurs m'en présenter récemment les conclusions. Je vous en remercie à nouveau. Je crois que nous devons, sur ce sujet qui préoccupe légitimement nos concitoyens, rappeler la réalité des faits. Et c'est un sujet sur lequel, à titre personnel, en tant que ministre, je m'engage fortement avec mon équipe, concernant la consommation d'eau. Les centres de données, un chiffre, représentent 0,002% des prélèvements d'eau annuels en France, à comparer aux 8% consommés par l'industrie, par exemple. Concernant la consommation d'électricité des centres de données, elle est estimée à 10 TWh, soit 2% de la consommation annuelle française, qui était de 450 TWh en 2025, de manière globale en France. En comparaison, l'industrie représente 25% de la consommation finale d'électricité française, construction comprise. Avec le développement des projets, RTE estime que cette consommation pourrait être multipliée par 3 d'ici 10 ans. Pour atteindre 30 TWh, cette forte croissance doit cependant être mise en regard de deux autres chiffres. En 2024 comme en 2025, la France a exporté plus de 90 TWh d'excédent d'électricité grâce à l'énergie nucléaire. D'ici 2035, la production d'électricité en France continuera à croître en fonction du développement des énergies renouvelables et de la disponibilité de la production nucléaire. Ainsi, même dans un contexte de forte croissance... des besoins du numérique, RTE n'entrevoit pas de conflit d'usage pour l'électricité. J'en parle parce que c'est un sujet, par exemple, d'actualité en Irlande. En Irlande, il y a vraiment clairement, il y a eu en tout cas, des conflits d'usage entre la disponibilité de l'électricité et les besoins du pays. L'implantation, et là-bas, vous avez les sièges des entreprises de la big tech, et donc il y a des gros data centers en Irlande, donc voilà. En France, je vous rassure, ce n'est pas le cas. L'implantation des centres de données génère en nous des retombées fiscales significatives pour les territoires, notamment via la taxe foncière sur les propriétés bâties et la cotisation foncière des entreprises. Un centre de données de type 100 MW de 5 milliards d'euros d'investissement, on en a en France, et de 5 hectares de surface de plancher. génère 6,6 millions d'euros de recettes fiscales par an. Je réunirai, et c'est une invitation aux membres de cette commission de manière officielle, je réunirai prochainement à Bercy en marge du Congrès des maires des représentants des associations d'élus pour échanger à ce sujet et rappeler l'engagement de l'Etat dans l'accompagnement des collectivités. Parce qu'effectivement, comme je vous l'ai dit, je crois au dialogue. Et pour éviter parfois ces impressions, ou en tout cas ces craintes, ces angoisses qui sont légitimes, le meilleur moyen c'est de discuter avec tous les acteurs qui gravitent autour d'un data center. Évidemment, priorité aux élus locaux, priorité aux régions qui portent également financièrement ces gros projets, ARTE. à la DGE et aux acteurs de Bercy, et puis aux porteurs de projets de data center, pour autour de la table pouvoir clairement se dire les choses et se dire également les craintes, pour mieux les contourner et mieux y répondre finalement. Au-delà de la maîtrise des technologies, l'enjeu est celui également de l'adoption de l'IA par notre tissu économique. Il est déterminant. Selon une étude récente du Conseil d'analyse économique, l'essentiel de notre retard de productivité face aux États-Unis sur les 30 dernières années s'explique par un déficit de production, mais surtout d'adoption du numérique. L'adoption de l'IA n'est donc pas une option si nous ne souhaitons voir ce déficit de productivité se creuser. Globalement, on peut aller plus vite, plus loin, plus fort. Aujourd'hui, l'adoption de l'IA dans notre écosystème, dans l'économie de manière globale et dans les collectivités, est bien en dessous, bien en deçà de ce qu'il faudrait qu'elle soit. Et je le dis vraiment tout à fait officiellement et je le dis dans tous les secteurs d'activité où je me déplace, il faut qu'on introduise l'IA plus vite dans notre économie. Dans ce cas, nous avons lancé un plan interministériel. Oser l'IA. Il y a un an avec une conviction. L'IA doit irriguer l'ensemble de notre économie et non se limiter à une élite technologique. J'ai nommé des ambassadeurs sur tout le territoire. Ils sont 620. Partout. répartis de manière homogène sur l'ensemble de notre territoire. Ce sont des spécialistes de l'IA, ils sont volontaires et ils sont bénévoles. Et ils font un travail formidable, je souhaite vraiment leur rendre hommage. Et nous mettons notamment à la disposition de ces ambassadeurs IA des cas d'usage concret. Parce que le premier frein pour un patron d'une TPE ou d'une PME pour introduire l'IA, c'est à quoi ça sert ? Que vont devenir mes données ? et aussi combien ça me coûte. Donc, souvent, l'exemple, finalement, le cas d'usage qui a déjà été éprouvé dans le même secteur d'activité par une entreprise de la même taille rassure les dirigeants de ces TPE et de ces PME. Nous avançons également sur la formation professionnelle avec Jean-Pierre Farandou et sur la diffusion dans l'administration avec David Amiel. Aujourd'hui... 39% des TPE et PME utilisent l'IA. Soit une progression de 13 points en un an, on peut s'en réjouir, mais il faut aller beaucoup plus vite. Plus de 50 000 entreprises ont été sensibilisées grâce à nos ambassadeurs, nos chambres de commerce, qui sont nos partenaires et qui font un très beau travail partout. Ils ont l'avantage, les CCI, d'être dans tous les départements, donc au plus près des entreprises. Et puis nous avons également des partenaires comme BPI France ou le Hub France IA. Mais nous devons aller plus loin. La France a tous les atouts pour devenir une puissance de l'IA, une recherche fondamentale de premier plan, un écosystème dynamique et une volonté politique forte. Avec le réabondement de 665 millions d'euros de notre stratégie IA via France 2030, nous renforçons notre soutien à la recherche et développement et au développement d'une offre souveraine. Mais la clé du succès réside dans la massification. dans notre capacité à former, à accompagner, à rassurer et à démocratiser l'accès à ces technologies. Concernant l'état de la menace cyber et le projet de loi Résilience, j'en viens évidemment à ces sujets qui sont également une préoccupation majeure et je sais que nous la partageons. Nous faisons face aujourd'hui à un niveau de menace cyber très élevé et préoccupant. Cette menace touche désormais tous les pans de notre société, du citoyen aux grandes entreprises, aux administrations. Personne n'est à l'abri et ne peut se croire à l'abri. La France est le pays le plus ciblé par les cyberattaques en Europe aujourd'hui, pour différentes raisons que je ne développerai pas ici et que vous pouvez imaginer. Et les attaques, les violations de données de cet été, notamment celles subies par la DGFIP, nous l'ont durement rappelé. Cette menace porte directement atteinte à la confiance des citoyens dans notre capacité à protéger leurs données. Elle cherche également à atteindre la résilience de notre nation dans son ensemble. Les récentes attaques contre les installations frigorifiques ont ainsi directement visé notre économie, notre chaîne d'approvisionnement. Et je dirais même au-delà. potentiellement, peut avoir comme objectif de déstabiliser l'unité de notre pays et de créer de l'angoisse auprès de la population. Alors qu'est-ce que nous faisons en matière de cybersécurité et de sécurité numérique plus largement ? La feuille de route des efforts prioritaires en la matière a été rendue publique pour la première fois au printemps dernier à la demande du Premier ministre. Le Premier ministre a personnellement demandé une accélération de la sécurisation des administrations avec un suivi direct à son niveau de la feuille de route. Deux priorités pour les administrations, l'authentification multifacteur solide et le renforcement de la supervision. Les équipes sont ainsi pleinement mobilisées, engagées pour le renforcement de la sécurité des ministères. Des crédits ont été spécifiquement mobilisés cet été par le Premier ministre, notamment dans le cadre du plan France 2030, pour renforcer la cybersécurité de l'État, soutenir la filière également cybersécurité française dans son ensemble. J'ai eu l'occasion lors de la séance de questions au gouvernement la semaine dernière de détailler leur fléchage, mais je voudrais le repréciser devant vous aujourd'hui parce que c'est un sujet vraiment important. Sur les 200 millions, comment ça va être réparti, cette enveloppe France 2030 voulue par le Premier ministre ? à profit pour développer finalement les capacités de l'intelligence artificielle à développer, à nous aider à développer notre cybersécurité. L'IA peut-être une menace ? puisqu'elle industrialise les cyberattaques, mais à l'inverse, c'est une opportunité, puisqu'elle a la capacité aussi pour nous à renforcer nos capacités à nous cybersécuriser et développer les technologies de cryptographie, notamment de nouvelle génération. 63 millions d'euros vont être consacrés au renforcement de notre autonomie stratégique en cybersécurité et la résilience des systèmes d'information de l'État. et 61 millions d'euros pour soutenir la montée en puissance des entreprises françaises de cybersécurité. Les travaux, je dois vous le dire, ont bien avancé sur ces trois axes pour trois quarts de l'enveloppe totale, si elles sont dépensées, en tout cas elles sont fléchées. Vous pourrez le constater notamment dans les prochaines semaines pour les actions qui mobilisent les écosystèmes de recherche et de start-up. Ces crédits bien sûr s'ajoutent à ceux engagés dans le cadre du plan France 2030 sur la cybersécurité. Notre objectif c'est de faire émerger des champions français et européens de la cybersécurité. Nous en avons en France. Nous avons beaucoup d'entreprises d'exception dans la cybersécurité en France et qui vont nous permettre de garantir finalement que ce soit au niveau public, que ce soit au niveau privé, la maîtrise de notre souveraineté par la cybersécurité. Parce qu'évidemment, souveraineté et cybersécurité, ça va ensemble. Ce n'est pas parce qu'on est souverain numériquement qu'on est cybersécurisé. Et à l'inverse, ce n'est pas parce qu'on est ultra cybersécurisé qu'on est souverain. Il faut trouver ce juste équilibre entre les deux. De manière concrète, en 2025, tout dispositif cumulé, c'est quelques 73 millions d'euros qui ont été investis pour accompagner la montée en puissance de notre écosystème de start-up spécialisé dans la cybersécurité. Ces dispositifs, vous les connaissez, je peux vous en citer deux, Cyberbooster, CyberPME, pour la cybersécurité des PME, notamment dans les secteurs critiques. Concernant le PGL Résilience, le projet de loi sera examiné à l'Assemblée nationale à partir de lundi 9 novembre prochain, c'est-à-dire lundi qui vient. Vous me permettrez une remarque sur l'article 16 bis de ce projet de loi. qui dans sa rédaction actuelle va plus loin que le droit existant. Si cet article devait être conservé à l'issue de la navette parlementaire, il pourrait entraver significativement l'action de nos services de renseignement et d'enquêtes judiciaires, notamment en matière de lutte contre la pédocriminalité en ligne et les violences sexuelles contre les enfants. Sur ce sujet, ma position, elle est constante, elle est claire depuis un an. Si le sujet du 16 bis, c'est-à-dire le fond, sur le fond, ce n'est pas mon sujet... Puisque, rappelez-vous, le CESBIS a été introduit dans votre hémicycle lorsque vous avez étudié le PGL Résilience en réactif à un 8R qui tentait d'être introduit au même moment à l'Assemblée nationale. Eh bien, le 8R n'existant pas... À titre, je dirais, plutôt spécialiste, experte sur les sujets de la cybersécurité et donc du PGL Résilience, moi, je considère que le CESBIS, c'est un cavalier. puisque le 8R n'existe pas. Mais je crois que, et je me suis même sûre, le ministre de l'Intérieur aura l'occasion d'expliquer sur le fond, ce qui n'est pas mon sujet, puisque c'est en dehors du sujet de la cybersécurité, c'est un sujet de renseignement, aura l'occasion de s'en expliquer devant les députés. Mais je veux le redire, le risque cyber concerne toutes les organisations, et évidemment dépasse le simple périmètre de Nice 2. Toutes les organisations, entreprises comme administrations doivent aujourd'hui intégrer le risque cyber et prendre les mesures nécessaires pour se protéger en s'appuyant sur notre écosystème cyber d'excellente qualité. J'ai souhaité avec le ministre Roland Lescure lancer jeudi 29 octobre dernier la première édition du Bercy de la cyber. Cet événement a rassemblé près de 450 personnes, représentants de fédérations professionnelles. sectorial, expert de la cybersécurité, autour d'un message simple. La cybersécurité est aujourd'hui la condition de la continuité d'activité économique de notre pays. Se protéger ne peut plus attendre. Je souhaite conclure mes propos en évoquant les sujets de la protection des populations dans l'environnement numérique et le renforcement de la confiance démocratique. Les bouleversements qu'occasionne la place croissante du numérique dans nos vies, en lien avec l'essor de l'intelligence artificielle, doivent nous interpeller. Nous devons, et c'est particulièrement essentiel, prévoir des gardes-fous pour protéger nos enfants des dérives des réseaux sociaux, mais aussi pour prévenir toute manipulation de notre débat démocratique. C'est le sens de la position que nous portons à Bruxelles avec le Kids Act en cours d'élaboration, mais aussi sur le plan national. avec les différentes initiatives parlementaires, et je sais que vous avez ici au Sénat des experts sur la protection des populations en ligne, et notamment la protection des mineurs, et qui visent à protéger les enfants des risques sur les réseaux sociaux. C'est aussi l'objet du projet de loi sur les ingérences étrangères que votre Assemblée a examiné il y a quelques semaines. Nous devons avancer sur ce sujet, y compris au niveau européen. La France est en effet... le pays de l'UE le plus ciblé par les ingérences numériques étrangères. Nous devons continuer à renforcer nos outils de régulation. À court terme, nous avons... réussi à convaincre la Commission d'ouvrir les lignes directrices de l'article 35 du DSA, qui permettra notamment de renforcer nos capacités, nous l'espérons du moins, on va mettre toute notre énergie dans les discussions, de renforcer nos capacités de réactivité et d'action face aux tentatives d'ingérence ou de déstabilisation en ligne en période électorale. Ces lignes directrices et ces discussions devraient avoir lieu. D'ici la fin de l'année, c'est-à-dire vraiment de manière très très proche, à plus long terme, nous devons continuer à faire peser le bon niveau de responsabilité et d'obligation sur les plateformes. Je pense notamment à la responsabilité qu'ils ont dans la conception de leurs algorithmes. Il en va de la santé de nos démocraties, de mieux prévenir les tentatives de manipulation électorale. Au-delà, c'est aussi le sujet de l'éthique dans l'espace numérique. C'était le sujet du colloque organisé par le Conseil consultatif national d'éthique du numérique dans vos murs ce lundi. Retenu à Berlin, pour le sommet numérique de Berlin, je n'ai malheureusement pas pu y participer, mais c'est un enjeu essentiel. Sous sa présidence, la France... a défendu dans le cadre du G7 une troisième voie en matière de numérique et d'intelligence artificielle. Cette troisième voie, c'est celle que j'évoquais plus haut, d'un numérique innovant au service de tous, transparent, éthique, respectueux de l'environnement et surtout qui met l'humain au cœur de toutes ces stratégies. Comme vous le voyez, le numérique, l'IA sont au cœur des priorités du gouvernement et les sujets sont nombreux. des infrastructures aux usages sécurisés, du développement de l'IA pour tous et partout, à la protection des populations dans l'espace numérique, de la cybersécurité à l'inclusion numérique. Je vous remercie pour votre attention. Excusez-moi d'avoir été un petit peu longue, mais ça m'a permis de balayer vraiment très globalement ce sur quoi nous travaillons depuis un an.
Merci Madame la Présidente. Ma question porte sur notamment l'effet... de l'intelligence artificielle sur l'emploi. On dit souvent que c'est un sujet pour demain, mais finalement, c'est un sujet qui montre, et par les chiffres, que c'est un sujet d'aujourd'hui. Et ça s'accélère année après année. Et d'ailleurs, selon la Direction générale du Trésor, près de 4% du contenu du travail est automatisable par l'IA générative en France, et jusqu'à 16% d'ici 2 à 5 ans. La Banque de France constate que depuis 2022, les embauches en CDI des jeunes reculent davantage dans les métiers exposés à l'IA. Et selon l'INSEE, l'emploi a baissé de 3% en deux ans dans l'information et la communication notamment. Et bien sûr, cette baisse est fortement supportée par les jeunes. Autrement dit, l'IA ne licencie pas encore. Elle n'embauche pas non plus, plus que ça. Mais en tout cas, les premières victimes, ce sont les jeunes. Et moi, j'ai trois questions très simples. Est-ce que le gouvernement s'est doté d'un outil de suivi précis sur les effets par métier, par génération, par territoire, notamment sur la création d'emplois, mais aussi sur la disparition de certains emplois ? Parce qu'il y a des bassins qui peuvent absorber des nouveaux emplois, d'autres un peu moins. La deuxième question, c'est... Quel plan prévoyez-vous pour l'insertion des jeunes dans les métiers les plus exposés ? Et enfin, comment l'État compte-t-il garantir un partage équitable des gains de productivité de l'IA ? Si les emplois qualifiés reculent, ce sont aussi finalement des cotisations sociales, des recettes fiscales qui disparaissent. Donc ma question est très simple. Faut-il, selon vous, faire contribuer tout ce qui est... pour l'automatisation au financement justement de notre protection sociale.
Merci Madame la Présidente, Madame la Ministre. Si je cherche à modéliser l'impact de l'intelligence artificielle sur l'autre société, il y en a deux que vous avez traitées. Ce sont les limites planétaires, eau et électricité et la question de la souveraineté que vous avez abordées. Il me semble que mon collègue vient d'aborder le quatrième point que je souhaitais aborder. Pour le troisième, je trouve un manque dans le discours qui concerne... Le rapport à l'acquisition de connaissances que fait apparaître l'irruption de l'intelligence artificielle dans notre monde, de l'école jusqu'à l'université, parce qu'on peut avoir une crainte, et ce sujet-là vous ne l'abordez pas, on peut avoir une crainte qui est une délégation d'une part croissante de notre effort intellectuel, surtout dans la jeunesse, d'apprendre au risque d'affaiblir les capacités de raisonnement. de mémorisation et de jugement et tout cela peut entraîner une vaste question qui est quel est l'impact de l'irruption de l'intelligence artificielle sur un autre système éducatif sur la formation des enseignants et éventuellement sur des nouvelles méthodes pédagogiques alors c'est pas l'heure ni le lieu pour traiter une question aussi vaste mais on peut raisonnablement se poser la question de savoir si on peut Garder le même système éducatif, les mêmes formations d'enseignants, avec cette révolution que représente le rapport aux connaissances que propose l'intelligence artificielle. C'est le troisième point que je souhaitais aborder. J'ai dit que les deux premiers, vous les avez déjà abordés. Le quatrième, ça a été abordé par mon collègue. Il me semble là aussi quand même que... Mais là, on est dans de la pure politique. On est dans des enjeux politiques majeurs qui font que... C'est peut-être une raison pour laquelle ce sujet n'est pas abordé, mais l'impact sur l'emploi. Moi, je viens d'une région où c'est plus des signaux faibles qu'on reçoit sur le fait que l'intelligence artificielle peut être. Alors je ne vais pas noircir le trait parce que je suis un défenseur des atouts de l'intelligence artificielle. Mais on parle d'un impact qui pourrait être équivalent, selon moi, dans certains domaines, à un tsunami social dans de nombreux métiers. Or, ce sujet-là, parce qu'il est dramatique, il est anxiogène, vous ne l'avez pas vraiment abordé. Ça a été, je l'ai dit, abordé par la question de mon collègue. Mais vous avez raison, on n'a pas encore des données claires sur des pertes nettes d'emploi ou en tout cas sur des embauches qui ne se font pas. Moi, je crois plutôt aux embauches qui ne se font pas. Je sais, pour être papa de jeunes diplômés, qu'il y a une angoisse réelle chez les jeunes diplômés qui ne trouvent pas de boulot. La vérité, c'est ça. Et donc moi, ce que je vois, c'est que devant nous, je ne vais pas utiliser des mots trop importants, mais il me semble qu'il pourrait y avoir un choix de société devant nous qui sera absolument majeur, c'est-à-dire que les gains de productivité immenses qui vont arriver avec l'explosion de l'intelligence artificielle dans plein de domaines, ces gains de productivité, ils seront soit au bénéfice, pour aller vite et pour prendre un discours marxiste, des détenteurs du capital. qui en profiteront pour ne pas embaucher, peut-être pour licencier, mais en tout cas pour ne pas embaucher. Soit ces gains de productivité immenses qui sont une opportunité pour nous, ce sera un enjeu d'émancipation humaine, c'est-à-dire de poser la question par exemple de la diminution du temps de travail, par exemple celle d'un accès à vie, à des périodes de formation plus étendues, toutes ces questions qui sont des questions de civilisation. J'ai l'impression que vous ne les abordez pas parce que faire ça, c'est faire irruption dans le monde économique en leur disant c'est pas vous uniquement qui allez donner les règles du jeu. Parce que si vous donnez les règles du jeu, on sait ce qui va se passer. Et quels que soient les bancs sur lesquels on est assis dans cette salle, ce qui se passera, c'est qu'il n'y aura pas d'embauche. Peut-être des licenciements, une absence d'embauche très importante et on aura un taux de chômage qui augmentera. Qu'est-ce qu'on fait de ça ? On laisse faire ou alors la puissance publique dit oui, si ça arrive, voilà les garde-fous qu'on veut mettre en place. Et je le dis par exemple, je défends au nom de l'intelligence artificielle une étude sur le passage à la semaine de 32 heures. Par exemple, parce que ce sera la seule solution, la seule réponse pour éviter, à mon avis, des centaines de milliers de chômeurs.
Merci. Voilà, Madame la Ministre, pour ces dernières questions.
Merci Madame la Présidente. Monsieur le sénateur Clisseau, sur les antennes mobiles, moi c'est un sujet qui me passionne, je suis une élue locale en tant que première adjointe de la ville de Vannes, c'est des sujets que je traitais et je comprends vraiment très très bien votre question et les agacements sur les implantations d'antennes mobiles sur les territoires. Les communes, enfin les maires ne sont quand même pas totalement exclus. Dans le mesure où ils ont quand même un outil, c'est le PLU. Devant le fait accompli. Le PLU, quand même. Ils ont parfois, dans certains cas, la possibilité d'utiliser le PLU. Quand c'est sur des propriétés privées. Voilà. Sauf si, effectivement, ce n'est pas sur des territoires problématiques et autres. La mutualisation... Ce n'est pas facile, effectivement, à obtenir des opérateurs. Nous, on en parle régulièrement avec eux. En tout cas, moi, je reçois dans mon cabinet plusieurs sollicitations de maire un peu dépourvues de ne sachant pas que faire, des élus locaux. Et évidemment, nous, on est prêts à traiter. à nous intéresser au sujet localement, dossier par dossier. Et je ne vous cache pas que c'est toujours des sujets que je suis partante d'aborder avec les opérateurs. Donc n'hésitez pas à me solliciter. Alors peut-être pas tous, vraiment les plus chauds, les plus chauds, voilà.
C'est vraiment un cas d'école. Sur la commune de Saint-Marcel-de-Félinien, une antenne orange qui est capable d'absorber, au dire d'orange, je ne suis pas technicien, ils nous disent nous on est capable d'absorber ce que prévoit de faire Bouygues. 500 mètres plus loin. Je crois que l'antenne fait 62 mètres. en face d'une structure d'accueil paysanne. Il y a un agriculteur qui a investi. Il
va avoir
l'antenne en face de chez lui. Alors qu'on peut avoir 500 mètres plus haut sur l'air de la Loire sur l'automote à 89. Je vous encourage. Vous
avez ici à ma droite la spécialiste des télécoms chez le cabinet. A la fin, on m'y donne votre carte et on va étudier ce dossier et en parler ouvertement avec Oroche. Sur Mayotte, vous n'avez rien compris, ça veut dire que je n'ai pas été claire et je m'en excuse. Ce que je veux vous dire, c'est que la collectivité de Mayotte a octroyé, donc le département a octroyé une délégation de services publics fin 2024 à Mayotte très haut débit. Suite au passage du cyclone Shido, Orange a décidé de déployer la fibre sans reconstruire le réseau cuivre. C'est-à-dire qu'ils ont profité d'une opportunité. Situation donc de double déploiement, ce qui n'était pas prévu. Mayotte très haut débit et le département ont porté plainte devant l'autorité de la concurrence contre Orange parce qu'ils ont commencé à déployer, y compris selon eux, et c'est vrai, sur le territoire de déploiement de Mayotte très haut débit. Donc ils ne sont pas d'accord et ils l'accusent d'abus de position dominante. Le 22 octobre, l'autorité de la concurrence a demandé à Orange de stopper ses déploiements. Orange a fait appel devant la cour d'appel de Paris. Notre rôle, nous, je ne suis ni Mayotte très haut débit, ni Orange, c'est vraiment de mettre un petit peu de stabilité, de clarté, de calme dans tout ça, et notamment de pouvoir respecter le contrat que nous, on a passé avec Mayotte. et la collectivité de Mayotte, c'est-à-dire de les aider à financer le déploiement de la fibre sur leur territoire. Et pour cela, on a une enveloppe de 55 millions d'euros. C'est la subvention qu'on doit verser à Mayotte. Et à date... 32,7 millions d'euros d'autorisation d'engagement ont été provisionnés sur le projet. En 2026, pas de nouveau autorisation d'engagement prévue. Et donc on travaille avec le département, avec la préfecture, en discussion avec Orange, avec évidemment aussi Mayotte très haut débit et la collectivité de Mayotte pour trouver une solution. Sachant qu'on n'est pas nos manettes, on n'a pas à faire d'entrisme, mais en tout cas... Ce qu'on souhaite, c'est que les tensions baissent à Mayotte et que moi, ma priorité, c'est que les Mahorais, ils aient la fibre. Et finalement, de respecter aussi le travail qui a été fait par la collectivité de Mayotte, qui a réussi à monter ce projet de déploiement de la fibre. Et c'est respectable. On est des élus locaux. On sait que c'est important. Et ça, c'est respectable et on doit le respecter. C'est aussi le message que je vois. Orange, que je passe comme message. Monsieur le sénateur Perret, sur le travail, je suis d'accord avec vous. Les premières victimes sont les jeunes. J'en suis bien consciente. C'est quelque chose qui, moi, me préoccupe. Maintenant, on n'a pas de chiffres sur l'impact direct du chômage en lien avec l'IA. Mais par contre, notre rôle, je dirais même un devoir, c'est d'anticiper les choses. Il ne faut pas subir. Et donc c'est ce que fait Farandou, c'est ce que je fais, le ministre Jean-Pierre Farandou, c'est ce que je fais en tant que ministre de l'IA et du numérique, en allant à des événements, parce qu'il va y avoir des suppressions d'emplois à cause de l'IA, il va y avoir aussi des emplois qui vont être, entre guillemets, augmentés, où la qualité de travail, au travail va être améliorée, qui permettra aux agents et aux salariés de se repositionner sur leur cœur de métier, et les gens ont envie de ça. Vraiment. L'IA, ça doit alléger les tâches administratives, juridiques, les appels d'offres, tout ce qui prend des kilomètres ou des kilos de papier. Ça, c'est ce que permettra l'IA. Et puis après, grâce à l'IA, vous allez avoir aussi des nouveaux métiers. Le tout, c'est de le mesurer. Mais moi, ma priorité, c'est la jeunesse, effectivement. C'est de faire en sorte que les écoles où sont formés nos jeunes, mais aussi le fait que Edouard Geffrey, le ministre de l'Éducation, introduise une approche... Une première approche, premier contact avec l'IA en quatrième, en seconde, ce sera approfondi et dans les universités, c'est déjà un bon démarrage. Mais je pense qu'il faut qu'on aille beaucoup plus vite parce que l'IA, ça doit être aussi le quotidien d'un collégien, d'un lycéen, d'un étudiant, mais aussi le quotidien des professeurs. Et donc ça, ce n'est pas mon ministère. Mais en tout cas, je passerai le message à mes collègues et Philippe Baptiste et Édouard Geffray.
les bâtisses que nous aurons d'ailleurs, je crois, l'occasion d'auditionner aussi dans le cadre le 25 novembre. Merci beaucoup, Madame la ministre, de nous avoir consacré autant de temps, d'avoir été très précise et très complète sur les interventions de votre engagement et si on doit retenir quand même aussi du positif. pour véritablement aborder aussi ces transformations, ces révolutions, dans un sens aussi qui soit optimiste et positif pour notre pays à l'échelle également européenne.
Voilà pour l'audition de la ministre déléguée à l'intelligence artificielle Anne Luénanf. L'intelligence artificielle et ses enjeux décryptés avec les sénateurs de la Commission des affaires économiques. 100% Sénat, c'est fini pour aujourd'hui. Merci beaucoup de nous avoir suivis. Très bonne journée sur Public Sénat.
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