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L'Assemblée nationale a rejeté à l'unanimité la première partie du budget de l'État pour 2027. Aucun des députés n'a voté en faveur du texte lors du scrutin du mercredi 4 novembre. Une situation inédite soulève République, qui place le gouvernement face à une difficulté majeure, trouver un compromis pour permettre à la France de disposer d'un budget avant la fin de l'année. Ce rejet intervient après dix jours de débats au cours desquels le projet de budget a été profondément remanié, aussi bien par la gauche que par la droite. Plusieurs économies ont été supprimées et des hausses d'impôts ont été ajoutées. Au fil des discussions, le texte initial s'est donc éloigné de son contenu d'origine sans parvenir à réunir une majorité. Le ministre de l'Action et des Comptes Publics, David Amiel, avait anticipé l'issue du vote. Avant le scrutin, il avait déclaré « Si ce soir n'est pas vraiment l'heure du suspens, les prochains jours devront être ceux du sursaut ». Dans les rangs parlementaires, les réactions illustrent les difficultés rencontrées pendant les discussions. Philippe Ballard, député du Rassemblement national dans l'Oise, a dénoncé le déroulement des débats. C'est un bazar sans nom. Malheureusement, depuis 2022, c'est comme ça. Mais je crois que cette année-là… L'As, c'est le pompon pour moi. De son côté, Périne Goulet, députée et les démocrates de la Nièvre, regrette l'absence d'un véritable travail commun entre les parlementaires. Elle estime que le passage du texte au Sénat pourrait permettre de reprendre les discussions dans de meilleures conditions. Le calendrier parlementaire prévoit désormais un examen du budget au Sénat à partir du 20 novembre. Ensuite, le 9 décembre, une commission mixte paritaire réunira sept députés et sept sénateurs. Leur mission sera venir à un compromis entre les deux chambres. Un accord devra être trouvé avant le 17 décembre à minuit, date limite fixée pour cette étape. Si les parlementaires échouent à s'entendre, le gouvernement disposera de plusieurs possibilités pour tenter de faire adopter le budget. La première serait de recourir à l'article 49.3. Une autre consisterait à passer par ordonnance. Mais ces deux options comportent un risque politique important, celui d'une motion de censure contre le gouvernement. Le politologue et constitutionnaliste Benjamin Morel souligne cette difficulté. Selon lui, le recours à l'une de ces procédures pourrait permettre d'obtenir un budget, mais au prix d'une possible chute du gouvernement si une motion de censure était adoptée. Face à cet impasse, l'exécutif affirme rester à l'écoute des oppositions pour rechercher un compromis. Mais il maintient une exigence centrale dans les négociations, ramener le déficit public à 5 % en 2027. L'enjeu est donc désormais double pour le gouvernement, parvenir à faire adopter un budget dans les délais et préserver son objectif de réduction du déficit alors que le premier vote à l'Assemblée nationale n'a recueilli aucune voix favorable.
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