Chargement...
Chargement...
On peut manifestement s'insoumettre à la République, aux institutions, à l'ordre établi. Merci Madame la Présidente, Madame la Ministre, mes chers collègues. Je voudrais commencer par remercier la France Insoumise. La remercier sincèrement. Car en inscrivant ce texte à l'ordre du jour, elle nous offre un spectacle politique assez rare, celui d'un mouvement qui, le temps d'une proposition de loi, semble disposer à reconnaître quelques vertus à des principes qu'il passe le reste de l'année à combattre. La propriété privée, la sécurité juridique, la transmission du patrimoine familial et jusqu'au droit commun de la République. Voilà des notions que je ne m'attendais pas à retrouver réunies dans le texte des Insoumis. Puisque vous me donnez cette occasion, permettez-moi de m'arrêter quelques instants sur votre mouvement. Il existe une contradiction fondamentale dans votre engagement politique. Vous prétendez libérer l'homme de toutes les tutelles, mais vous entretenez une fascination ancienne pour les pouvoirs qui entendent régenter jusqu'à sa conscience. Vous proclamez votre attachement aux libertés, mais vous trouvez tant d'excuses au régime qui les étouffe pourvu qu'ils se réclament de la révolution. De Chavez à Maduro, votre indulgence a trop souvent suivi les frontières de vos sympathies idéologiques plutôt que celles de la démocratie. Raymond Aron avait donné un nom à cette singulière disposition de l'esprit, l'opium des intellectuels. Cette capacité a dénoncé impitoyablement les imperfections des démocraties tout en accordant aux expériences révolutionnaires totalitaires les circonstances atténuantes les plus extraordinaires. Vous êtes les procureurs infatigables de la liberté imparfaite et les avocats indulgents de la tyrannie qui vous ressemble. Cette contradiction traverse toute votre conception de la politique. Vous parlez sans cesse de démocratie, de souveraineté populaire, de 6ème République, mais quelle étrange conception de la souveraineté que celle qui supporte si mal le désaccord quant à l'insoumission. Elle connaît une limite fort précise. l'autorité du chef. On peut manifestement s'insoumettre à la République, aux institutions, à l'ordre établi, mais s'insoumettre à M. Mélenchon demeure une expérience politique périlleuse. Le plus singulier pourtant tient à votre conception du peuple. Vous découpez la société en autant de groupes qu'il existe de ressentiment à entretenir. Vous appelez ça la convergence des luttes. Pourtant, la République n'est pas une coalition d'intérêts particuliers. Elle suppose précisément que les hommes, les citoyens d'origine, de conditions et de convictions différentes puissent se reconnaître à quelque chose de supérieur à ce qui les sépare. Vous prétendez rassembler les colères, nous pensons qu'il faut encore savoir rassembler les Français. Vous revendiquez cette conflictualité jusque dans votre pratique parlementaire. A vous entendre, le compromis est une compromission. La nuance, une faiblesse. Le désaccord, une trahison. Et pourtant, lorsque viennent les élections, cette rigueur doctrinale devient parfois singulièrement accommodante, allant même à vous pousser à retirer 129 de vos candidats au profit des partis de M. Wauquiez, Attal et Edouard Philippe. Il existe une contradiction plus révélatrice encore. Elle concerne directement nos compatriotes ultramarins. Le 8 octobre dernier, nous examinions ici même une proposition de résolution visant à garantir à l'accès continu à l'eau potable dans les Outre-mer. Une résolution présentée par nos alliés du Rassemblement national. Le sujet était grave, l'accès à l'eau. Ce premier besoin de l'existence demeure dans certains de nos territoires une difficulté quotidienne. Vous avez choisi de voter contre. Le texte a été rejeté à quatre voix près. Et aujourd'hui, vous présentez une proposition de loi destinée à protéger les droits patrimoniaux de ces mêmes populations ultramarines. Nous pourrions vous rendre l'appareil. Ce serait reproduire exactement ce que nous vous reprochons. Et nous ne le ferons pas. Le rétablissement du droit commun répond donc à une préoccupation que nous partageons. Il faudra toutefois compléter ce travail. La question des procédures déjà engagées, des actes de notoriété et des garanties transitoires réclament des réponses précises. L'accompagnement des familles pour la régularisation des titres demeure indispensable. Quant à la situation particulière de Mayotte, elle mérite une réflexion qui ne saurait se satisfaire de son absence dans le champ de votre proposition. Pour toutes ces raisons, le groupe UDR laissera la liberté de vote à l'ensemble de ses parlementaires. Certains s'abstiendront, certains voteront votre texte. Bien, qu'ils viennent de vous. Je vous remercie. Merci, M. le député.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.