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A l'Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement, le 4 novembre, voici un long extrait de la séance, diffusée sans coupure ni commentaire pour juger sur pièce. Écoutez attentivement les arguments échangés.
Monsieur le ministre, reconnaissez-vous des manquements dans le suivi de cette entreprise stratégique ? Avec de nombreux parlementaires, nous constatons que notre arsenal juridique en matière de souveraineté économique est faible et insuffisamment mobilisé. L'expérience de replacement à Tarbes, à Val-d'une, comme vient de le dire mon collègue, et au fonderie de Bretagne, doit vous servir de leçon. Aujourd'hui, quatre repreneurs se sont manifestés, dont deux Français. Quelles garanties concrètes exigerez-vous pour assurer la solidité financière du repreneur, ses investissements pour les outils de production, la préservation des emplois et la pérennité de la production ? Enfin, quelle assurance pouvez-vous donner pour que KNDS, client historique des forges, ne se tourne vers un site étranger pour s'approvisionner, au risque de condamner notre dernière capacité française de production ?
Merci beaucoup, monsieur le député. La parole est à monsieur Sébastien Martin, ministre en charge de l'Industrie.
Merci, madame la présidente, monsieur le député Denis Feigné. Je crois que nous avons fait un point le 26 octobre dernier sur le sujet Forges de Tarbes avec vous-même et les parlementaires de votre département. Mais puisque vous me donnez l'occasion devant la représentation nationale et bien évidemment en associant Catherine Vautrin d'apporter quelques précisions. Permettez-moi quand même de dire que ce n'est pas parce que... Le suivi que nous faisons des entreprises ne fait pas systématiquement l'objet d'un tweet ou d'une vidéo sur les réseaux sociaux, qu'il n'y a pas un travail qui est fait en amont et en permanence, et particulièrement sur le sujet des forges de Tarbes qui, depuis plusieurs mois déjà, nous occupent qu'il s'agisse de la direction générale à l'armement ou bien de la direction générale des entreprises. Je veux rappeler également que dès lors que des sujets posent question, dans la gestion d'entreprises que nous avons accompagnées dans leur reprise, ce qui est le cas avec par exemple Europlasma. Et pour Europlasma, Catherine Vautrin a engagé un article 40 pour savoir, enfin la délégation générale à l'armement a engagé un article 40 pour savoir exactement un certain nombre de choses qui ont pu se passer à l'intérieur de cette entreprise. Maintenant, s'agissant de l'avenir, vous l'avez dit, cette entreprise a été placée d'ailleurs à la demande d'Europlasma en redressement judiciaire et c'est heureux. Et c'est heureux car désormais nous aurons beaucoup plus de visibilité sur ce qui se passe d'une part à l'intérieur et sur le processus de reprise. Déjà même avant que le processus de redressement judiciaire soit engagé, quatre porteurs de projet s'étaient signalés. Je veux vous dire également que depuis que le processus de redressement judiciaire s'est engagé... deux porteurs de projets supplémentaires se sont projetés et que KNDS a également indiqué que les commandes en cours étaient assurées et que celles pour l'an prochain seraient également assurées. Donc avec Catherine Vautrin et avec le travail qui est mené par la délégation générale à l'armement, nous veillerons à ce que cette entreprise soit prise dans de bonnes conditions.
Merci Monsieur le Ministre. La parole est à présent à Monsieur Jean-Pierre Vigier pour le groupe droite républicaine.
Merci Madame la Présidente. Monsieur le ministre de l'économie, il y a ceux qui travaillent, qui entreprennent, qui créent des emplois et font vivre nos territoires. Et puis, il y a ceux qui n'ont qu'une obsession, taxer toujours plus, dépenser toujours plus et faire payer la facture à ceux qui travaillent. Mais cette folie fiscale a un prix, celui de l'emploi et de notre économie réelle. Avec Laurent Wauquiez et les députés de la droite républicaine, Nous sommes pleinement mobilisés aux côtés de nos artisans du bâtiment. Mais aujourd'hui, le secteur traverse une crise profonde. 45 000 emplois supprimés en 4 ans, dont 11 500 sur la seule dernière année. C'est un véritable plan social silencieux qui frappe nos territoires. Vendredi dernier, des centaines d'artisans ont manifesté leur colère, notamment à Périgueux et à Mâcon. Et leurs inquiétudes sont légitimes, haussent des prix des carburants et des matériaux, baissent de l'activité, mais aussi des décisions qui fragilisent davantage leurs entreprises. Je pense à la suppression du programme acté qui accompagne la rénovation des bâtiments publics, aux offres de leasing de pompes à chaleur qui risquent de réduire nos artisans à de simples sous-traitants des grands groupes, ou encore aux difficultés persistantes de collecte des déchets du bâtiment. Monsieur le ministre, nos artisans ne demandent pas de privilèges, ils demandent de la confiance, de la visibilité et des solutions concrètes. Leur message, notamment celui de la CAPEB, tient en trois mots. Laissez-nous travailler. Alors, monsieur le ministre, allez-vous recevoir leurs représentants ? Et quelles mesures comptez-vous prendre pour relancer l'activité du bâtiment et préserver nos emplois ? Je vous remercie.
Merci, monsieur le député. La parole est à monsieur Vincent Jean Brun, ministre chargé de la Ville et du Logement.
la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député, cher Jean-Pierre Vigier, merci de défendre nos artisans. Ils en ont besoin. Et au même titre que vous défendez régulièrement avec le Drou. droite républicaine autour de Laurent Wauquiez, nos agriculteurs, et qu'on sait rappeler qu'il n'y a pas de pays sans paysans, et bien je veux le dire ici aujourd'hui, il n'y a pas de logement sans artisans, et nous avons besoin effectivement d'être à leur côté. À leur côté parce que, comme toute la filière du bâtiment, ils sont touchés par cette crise du logement, que nous allons résoudre avec beaucoup de force et de vigueur avec le plan Relance Logement que vous aurez, mesdames et messieurs les députés, à examiner la semaine du 17 novembre prochain. Ils ont été impactés par la hausse des carburants. la hausse des matières premières. Alors face à cela, le gouvernement agit, accompagne nos professionnels, notamment à travers des aides autour du carburant, à travers des observatoires que nous travaillons à mettre en place sur l'augmentation des coûts des matériaux, ce qui va nous aider à piloter ce point crucial. Et puis bien sûr, vous l'avez dit, accompagner la rénovation énergétique, accompagner la transition écologique. Et quand certains ici dans cet hémicycle veulent tout simplement supprimer MaPrimeRénov', ce sont des milliards d'euros de soutien à la rénovation énergétique. Donc à nos artisans qu'ils veulent supprimer. Et on voit dans cet hémicycle qui soutient les artisans et qui ne les soutient pas. J'étais ce midi même avec le président de la CAPEB que vous citiez tout à l'heure, monsieur le député. Nous allons évidemment continuer à travailler ensemble sur la rénovation énergétique et sur l'installation des pompes à chaleur. Elles seront 100% garanties par les C2E que vous avez évoquées et même bonifiées de manière à mieux accompagner cette rénovation essentielle. Vous avez également évoqué la collecte des déchets qui est un sujet majeur. travailler avec mon collègue Mathieu Lefebvre et nous allons les rencontrer très prochainement de façon à les rassurer sur le fait qu'il y aura plus de points de collecte, que cette collecte sera simplifiée. et qu'il y aura même des points de collecte gratuites de manière à leur faciliter la vie. Merci de défendre nos artisans. Et le meilleur moyen de les défendre, mesdames et messieurs les députés, c'est de donner de la stabilité, de donner du budget et donc de voter le budget de la France. Merci beaucoup.
Merci, monsieur le ministre. La parole est à présent à madame Eva Sasse pour le groupe écologiste et social.
Merci Madame la Présidente. Ma question s'adresse à Madame la Ministre de l'Energie. Madame la Ministre, jeudi dernier, Total a annoncé 7,5 milliards d'euros de bénéfices au troisième trimestre et une explosion de ses marges de raffinage. Des profits indécents faits par la spéculation et aux dépens des Français. Alors oui, pour éviter la taxation des surprofits et sous la pression politique, Total Energy a plafonné ses prix à la pompe. Mais combien cela a-t-il coûté à l'entreprise ? 500 millions d'euros selon ses dires, complètement dérisoire par rapport aux 18 milliards de bénéfices faits depuis le début de l'année. Ses profits le montrent, Total avait largement les moyens de pratiquer des prix plus bas, il ne l'a pas fait. Début octobre, Patrick Pouyanné a cyniquement déclaré préférer un monde de bouleversement plutôt qu'un monde paisible. Pourquoi ? Parce qu'il crée davantage d'opportunités et donc d'argent à gagner. Voilà le visage d'un capitalisme désinhibé qui ne subit pas les crises mais qui s'en nourrit. Et que faites-vous ? Vous vous soumettez. Le ministre Papin a ainsi déclaré qu'il ne fallait pas embêter Total et vous répétez même que vous êtes fiers de cette majeure pétrolière. La réalité, c'est que vous êtes forts avec les faibles et faibles avec les forts, même quand ce sont des profiteurs de guerre. Ce que nous défendons au contraire, c'est de rendre aux ménages ces profits faits sur leur dos. Une taxe sur les surprofits pétroliers pourrait rapporter 2,8 milliards d'euros, de quoi verser une aide directe de 450 euros à 6 millions de ménages pour faire face à la flambée des prix de l'énergie et maintenir les cinq programmes de lutte contre la précarité énergétique que vous voulez supprimer. Alors, Madame la Ministre, ma question sera simple. Qu'allez-vous faire pour que Total rende aux Français les profits qu'il a fait sur leur dos, plus que d'eau que d'enrichir ses actionnaires en... aggravant la crise climatique.
Merci Madame la Présidence. Madame la députée Eva Sasse, que les Français puissent profiter des profits d'un pétrolier national intégré, c'est parfaitement légitime. La question qui se pose ensuite, c'est la question du vecteur. Vous, vous mettez en avant le vecteur fiscal. Nous, on préfère de la redistribution directe. Et c'est pour ça que dès les premières semaines de la crise, dans les discussions qu'on a pu avoir avec les distributeurs et notamment avec Total...
Voilà pour cet extrait de la séance, le 4 novembre. Ces images proviennent du site officiel de l'Assemblée nationale. Chacun peut juger les arguments sur pièce. Et vous, après avoir écouté cet échange, qu'en pensez-vous ? Abonnez-vous à Politique Décodée pour ne rien rater des débats.
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