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comme vous n'entendez rien, rendez-vous demain dans la rue
massivement.
Au Sénat, le prix de l'énergie oppose un sénateur à la ministre. Voici leur échange.
Communiste, républicain, citoyen, écologiste, qu'elle acquit. Merci monsieur
le président, madame la ministre. Dans notre pays, la précarité énergétique atteint des sommets alarmants. Actuellement, un ménage sur trois rencontre des difficultés pour payer ses factures et plus d'une personne sur deux chez les moins de 35 ans. Voici le constat établi hier par le médiateur de l'énergie. Et cela n'est pas prêt de s'arranger. Le prix de référence du gaz a encore augmenté de 6%, celui du fuel domestique de 50% en 6 mois. Et si le prix de l'électricité est désormais stable, c'est au terme d'une hausse démentielle et continue depuis 2021. Et les prix du carburant restent hauts, malgré le déblocage de millions de barils par votre gouvernement sur injonction de Trump. 12 centimes de moins par litre, la belle affaire. Mais actuellement, faire un plein coûte encore plus de 100 euros. Alors que la fête continue chez Total Energy, qui vient encore une fois d'annoncer des bénéfices records. 7,4 milliards en un trimestre, plus 120% d'augmentation en un an. Pour les travailleurs et travailleuses, c'est le sang et les larmes. Pour les multinationales et les actionnaires, c'est fromage, dessert et même digestif. Et vous feignez d'être surpris alors que la colère éclate partout dans le pays. Madame la ministre, trois questions. Quand comptez-vous agir réellement pour les 12 millions de personnes que votre politique a placées en situation de précarité énergétique ? Quand comptez-vous taxer les super profits ? engrangés par les profiteurs de guerre ? Et surtout, comment allez-vous reconstituer 20% du stock stratégique de carburant en mettant, je le crois, en contribution une fois de plus les contribuables ? Je vous remercie.
Vous avez la parole, madame la ministre.
Merci, monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs. Monsieur le sénateur, d'abord, vous avez raison, la situation est extrêmement difficile pour beaucoup de Français. Elle est extrêmement difficile pour beaucoup d'entreprises, elle est extrêmement difficile pour beaucoup de collectivités. Et depuis les premiers jours du conflit au Moyen-Orient qui impacte de manière durable les prix de l'énergie, le gouvernement a été aux côtés des entreprises les plus en difficulté, aux côtés des agriculteurs, aux côtés des pêcheurs, aux côtés du secteur du BTP, aux côtés du secteur des... et encore récemment aux côtés des Français les plus précaires qui travaillent avec une aide de 100 euros pour 5,5 millions de ménages. Ce n'est pas rien. Le déblocage de 10 millions de barils, 18 centimes de remise à la pompe. Immédiate, direct, dès lundi, dans plus de la moitié des stations en France. Là encore, vous pouvez le balayer d'un revers de main, mais ce n'est pas rien. La question de la redistribution des profits de Total se pose et c'est une question légitime. Mais avec quel vecteur ? Nous, on estime que la meilleure manière pour Total de redistribuer ces bénéfices, qui, vous le noterez d'ailleurs, ne sont pas majoritairement faits en France, c'est le plafonnement à la pompe mis en place depuis le début du conflit. C'est les remises qui sont encore appliquées ces derniers jours. Et je préfère un levier qui bénéficie directement aux consommateurs français qu'un levier qui vient... alimenter des caisses de l'Etat. Voilà. Ensuite, on aura un désaccord de fond là-dessus. Moi, j'estime qu'avoir un grand major pétrolier dans un moment de crise internationale énergétique inédit, c'est une chance et c'est un atout pour la France. Et les questions, pardonnez-moi, de risque de rupture d'approvisionnement ne se seraient pas passées de la même façon et ne se seraient pas posées de la même façon ces derniers mois si on n'avait pas eu des grands pétroliers, en l'occurrence un grand pétrolier français.
Il doit y avoir une confusion. Je croyais parler à la porte-parole du gouvernement, je parle à la porte-parole de TotalEnergie. TotalEnergie ne paie aucun impôt en France. Et si les salaires avaient augmenté aussi vite que les dividendes, le SMIC serait aujourd'hui à 5 000 euros. Il faut bloquer les prix, baisser la TVA et nationaliser TotalEnergie. Et comme vous n'entendez rien, rendez-vous demain dans la rue massivement.
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