Chargement...
Chargement...
éditions maîtres, c'est plus qu'une maison d'édition, c'est une vision. Une vision enracinée, fidèle à l'esprit classique qui place la beauté, la vérité et la qualité au cœur de chaque ouvrage publié. Chaque titre y a sa place, choisi avec exigence pour dialoguer avec les autres et créer une continuité de réflexion. Quand vous ouvrez un coffret des étions maestres, vous n'achetez pas seulement un objet, vous accédez à un ensemble cohérent, pensé pour enrichir votre compréhension du monde, affermir votre jugement et nourrir votre vie intérieure. Nos volumes sont imprimés sur un papier de 80 grammes, avec une couverture de 220 grammes, dans un format pratique et élégant. Nous travaillons avec soin chaque aspect, typographie lisible, mise en page équilibrée, reliure solide, parce que la forme doit servir le fond et non l'écraser. Que vous choisissiez le coffret du cœur de l'homme, le coffret voix de la perfection intérieure, ou l'un de nos autres ensembles, vous offrez, ou vous vous offrez, une bibliothèque vivante qui se transmet et qui marque. Dans un monde saturé d'écrits éphémères et d'opinions volatiles, nous vous faisons le choix de l'intemporel, et nous vous invitons à en faire autant. Les ouvrages des Éditions Mestres sont disponibles sur édition-mestres.ch pour celles et ceux qui souhaitent faire entrer dans leur vie des livres qui ne se démodent pas parce qu'ils touchent à l'essentiel. Bonsoir à tous, bienvenue dans cette nouvelle émission. Nous sommes ce soir réunis pour parler des élections municipales qu'il y a eu récemment en France. Le titre de cette émission, c'est « Vers de futures victoires électorales ». Qu'attendent de ces résultats ? Et sommes-nous de manière générale au croisement des chemins ? Et pour ce faire, mes deux invités, François Bousquet, directeur de la Nouvelle Librairie et rédacteur en chef de la revue Élément, et Guillaume Bernard, historien du droit et politologue, que j'ai et l'un et l'autre reçu de nombreuses fois sur cette chaîne. Donc je vous permets de vous inviter à nouveau à visionner les émissions qui ont déjà été publiées et diffusées ici même. Messieurs, bonsoir et mille merci d'avoir accepté mon invitation.
Bonsoir. Bonsoir, je suis ravi d'être avec deux éminents éditeurs, deux remarquables éditeurs, des domaines différents, mais très importants l'un comme l'autre.
Merci Guillaume, je suis ravi d'être avec toi.
Merci, merci beaucoup. Alors peut-être, première question, cher Guillaume Bernard, faut-il être satisfait des résultats des élections municipales
Écoutez, ça dépend naturellement dans quelle commune vous vivez. C'est d'abord le premier résultat qui intéresse. Et je suppose qu'évidemment, il y a quand même un certain nombre de Français qui ne sont pas satisfaits. Bon, maintenant, de manière plus générale, on constate quand même qu'il y a un taux de participation qui est extrêmement bas. Ce qui est relativement inquiétant parce que peut-être que les électeurs ne se rendent pas compte à quel point il est important d'avoir des relais locaux pour un pouvoir central. Et on peut penser qu'un certain nombre d'électeurs qui souhaitent un changement politique au niveau national, ne se soient pas forcément rendus compte que participent. et à ces élections, pouvait permettre effectivement de mettre en place des exécutifs locaux qui auraient la possibilité de faciliter ou à l'inverse de freiner une politique nationale. Et puis, c'est quand même le signe qu'évidemment, il y a une défiance maintenue envers les différents partis politiques et même les hommes politiques en règle générale, parce qu'au municipal, il y a quand même pas mal de... de candidatures qui sont sans étiquette, qui sont marquées divers droite ou divers gauche. Donc voilà, de ce point de vue-là, je dirais qu'il y a une inquiétude qu'on peut exprimer. Ensuite, de manière plus générale, il y a un éparpillement des votes que l'on constate et de manière globale, il n'y a pas de véritable tendance lourde, il n'y a pas de changement fondamental des rapports de force entre les différentes familles politiques. Et donc, C'est là aussi un élément relativement significatif, voire inquiétant, parce que les municipales marquent très souvent dans l'histoire française les tournants politiques qui s'annoncent, ou si je veux dire les choses d'une manière un peu différente, annoncent les changements politiques qui peuvent avoir lieu au niveau national. Le dernier exemple en date, très marquant, c'est 1977, où la gauche a très... clairement gagné à plate couture ces élections ce qui a conduit à la possibilité qu'elle gagne finalement ça n'a pas été le cas les législatives de 78 en revanche ça a permis la victoire de françois mitterrand en 1981 là je dirais on est dans une situation où il n'y a pas une force politique qui se dégage véritablement comme étant celle qui pourrait ou devrait l'emporter l'année prochaine à la présidentielle. Et puis, il y a un troisième point, je vais essayer de... de ne pas faire un tunnel et de laisser François aussi analyser les choses. Il y a un troisième point qui me paraît évidemment très important, c'est qu'il y a une double cassure à la fois géographique et sociologique. Je crois qu'il faudra qu'on insiste bien là-dessus et qu'on essaye d'apporter un certain nombre d'éléments de réflexion sur ce point. Cassure géographique entre les métropoles et leurs banlieues qui sont incontestablement... je dirais, marqué par un vote à gauche et un vote... comment dire, en particulier LFI, dans un certain nombre d'endroits. Et puis, de l'autre côté, ce qu'on a appelé, alors l'expression est excellente, après le sous-bassement idéologique de l'expression est peut-être discutable, mais enfin ce qu'on appelle, depuis Christophe Guilloui, la France périphérique. Donc voilà, une première cassure géographique, métropole et banlieue d'un côté, France périphérique de l'autre. Et puis une deuxième cassure sociologique. ou sociopolitique, entre d'un côté des électeurs qui expriment un vote politique, c'est-à-dire qu'ils font un choix plus ou moins idéologique, mais enfin, ils expriment un choix quant à leur... vision de ce que doit être le bien commun, de ce qui doit être réalisé par les élus, et de l'autre côté, des gens qui incontestablement expriment un vote communautariste. On a vu des scènes de liesse incroyables dans un certain nombre de municipalités où, clairement, il y a une population qui en remplace une autre, une population qui l'emporte sur une autre et qui, je dirais, est extrêmement hargneuse. elle s'empare du pouvoir. Donc voilà, deuxième cassure importante, un vote politique, où je dirais celui qui met le bulletin dans l'urne, cherche bien sûr à partir de son propre prisme, mais cherche quand même à exprimer un choix politique, et de l'autre côté, un vote qui est très clairement pour défendre des intérêts de... de caste, de race, de lobby, un vote communautariste. Et ça, c'est évidemment extrêmement inquiétant quant à l'avenir du pays, au-delà même, je dirais, des simples enjeux électoraux.
Bousquet
Oui, je vais rebondir sur ce que Guillaume Bernard a dit. On est d'accord, ce n'est pas un tournant, parce qu'il est difficile de lire dans le mar du café à la suite de ces élections. J'aurais tendance à lire un statu quo, en réalité. Ça a été relevé par des commentateurs et pointé par Guillaume. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de vote sanction. où le vote sanction a été inopérant dans ces élections municipales. Enfin, il l'a été opérant, il a fonctionné à Paris, je veux dire, Rachid Haddati, le macronisme a été sanctionné lourdement à Paris et moins lourdement à Lyon, et dans d'autres villes, bien sûr. Mais comme il n'y a pas d'implantation locale, il n'y a pas de profondeur locale dans le macronisme, le macronisme, c'est une tête sans corps. Il y a eu même un rejet de greffe. Donc les gens n'ont pas pu sanctionner Macron. Ce qu'on observe dans ces municipales, moi je trouve, c'est que c'est un effet loupe renversé. Certes, il n'y a pas de vainqueur, même si les défaits ont tendance, de manière performative, à dire qu'ils ont gagné. Le RN dit qu'il a gagné, le FI dit qu'il a gagné, à peu près il n'y a que les Verts qui disent qu'ils n'ont pas gagné. Mais ce n'est pas vrai, je pense qu'ils ont gagné. Je vais dire pourquoi. Il y a un effet loop inversé, c'est qu'en restant, on assistait à les socialistes sous-confortés. Alors que c'est un parti qui est mort, en état de mort cérébral au niveau national, les ALR sont renforcés. Alors que c'est un parti qui est moribond au niveau national, ce sont deux partis de gouvernement qui depuis 50 ans ont contrôlé la France et qui depuis 2017
n'étaient
pas au deuxième tour, depuis 2022 ne dépassent même pas 5%. Donc en réalité on a des puissances régionales qui renvoient à des impuissances nationales. Et le RN, c'est exactement l'inverse. Donc, c'est vrai que je parle d'effets loups renversés. En réalité, c'est comme si on voyait la France à travers le petit bout de la lorniette, ces élections municipales. Si on regarde la France à travers le petit bout de la lorniette, rien n'a changé depuis 20 ans. Le PS n'est pas mort et les LR ne se sont pas effondrés. Or, peut-être que, alors ça a été planté par des commentateurs, là aussi, bien sûr, peut-être qu'on revient au début de la Ve République, avec un RPF tout puissant au niveau national, et pas encore enraciné localement, vu qu'on avait un reliquat résiduel, des MRP, des radicaux, de la SFIO, autant de parties qui étaient vouées à disparaître ou à se métamorphoser, comme des étoiles mortes, dont la luminosité est beaucoup plus intense. Et c'est ça le grand paradoxe, c'est que tout change pour que rien ne change. On a le sentiment que les LR et le PS, sans faire trop de jeu de mots, ce sont des agences régionales pour l'emploi. Il y a une puissance locale, mais au niveau national, c'est le désert. À quoi ça sert les LR ? Être président des maires de France, c'est vachement important, j'en conviens, mais c'est président des maires de France, et avoir une majorité sénatoriale. Et paradoxalement, ça ne pèse pas, c'est le contraste entre ces deux pays politiques, ces deux cartes politiques, les municipales d'un côté, la législative et surtout la présidentielle de l'autre, l'une ne reflète pas du tout l'autre et les rapports de force. Donc il est très difficile à ce stade de tirer des conclusions, comme je le disais en début d'intervention, de lire dans le mar du café, pour se projeter dans un an à la présidentielle. Là, on a vraiment un statu quo quasi parfait. Et j'ai évoqué les Verts. Moi, je pense que ce qui est fascinant, alors j'ai qu'à compléter ce qu'a dit Guillaume, parce qu'on a fait un tour assez exhaustif, ce qui est fascinant, c'est que oui, en effet, les métropoles. Dans les métropoles, il n'y a plus d'alternance. Enfin, l'alternance a lieu dans un bloc sociologique, qu'évoquait Guillaume. C'est pour ça qu'il est faux de dire que les Verts ont perdu. En réalité, l'alternance dans les grandes villes... Dans les métropoles, au sens démographique du terme, et pas administratif, pas politique, dans les métropoles, si les Verts perdent, le PS gagne. Et dans 7 ans, ce sera le même jeu de 16 musicales. C'est qu'on a le sentiment que le pays, en dehors, à l'exception... notoire de Nice, et je ne crois pas qu'il y ait un effet Ciotti à Nice, c'est la ville de médecins, de Perra, ça fait 50 ans qu'il y a des maires comme Ciotti à Nice, rien de nouveau sous le soleil. En revanche, la droite a cédé un terrain qu'elle n'arrive plus du tout à rattraper, pour des raisons sociologiques, j'insiste bien, ce bloc sociologique, bobos, fonctionnaires de catégorie A, universitaires, magistrats, un télo, un télo précaire, eux ils se votent plutôt LFI que... gauche plurielle, mais ce que je veux faire comprendre, c'est que l'alternance, ces villes sont des citadelles fortifiées du gauchisme. Peu importe qu'elles élisent un LFI, à mon sens, un vert ou un PS. L'alternance ne se manifeste que dans cet univers où le même vote pour le même. Donc c'est les points que je voulais ajouter en complément à Guillaume, mais j'insiste sur un point, c'est comment lire la carte des présidentielles, moi je n'y arrive pas, je ne sais pas ce qu'en pense Guillaume, je n'arrive pas à me projeter dans les présidentielles à partir du vote des municipales, ce qui me semble… contre-cyclique, mais disant ça, déjà, je formule des hypothèses pour 2027. Donc, voilà, le constat qui me vient immédiatement à l'esprit après le deuxième tour.
N'y a-t-il pas aussi, je dirais, un risque de... Se réjouir de la montée de la droite, par exemple, puisqu'on le sait, en tout cas moi c'est quelque chose que j'ai pu remarquer en Suisse, lorsqu'en règle générale un parti se vante d'avoir une vague d'enthousiasme pour la droite, etc., il y a toujours ce risque de se diluer. Et Guillaume Bernard a rédigé son ouvrage « Le mouvement d'extrégir », pour lequel vous avez aussi reçu ici. Et c'est vrai que de nos jours, il y a ce thème de la remigration qui arrive gentiment, qui fait son chemin en tout cas dans l'espace public, difficilement mais gentiment. Pourtant, des thèmes comme l'assimilation, comme le renvoi des criminels étrangers, on a encore de la peine, il me semble, en France, à accepter tel ou tel point. On l'a vu d'ailleurs avec la polémique récente autour de Rodolphe Karte, que je salue ou que l'on salue, lorsqu'il avait rappelé que Jean-Luc Mélenchon n'avait pas de gouttes de sang français. Alors, scoop ! Moi non plus, par exemple. Moi non plus, je n'ai pas de goutte de sang français, pourtant je me porte très bien. Alors Guillaume Bernard, le risque peut-être de la dilution au niveau des idées sous prétexte d'un mouvement d'extrogir, et puis plus généralement, je dirais où précisément peut-on s'enorgueillir d'un certain mouvement de l'échiquier politique à droite, vers la droite ?
Alors, il y a beaucoup de choses, cher Xavier. Je vais essayer d'être relativement rapide et de compléter un petit peu ce qu'a dit François, avec lequel je suis. Bon, ce n'est pas totalement étonnant, évidemment, d'accord. Bon, il n'y a pas de vague érenne. Bon, cela étant dit, ils ont quand même gagné un certain nombre de mairies. Franchement, pour les habitants de Carcassonne, de Castres, de Montauban, d'Agde et de Menton, écoutez, moi je suis le premier à être très critique envers les classiques du Rassemblement national, mais enfin pour les habitants de ces villes… je ne cacherai pas le fait que je suis quand même plutôt satisfait pour eux. Et on peut quand même vraisemblablement espérer qu'il y ait une gestion de la commune qui évite les gabegis, évite d'utiliser l'argent public à de la propagande gauchiste. Sincèrement, moi, je ne vais pas être plus royaliste que le roi. Donc je crois qu'il faut quand même raison garder. Le RN est incontestablement doctrinalement insuffisant, mais si des villes sont administrées par des maires RN, la preuve c'est qu'ils ne font peut-être pas si mal que ça parce qu'ils sont quasi… quasi systématique réélu depuis qu'ils le sont, hormis évidemment les premières mairies qui avaient été prises en 1995, mais ce sont d'autres circonstances. Bon, je crois qu'il ne faut quand même pas, je dirais... porter la critique au-delà du nécessaire. De manière plus générale, oui, je maintiens le fait qu'il y a un mouvement d'extrogir dans la mesure où il y a un espace politique qui s'étend, dans lequel peuvent s'exprimer un certain nombre d'idées qui auparavant étaient persona non grata, qui étaient parfaitement illégitimes. On peut trouver effectivement que la question de l'immigration aujourd'hui est maltraitée, c'est le moins que l'on puisse dire. De manière insatisfaisante, c'est évident. Il n'empêche qu'aujourd'hui, la question de l'immigration est une question politique. ce qui n'était pas le cas dans les années 80, quand Jean-Marie Le Pen a, à bout de bras, cherché à mettre ce sujet en exergue dans le débat public. Donc, je n'insiste pas au-delà pour ne pas être trop long, mais oui, il y a ça. Pour autant, évidemment, il y a... Il y a eu cette stratégie dite de dédiabolisation, et je fais partie de ceux qui considèrent que si le RN progresse, ce n'est pas à cause de la dédiabolisation, c'est en dépit d'elle, c'est-à-dire que les Français sont de plus en plus touchés par les problèmes d'immigration, d'insécurité, donc le réel les rattrape, et qu'on veuille ou non, l'étiquette politique, même avec ces insuffisances qui apparaissent, comme étant celle qui a mis sur le tapis ces questions-là, c'est l'ERN et donc il en bénéficie. Maintenant, évidemment, cette stratégie de dédiabolisation, elle a conduit avec, il faut bien le dire aussi, le renouvellement. plus ou moins délibérés des cadres dirigeants du Rassemblement national à affadir le programme. On le sait bien, plus de chèques scolaires, plus de rétablissement de la peine de mort, plus de salaire maternel, plus même de remigration, du moins officiellement. il est clair qu'effectivement, pour s'approcher du pouvoir, ce parti pense qu'il est nécessaire de se lisser, de s'affadir. Je pense que c'est une erreur pour deux raisons. Un, parce que ça va lui lier les mains quand il va arriver au pouvoir, c'est-à-dire qu'en ayant… pas annoncer suffisamment de mesures, il n'en aura peut-être pas suffisamment dans sa musette, si vous me permettez l'expression un peu familière, pour pouvoir justement prendre des décisions politiques. Et puis deuxièmement, il y a un deuxième risque, c'est qu'il faut bien le dire, il y a un certain nombre d'électeurs qui ne lisent pas forcément les programmes et continuent de projeter sur le RN des idées d'avant. qui projette sur le RN ce que le FN d'avant préconisait et proposait. Et donc, il risque d'y avoir, évidemment, une sorte de... de déception de la part d'une partie des électeurs vis-à-vis de ce parti une fois qu'il sera arrivé au pouvoir. Je ne vais pas être trop long, je voudrais juste annoncer qu'il faut quand même qu'on envisage la question de LFI et de sa position aujourd'hui pour peut-être essayer d'envisager ce que pourrait être la situation au moment de la présidentielle l'année prochaine. On est dans le brouillard, je suis d'accord avec François, mais il y a peut-être quand même quelques petits éléments qui peuvent nous mettre la puce à l'oreille sur ce qui risquerait de se passer.
On va y arriver justement sur cette nouvelle France, mais François Bousquet, je vous relance la balle.
je suis d'accord. Là, c'est une petite parenthèse, une incise. Autant au niveau national, il est difficile de tirer les conclusions. Il y a quand même pas mal d'enseignements locaux à Toulouse et ailleurs, pour rebondir sur ce que disait Guillaume. Oui, vous auriez dû, Xavier, inviter deux commentateurs, deux politologues que sais-je, deux journalistes qui concernent les professeurs qui sont opposés. Je suis d'accord avec la pente. anti-Thibaudet, le monde a penché à gauche pendant 250 ans, il est quand même difficile de contester aujourd'hui qu'il penche à droite, même si en France, il n'y a pas de traduction électorale, ce qui est un problème. Et peut-être que là, il y a aussi des leçons, l'UDI. Par exemple, le RN a enfin noué une alliance. On en reparlera après. Les LR seront coincés entre Édouard Philippe et Éric Ciotti. Il faudrait qu'ils fassent un choix. Il n'y a pas d'espace politique pour eux, me semble-t-il, au niveau national. Oui, donc, un mouvement à droite, ils contesteraient. Trump... quoi qu'on pense sa politique étrangère. Mélanie, je ne sais pas rien, et quantité de gouvernements sociodémocrates en Europe qui ont des politiques migratoires qui sont à la droite du RN en France aujourd'hui. Bon, Mélanie,
elle a quand même fait venir beaucoup de monde, Trump aussi, il y a quand même beaucoup de choses à dire là-dessus.
No body, c'est perfect. Mais c'est mieux qu'Emmanuel Macron qui a fait venir 400 000 immigrés extra-européens par an en France. Ou que Bruno Retailleau, qui est quand même le ministre de l'Intérieur, qui a fait rentrer le plus d'immigrés en France en 10 ans. Simplement, j'insiste, il n'y a pas de traduction électorale, ce qui est un problème. Donc, il va falloir de façon à s'interroger. sur la stratégie du RN. Je suis d'accord avec Guillaume. Le RN a multiplié par... Je n'ai pas les chiffres en tête, mais je n'ai pas les chiffres d'il y a 6 ans. Mais il y a 3 000 conseillers municipaux. En gros, mais néanmoins, c'est rien. Je crois qu'il y en a 300 000 en France. Je ne sais plus quel... Je crois que c'était Sébastien Chenet. Je vais dire un mot sur Sébastien Chenet. Parce qu'il me semble assez symptomatique de ce qui risque de devenir le RN. Et dangereux, à mon sens. Il disait que le RN allait gouverner 1,5 million de Français. C'est super, je me réjouis sans doute. Mais c'est 1,5 million, c'est une goutte d'eau. Alors certes, il y a énormément, alors moi je me réjouis au niveau local, dans mon village, dans mes 500 habitants, la liste pour laquelle j'ai voté, qui est sérieuse et solide, sans étiquette, a gagné. Peut-être qu'ils voteront pour un sénateur frontiste, d'ailleurs, je n'en sais rien. Mais quand même, le RN aurait pu faire mieux. J'insiste sur ce point, même si je suis d'accord avec Guillaume, c'est un ennui d'avoir attapé dessus. Mais Sébastien Chenu quand même me pose problème, parce que lui et quelques autres passent leur temps, ce sont des commissaires politiques, des commissaires politiques roses concernant Sébastien Chenu. Il a quand même eu cette phrase délirante, délirante, qu'il n'a appelé aucune sanction au début d'année, que tout est formidable le RN, les soirées Beaujolais, il y a beaucoup de monde, les rayons politiques, il y a beaucoup de monde, les soirées Chemsex, et hop ! Et il assume le terme Chemsex. Moi, je serais dans la commission disciplinaire du RN, je l'aurais sanctionné lourdement. D'autant que c'est un passager clandestin, Sébastien Chenu. Il s'est forcément domicilié dans le département du Nord, sauf Ferrand de ma part, et Guillaume, tu me corrigeras si je me trompe, qui n'a gagné aucune mairie. Le département du Nord n'a gagné aucune mairie, c'est celui de Sébastien Chenu, à Dunkerque, il a purgé la liste, parce qu'il y avait quelqu'un à l'action française. Oh mon Dieu, quelle horreur ! À Belfort, on a sorti un candidat qui avait osé compter le nombre de patronymes sur les listes électorales, je crois, de patronymes turcs. Donc le RN, évidemment, a fait un bond spectaculaire, mais s'il n'y avait pas toutes ces purges, s'il y avait un travail de fond, et Guillaume est d'accord avec moi, je le sais, ça m'embête d'avoir en parlé, mais s'il y avait un travail de fond des think tanks… des intellos organiques. C'est tout un intello organique. Ça va de Guillaume Bernard à la mère de famille qui préside une association de parents d'élèves. Et ça, on a déserté le terrain politique. Ce qui fait qu'on est peut-être majoritairement, on est peut-être majoritaire en nombre de voix, mais nous sommes minoritaires dans l'institution. Nous sommes minoritaires dans le... au paysage culturel. Il est quand même aberrant que le Vérenne, dans toutes les grandes métropoles, est pour ainsi dire invisible. C'est-à-dire que dans tous les lieux de pouvoir, c'est les lieux de pouvoir. C'est là où il y a des magistrats, les universitaires, les politiques, les chefs d'entreprise, où sommes absents. Donc comment pouvons-nous nous présenter dans une perspective de conquête du pouvoir en étant aussi marginaux dans les grandes villes ? Donc c'était pour porter un peu la critique et me fâcher avec quelques cadres du RN.
Oui, ce n'est pas bien grave de se fâcher avec certains d'entre eux. Je crois que c'est de notre rôle rappeler les défaillances et on ne peut quand même pas, François Bousquet et moi-même, nous accuser d'être des freins. Il me semble quand même que... on a toujours joué le jeu, je dirais, de ce qui nous apparaissait comme étant, politiquement parlant, le moindre mal. Mais pour autant, ça ne signifie pas devoir avaler des couleuvres ou, je dirais, ne pas dire de temps en temps que le roi est nu. Alors, c'est peut-être un point qui me paraît important, je dirais, qui nous rassemble avec François et qui nous différencie d'avec vous, Xavier, J'aurais tendance à vous dire, Xavier, que vous êtes, mais je crois que vous l'avez déjà dit dans une émission, que vous avez, je dirais, une exigence de purisme augustinienne ou janséniste. Tandis que nous, avec François, nous sommes parfois effectivement amenés à faire de la casuistique jésuitique et à admettre effectivement que, dans certains cas, il vaut mieux. je dirais quelque chose d'insatisfaisant, mais de moins mauvais qu'autre chose. Et je peux parfaitement être, je dirais, en désaccord avec la politique internationale de Trump, mais pour autant, je pense que pour les ouvriers américains, pour les paysans américains, l'arrivée de Trump ou le retour de Trump au pouvoir… favorisent le maintien d'une société traditionnelle aux États-Unis. Et donc, ça me paraît moins mauvais que si c'était d'autres personnes qui étaient au pouvoir. Voilà, c'est vrai qu assume, enfin moi en tout cas, j'assume parfaitement le fait de dire qu'on est parfois confronté en politique à choisir… à préférer le moindre mal. Ça ne veut pas dire que l'on adhère à quelque chose, ni intellectuellement, ni moralement, qui nous paraît insatisfaisant. Et rappelez-vous, je crois que la dernière fois que nous avons fait une émission, et c'est promis, je vous laisse répondre, j'avais eu cette formule dont je n'étais pas mécontent, vivement que le RN arrive au pouvoir, qu'on puisse faire de l'opposition constructive.
Exact. Mais bon, pour moi, on ne va pas rentrer dans ces discussions. J'ai fait des émissions à ce sujet, les gens iront voir si ça les intéresse. Mais pour moi, c'est tout le piège de la dialectique. C'est-à-dire que sous prétexte qu'il y a quelques satisfactions ici ou là, ça en fait un candidat de choix. Je donne l'exemple de nos jours, lorsque un candidat X ou Y nous explique par exemple que… Un homme et une femme, c'est la famille. En règle générale, tout le monde appelle l'idée de demain comme quelque chose de subversif et d'incroyable. Alors que de manière générale, ce sont des platitudes. Ce qu'on entend sur les plateaux télé, ce sont des platitudes. On va d'ailleurs peut-être en écouter une maintenant, qui est très intéressante, parce que moi, je ne suis pas d'accord avec vous sur la droitisation de la société. Que ce soit le RN ou autre, ils sont tous pour l'assimilation, ils sont contre la remigration, c'est trop extrême. Alors qu'en fait, je pense que la situation est quasiment irréversible, à moins que... Vous ayez peut-être des solutions logistiques d'exception pour décoloniser les territoires, mais je crains que cela ne soit pas le cas. Mais on va écouter, c'est quelque chose aussi sur lequel j'ai commenté. 'espère que vous le voyez maintenant à l'écran. Voilà. J'ai commenté « Quel courage, nos idées avancent, c'est beau, bravo, c'est émouvant comme séquence ». Et je crois qu'il y a quelqu'un qui m'a répondu, en pensant que j'étais évidemment au premier degré, alors que c'est plutôt du troisième degré. Mais là, c'est Laurent Wauquiez qui s'exprime sur justement le fait de l'importance de l'alliance et sur le fait que Sarah Knafou ne serait pas néo-nazi. Est-ce que c'est vraiment un sujet sur lequel il faut s'attarder ? Visiblement, oui, pour la droite, pour celles qui veulent faire l'union des droites. Sur
le RN, vous avez toujours été très clair, vous ne les mettez pas, mais vous voulez une primaire qui irait, vous l'avez dit à plusieurs reprises, de Sarah Knafo à Gérald Darmanin. Si Éric Ciotti n'est pas de droite, Edouard Philippe ? Oui, bien sûr. Sarah Knafo ? Oui, bien sûr. Sarah Knafo, c'est l'extrême droite quand même. En conquête, c'est l'extrême droite. Éric Zemmour. Monsieur Soto,
monsieur Soto, honnêtement. J'aime bien quand vous me le dites comme ça gentiment. Quand on a écouté Sarah Knafo pendant la campagne de Paris, vous avez eu l'impression que vous aviez quelqu'un d'extrême droite ? Alors je sais que le sport national en France, quand on est de droite, c'est d'expliquer qu'en réalité on est fasciste. Enfin quand même, soyons sérieux. Et votre camarade
Jean-François Copé ne cesse de répéter qu'elle siège avec le groupe des néo-nazis au Parlement européen. Ça c'est quand même un marqueur. Il a tort Jean-François Copé ?
Quand j'écoute Sarah Knafo, je n'ai pas l'impression d'écouter une néonazi.
Vous connaissez la dissimulation politique, ça se fait beaucoup
dans toutes les familles. Oui, je connais aussi la mauvaise foi en politique. Et donc moi, ce que j'essaye, c'est surtout d'arrêter cette machine à perdre qui consiste à essayer d'exclure avant de rassembler. La spécialité quand même, c'est de mettre des cartons rouges avant d'essayer de composer une équipe. Là, moi, ce qui est ma conviction, c'est prendre pour une fois dans l'autre sens. Ce que j'ai fait aujourd'hui. On commence par la plateforme. On se dit, d'accord, quelles sont les idées qu'on doit défendre en commun ? Et ensuite, on se demande qui a envie de les porter ensemble. Quand j'écoute Edouard Philippe, je me dis que je suis capable de travailler avec lui.
Et
vous pensez qu'il y avait une
primaire Knafo-Philippe, vous voyez Edouard Philippe, imaginons qu'il la perde, faire campagne pour Sarah Knafo ?
C'est indispensable et c'est ce que je veux essayer de faire. Sauf qu'il ne veut pas. Ce n'est pas gagné. Gabriel
Attal ne veut pas. Sauf que Xavier Bertrand ne veut pas.
Monsieur Soto, ne désespérez pas l'espérance. Bien sûr que je sais que c'est un combat.
ne va pas tout écouter parce que je pense qu'on a tous compris. Mais c'est là aussi où j'ai quand même quelques réserves par rapport à cela. Au final, on a entendu qu'à Paris, notamment, c'était Edouard Philippe qui avait posé son veto, sa condition, pour que Rachida Dati au final perde. Rachida Dati, c'est une sarco-macroniste. Ce n'est en rien l'extrême droite ou autre. Sarah Knafo, elle est pour l'assimilation. Ce qui fait qu'on a de la peine à savoir ce qui va être un critère pour la remigration entre Éric Zemmour et Karim Benzema. Alors bien sûr, je suis un petit peu dans la provocation, mais là encore une fois, on aimerait bien comprendre sur quoi ils sont d'accord, sur quoi ils ne sont pas d'accord, et où est vraiment cette droitisation, respectivement, ou extrême droitisation de la société. François Bousquin.
je suis comme Guillaume, le mieux est l'ennemi du bien. C'est un vieillard qui vous parle, Xavier, peut-être qui parle avec ses artères qui sont vieillissantes et bouchées, mais le mieux est l'ennemi du bien. La situation est tellement catastrophique. On ne va pas commencer à chipoter. Wauquiez ne représente que lui-même. Il veut faire une primaire à droite qui irait de Lard Philippe jusqu'à Saracnafo. À ma connaissance, à la rencontre de l'émission, il n'était même pas au bureau politique ce soir DLR. C'est-à-dire qu'il n'est même pas prêt à s'allier avec Bruno Retailleau. Donc, tellement il se tire à la bourre. Il avait un porte-flingue, c'était Eric Ciotti, et son porte-flingue l'a flingué. Pour moi, c'est un mystère, Wauquiez. C'est parce qu'il y a des Wauquiez qu'il n'y a pas de droite en France depuis dix ans. C'est quelqu'un qui n'affranchira jamais le Rubicon. Rachida Dati, oublions-la. Elle a quelque chose d'intéressant comme Amazon, je trouve que c'est une frondeuse, un personnage de la fronde, une ambitieuse effrénée. Donc en tant qu'ambitieuse effrénée et fâche à une victime, en tant que littéraire elle m'intéresse, en tant que politique elle ne m'intéresse absolument pas. Sur la droitisation, ne vous en déplaise, il y a quand même des marqueurs, des sondages, des bascules politiques dans les pays voisins, des choix migratoires, alors évidemment… La remigration, on est très loin. Le RN s'est fâché avec l'AFD sur cette thématique-là. Le grand emplacement, le RN ne l'assume plus. J'ai vu les polémiques entre Jean-Philippe Tanguy et Renaud Camus, elles sont grotesques. Et bien sûr, oui, il y a des termes dans ce processus qu'évoquait Guillaume et qui se retourne, à mon sens, contre le RN. C'est un procès en respectabilisation, au fond. C'est du lissage, se normaliser séduire entre autres. Pour séduire, entre autres, c'est un angle mort du RN, mais pour séduire, entre autres, et rassurer, disons, à défaut de les séduire, les retraités. Donc peut-être qu'il serait temps pour le RN d'en finir avec cette stratégie-là. Après, pour le reste, écoutez, Wauquiez ne parle qu'à lui-même, j'insiste, ils sont piégés, les ALR sont piégés. On a vraiment une vision contre-cyclique que nous offrent les municipales. Les ALR n'ont plus le choix que pour Édouard Philippe. Marine Le Pen, ou plutôt, si vous préférez, Éric Ciotti. Sarah Knafo a fait une campagne phénoménale, 10% c'est sidérant. Enfin, la sociologie de Reconquête, c'est la sociologie de l'Ouest parisien, je rappelle quand même aux gens qui nous écoutent, que 50% des Français les plus riches vivent à Paris, donc à l'Ouest de Paris, 50% des Français les plus riches, et des Hauts-de-Seine. Donc on retombe sur à la fois la dynamique Zemmour. que transforme manifestement Sarah Knafo, mais cette dynamique se heurte au marionnisme municipal, à la France périphérique, dans laquelle elle n'a absolument aucune prise électorale.
il y a un vote communautaire aussi qui a été souligné par différentes personnes, notamment par rapport au fait que c'est l'Ouest parisien qui a voté pour Saracnafo.
Le premier, c'est Jérôme Fourquet, qui a montré qu'il y avait des spots communautaires, en l'occurrence des Français juifs, qui avaient choisi le vote, alors là on revient à 2022, c'est le vote reconquête, le vote Éric Zemmour. Oui, c'est vrai, mais simplement, plus largement, c'est une sociologie, le CSP+. Je ne suis pas sûr qu'elle corresponde. Quelque chose qui est particulier à la richesse, c'est que la richesse, elle est concentrée. Alors que la pauvreté est dispersée. Comme le vote RN. Le vote RN est dispersé. Donc je ne vois pas, pour moi le RN est tout bictoufelle, il a plié le match, mais il ne pourra conquérir le pouvoir que par des jeux d'alliance. Et là il me semble quand même que depuis qu'Éric Ciotti a fait son putsch au sein des LR, et rappelez-vous il était infréquentable Ciotti. infréquentable. Et tout d'un coup, tout le monde a appelé à faire barrage quasiment à Estrosi pour faire élire Ciotti. Dans le même temps, les LR font battre à l'ISU à Marseille. Je le disais en début d'émission, non seulement il n'y a pas de leadership, non seulement il n'y a pas de chef, il n'y a même pas de directrice. Alors Wauquiez, je veux dire que Wauquiez retourne à ses études, c'est un étudiant très brillant, mais c'est une chose d'être bon à l'école et ensuite de réussir en politique.
Je pense que cette question de la primaire à droite, mine de rien, est quand même un enjeu relativement important pour envisager ce que pourrait être le deuxième tour de la prochaine présidentielle. Et de la même manière, je pense que ce qui est en train de se jouer en ce moment, c'est-à-dire la petite musique qu'on entend depuis dimanche soir, qui n'est d'ailleurs pas fausse, qui est que là où il y a eu des alliances de la gauche modérée et de l'FI, la plupart du temps, ça a provoqué... un vote de rejet de la part de l'électorat modéré, qui s'est surmobilisé alors que l'électorat de gauche, lui, s'est coagulé, n'a pas trouvé de difficulté à s'allier, c'est ce que François disait en début d'émission, à se réunir pour voter pour une même liste dans laquelle il y avait des gens de LFI. Mais il n'empêche que la petite musique qu'on entend depuis dimanche soir, c'est « LFI fait perdre la gauche ». Ce qui n'est pas... Totalement vrai dans la mesure où à Nantes, à Grenoble, notamment à Lyon, à Tours, des listes avec des gens de LFI ont gagné. Mais c'est vrai que par ailleurs, ils ont perdu Limoges, Brest, Clermont-Ferrand, etc. Cette petite musique qui se développe, elle a, me semble-t-il, pour objectif. Si on raisonne d'un simple point de vue, non pas moral, bien évidemment, mais électoral, elle a pour but de... favoriser l'émergence d'un candidat de gauche modéré pour prendre une partie des voix à LFI, ou disons une partie des voix qui serait tentée d'aller vers LFI s'il n'y avait pas d'autres candidats de gauche, pour l'empêcher d'être au deuxième tour de la présidentielle. Pourquoi ? Parce que si on a a priori un deuxième tour RN contre LFI, a priori, je dis bien a priori, le RN l'emporterait. Le candidat de gauche modérée a pour but de phagocyter une partie de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que c'est certain que ça fonctionne ? Il suffit de se souvenir de 2017. Benoît Hamon était très en avance. Au fur et à mesure de la campagne, on a eu un croisement des courbes. C'est Mélenchon qui était à 19 et c'était Hamon qui était à 6%. Et donc, dans les 25%, dans le quart de l'électorat qui est à gauche, effectivement, finalement, Mélenchon avait réussi son pari et il était très peu derrière les autres, puisque Sillon était à 20% et Marine Le Pen à 21,5%. Bon, je continue, je vais essayer de ne pas trop me disperser. Du coup, il reste la question… du centre droit et de la droite modérée. Et il est bien évident que pour que cet espace politique-là survive, il faut qu'il n'ait qu'un seul candidat. Il n'est qu'un seul candidat. Et c'est pour cela que, effectivement, l'enjeu de la primaire dans ce camp politique-là est quand même relativement important. S'il y a Edouard Philippe et Bruno Rotaillot qui sont candidats pour, je dirais, ce qu'il reste de la grande coalition macronienne, ils risqueront d'être dépassés par Jean-Luc Mélenchon ou peut-être même par l'autre candidat de gauche. Si en revanche, il n'y a qu'un seul candidat, effectivement, ils peuvent espérer, pardon pour l'expression un peu vulgaire, se refaire la cerise et donc être au deuxième tour face aux candidats du Rassemblement national. Candidat du Rassemblement national qui… A priori, il devrait être au second tour. Je ne suis pas sûr que Jordan Bardella, même si les sondages pour l'instant disent le contraire, fasse un aussi bon score que ce qui est annoncé, du moins fasse un aussi bon score que pourrait le faire Marine Le Pen, dans la mesure où… Marine Le Pen, elle a quand même un énorme avantage. C'est son nom patronymique, c'est Le Pen. C'est parfois un obstacle, mais c'est quand même une marque qui, évidemment, je dirais, attire les lecteurs. Elle est d'âge mûr. Elle a une expérience professionnelle. Ça fait bien longtemps qu'elle n'est plus avocate. Mais enfin, elle a quand même un métier. Et puis, elle a élevé des enfants. Et je pense que pour Bardella, il y a quand même, je dirais... des obstacles à sa candidature. Il n'est pas marié, il n'a pas d'enfant, il n'a pas l'expérience de la vie. Je ne parle pas des diplômes, que les choses soient bien claires, je ne fais pas de l'intellectualisme, je suis un homme de droite, je suis un anti-intellectualiste forcené, donc je ne parle pas des diplômes, je parle en revanche du métier. Jordan Bardella n'a aucun métier, il n'a toujours fait que de la politique. Donc je pense que dans une partie de l'électorat populaire, ça peut être d'une certaine manière un obstacle. Cela étant dit, même si a priori Bardella, à mon sens, devrait faire un moins bon score que Marine Le Pen si ça devait être lui, et c'est plutôt ce qui se dessine, lui, le candidat du Rassemblement national, l'avance du RN sur les autres forces politiques est telle qu'on ne voit pas, je dirais, l'absence du candidat du RN, quel qu'il soit, du second tour. Et donc se pose la question de qui sera en face de lui, et le seul moyen, me semble-t-il, d'espérer... que le système l'emporte sur le Rassemblement national, c'est qu'il y ait une division de la gauche et qu'il y ait une unité du centre et du centre droit. Voilà pourquoi, je dirais, il y a un tel enjeu. sur cette question de la primaire de la droite. J'ajouterais un dernier point. Si j'avais été à la direction du RN, j'aurais moi-même organisé une primaire du camp national populiste avec Dupont-Aignan, avec Philippot, avec Poisson, avec tout un tas de personnes, parce que le poids du RN vis-à -vis de ses autres organisations politiques est tel que de toute façon… il l'aurait emporté et il aurait pu, d'une certaine manière, créer une dynamique, absorber ces forces politiques-là et ne pas avoir des candidats parasites qui, d'une certaine manière, seraient obligés de rentrer dans la campagne au bénéfice du candidat du RN. Un autre avantage, me semble-t-il, cette éventuelle commère qui n'aura pas lieu, évidemment, ça aurait un autre avantage, c'est que ça… permettrait au candidat du RN de pouvoir justifier pourquoi il adapterait un peu son discours. Je veux faire plaisir à Poisson, je suis un peu plus conservateur sur la bioéthique. Je veux faire plaisir à Philippot qui pèse un peu et je suis un peu plus souverainiste. Je veux faire plaisir à Knafo et je vais être un peu plus dur sur la question de l'immigration. Et ça aurait permis… me semble-t-il, s'ils avaient eu cette intelligence-là, de mettre en place une stratégie pour créer cette dynamique. Cette primaire n'aura pas lieu. En revanche, les autres primaires auront sans doute lieu et elles sont relativement importantes pour savoir si, oui ou non, on aura un second tour. RN contre Mélenchon ou RN contre la grande coalition des modérés qui ne sera plus macronienne. Mais ce n'est pas parce que Macron est... très dévalorisés, que l'espace politique des modérés a disparu. Ça, ça n'a pas disparu.
Vous êtes très optimiste, contrairement à moi, visiblement. Parce qu'en fait, c'est...
J'essaye de pouvoir arriver à moitié plein et pas à moitié vide. Oui,
pour moi, il est complètement vide, mais c'est pas grave. Les souverainistes ou les gaullistes comptoir, comme j'aime les appeler, même Asselineau, Filippo... Et Dupont-Aignan ne s'adresse plus la parole et ne veulent même plus être sur un même plateau pour discuter de tel ou tel sujet. Mais pourquoi pas, en effet, pourquoi pas. Alors, cher François Bousquet, soit
vous... Non, un mot, c'est la petite musique qui évoquait Guillaume. Enfin, deux. Ce que vous disiez, Mitterrand, c'est quand même l'art de la synthèse. Je sais bien que la dialectique vous énerve, mais à la fin des fins, c'est pour aboutir à une synthèse. Jean-Marie Le Pen excellait dans ce registre-là, le registre qui évoquait Guillaume, d'avoir autour de lui une palette. de la pluralité des droites, qu'il parvenait à faire cohabiter, c'est-à-dire sa puissance son art de l'équilibre. Ça fait un peu défaut au RN, ça c'était une parenthèse. Moi je trouve que la petite musique qu'on entend, et je ne le vois pas du tout aller à une primaire, Guillaume, c'est Édouard Philippe. Alors le macronisme est mort, le macronisme c'est un isme de plus qui a rejoint le cimetière, pas des aristocraties, je ne suis pas paréton. Il est mort et il n'est pas mort. Moi, Macron, c'est une parenthèse, je suis toujours surpris de l'absence, pas Guillaume, dans le commentaire politique de mise en perspective historique. Au départ, il m'avait pu penser au banquier Jacques Laffitte. qui était le banquier Jacques Laffitte, pas le pilote de Formule 1, le banquier en 1830, qui accompagnait le futur roi des Français, Louis-Philippe, à l'hôtel de ville, après la révolution de juillet. Et Marx l'a mis en scène magistralement dans la lutte des classes en France, le Jacques Laffitte en question, qui était un banquier. Et Marx lui fait dire la chose suivante, vous allez voir, c'est du Macron, c'est vraiment du Macron. Désormais, les banquiers ont le pouvoir. C'est ce que Marx prête à Jacques Laffitte. Et tenez-vous bien, Jacques Laffitte était le chef du parti du mouvement des 1830. En gros, la République en marche, enfin la monarchie là pour le coup en marche. C'est la même chose. Et Macron, peut-être finira-t-il comme un autre Jacques, un de vos compatriotes, je ne suis pas sûr que vous soyez très sensibles à ses charmes, à Necker, Jacques, autre Jacques, le père de Germain de Stal, ministre de Louis XVI et qui a précipité la chute de la monarchie. Comme Macron, peut-être. Peut-être comme Macron précipitera-t-il France sur-endettée. démagogie auprès de la populace et auprès des salons, c'est la politique de Necker. Mais qu'est-ce qui s'est passé quelques mois après ? C'est la révolution. Alors peut-être que le macronisme va suivre ce destin-là. Mais peut-être, peut-être, est-il comme l'hydre de l'air ? Vous coupez la tête de Macron et celle d'Édouard Philippe pousse. Je vous assure, pendant un an, on convient tous, pendant un an, les médias centraux vont nous bombarder sur le mer du Havre. Comme quoi il est le salut. Comme quoi il est la personne qui va sauver la France du désastre, épurer la dette, et puis contraindre ou restreindre l'immigration. Vous allez voir, on va l'attendre à cette musique-là. Et comme le disait Guillaume, là, pour le coup, ça, c'est un candidat susceptible, peut-être pas, peut-être qu'il va hériter du passif du macronisme. Et peut-être va-t-il, au contraire, permettre une résurrection du macronisme sous un autre visage, qui est le sien, et en tout cas se présenter pour le RN comme un candidat. Je pense que vous avez vu les sondages, alors évidemment, il faut se méfier, comme le disait Guillaume, Valérie Pécresse, le lendemain de son investiture, elle était à 22%. Elle a fini à moins 5. Donc, c'est comme amont. Tout ça, c'est des candidatures qui sont gonflées par les sondages, par le pays légal, par les médias centraux. Et peut-être que Philippe s'écroulera-t-il. Peut-être pas. Parce que l'hypercentre, peut-être que c'est un problème. Macron a inventé la fin de la droite et de la gauche. De l'une et de l'autre. en apportant en France le modèle des grandes coalitions à l'Allemande, en asséchant complètement à sa gauche le PS et en siffonnant complètement à sa droite les LR. Est-ce qu'il n'y a pas toujours en France, je m'en tiens pour des questions sociologiques, les hauts revenus, les CSP, les retraités, un espace qui n'a pas disparu avec la mort de Macron, la mort politique de Macron, cet espace est toujours là. Donc la nature politique hors du vide, il est tout à fait possible. C'est ce qui m'inquiète. Mes inquiétudes ne sont pas aussi apocalyptiques que les vôtres, Xavier. Vous, c'est la fin du monde. Moi aussi d'ailleurs, c'est la fin du monde. Mais ça m'ennuierait fortement que le fils de Brigitte Macron et d'Emmanuel Macron, en l'occurrence l'Héodore Philippe, soit notre futur président républicain.
oui. Après, vous aurez droit à une citation de Gonzague de Reynold sur le pessimisme. Lorsque j'avais convié Daniel Comersano sur cette chaîne, dans les commentaires, les gens m'insultaient en disant que j'étais un tiers-mondiste pessimiste qui ne croyait en rien. Je crois plutôt être réaliste sur certains points, mais en effet, on voit le verre à moitié vide et à moitié plein. Plusieurs choses.
Juste un mot. En fait, je me suis peut-être mal exprimé, mais je suis parfaitement d'accord avec François. Je pense que l'espace politique des modérés, la grande coalition, n'a pas disparu. C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on n'aime pas Macron… que pour autant cet espace politique est en train de disparaître. En revanche, peut-être que là où on diverge un peu, c'est que j'ai quand même plutôt le sentiment que cet espace politique ne pourra persister que s'il n'y a qu'un seul candidat au premier tour pour être sûr d'accéder au deuxième tour. Parce que si en revanche, il y a Edouard Philippe et Bruno Retailleau, ont quand même des risques
de ne pas être au deuxième tour. Et Guillaume rajoute Sarah Knaffo ou Éric Zemmour, qui risquent de mourir s'ils reconquêtent, ne présentent pas un candidat. Les partis ont aussi des intérêts matériels à présenter un candidat.
Sur la possibilité d'Edouard Philippe pour combler ce vide au niveau du centre, François Bousquet émettait la possibilité que justement ça soit compliqué puisqu'il hériterait théoriquement de ce passif et de ce bilan absolument catastrophique. Moi j'aimerais rebondir peut-être sur plusieurs choses par rapport à cela. Les gens n'ont plus de standard. Les gens oublient vite, très vite, puisqu'on passe d'une actualité à l'autre, d'un scandale à l'autre. Un exemple qui me fait beaucoup rire, on a vu récemment sur le plateau d'un... je vais être courtois, mais d'un jeune influenceur, Olivier Faure, nous expliquait qu'il avait quatre enfants de trois femmes différentes. Ça pose quand même pas mal de questions sur la personnalité du bonhomme de manière générale. On a vu aussi deux autres polémiques, je crois, qui sont plus ou moins intéressantes. C'est celle des noms de famille Glucksmann-Glucksmann, Epstein-Epstein, qui a effacé la polémique de Quentin. Donc Quentin, je rappelle, prions pour lui, pour le repos de son âme. Donc jeune homme lynché puisqu'il avait soutenu l'association Nemesis. En tout cas, il était venu pour faire du service d'ordre, alors que visiblement, ce n'était pas son métier. Donc là, il y a plusieurs autres questions qui se posent. Mais à manière générale, a-t-on déjà oublié ? Quentin, a-t-on déjà oublié tout le passif de manière générale des uns et des autres ? Et comment se fait-il que l'on arrive à passer d'une polémique à l'autre et que les gens oublient de manière générale absolument tout et pardonnent absolument tout et n'est de manière générale plus aucun standard ? Guillaume Bernard.
Oui, on vit dans l'immédiat. Je crains qu'effectivement, disons que l'instruction que nos contemporains reçoivent n'est plus une instruction, je dirais, de base, comme elle était, je dirais, pour nos arrières-grands-parents, qui était certes peut-être peu développée, mais qui était, comment dire, relativement solide, ne serait-ce que par la connaissance des grandes dates de l'histoire de France, certes mythifiée, mais bon, le baptême de Clovis, la bataille 496, c'est très semblable. C'est probablement faux, c'est peut-être plutôt 498 ou 499, mais tant pis, ils connaissaient le baptême de Clovis, la bataille de Poitiers de 732, le couronnement de Charlemagne, le traité de Verdun de 843, etc. Y compris des gens des catégories populaires qui ne faisaient pas de longues études. Je pense que le fait de ne pas avoir cette instruction... communes, de vivre dans l'effervescence systématique, évidemment ne favorise pas une vision à plus long terme et la prise en considération même d'événements relativement récents. Oui, je crains. Là, pour le coup, je crains, je suis d'accord avec vous, Xavier, pour le coup, je verrais plutôt le verre à moitié vide. Je crains que, hormis dans certains milieux militants, qui n'oublient pas les camarades tombés, que ce soit Sébastien Desieux ou que ce soit Quentin de Ranque, hormis chez les militants de terrain, je crains qu'effectivement, par les politiciens, et par le reste de l'opinion publique, il soit très rapidement oublié. Il suffit de voir tout simplement ce qui s'est passé dans ces municipales et dans l'ordre de tour des municipales pour bien constater qu'effectivement, Quentin était passé par pertes et profits. J'ajouterai un élément. Je crois que certains ont dit que j'ai pensé très fort au moment de la mort de Quentin et que je n'ai pas voulu dire à ce moment-là. Je ne suis pas certain qu'utiliser les mêmes méthodes que les gauchistes, c'est-à-dire faire des contre-manifestations, vouloir empêcher l'expression des autres, disons… doivent caractériser les modes d'action de gens qui sont véritablement de droite. Je suis très dubitatif sur les happenings qui consistent à vouloir... Parasiter les actions des autres. Je comprends parfaitement que l'on soit exaspéré par le quasi-monopole que les gauchistes ont à l'université. Je le comprends parfaitement. Mais je pense que nous avons d'autres choses plus intelligentes à faire qui consistent en particulier à retisser le pays réel, à contribuer à refaire le tissu social par... des associations de défense du patrimoine culturel ou naturel, par des établissements scolaires, par des mouvements de jeunesse. Je pense qu'il faut plus réfléchir en termes positifs qu'est-ce que l'on a à maintenir et à construire qu'en termes, je dirais, d'opposition qui ne sert finalement qu'à faire du buzz. Je ne vais évidemment pas jusqu'à dire qu'il y a une responsabilité morale. je dirais, de la part de Némésis dans la mort de Quentin, car ceux qui ont une responsabilité morale, ce sont bien évidemment ceux qui l'ont lâché à terre et à mort, bien évidemment. En revanche, je pense que le temps est suffisamment passé pour que l'on puisse émettre quelques... critiques, je dirais, à l'égard de certaines méthodes politiques qui ont été circonstantiellement, et bien, enfin, oui, qui ont été les circonstances de la mort de Quentin, dont oui, je crains, Xavier, qu'il soit rapidement oublié. François Bousquet.
Trois points, le troisième point en désaccord avec Guillaume, mais je m'en expliquerai sur Nemesis, sur les formes d'intervention dans le champ politique. Alors la question, c'est la société du spectacle. premier point, tout repose sur la vitesse et l'oubli. Je veux dire, une info, c'est 24 heures, 48 heures. Si elle est sanglante, comme Quentin, ça dure une semaine. Et puis après, une information chasse l'autre. La vitesse et l'oubli. C'est la mécanique du monde médiatique qui fonctionne sur de la polémique et du buzz. C'est le premier point. Sur Quentin, je... opposition avec toi, Xavier. Je ne vois pas encore Epstein ou Epstein ou Glucksmann ou que sais-je. Non, non, non, Quentin, on a perdu la bataille médiatique. On l'a perdu quasiment dès le lendemain. Canard enchaîné, presse régionale, presse nationale, pour recourir à des termes de communicants, on n'a pas le narratif. On n'est pas les maîtres du langage. On n'est pas les maîtres du langage. Le vrai pouvoir, j'ai fait un bouquin sur le sujet, le vrai pouvoir, c'est le pouvoir sur les esprits. C'est ça le vrai pouvoir. Le vrai pouvoir, c'est déterminer les critères de l'interdit, du disciple et de l'indicible. C'est ça le vrai pouvoir. c'est contrôler le langage. Il y a la tête ou la parole coupée, un livre d'Arnaud Aron-Hupinsky, que j'avais adoré, il avait sorti ça il y a 30 ans, qui abordait magnifiquement cette question du pouvoir. Le pouvoir c'est la tête, le pouvoir c'est la parole, le pouvoir c'est la langue. Alors on n'a pas ce pouvoir, on n'a pas ce pouvoir qu'on a perdu la bataille de Quentin. Ça n'est pas à cause de Glucksmann ou Epstein, ça n'est pas à cause du fil Twitter de ses amis, ni du sien. La gauche a des filtruteurs autrement radicaux que ceux qui ont été pointés du doigt de Quentin ou de son meilleur ami. Non, c'est le combat médiatique, le combat du langage que nous avons perdu. C'est que les mots n'ont plus de sens. Confucius disait il y a 2500 ans « Si jamais un prince ou un empereur me confie le pouvoir, je rectifierais les dénominations ». parce que je rectifierais le langage, j'appellerais un chat, un chat, un antifasciste, un criminel, non pas l'inverse, mais c'est cette bataille-là qu'on a perdue. Après, les polémiques s'enchaînent les unes et les autres. Mais c'est à cause de
la droite qu'il y a ces victoires qui se perdent parce qu'ils n'ont pas de courage. Vous avez aussi pris sur le courage, n'est-ce pas ?
J'en conviens, il n'y a pas de courage. Et comme le disait Guillaume, c'est le troisième point, je suis en désaccord sur Némésis, mais pas sur tout le reste. Tout le reste, c'est qu'une victoire politique, on est des Gramsciens. En tout cas, j'en suis un, mais je crois que nous le sommes tous plus ou moins, puisque c'est difficile de faire l'économie de Kramschi. Ce sont des appareils d'hégémonie. Il y a l'appareil d'hégémonie médiatique. Je reviendrai, c'est Némésis et c'est mon opposition avec Guillaume. Et pour le reste, nous sommes d'accord. Les appareils d'hégémonie, c'est l'école, c'est la famille, c'est tout ce que nous ne faisons pas, ou pas assez, ou insuffisamment. C'est un maillage du territoire, c'est aller chercher les cœurs et les esprits. Gramsci donne le cas d'école du christianisme, dans ses cahiers de prison. Par l'exemplarité, les chrétiens ont converti l'Empire, c'est ce qu'il dit, ultra minoritaire, l'exemplarité. Après, partage d'huile, par contagion, ça c'est Gramsci. Le point d'opposition avec Guillaume, c'est que nous sommes aussi une société médiatique. La seule ONG... à droite, qui a longtemps été aussi forte que les ONG de gauche, donc on est au cœur du pouvoir culturel, aussi forte que Greenpeace, que sais-je, c'est Génération Identitaire. Mais Némésis ne fait rien d'autre que ce que faisait G.I. 'est des opérations pacifiques, c'est des seedings, c'est des happening, c'est contre-manifestations, c'est-à-dire on occupe pacifiquement la mosquée de Poitiers. On déploie des banderoles. Je ne vois pas les femmes comme tu les vois, Xavier. Non, non, nous sommes la création de... de la grande mixité sociale et de l'intervention des femmes dans le champ politique, en tout cas en France, depuis le XVIe siècle, même sinon avant, dès les cours papales. Dès les cours papales, les femmes ont un rôle colossal dans le monde politique. Les cours papales en France. Non mais ça, je ne le dis pas.
J'ai aussi vu « Les femmes et la vie ordinaire » de Christopher Lach, je sais très bien.
Oui, mais bon, peu importe. C'est ce qui nous distingue entre autres de quantité d'autres espaces de civilisation, c'est que nos mœurs, en termes de partage de l'espace social, notre conception de la mixité, fait que les femmes ont toute leur place, mais on ne va pas polébiquer là-dessus. Moi, je reviens au point central, c'est que je pense que dans une société médiatique, elle a ses défauts, cette société médiatique, je pense que Génération Identitaire en avait beaucoup, comme Némésis, simplement, on fait avec les outils dont on dispose. Et ces outils, Génération Identitaire comme Némésis, les maîtrisent à la perfection, et moi, je les vois plutôt comme des avant-gardes de notre combat identitaire. Certains, à droite, ont pu reprocher, ne parlons pas de la gauche, à Nemesis d'être présent à une manifestation de Rima Hassan à Sciences Po, mais c'est renverser les causes et les conséquences. Ce qui est surprenant, c'est que Rima Hassan soit invité à Sciences Po, et non pas Nemesis. C'est Nemesis qui devrait être invité à Sciences Po. C'est vraiment le monde à l'envers. Le travail de Nemesis, c'est de faire avancer, comme je fais un tome 2 sur le racisme anti-blanc, je ne l'avais pas évoqué dans le salle blanc, dans mon tome 1. Le statut des femmes aujourd'hui en France et en Europe de l'Ouest est catastrophique. Nous, garçons, ne le mesurons pas. Le harcèlement est quotidien. Les stratégies d'évitement des femmes sont quotidiens. Grâce à Némésis, j'ai pu avoir accès à quantité de témoignages de filles qui créent des collectifs, une telle dans l'Isère, une telle autre dans l'Héros, parce que le sort des femmes dans des sociétés multiculturelles, avec un choc des civilisations qui est domestique, parce qu'il est d'abord domestique le choc des civilisations, il se joue sur la cuisine, la conception de la drague, de la chambre à coucher, pour les femmes. Ce qu'on est en train de faire aux femmes est dégueulasse.
personne ne le dit, ça.
Non, ben oui, il faut que quelqu'un porte l'étendard. Ce quelqu'un, c'est nésiste.
C'est la phrase de Busson qui préférait justement une femme voilée, qui fait cinq fois la prière, qu'une Lolita... J'ai l'occasion
de lui dire à Busson, il se trompe complètement. Aujourd'hui, on a le string et le voile. Toutes les influenceuses à Dubaï, vous croyez, elles ont des nikes, des trucs sur les oreilles, et du mal.
Mais on a le pire des deux, on a le testé croustille algérien avec l'abrutissement des populations, c'est sûr.
Pardon Guillaume, j'en ai fini là-dessus, c'est un point d'opposition avec Buisson, on a eu souvent l'occasion d'en parler, c'est que ça repose sur une déconnaissance fondamentale de la rue. Dans la rue, il y a un choc des civilisations. entre nos femmes et leurs femmes. Alors après, on peut disserter, comme Soral, Buisson, le string, le voile, je peux faire le voile. Non, on aura les deux. Les nôtres seront harcelés. Moi, je t'assure, Xavier, j'ai été estomaqué par les témoignages de Nana. Estomaqué. Je ne vais même pas jusqu'au viol.
Je ne le nie pas.
Juste un mot, si vous permettez, pour clore sur la mini-polémique sur les méthodes politiques. Ce que je visais exclusivement, c'était le fait de monter une contre-manifestation. Je dois vous avouer que j'ai participé dans ma vie à un certain nombre de rassemblements sur la place publique et que j'ai assez souvent mal vécu le fait que certains viennent nous houspiller et chercher à nous faire taire. C'est-à-dire qu'effectivement, je pense que… on peut organiser ses propres activités politiques pour essayer d'avoir de la visibilité. Tandis que la stratégie du coucou, qui consiste à essayer de faire du buzz en profitant d'un autre événement, c'est vrai que ça ne me parle pas intellectuellement et psychologiquement. Mais je dois faire, pardon François, une différence. Quand il y a l'action de GI dans les Alpes ou dans les Pyrénées, il ne s'agit pas de... comment dire, d'empêcher un opposant politique de s'exprimer, il s'agit de mettre en exergue la faillite, la défaillance de la puissance publique. Ces deux actions sont absolument géniales et je dois dire qu'une de mes plus grandes fiertés... je dirais, d'analystes politiques ou d'intellectuels de droite, c'est lorsque j'ai été invité à plusieurs reprises aux universités d'été de génération identitaire, le fait qu'il m'ait fait à moi et à d'autres, naturellement, un peu confiance. pour essayer de leur apporter quelques éléments de réflexion, ça m'a été, je dirais pour moi, ça m'a extrêmement flatté, je dois le dire, parce que je les ai trouvés, je les trouve toujours, mais ils agissent d'une manière un peu différente, extrêmement courageux. Voilà, c'était juste une petite précision que je voulais apporter.
mais Guillaume, on est d'accord. Simplement, je pense que tu te méprends sur Nemesis, qui continue, qui poursuit le travail de G.I., qui est un travail empêché, puisque G.I., Génération identitaire, a été dissous par Gérald Darmanin. comme Lyon populaire, où étaient Quentin et d'autres, a été dissous, là, par Bruno Retailleau. Et on a mis sur la table la dissolution de Némésis. Némésis n'empêche pas les autres de manifester. Il fait des contre-manifestations. Je te rappelle, néanmoins, Guillaume, que Génération Identitaire, lorsqu'il déploie des banderoles, pour celles de la même façon, il a inventé. Non, simplement, c'est nous, là où je veux en venir. C'est que oui, comme toi, il y a un ethos de droite. Et l'ethos de droite a du mal à traiter la gauche comme elle nous traite. C'est-à-dire qu'imposer à la gauche le rapport de force sectaire, dans le cas de la gauche, qu'elle oppose à la droite. La gauche, aujourd'hui, empêche les événements de droite. On en sait tous quelque chose. On a quantité d'événements auxquels on a pu participer, ou des amis ont pu participer, qui ont été empêchés par les antifas. Empêchés violemment, pas pacifiquement. C'est l'énorme différence avec Nemesis. C'est qu'on envoyait des cocktails Molotov, mais oui. Alors simplement, moi j'ai évolué sur cette question-là, peut-être par romantisme, je parle pour moi Guillaume, pas pour toi, mais peut-être par romantisme, j'étais très attaché à un ethos de droite, étant plus jeune, mais je l'ai dit, mes artères sont en train de se boucher, et donc… Maintenant, c'est plutôt le réalisme qui doit commander, me semble-t-il, nos politiques, nos stratégies et nos tactiques. Et le réalisme, si on veut renverser la table, en l'occurrence le rapport de force avec la gauche, c'est d'opposer une fin de nos recevoirs. brutale, offensive, asymétrique, parce qu'on n'est pas assez puissant, à cette gauche toute puissante, intolérante, sectaire, qui veut nous couper la tête. C'est la raison pour laquelle je suis assez sensible au boulot que fait Nemesis, et à la résilience, le terme n'est pas bon, à la force de résistance. de la violence médiatique à laquelle a été confrontée depuis plus d'un mois Némésis. Et le mouvement tient toujours debout. Le mouvement, ce n'est pas effiloché. Donc oui, je suis quand même plutôt bluffé, plutôt étant trop, je suis bluffé par le boulot. Et je leur rends hommage dans mon prochain bouquin, parce que je le redis, je suis scotché. On ne le mesure pas, nous, par ce qu'on fait à nos femmes.
Alors justement, là je voulais aussi rebondir sur ce que tu as évoqué. Pardon Xavier, juste un mot.
Restons sur le vouvoiement si vous voulez bien, chers amis. Comment ? sur le vouvoiement camusien si vous voulez bien.
Ce n'est pas ton Renaud Camus, mais oui, monsieur.
Juste un mot, je partage parfaitement l'avis de François Bousquet, n'est-ce pas, sur effectivement l'appréciation de la formule de Patrick Buisson. François connaissait encore mieux Patrick que moi, mais je dois dire qu'effectivement, c'est une posture très intellectuelle que la formule de Buisson, qui est de dire qu'on préfère une fille voilée à une fille en string, parce que sous-entendu, la fille voilée… elle aurait dans le fond un comportement moral, certes dans le cadre d'une religion que l'on n'apprécie pas forcément, mais au moins elle n'a pas un comportement déviant. Je crois que c'est se méprendre sur l'enjeu. L'enjeu n'est pas là en l'occurrence dans les mœurs, l'enjeu est du point de vue politique. Le voile est un instrument de conquête de l'espace public. Et si naturellement je ne souhaite pas que les femmes se promènent dans des tenues impudiques ou dans la rue, il n'empêche que... sous prétexte de ne pas souhaiter qu'il y ait de l'impudicité, il ne faut pas souhaiter inversement que sous prétexte d'un comportement moral ou d'un prétendu comportement moral, on accepte cette conquête visuelle et sociale de l'espace public. Ça laisserait entendre qu'une femme ne serait... comment dire, respectable, il n'aurait de conduite morale dans ses mœurs que si elle est voilée. C'est totalement inadmissible. C'est totalement inadmissible. Et on ne peut pas induire d'une tenue la conduite d'une personne. Encore une fois, il y a peut-être des vêtements qui sont plus saillants, plus discrets que d'autres, c'est certain. Mais pour autant, je crois que Patrick se trompait sur l'appréciation qu'il avait portée, confondant l'enjeu concernant les mœurs, qui est un enjeu extrêmement important, et peut-être que j'aurais... des raisons de m'opposer avec certaines personnes, je dirais, y compris de nos milieux politiques, sur certaines pratiques ou sur certaines questions, comme par exemple l'avortement. Mais en revanche, de s'imaginer que le voile est une manière de se prémunir contre la dégénérescence des mœurs, je crois que Patrick se trompait là-dessus et je rejoins parfaitement François.
Avant qu'on passe au prochain sujet, on va clôturer la cible pour moi, parce que c'est vraiment parfaitement exactement ce que l'on recherche, c'est-à-dire cette dialectique pour aboutir à la synthèse, qui est quand même la société française de chaos, qui sera le parfait mix entre la jeune femme en string tatouée, émancipée du patriarcat, et notre cher... qu'un Rachida voilé de la tête aux pieds avec le niqab. Ça va être exactement ça. Mais ça, c'est la société de Lordo Abkao qui a absolument voulu et ce n'est pas le fruit du hasard. Passons à la suite, chers amis. Nous ne serons peut-être visiblement pas d'accord sur ce sujet. Tant mieux, d'un côté, tant mieux. La Nouvelle-France, puisque le sous-titre de cette émission, c'était Allons-nous ou sommes-nous à la croisée ? des chemins. Alors, nous allons visionner quelques capsules qui, je crois, sont assez révélatrices et choquantes, il faut quand même le dire, de la situation actuelle en France. Donc là, nous sommes dans le 93, le Blanc-Ménil, ça ne s'invente pas. Battu par le candidat d'hiver gauche, Demba Traoré, non plus, ça ne s'invente pas. Thierry Ménian quitte la mairie sous escorte policière après sa défaite. On regarde. Franchement, c'est incroyable. Deuxième vidéo, deuxième petite capsule d'un autre angle. Ici, c'est un autre angle. Le clan Demba Traoré d'hiver gauche fait la victoire du candidat à Blanc-Méniel. Et puis, je crois qu'on a une dernière du Figaro. Dégage de là, arrache ta mère. Je cite, évidemment. Au soir du second tour des municipales, des maires ou élus battus ont été copieusement insultés à l'annonce de leur défaite. Et puis là, c'est de nouveau la même capsule. Je serais taquin, je dirais nos idées avancent. Mais plus sérieusement, est-ce que tout d'abord, selon différents analystes, Paris serait, je dirais, une... De toute manière, ce qui pourrait se produire en 2027 au niveau des élections présidentielles, est-ce que c'est une bonne analyse ? Et puis, de manière générale, n'avons-nous pas de bonne raison de s'inquiéter aussi de la montée, visiblement, du fait qu'il y a... Je vais vous trouver parce que j'ai évidemment... Je choisis encore d'autres capsules avec, voilà, c'est ça, Bamako Soldat. Donc ça, c'est un compte sur X. Donc là, c'est vraiment six mères noires issues de banlieues à la tête de ville qui les ont vus grandir. Pas un hasard, pas un sabot isolé. Une réalité qui s'impose. Ceux qu'on pensait loin des décisions sont désormais au cœur. Discrètement, le paysage change et ce n'est que le début. Voilà. Donc voici les nouveaux maires en France. Je ne sais pas si François Bousquet voulait réagir sur ça, et puis évidemment sur les images extrêmement choquantes de manière générale, et puis peut-être sur l'inquiétude qu'il pourrait y avoir en 2027 avec ce changement de peuple et de civilisation, respectivement vers le basculement éventuel en 2027.
Je pense que c'est prématuré pour 2027. Les victoires de LFI sont des victoires symboliques. C'est capital, les symboles en politique. Mais elles sont encore marginales. C'est un début. Il y a une ethno-mathématique, comme dirait Bernard Luban, qui est une ethno-mathématique démographique, comptable, qui fait qu'à horizon d'une génération, oui, le remplacement sera parachevé. Mais c'est à horizon d'une génération, une génération et demie. Pas en 2027. Alors c'était les scènes que vous avez montrées, elles sont assez camusiennes. Je vais m'en dire au vouvoiement et au patronyme, cher monsieur maître, enfin cher maître. Cher maître, oui c'est camusien puisque c'est des configurations de décivilisation. Alors c'est Norbert Elias bien sûr qui a la marge de son œuvre, qui a travaillé sur les processus de civilisation et qui a la marge de son œuvre aussi abordé les périodes d'effondrement civilisationnel. Il en avait traversé une en Allemagne, parce que d'abord c'était un juif allemand au départ. Dans l'entre-deux-guerres, il a été confronté à des mécanismes de désagrément, c'est ce qu'on voit là, c'est le petit remplacement. On voit dans les images que vous montrez, quel symbole, au pluriel, l'articulation du grand remplacement et du petit remplacement. L'un ne va pas avec l'autre, l'un ne va pas sans l'autre.
Condition son équanone.
Oui, ensuite, peut-être prenons du champ, c'est sur les stratégies de Mélenchon, sur cette France nouvelle, qui est une anti-France, comme dirait Maréchal Pétain et Aurore Berger. On est vraiment au cœur d'une nouvelle France, cette nouvelle France, c'est une Afrique nouvelle. Je reviens sur Bernard Lugand, Bernard Lugand a fait un livre génial, quantité de livres remarquable, mais entre autres, comment nous sommes devenus les colonies de nos colonies. Et là, en Seine-Saint-Denis, à Creil, dans quantité d'endroits à Roubaix, et demain sûrement à Rouen, demain sûrement à Saint-Etienne. Et puis peu à peu, ça va s'élargir par capillarité. Eh bien, le grand placement produit ses effets, et aussi ses effets politiques. Donc c'est une nouvelle France qui évolue par Mélenchon, qui ressemble à celle de Mélenchon. On a oublié d'une chose de Mélenchon, on s'est focalisé sur son populisme en 2017. en disant que, suite à son échec, il a renoncé au populisme. Il ne fait qu'impliquer ce que ses deux mentors lui ont appris ces 15 dernières années, Chantal Mouffe, Ernest Laclau, les deux grands théoriciens qui étaient en couple du populisme de gauche, conceptuellement qui reposent sur deux pivots. Le premier pivot que Mélenchon applique à la perfection, c'est la brutalisation de la vie politique, c'est l'hystérisation. c'est la conflictualisation. Rappelez-vous ce qu'il a dit du maire de Saint-Denis, avant que Bailly, beaucoup de trucs, le remplacent, que c'était un petit bourgeois visqueux. C'est un langage qu'on n'entendait plus depuis les disputes entre les staliniens et les trotskistes, un petit bourgeois visqueux. Donc ça, c'est un enseignement de Laclos et de Chantal Mouffe. Je ne pense pas que Laclos et Mouffe avaient pu imaginer, je parle au passé parce que Laclos est mort, que ce qu'ils appelaient la conflictualisation à la lumière des enseignements de Karl Schmitt, de Julian Freund et d'autres politologues de droite, d'ailleurs, que le politique est le lieu d'un organisme fondamental. Donc, d'où la conflictualisation. Chez Mélenchon, ça relève de l'histérialisation. Moi, Mélenchon, je recommande aux gens qui nous regardent de couper le son en regardant parler. Vous allez voir, c'est des coups de menton, on dirait qu'il aboie. Donc il est normal qu'il apprenne à son public à aboyer. ensuite, l'autre grand enseignement de Laclos et de Mouffe sur le populisme, c'est que le peuple n'existe pas. C'est le principal enseignement à beaucoup d'égards d'Ernesto Laclos et de Chantal Mouffe, c'est que le peuple est un référent vide. C'est ce que dit Laclos. Le peuple ne devient peuple que par une décision politique. En fait, le peuple est une coquille. Jusqu'au jour où le peuple devient majeur dans le cadre d'une assemblée constituante et s'institue en tant que peuple. C'est un peuple qui n'a pas de profondeur historique. Il est cohérent avec lui-même, Mélenchon. Le peuple français, on peut y mettre ce qu'on veut dedans. Pour peu que ce peuple-là, qui est un peuple qui s'autoconstruit politiquement et qui fait l'économie de l'ethnie, de la religion, même si Mélenchon l'a réintroduit, bien sûr. Mais dans l'absolu, on s'en moque, la profondeur de champ. C'est un peuple sans profondeur historique. Et Mélenchon, c'est un pari, un pari électoral qui est risqué, mais qui à moyen terme et à long terme sera gagnant. Si nous ne limitons pas un terme, comment mettrons-nous pas un terme ? Il y a une victoire programmée de Jean-Luc Mélenchon et de ses idées. La victoire est programmée. Sauf, bien sûr, si nous inversons les flux migratoires, en tout cas si nous les asséchons, et si nous mettons en place, comme vous l'évoquiez, Mestre, comme vous l'évoquiez, c'est une politique de remigration. Sans cela, l'algèbre électoral... L'adnomathématique est implacable, la démographie est implacable. Pas en 2027, en 2047, en 2050. Ce que nous avons vu à Roubaix, à Creil, etc., on le verra un peu partout. Et qu'ici, à l'Élysée, si nous ne mettons pas un terme, je relisais sur Twitter les passages de Jean Raspail, qui étaient encore plus désespérés que vous, Mestre Raspail. Raspail par les dix oeufs-là. Alors les dix oeufs-là, c'est large, certes, mais... J'ai eu la chance de côtoyer dans les dernières années de sa vie Jean Raspail. Il voulait lui, à la différence de Camus et de vous, qu'on l'appelle par son prénom. Il ne voulait pas qu'on l'appelle Monsieur Raspail, il voulait qu'on l'appelait Jean. François, appelez-moi Jean. Il était merveilleux, mais désespéré, il pensait que c'était fini et que nous allions recommencer, comme après le Bas-Empire et le Haut Moyen-Âge, une civilisation dans ce qu'il appelait des isolats, peut-être, mais ça on peut l'inverser. Moi, il faut faire le pari, c'est quelqu'un qui n'a pas la foi qui vous le dit, il faut faire un pari d'espérance, sinon l'émission que nous faisons ce soir n'a pas lieu d'être, si nous ne pensons pas que nous pouvons renverser le cours des choses, le cours programmé des choses.
je réponds juste à ça, après je donne volontiers la parole à Guillaume Bernard. C'est un peu taquin, mais
quand vous m'avez provoqué...
Mais c'est bien, mais c'est très bien. Moi, je suis vraiment... On peut même me taquiner sur ma magnifique coiffure, il n'y a aucun problème. On
dirait Réxioti.
Voilà, exactement. Benito, Benito. Plus sérieusement... Ou André Pousse. Être pessimiste. Pourquoi pas ? Mais comment dire ? Ça ne m'empêche pas de faire des émissions, d'avoir une maison d'édition, d'espérer fonder une famille et d'avoir de nombreux enfants. Sinon, je me serais déjà tiré une balle.
Le pessimisme...
Mais d'accord, très bien. Ce que je veux dire, ce serait la citation de Gonzague de Reynold, mais on peut être pessimiste et réaliste sans non plus être complètement désespéré. Il y a des situations quand même, moi la remigration, oui pourquoi pas, mais la mise en place de la remigration au vu du contexte actuel, la réalité c'est que c'est impossible, parce que la plupart des gens dits de droite sont des mous. ne font que dire des platitudes sur les plateaux télé. Et dès le moment où vous dites remigration, il transpire. Dès le moment où Rodolphe Karte dit quelque chose qui est du bon sens, que Jean-Luc Mélenchon n'a pas de goutte de sang français comme moi, c'est la réalité. Personne n'a soutenu Rodolphe Karte. Tout le monde se désolidarise. Tout le monde, tout le monde est politique.
Guillaume, pardonne-moi, l'histoire s'accélère, qui aurait dit en 1930 que la France expulserait un demi-million d'Espagnols, d'Italiens et de Polonais en 1938-39. Alors qu'on parle d'Européens. Quand l'histoire s'accélère, les mesures d'exception... Alors là, c'est le schmittien qui vous parle, mais le politique, c'est celui qui décide de ce qu'il va faire. On est
d'accord, on l'a vu avec Dubaï récemment, dès qu'il y a eu les bombardements, tout le monde est revenu sur son territoire. Franchement, comme
disait Vénère, l'histoire est ouverte, et de bonne voie objectée à Vénère, à raison, oui, elle est ouverte dans les deux sens. Ça peut être mieux ou ça peut être pire.
bon là, il y a quelqu'un dans les commentaires qui est très taquin, il dit là, ce serait plutôt 20 millions qu'il faudrait remigrer. Mais passons. Guillaume Bernard.
Oui, je pense que, cher Xavier, vous sous-estimez une chose que François a évoquée à l'instant et que je vais présenter d'une manière un peu différente. C'est tout simplement le fait qu'au fur et à mesure qu'il y a une évolution politique, il peut y avoir des surenchères. Comprenez bien que, je crois qu'on a été, enfin en tout cas, je ne parle pour moi, je ne veux pas parler pour François, mais enfin, il me semble qu'on est à peu près d'accord de ce point de vue-là. L'arrivée au pouvoir du RN ne réglera pas tout. Mais l'arrivée au pouvoir du RN permettra ensuite de déplacer la fenêtre d'Overton et de faire un peu de surenchère. Et donc, dans un premier temps, si déjà le RN rétablit l'ordre dans la rue. qu'on arrête d'expliquer que le commerçant qui se fait braquer et qui stoppe son agresseur n'est pas en état de légitime défense, ça sera quand même un peu mieux. Si déjà le RN coupe les robinets de l'immigration, même s'il ne fait pas tout de suite la remigration, peut-être que dans l'étape d'après, on pourra mettre en place la remigration. Tout ça pour dire que… Oui, effectivement, François l'a dit, il y a parfois des processus d'emballement qu'il faut prendre en considération, avec évidemment le risque, parce que là, pour le coup, moi, je suis, je l'assume, un réactionnaire. C'est vrai que les processus révolutionnaires, je m'en méfie, même quand la révolution pourrait a priori aller plutôt dans mon sens. Voilà. Pour ce qui est de la France d'après, de ce qu'a dit François, je n'ai pas grand-chose à ajouter, mais peut-être quelques éléments de réflexion pour les téléspectateurs. Oui, Mélenchon pratique une certaine forme de populisme, il ne faut pas négliger. Le fait que dans le populisme, il n'y a pas de contenu en soi d'une politique. Le populisme, en fait, c'est le ressort d'une politique. C'est le fait que c'est la prise en considération du peuple dans les mesures que l'on va prendre. Et il est bien évident que dans le mot peuple, il y a deux exceptions envisageables. Il y a l'acception ou l'appréhension venant de la gauche qui va être le peuple en tant que... que classe sociale, et c'est ce que prétend être Mélenchon ou incarner Mélenchon. Et puis, il y a le peuple en tant que corps politique, et dans ce cas-là, effectivement, c'est plutôt, je dirais, corps politique ou corps historique, c'est plutôt, effectivement, le populisme qui serait de droite. Autre élément sur lequel je veux insister, que François a évoqué, c'est absolument essentiel, et ça rejoint une de mes obsessions personnelles, c'est que la gauche est toujours dans le même logiciel intellectuel du constructivisme, du contractualisme social. Et que ce qui explique que les différentes familles politiques de la gauche peuvent, malgré des divergences, malgré parfois même, je dirais, des insultes qu'ils se lancent, se réunir, c'est qu'effectivement, ils ont le même logiciel intellectuel, celui du contractualisme social. Et je vous signale que les libéraux, ont la même logique aussi. Le contrat social libéral repose sur les mêmes hypothèses que le contrat social, je vais dire pour dire les choses rapidement, socialiste. C'est ce qui effectivement explique que dans la classe politique, dans le spectre politique, il y ait un continuum. et qu'à un moment donné, il y a une césure. Alors, oui, bien sûr, ce qui est qualifié d'extrême droite, ce qui est le camp national populiste, n'est pas nécessairement incarné par des gens qui sont doctrinalement très fiables ou très sûrs. Il n'empêche qu'il y a un continuum dans tout le spectre politique et qu'il y a... Entre ce spectre politique-là et le camp national populiste, là, effectivement, une vraie divergence. Le camp national populiste, il s'appuie sur l'idée que le peuple qui est issu de l'histoire, qui est enraciné dans le temps, qui a des traits ontologiques, qu'ils soient ethniques, culturels, religieux, eh bien, il compte plus que ce que l'on en pense. Alors que tout le reste de la classe politique... soit en s'appuyant plutôt sur l'individu, les libéraux, soit en s'appuyant plutôt sur le collectif, les socialistes, ils pensent tous que ce qui compte, c'est ce que l'on va faire du peuple, c'est qu'on va le construire, c'est qu'on va le faire émerger, effectivement, François l'a très bien dit, y compris. avec des populations totalement hétérogènes et immigrées, parce que parfois chez certains, il faut bien le dire, et c'est le dernier point que j'évoquerai, il y a quand même une certaine haine de ce qu'est la civilisation. je vais dire occidentale au sens large du terme, européenne en particulier. Dans les contractualistes, il y a des utopistes. Et puis il y a parmi ceux-là, et je crois que c'est le cas de ceux que l'on voit notamment à LF, il n'y a pas que l'idéologie du contrat social, il y a aussi la volonté de détruire ceux dont ils sont issus. Alors quand ils sont issus, c'est-à-dire qu'ils vont être effectivement les collabos de l'immigration, de l'invasion, parce qu'ils sont masochistes à leur propre égard, et puis ils favorisent l'émergence d'hommes politiques, on l'a vu dans vos vidéos, c'est évident qu'il y a là une volonté explicite de remplacer. et de remplacer pour détruire ce qui est existant sur le territoire français. Dernier élément, oui, il est clair que démographiquement parlant, nous sommes en grand danger. J'aurais presque envie de vous dire, appliquons ou essayons d'appliquer dans la mesure de nos moyens, je dirais la politique des ventres. Et puis, comprenons qu faut à la fois avoir un réflexe communautaire, mais sans faire de communautarisme. Là, c'est peut-être un point sur lequel je vais diverger ou François divergera avec moi. J'essaye de le dire en quelques mots. Je crois qu'il ne faut pas abandonner l'espace public, c'est-à-dire qu'il ne faut pas se replier. dans un espace communautariste. Il faut vouloir occuper l'espace public. Mais pour autant, dans la société, il est bien évident qu'il va falloir, peut-être pas immédiatement, vivre dans des isolats, mais il faut dès maintenant fonctionner de manière communautaire. C'est-à-dire qu'effectivement, que ce soit votre boulanger, votre plombier, votre école, votre paroisse, il faut fonctionner. avec des réseaux de solidarité, d'entraide et de préférence, dans la mesure où on n'est pas en infraction effectivement avec le droit positif. Pratiquer déjà une certaine préférence, c'est... coaguler, je dirais, les solidarités qui, eh bien, permettront de résister à ce déferlement démographique. Voilà ce que je voulais dire.
Entièrement d'accord, Guillaume. Détrompe-toi. On désertera l'espace public si nous devions perdre la guerre. Mais en l'état, elle n'est pas perdue. On fait les deux, on articule les deux comme toi.
Parfait. Alors, dernière question, ensuite on va conclure, parce que je sais que vous avez aussi des obligations au niveau du temps, donc je vous remercie. Dernière question, ne faut-il pas aller au-delà des clivages gauche-droite ? et plutôt s'intéresser à... Hier soir, j'ai fait une émission sur la chaîne des éditions Mestre avec Michel Boyancé et Roland Thévenet sur l'ouvrage que j'ai réédité, donc La vie intellectuelle du père Sertilange. Et le père Sertilange nous dit, intéressez-vous d'abord à si cette phrase est vraie ou non, peu importe qui la prononce. La boussole, c'est celle du vrai, respectivement du faux. N'y a-t-il pas aussi ce problème avec ce clivage gauche-droite ? Est-ce que ça nous enferme et est-ce que l'on n'entende pas les arguments de l'autre bord politique sous prétexte qu'il est de gauche ou de droite ? De Benoît avait écrit son ouvrage « Le moment populiste », ce clivage entre les élites et le peuple. On a un clivage qui passe de l'horizontale au vertical. Quel est votre avis par rapport à ça, cher François Pousquet
me démarque un petit peu dans l'univers nouvelle droite. Oui, assurément, Alain de Benoît a raison, si on s'en tient à la fois à Macron et à Marine Le Pen. Donc, aux deux personnes du deuxième tour depuis dix ans qui s'efforcent de dépasser par la gauche ou par la droite ou par le centre ce climat. De fait, il est partiellement dépassé. Le marinisme municipal administre la preuve qu'il est partiellement remplacé. Parallèlement à ça, le ciotisme municipal atteste du contraire. Moi, à titre personnel, oui, bien sûr, je ne veux pas m'enfermer dans des cases. Oui, bien sûr, je veux pouvoir discuter. Disputer même avec la gauche. Mais je crois néanmoins que si cette fracture politique, c'est à ce point-là universalisé, à partir du cas français, et c'est répandu dans l'espace mondial. Pour peu qu'il y ait des enjeux démocratiques, bien sûr, c'est qu'il répond à un besoin fondamental de l'âme humaine qui est cluvé. Guillaume et moi avons eu l'occasion d'intervenir dans un forum polémia sur la droite. Et moi, je m'étais inspiré dans mon intervention des travaux de l'école sociologique française sur la façon dont toutes les cultures, à l'exception de la culture chinoise, avaient latéralisé l'être humain. entre la droite et la gauche, dans toutes les cultures, à l'exception de la Chine, il y a une diabolisation de la gauche. Vous êtes à la droite de Dieu, vous vous levez du pied gauche. Le sociologue qui s'appelait Hertz, il est mort en 15 dans les tranchées, s'appuyait sur un tas de travaux sociologiques pour montrer que c'était universel. C'est-à-dire qu'avant la séparation de la région française, déjà cette séparation traversait l'anthropologie. Le haut, le bas, je le redis en équipement, j'ai du mal à croire qu'on pourra la déplacer. Et j'en veux pour preuve, que ce soit les Capulets ou les Montaigus, les Gibelins ou les Gelfs, pardonnez-moi. Je pense, ou les patriciens et la plèbe, je pense que les sociétés n'échappent pas à ce climat. Même les sociétés d'ancien régime, qui étaient les sociétés plus organiques. J'ai du mal à croire qu'on va le dépasser. Ou alors si on le dépasse, il va adopter une nouvelle forme. Je ne sais plus, j'en ai fini, je ne sais plus qui disait que si jamais vous arrêtez le clivage droite-gauche dans un pays, vous interdisez la gauche par exemple, il n'y a plus de la droite, et bien 50 ans après, quand vous revenez, il y aura de nouveau une gauche et de nouveau une droite. Il y aura de nouveau des gens qui préfèrent les Beatles, pour faire une blague, et de nouveau des gens qui préfèrent les Rolling Stones. À la différence de Benoît de beaucoup de gens de la nouvelle droite, je ne suis pas convaincu par le dépassement du climat droite-gauche. D'abord parce que moi, je me sens fondamentalement de droite. Je pense que mon ethos, mon esthétique, ma philosophie, mon anthropologie est de droite. Alors, je n'ai pas le temps, là. Mais franchement, je peux le prouver. Ce qui fait de moi un être de droite et pas de gauche. Ça ne m'interdit pas de m'intéresser aux auteurs de gauche et de parler avec eux. Pour peu qu'ils veulent parler avec nous, bien sûr. Ce qui n'est pas toujours le cas. Alors que les tous de droite, précisément, acceptent le principe du duel, le principe de l'échange. Enfin bon, c'est un débat qui est trop long. Mais je ne suis pas convaincu. Pardon, Guillaume, je monopolise.
non, t'en prie. D'autant plus que je partage, tu le sais bien, cette position. J'ajouterai d'autres arguments. Alors, bien entendu, quand quelque chose de vrai est dit par quelqu'un qui a un positionnement politique à tort ou à raison à gauche, J'ose espérer que nous avons l'intelligence et la loyauté intellectuelle d'apprécier la formulation, l'idée, la recherche. Mais cela étant dit, Si l'on se concentre uniquement sur l'histoire politique française, il est certain qu'en fonction des circonstances, le critère du clivage va être à varier au fil du temps. Et ce n'est pas parce que le critère du clivage d'aujourd'hui n'est plus… Le critère qui existait dans les années 70 et qui avait, je dirais, d'une certaine manière, régulé l'essentiel de la vie politique française entre, on va dire, les partisans du régalien contre les partisans de l'interventionnisme étatique, ce n'est pas parce que le critère n'est plus celui-là que le... que le clivage a disparu. Et ça fait partie de ce que j'ai essayé d'expliquer, à savoir que le mouvement d'Extrogir, c'est le fait que le critère du clivage est désormais un critère qui s'appuie sur une opposition entre deux visions du monde dont l'une des deux était supposée avoir disparu, avoir été reléguée aux poubelles de l'histoire et qui pourtant, elle revient. Parce que c'est ainsi. Est-ce que la construction européenne, ou plutôt est-ce que l'Europe, c'est le résultat d'un acte de volonté, d'une construction, ou est-ce que c'est une civilisation ? Est-ce que la nation, est-ce que le fait d'être français, c'est le fait de vivre d'une certaine manière, ou est-ce que c'est le fait d'avoir, je simplifie, des papiers ? Est-ce que le fait d'être une famille, c'est le fait qu'il y ait la rencontre ? de volonté de deux personnes, mais pour se couler dans une institution sociale, ou est-ce que c'est simplement, effectivement, une construction artificielle de deux volontés, quelle qu'elle soit, et quel que soit le sexe des personnes. Je suis désolé, il me semble qu'aujourd'hui, le critère du clivage droite-gauche, c'est l'opposition, qui est la même, que ce soit la construction européenne, que ce soit l'immigration, que ce soit la bioéthique, c'est toujours la même. Est-ce qu'il existe des corps sociaux dans un ordre naturel des choses, que cet ordre naturel soit le fruit du hasard ou qu'il soit créé par Dieu ? J'ai plutôt tendance, moi, à penser que c'est un ordre qui a été créé par Dieu, mais à la limite, qu'importe. Est-ce que les corps sociaux s'inscrivent dans un ordre naturel ou est-ce qu'inversement, les corps sociaux sont de pures abstractions construites par la volonté à un moment donné ? C'est ça, l'opposition. Je crois que, effectivement, cette opposition-là, qui avait disparu pour l'essentiel de la vie politique, est en train de revenir. Et c'est ce qui me fait penser, comme François Bousquet, que, effectivement, ce sont deux grandes familles politiques, deux psychologies, deux anthropologies. qui sont réfractaires l'une à l'autre et qu'elles ne peuvent pas véritablement disparaître. Après, qu'on les qualifie de droite ou de gauche ou de vision moderne, vision classique, qu'importe, on les a qualifiées de droite et de gauche parce que ces qualifications-là ont été des instruments pour parler du spectre politique, pour parler de la... du combat électoral. Mais derrière cela, il y a un véritable enjeu qui est un enjeu anthropologique et philosophique qui me paraît peu véritablement dépassable.
Très bien, merci messieurs. Je termine comme premier avec là, respectivement, les citations, puisque je suis le pessimiste de ce soir. Il faut avoir le courage. Pas que de ce soir,
Xavier, pas que de ce soir. Vous êtes le pessimiste de ce service. De l'année, de l'année. De l'année, oui, de la décennie, oui.
Il faut avoir le courage de le regarder en face, le courage d'en prendre conscience. Si l'on m'accuse de pessimisme, bien peu, je pense, m'en accuseront. Je répondrai qu'il est sage, qu'il est prudent, qu'il est viril d'être pessimiste dans la conception pour mieux être ensuite, avec plus de clairvoyance et d'énergie, optimiste dans l'action. Or ce livre est avant tout un appel à l'action. Et une deuxième citation que je cite souvent, « Il est catholique, allons-nous continuer de nous agiter pour prendre position à droite, au centre ou à gauche ? Mais à droite, au centre ou à gauche, de qui donc ? La pourriture nous entoure et nous voudrions nous placer au centre ou à ses côtés ? Laissons ces termes aux gens du monde et laissons-les rejoindre les rangs du diable. » Voilà, Abbé Rouillot-Maneviel, conception catholique de la politique. Messieurs, mille merci. Je rappelle François Bousquet, directeur de la Nouvelle Librairie et rédacteur en chef de la Revue Élément, Guillaume Bernard, politologue historien du droit. Je rappelle aussi que tous vos ouvrages sont et seront dans la description pour les personnes qui souhaiteraient se les procurer. Voilà. Je vous souhaite une très bonne soirée. Merci beaucoup d'avoir suivi ce direct jusqu'à maintenant. Merci à mes deux invités d'être restés jusqu'à présent. Et j'invite, comme d'habitude, nos auditeurs et spectateurs à aimer, commenter, partager et à vous abonner. À très vite et que Dieu vous garde.
Merci bientôt. Merci.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.