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en Finlande, parce qu'en Finlande s'est passé aujourd'hui quelque chose d'important, l'intention de la Finlande de rejoindre l'initiative française de dissuasion nucléaire avancée. Qu'est-ce que ça veut dire ? Eh bien on va demander à nos experts. Benoît Grémard, bonsoir, vous êtes chercheur associé à l'Institut français d'analyse stratégique. Et puis Jean-Claude Allard, bonsoir, vous êtes chercheur associé à l'IRIS, vous êtes ancien général de l'armée de terre. Aurélie Schiller sera avec nous dans un instant pour nous expliquer quels autres pays avaient déjà... J'ai déjà rejoint cette initiative, mais on va tout de suite prendre la direction de la Finlande. On va vous retrouver, Alban Mikosi. Vous êtes notre envoyé spécial à Helsinki. Vous avez suivi cette journée. On vous retrouvera un peu plus tard dans l'émission, Alban. Mais j'avais d'abord envie de vous demander pour nos téléspectateurs, vous faites tout le temps quantité, vous nous faites voyager dans le monde entier, vous faites quantité de grands sommets internationaux, diplomatiques, parfois très protocolaires. Aujourd'hui en Finlande, est-ce que ça avait une autre dimension symbolique peut-être ?
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y avait deux dimensions. Il y avait effectivement une dimension protocolaire, et vous avez raison Loïc, dans la mesure où 12 pays étaient rassemblés. La Rovaniemi, c'est le toit du monde. On en parle une fois par an parce que c'est le village dit du Père Noël. Vous savez, c'est sur le cercle polaire arctique. Et les Finlandais ont choisi cet endroit pour rassembler, on va dire, les pays du nord de l'Europe, plus quelques grands pays européens prêts à les aider parce que la menace a changé sur le nord du monde. et sur le nord de l'Europe notamment. Jusqu'alors, il y avait des appétits des Russes, mais on faisait avec. Il y avait des appétits des Chinois, mais principalement économiques. Et puis il y avait le parapluie américain. Le parapluie américain, il n'existe plus. Parfois même, les Américains sont les prédateurs, comme dans le cas du Groenland. Et ces pays du nord de l'Europe, ils se sont tournés vers leurs partenaires européens, l'Allemagne, la Pologne, qui sont des partenaires assez traditionnels, mais aussi... Plus inattendu, la Roumanie et la France. Pourquoi ? Parce que ce sont des pays qui sont opérationnels sur le plan militaire. Et donc ce que sont devenus venus demander les pays du nord de l'Europe, c'est ne nous abandonner pas. On n'a pas besoin d'argent. Nous, on est tout à fait viables financièrement, mais on a besoin de procédures militaires. On a besoin d'entraînement commun. On a besoin de matériel commun. On a besoin de progresser parce que nous avons l'intention de prendre notre... Notre sécurité en main, bien davantage qu'on le faisait jusqu'alors.
Vous restez avec nous Alban, on va venir vous retrouver dans quelques minutes. On va parler dans tout ce programme dont nous a parlé Alban, il y a cette fameuse initiative française de dissuasion nucléaire avancée. Vous allez nous donner vos explications aux messieurs dans un instant, mais on explique toujours à nos téléspectateurs qu'il ne s'agit pas de... partager le bouton nucléaire français avec Emmanuel Macron. En l'occurrence, on ne va pas le partager avec le président polonais ou le chancelier allemand. Mais c'est plus subtil que ça. Et on va tout de suite vous retrouver d'abord Aurélie Schiller, parce que cette initiative française de dissuasion nucléaire partagée, il y a d'autres pays de l'Union européenne, a priori, qui ont émis le souhait de rejoindre cette initiative, la Finlande aujourd'hui, mais d'autres par le passé.
d'abord ce qu'il faut savoir, c'est qu'aujourd'hui la France est la seule à posséder cette arme nucléaire dans l'Union européenne. Et en mars dernier, c'est d'ailleurs Emmanuel Macron, vous l'avez dit, qui avait annoncé son souhait de renforcer cette dissuasion nucléaire européenne. Avec la Finlande aujourd'hui, il y a dix pays du continent européen qui ont rejoint l'initiative française. Huit pays tout d'abord de l'Union européenne, la Finlande, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède, le Danemark. Danemark et deux autres pays du continent européen sont venus les rejoindre, la Grande-Bretagne et la Norvège. Ce qu'il faut savoir, c'est que le 2 mars 2026, dans une déclaration conjointe, la France et l'Allemagne ont créé un groupe de pilotage nucléaire. Mais pour autant, l'Allemagne, en juillet dernier, par la voix de son porte-parole adjoint, a mentionné ceci. L'Allemagne ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire. Elle maintient ses engagements en matière de partage nucléaire au sein de l'OTAN. et son accord de coopération avec la France dans le cadre de la dissuasion avancée. Ce qu'il faut savoir, c'est que la majorité de ces pays partenaires veulent bien participer au projet de dissuasion français, mais ils ne souhaitent pas construire eux-mêmes cette arme nucléaire. La Pologne est actuellement le seul pays de l'Union européenne qui laisse la porte ouverte à cette éventualité. Regardez ce qu'a dit Donald Tusk, le Premier ministre polonais. À mesure que nos propres capacités autonomes se renforceront, nous nous efforçons. forceront également de préparer la Pologne à agir de la manière la plus autonome possible.
Merci Aurélie. Allez, on ouvre les explications avec nos deux experts. Je rappelle ce que disait le chef de l'État, Aurélie, vous venez d'en parler, à Lille-Long il y a quelques mois. Il disait « Notre sécurité ne s'est jamais conçue dans les seules limites de notre territoire au plan conventionnel comme au plan nucléaire. Peut-on envisager que la survie de nos partenaires les plus proches soit mise en jeu sans que cela affecte nos intérêts vitaux ? » La réponse était non. Benoît et puis après Jean-Claude. Votre avis là-dessus sur ce qui s'est joué à Helsinki en Finlande aujourd'hui, on ira retrouver Alban dans une minute. Est-ce que quelque chose est vraiment en train de bouger ? On dit toujours que l'Europe de la défense est trop lente, mais est-ce que ça c'est quand même un symbole très important ? C'est
un symbole très important parce que bon... Déjà, c'est le dixième pays qui rejoint la décision nucléaire à français proposée par la France au mois de mars. Mais surtout, c'est aussi au niveau de la Finlande, la fin claire de cette non-alignance au niveau militaire. Ce 14 septembre, c'est la concrétisation de ce qui avait été décidé en Finlande le 17 juin, quand le Parlement finlandais avait abrogé l'interdiction. d'entreposer des armes nucléaires sur le sol finlandais. Donc là, on voit déjà à l'époque, vous aviez en fait la musique dans les couloirs que la Finlande rejoindrait, mais au même titre que la Suède et la Norvège, ainsi que le Danemark, donc l'ensemble des États scandinaves, qu'elles rejoindraient la distribution nucléaire avancée, concept français déposé par Emmanuel Macron au mois de mars. Et là, effectivement, vous avez concrètement… cet engagement qui permet de consolider l'ensemble et de donner vraiment vie à ce qu'Emmanuel Macron a porté dès son premier mandat, c'est-à-dire une dimension européenne de la dissuasion nucléaire française. Jean
-Claude, d'abord sur la symbolique politique, et puis après on ira dans le détail de ce que ça veut dire cette dissuasion nucléaire avancée, mais dans la symbolique de ce qui s'est joué aujourd'hui.
dans ces boulets politiques, ça veut dire effectivement que l'initiative et les propositions du président Macron prennent racine dans l'Europe, singulièrement dans l'Europe du Nord. Quasi-exclusivement, sauf, et là je voudrais le souligner, un pays qui est la Grèce. Or, ayons à l'esprit que l'ennemi de la Grèce, c'est la Turquie. Ce n'est pas la Russie en l'état actuel des choses. Donc, effectivement, on élargit la dissuasion nucléaire, mais il va falloir la construire et la construire avec une meilleure définition de ce que sont les menaces des lignes. Donc ne pas les dévoiler, mais les affiner avec tous ses participants, de façon à ce que la France, qui garde la maîtrise de l'utilisation de l'armes nucléaires... puisse agir en connaissance de cause et n'est pas non plus à donner 10 à 11 coups de fil à travers les dirigeants européens pour leur dire est-ce qu'on frappe ou est-ce qu'on ne frappe pas. Donc vous voyez toute la difficulté qu'il y a. L'intérêt néanmoins de cela, c'est que la doctrine de dissuasion française s'appuie... sur, on appelle cela l'adossement, dans le terme des documents qui sont sortis du ministère des Armées, s'appuie sur des forces conventionnelles conséquentes, de façon à ce que l'on ne soit pas amené tout de suite à utiliser des armes nucléaires pour se protéger, parce qu'on n'aurait pas eu les moyens de le faire à plus bas coût. plus bas coût humain, parce que le nucléaire, c'est un coût énorme humain. Et donc, là également, il y aura de la part de tous ces pays la nécessité de construire également quelque chose, à mon sens, en termes de défense conventionnelle, de façon à boucher, si vous voulez, cet espace qui est entre la menace qui est là et qui se précise sur un point. Il faut l'arrêter par le conventionnel avant d'en arriver au nucléaire.
On va revenir dans les détails juste après avoir retrouvé Alban Mikosi. Vous êtes toujours en direct de Finlande. Alban, Benoît le disait il y a quelques minutes, il parlait de la neutralité traditionnelle de la Finlande. On sait que la Finlande, c'est je crois 1300 kilomètres de frontière avec la Russie. que la Finlande a eu à beaucoup souffrir au cours de son histoire, de son puissant voisin russe. Qu'est-ce qui explique, selon vous, ce que vous avez entendu aujourd'hui des officiels ou des Finlandins vous dire que ce temps de la neutralité est définitivement enterré ? Et qu'est-ce que ça signifie pour la Finlande et pour l'Europe
oui, le temps de la neutralité, c'est fini. La finlandisation, on appelait ça dans les années 70, c'est-à-dire cette idée de ne pas faire partie du camp, évidemment, soviétique, mais de laisser passer des messages à l'Union soviétique de ne pas s'opposer en opposant. Eh bien, c'est terminé. C'est terminé clairement. Et ils le regrettent, les Finlandais. Je discutais avec des militaires finlandais qui m'ont dit que lorsqu'on trouve un drone maritime russe, les mêmes que ceux qui servent en Ukraine, lorsqu'on est survolé par des drones militaires russes, ce n'est pas un plaisir, ce n'est pas une joie pour nous. C'est une réalité. Et cette réalité, on y est confronté. Vous savez, j'aime bien vous raconter mes histoires d'anciens combattants. Moi, j'ai fait le reportage il y a quelques années. presque 15 ans maintenant, de ce train qui partait d'Helsinki tous les jours et qui allait à Saint-Pétersbourg de l'autre côté du Golfe. Pour vous dire, si les relations étaient bonnes entre la Russie et la Finlande, il n'y avait même pas de contrôle aux frontières. Ce n'était même pas la peine de prendre son passeport. Il y avait la possibilité de se rendre trois jours à Saint-Pétersbourg sans visa. Vous voyez, c'était quelque chose de tout à fait unique. Aujourd'hui, la frontière, elle est sous contrôle draconien. Les Russes ont installé des bases militaires exactement de l'autre côté. côté de la frontière finlandaise, et ils continuent à faire une pression réelle sur la Finlande. Alors les Finlandais, oui, ils le regrettent, mais ils considèrent qu'aujourd'hui, la Russie est menaçante. Et comme vous l'avez dit, Loïc, ça leur rappelle quelque chose dans l'histoire, parce qu'en 1939 et en 1940, une guerre terrible a opposé l'Union soviétique d'alors à la Finlande. Une guerre, vous savez, où finalement les Soviétiques ont obtenu gain de cause, en partie à cause du nombre. Mais les Finlandais ont résisté, résisté, résisté. Et une partie de la Finlande a été prise par l'Union soviétique. C'est ce qu'on appelle la Karelie aujourd'hui, qui est une région qui se trouve en Russie. Mais ça a été des combats extrêmement douloureux pour un faible gain en territoire. Si vous voyez ce que je veux dire, ça nous rappelle quelque chose. Et puis un dernier mot. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barraud, qui était donc en Finlande aujourd'hui, sera demain chez un autre voisin de la Russie, la Norvège, à Bodeux, c'est-à-dire non loin de Mourmand. de la base militaire russe. Parce que les Norvégiens s'inquiètent aussi de cette pression russe, notamment sur un territoire qu'on appelle le Spitsberg. Je pense qu'on aura l'occasion d'en reparler.
bien, merci, merci beaucoup Alban, à la fois pour ce cours d'histoire et pour vos récits de reportage, toujours passionnant. Merci et allez dormir Alban, parce que je sais que vous avez eu une grande et dure journée. Benoît et vous, Général, on va réexpliquer à nos téléspectateurs ce que ça signifie, ce que ça signifiera que cette dissuasion nucléaire avançait. Pour rester sur l'exemple de la Finlande, mais aussi des autres dont vous avez parlé, la Grèce, la Pologne. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y aura des avions français, des rafales. La France a deux moyens de lancer des missiles nucléaires, ses sous-marins, ses SNLE, ses sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, et ses avions. C'est bien ça. Ça veut dire qu'il y aura quoi ? Il pourrait y avoir des rafales de l'armée de l'air française stationnées sur une base de Finlande ou sur une base de Grèce. avec dans leurs soutes ou sous leurs ailes un missile nucléaire. C'est ça ce que ça veut
dire ? C'est tout à fait possible dans l'idée où la dissuasion nucléaire avancée, elle est conçue avec justement un prépositionnement de force, notamment justement pour signifier à l'adversaire le côté nucléaire justement des moyens qu'on engage. Mais c'est aussi des exercices communs entre forces, entre forces conventionnelles comme on l'a évoqué. C'est aussi un côté de pilotage justement pour discuter notamment de cette couche supplémentaire qui est nucléaire par rapport à... à la défense qu'organise la Finlande vis-à-vis de son agresseur potentiel. Et c'est également, au niveau de la dissuasion nucléaire avancée, cette ambiguïté stratégique qu'on fait en utilisant la profondeur européenne pour disséminer des forces, des éléments nucléaires français pour perturber les calculs de l'ennemi.
L'ambiguïté stratégique, c'est que l'ennemi ne sache pas trop à quel moment on va l'employer l'arme nucléaire. Il sait qu'elle est là. Et il ne sait pas quel est le seuil de provocation qui va la déclencher, c'est ça ? Il ne
connaît pas quels sont les intérêts majeurs qui pousseraient un pays comme la France à se lancer dans l'utilisation de l'arme nucléaire, sachant que la doctrine française, encore une fois, c'est effectivement d'abord engager des forces terrestres de façon à tester l'ennemi et à ce que... Le président qui a la responsabilité ne s'engage pas à tirer l'arme nucléaire pour des incidents, j'allais dire, mineurs. L'assassinat du grand digue de Sarajevo, c'était un accident mineur, mais il y avait tout un contexte. Il a déclenché la première guerre mondiale. Je parle de la première guerre mondiale, bien sûr. Donc il faut lui donner la... L'effort moral et la force morale pour utiliser cette arme, parce que, attention, ce n'est pas rien du tout, il faut se mettre dans la peau de notre président, et il faut donc que l'on gradue. Force conventionnelle qui serait vaincue avec un ennemi, si c'est les Russes, qui ne cesse d'avancer en direction des pays que l'on a cités. Un tir, c'est ce qui est prévu dans la doctrine, un tir dit d'avertissement, avec cette fois-ci l'arme nucléaire lancée par avion, et ensuite l'arme nucléaire qui est
les
grands qui touchent. C'est là où le discours... Qui tombe dans le désert pour faire avertissement. L'avertissement, c'est peut-être ça. En tout cas, ce n'est pas contre une force militaire, parce que ça voudrait dire qu'on revient à une doctrine qui était pendant la guerre froide, où on faisait la guerre à coups d'armes nucléaires. Bon, moi j'ai passé 20 ans de ma carrière à préparer l'emploi de l'arme nucléaire contre les forces soviétiques. Et bon, maintenant on n'en est plus là.
On se dit que ça revient un petit peu.
Oui, mais non, on n'en est plus à dire. On fait la dissuasion graduée, c'est-à-dire qu'on a des armes nucléaires dites tactiques qui vont tirer sur un régiment ou une concentration de forces ennemies. Maintenant, on a écarté ça. Est-ce qu'on y reviendra ? Peut-être. Peut-être que d'ailleurs, ces discussions avec tous ces pays... pourrait peut-être les amener à dire « mais pourquoi on ne referait pas ce genre de choses pour ne pas aller vers l'apocalypse ? » Donc là, on ouvre un dossier de réflexion. non plus franco-français, mais avec d'autres pays, qui pourraient faire évoluer la situation. Donc là, ce qui est en
jeu, les discussions qu'il y a, c'est que la France, avec la Pologne, la Grèce, l'Allemagne, elle va discuter et elle va dire, ensemble, on va considérer que ça, si la Russie, par exemple, parce que c'est clairement pour contrer la Russie, si la Russie attaque la Lituanie de cette manière-là... on ne réagit pas. Si elle l'attaque de cette manière-là, on réagit peut-être. Et ma question à vous deux, pour nos téléspectateurs, c'était concrètement, l'armée russe lance une invasion ou peut-être des frappes dévastatrices sur Varsovie et puis après menace Berlin. Est-ce que concrètement, ça se passe comment ? Concrètement, le président français... plus tard, qui ne sera pas Emmanuel Macron, on espère ne pas avoir d'apocalypse d'ici 9 mois, va dire, ok, parce que c'est Varsovie, parce que c'est Berlin, nous considérons que ce sont les intérêts vitaux de la France, parce que ce sont nos alliés européens, et donc, moi président, moi présidente, je demande aux Rafales stationnées en banlieue de Varsovie ou en banlieue de Berlin ou ailleurs sur une base d'Allemagne, d'aller bombarder la Russie avec des missiles nucléaires français. C'est ça l'idée ? Oui,
vous citez Varsovie, moi j'exclurai ça et je prendrai un terme générique en disant une ligne dite intérêt majeur. Donc une grande capitale européenne est certainement de l'intérêt majeur, mais moi je ne me prononce pas sur tel ou tel lieu géographique ou telle ou telle installation. Un point à préciser d'ailleurs, c'est parce que là aussi il y a de la finesse et de la granularité. La Finlande a modifié sa constitution pour autoriser le stationnement d'armes nucléaires sur son territoire, mais seulement en temps de guerre. Il faut que la guerre soit déclenchée. Aujourd'hui, nous ne verrons pas, à titre préventif, des armements français. Un autre pays de l'espace baltique, parce que c'est la Baltique qui est en avant là-dessus, c'est la Lituanie qui est en train d'étudier dans son Parlement. une modification de sa constitution de façon à autoriser la présence d'armes nucléaires sur son territoire. Après, elle peut faire comme la Finlande, dire « s'il y a la guerre, j'accepte qu'ils viennent » ou Dès le temps de paix, je voudrais qu'il soit là pour montrer la détermination. Bon, voilà, c'est les seuls points. La seule chose aussi qu'on peut voir, c'est que le stationnement sur un territoire avancé, bon, au fond, ça n'a pas tellement de sens parce que si c'est les sous-marins, les lanceurs, ils sont dans la mer et ils tirent à plus de 10 000 kilomètres. Et si ce sont les rafales, les avions de combat. Ils font des raids, etc. Mais là, on ouvre un domaine où on verra les exercices. Aujourd'hui, et là, dans quelques jours, il va y avoir l'exercice annuel de l'OTAN de dissuasion nucléaire qui dure plusieurs jours et qui engage. L'an dernier, il y avait une centaine d'avions engagés. Une centaine d'avions pour formaliser un raid. Et la France fait pareil. Et donc là, on va avoir des choses intéressantes qui seront des raids nucléaires commandés par la France avec des avions de tous ces pays.
Avec des
avions allemands, grecs, etc. Ça va être des bouleversements au point de vue militaire énormes.
Benoît, je voulais vous faire réagir sur un autre aspect, la réaction de la Russie. Regardez ce que dit Dimitri Peskov, qui est le porte-parole du Kremlin. Pour être honnête, je ne comprends pas tout à fait le concept de dissuasion avancée. Je dois encore prendre connaissance de certains détails. C'est pourquoi je m'abstiendrai de tout commentaire. Réaction classique. Est-ce que légitimement, c'est un concept qui n'existe pas, la dissuasion nucléaire avancée ? Ou est-ce qu'ils jouent un petit peu aux naïfs alors que, je ne sais pas, les Américains ont bien une dissuasion nucléaire avancée, ils mettent leurs bombes chez nos voisins britanniques qui ont aussi l'arme nucléaire, par exemple. Peut-être que je me trompe, mais est-ce que les États-Unis ont des... des bases dans d'autres pays dans le monde où il y a des armes nucléaires
américaines. Oui, absolument. Mais là, justement, ce que fait M. Peskov, c'est oui, il fait l'ignorance, même si déjà dans certains cercles, lorsque Emmanuel Macron a annoncé au mois de mars le concept de décision nucléaire avancée, beaucoup ont vu un parallèle, un doublon au paraply nucléaire américain. Ce n'est pas exactement ça, c'est effectivement un peu plus subtil, dans le sens où la décision, vous n'avez pas un système de double clé, la décision reste essentiellement française. On va dire que c'est une élongation de la décision nucléaire française, dans le sens où... où avec les 300 membres nucléaires, justement, on prétend couvrir toute l'Europe. Mais aussi pour ça, ce qui vous explique pourquoi, en même temps, Emmanuel Macron a mis fin au concept de stricte suffisance pour augmenter l'arsenal nucléaire français, pour pouvoir permettre justement de pouvoir prédisposer des éléments nucléaires français dans les autres pays européens, puisque jusqu'alors, l'arsenal était taillé aux seules fins, justement, de protéger l'Hexagone. Merci à tous les deux. Un dernier mot très rapide, Général.
Oui, justement, là aussi, la décision nucléaire avancée va aussi ouvrir un autre chapitre, l'entraînement militaire et tout dont j'ai parlé, mais aussi le chapitre du financement. Or, si c'est le président français qui appuie sur le bouton, il faut que toute la chaîne soit française. Or, vu l'état de nos capacités... Il n'est pas exclu que l'on cherche à avoir une aide là-dessus, à moins que cette aide reporte sur ce que j'ai appelé l'épaulement sur des forces conventionnelles, sur une demande ferme de ces pays d'avoir une armée conventionnelle beaucoup plus importante viendrait s'ajouter au niveau suprême qu'apporte la France, qui est la dissuasion nucléaire.
Merci à tous les deux de nous avoir éclairés sur cette question.