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Ayons le courage, à un moment donné, de montrer à Donald Trump par l'exemple qu'il s'égare. Et ayons le courage de lui dire que non seulement il s'égare, mais il nous égare. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres. doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c'est un vieux pays, la France d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Il faudrait que la France, le président français, se lève et prononce les mêmes mots aujourd'hui face à Trump. Il ne s'agit pas seulement de prononcer des mots, vous avez la gentillesse de passer cet extrait ce soir. Quelques semaines après cette déclaration, qu'est-ce que je faisais ? J'embarquais mon collègue britannique et mon collègue allemand en Iran, parce que nous craignions à l'époque le risque d'une frappe sur l'Iran, pour engager les premières négociations pour arrêter le programme nucléaire iranien. C'est-à-dire... arrêter les perspectives de prolifération qui se développaient également en Corée du Nord. Vous voyez, le monde, à force d'avoir perdu cette boussole de la diplomatie, mais aussi de l'action, c'est-à-dire utiliser toute l'énergie qui est la nôtre pour renverser... Le cours de l'histoire, quand il se dessine de façon aussi tragique, nous avons perdu finalement le goût de l'action et la capacité d'agir. Donc la France, elle n'a pas fait que parler ce jour-là. Elle a mis en place un autre regard sur le monde, une autre exigence et une capacité d'entraînement. Donc vis-à-vis de Donald Trump, il faut donner des repères à Donald Trump. Donald Trump, il mène une politique erratique. qui n'a pas d'autre but que de créer de l'instabilité et de l'imprévisibilité, avec un corollaire. C'est que le désordre qu'il crée partout... Dans le monde, il le crée également à l'intérieur des États-Unis qui sont au bord d'une sorte de guerre civile culturelle avec un risque pour la démocratie américaine où on voit basculer ce régime de la démocratie libérale vers la démocratie illibérale. Et c'est un risque qui nous menace nous aussi. Et c'est pour cela que nous devons être si vigilants sur la défense du droit international comme de l'État de droit. Et les Européens qui ont cette expérience que n'ont pas... les Américains, qui ont cette capacité à un moment donné à porter des idéaux, eh bien, ils doivent s'engager bien davantage. Et c'est pour cela que le spectacle aujourd'hui de Marc Routet, admonestant le Parlement européen, est une véritable honte. Jouant sur la peur, le patron de l'OTAN, jouant sur la peur des Européens, une chose est certaine. prenons notre destin en main. Sur le plan de nos programmes militaires, sur le plan de nos objectifs stratégiques, nous avons besoin de renforcer notre puissance et nous avons besoin de penser à un monde où l'Amérique ne viendra plus à notre soutien. Est-ce que ce n'est pas naïf de croire précisément que vous pouvez faire entendre à Trump cet argument du droit international ?
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de nos idéaux, de nos valeurs ? Est-ce que précisément, comment vous dites, vous parlez des fanatiques de la force, est-ce que ces fanatiques de la force peuvent entendre vos arguments aujourd'hui ? Mais ils peuvent d'autant plus l'entendre qu'il y a une très grande vanité, il y a une très grande impuissance de la puissance. Regardez M. Trump au Groenland, il a fait machine arrière. Regardez M. Trump au Venezuela, vous savez, le réel, il est têtu. Nous, ce qu'il faut...
de façon très décidée, faire, c'est prendre appui sur le réel. Quand nous parlons du droit, quand nous parlons de l'action, c'est en appui sur le réel. Monsieur Trump est en train... drame après drame, de se heurter au réel. Il se heurte au réel en Ukraine, il se heurte au réel à Gaza, le ridicule de ce Conseil de paix. Mais ayons le courage, à un moment donné, de montrer à Donald Trump, par l'exemple, qu'il s'égare. Et ayons le courage de lui dire que non seulement il s'égare, mais il nous égare. Il est aujourd'hui important qu'aux États-Unis, en Europe, tous les alliés des États-Unis à travers le monde... prennent conscience que nous ne pouvons pas laisser les clés du monde à un Donald Trump imprévisible et inconséquent, et par ailleurs si peu des grands idéaux, et notamment des idéaux démocratiques. Pensons-nous que nous sommes seuls à avoir à faire face à cette obligation de l'ordre du monde et d'un monde humaniste. Est-ce que ça veut dire que pour cela, et pour porter ces idéaux dont vous parlez ce soir, il faut malgré tout...
Être fort militairement, nous, Français, nous, Européens, ça veut dire mettre plus d'argent. On sait que le budget de la défense va être augmenté. Est-ce que vous dites, pour défendre ces idéaux, il faut aussi avoir les porte-avions, il faut aussi avoir les troupes ? Bien sûr, mais pas seulement des porte-avions. Il faut que nous retrouvions une souveraineté numérique. Il faut que nous retrouvions une souveraineté technologique. Il faut que nous retrouvions une souveraineté financière. Car aujourd'hui, nous prenons l'eau.
Pas uniquement dans le domaine de la défense, mais dans beaucoup d'autres domaines sur le plan industriel. Et chaque Européen voit son avenir en ordre dispersé en se disant la garantie nucléaire américaine, de toute façon, elle restera là. Prenons acte du fait qu'aujourd'hui, la parole des États-Unis ne vaut pas ce qu'elle valait. Et qu'à partir de là, notre meilleure garantie, c'est notre capacité ensemble à mettre en avant un pacte européen de souveraineté. Et en unissant nos forces, ça veut dire une capacité de mutualisation de nos moyens. Ça veut dire une capacité à mettre nos programmes ensemble pour déterminer une capacité à agir. Ça veut dire une capacité également à faire en sorte qu'il y ait une interopérabilité de nos systèmes d'armes, de nos stratégies, de nos réflexions. Ça, c'est un élément très fort de la puissance européenne. Je vais prononcer un gros mot. Une armée européenne ? Alors justement, là, il s'agit de faire fonctionner ensemble les moyens qui sont les nôtres. Les chiffres sont connus. Nous avons un peu plus de 500 milliards d'efforts de défense, 560 milliards. Les Américains ont 1000 milliards aujourd'hui et ils visent 1500 milliards. Mais les Chinois ont la moitié de la force qui est la nôtre et les Russes encore moins de l'ordre de 150 milliards. Donc nous avons des atouts, nous avons des capacités. Notre problème. C'est que nous ne croyons pas en nous-mêmes et que le leadership européen aujourd'hui n'est pas à la hauteur de l'histoire. Donc je crois que les peuples européens doivent désormais se mêler de la partie. Ils ont la tentation d'écouter les sirènes populistes des partis dits patriotes qui sont tous sauf patriotes. Il est important que la démocratie, qui est notre force, et on le voit quand on voit la dérive américaine, nous la considérions comme aujourd'hui notre véritable armure. C'est la démocratie et notre capacité à travailler ensemble qui doit constituer l'élément de retour de l'Europe dans la scène internationale. Oui, mais précisément, les leaders européens, ils ont autre chose en tête. Peut-être qu'ils se disent qu'ils ont besoin de Donald Trump. Vous parliez de l'Ukraine tout à l'heure. Sans les Américains, comment on fait ? Les Européens comptent sur Donald Trump pour apporter des garanties de sécurité. Quelles garanties avons-nous que le moment venu, ces garanties de sécurité ne connaîtront pas un chantage qui sera fait par l'administration Trump ? Vous n'avez aucune confiance dans la parole de Trump. Mais je crois qu'il faut juger sur les actes. Il faut le souhaiter. Il faut faire tout pour que nous puissions les garder à bord. En matière de renseignements, nous le savons. En matière de défense antiaérienne, nous le savons. Mais il faut tout préparer. Comme si, du jour au lendemain, cet appui devait cesser. Donc je crois qu'il faut être lucide. D'ores et déjà, il faut tirer les conclusions. Que nous maximisions les chances de garder l'administration avec nous, mais nous sommes désormais, quand on regarde ce qui se passe avec la police de l'immigration, la bataille que vont se livrer les Américains entre eux, eh bien, il faut constater.
que l'allié américain a désormais beaucoup changé. Dominique De Villepas, je parlais des fanatiques de la force, c'est une expression que vous utilisez. Vous me dites si je me trompe, vous mettez dans cette catégorie-là Trump, Poutine, Netanyahou ? Ce sont deux aussi dont vous parlez ?
Ce sont ceux qui ont, dans les dernières années, mobilisé la force sur la scène internationale en pensant que ce raccourci-là allait leur permettre de satisfaire à tous leurs devoirs. Je précise ma question. Mais je ne compare pas Donald Trump, Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou. Chacun, dans sa région, pense que la force est la solution. Mais précisément, vous dites, qu'ont-ils obtenu cela ? Oui, parce que je constate. Ils ont obtenu le pouvoir. Ils sont tous les trois au pouvoir. Un pouvoir qui est suspendu à la prochaine bataille et qui les rend fragiles, qui les condamne en permanence à utiliser davantage de force. Donald Trump au Venezuela, qu'est-ce qu'il a obtenu ? Il a changé le président vénézuélien, la vice-présidente a pris le pouvoir, les majors américains vont revenir exploiter le pétrole. Dans quel nombre d'années ? Et quand est-ce que la démocratie reviendra au Venezuela ? De la même façon, au Proche-Orient, Benjamin Netanyahou est suspendu en permanence à une nouvelle bataille à mener. Et donc, nous sommes très loin d'un ordre international. Et c'est là où les Européens, avec l'ensemble des puissances émergentes, les puissances du sud global, ont un rôle à jouer pour rééquilibrer ce monde, réinventer un multilatéralisme, réinventer des mécanismes, ne serait-ce qu'entre ces États, avec une règle du jeu, avec un... avec des idéaux, nous devons repenser les choses et ne pas attendre que Donald Trump quitte la scène, sachant que peut-être lui succèdera quelqu'un qui sera aussi disrupteur que lui.