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Marine, bienvenue avec toute l'équipe qui a participé à l'écriture, je crois, de se livrer sur l'enfance et sur l'éducation. Bienvenue à Arcueil, qui est une ville dans laquelle la ville à hauteur d'enfance se cultive depuis des générations. Nous l'entendons à plusieurs titres, à la fois dans l'accès aux droits aux vacances pour tous, qui existe depuis des années dans notre ville, la gratuité des fournitures scolaires, qui existe depuis des années, 40 ans dans notre ville, mais aussi les courbes. végétalisées que l'on déploie depuis un mandat dans plusieurs bâtiments. On est ici, entre cette école maternelle Daniel Casanova, résistante et déportée à Auschwitz, et l'école élémentaire Aimé-Césaire, chantre de la négritude et défenseur de la dignité. On est ici aussi, dans un endroit symbolique, pour parler au-delà de nos cours végétalisées et de tout ce qu'on fait en termes d'adaptation climatique, qui, je te le jure, est une de nos priorités, puisque forcément... Non mais les canicules nous ont acculés. Ici c'est une école HQE des années 2010. Donc on pourrait se dire qu'elle répond aux enjeux, mais elle ne répond pas aux enjeux de confort d'été. Et donc même dans des écoles qui étaient pourtant innovantes il y a 10 ans, on est obligé d'avoir une réponse adaptée dans cette école. Et ça, c'est la priorité de notre première année de mandat. On va vraiment tout mettre pour essayer d'adapter nos écoles de manière adaptée aussi à chaque école, c'est-à-dire celle où on fait la climatisation dans les dortoirs de maternelle. Il y a celles dans lesquelles on va mettre des storms, dans lesquelles on met des voilages, et celles dans lesquelles on fait des cours végétalisés, comme à l'école Daniel Casanova, qui nous font gagner quand même 4-5 degrés. Donc ça a un véritable effet. Mais aussi cette ville à hauteur non fonce. C'est sur ce mandat, la création d'une délégation aux droits des enfants. Parce que vraiment, considérer l'enfant comme sujet de droit, ça nous paraît ultimement important. Et se mettre aussi dans un réseau de personnes qui font de cet enjeu, un vrai enjeu sociétal et social et d'égalité et de justice sociale, ça nous paraît aussi essentiel. Donc cette délégation, elle s'accompagne à la fois de la protection de l'enfance, de la protection de l'enfance, de tout un travail qui a été lancé dès le début du mandat. sur les procédures de signalement, sur la formation de nos agents dans le périscolaire, sur toute une série de choses qui sont là pour protéger les enfants. On se dit que vraiment c'est l'enfance qu'on doit protéger, permettre à chacune et chacun de grandir, de s'épanouir, de s'éveiller dans les meilleures conditions de vie possibles. Et on sait que sur ce sujet, il y a des injustices fortes et claires. Donc on se mobilise fortement. Puis aussi faire de cet enfant sujet de droit, un enfant qui a du pouvoir d'agir. Donc on met aussi en place... un conseil municipal des enfants, et tant d'autres initiatives. Voilà en fait pourquoi je crois que c'est intéressant que tu sois à Arcueil, parce que ce qu'a l'on se livrait, moi en tant que maire de cette ville, je me suis retrouvée pleinement dans les orientations, et les communes sont quand même des laboratoires d'expérimentation des politiques publiques. Donc des proximités. Exactement, et en fait cette écologie populaire que l'on porte, cette écologie concrète, on la met en place à Arcueil, et donc je pense que c'était un bon endroit pour t'accueillir. ce lancement. Et en tout cas, ça me rend très fière.
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On est ravis d'être là, de terminer ce dernier déplacement avant accouchement, ici, à Arcueil, où je suis quand même venue quand Daniel était maire, je suis venue quand Christian était maire. Je suis beaucoup venue à Arcueil et c'est toujours un plaisir. J'ai même quelques semaines, quand je travaillais au Sénat, à habiter à Gentilly. Une rue qui touchait Arcueil, donc voilà. C'est un plaisir d'être là, la boucle est bouclée. Pour vous dire un peu comment on en arrivait à faire ce livret enfance, moi déjà j'adore les enfants, j'ai toujours bossé beaucoup avec des enfants, je me suis occupée beaucoup d'enfants dans ma vie, et c'est un sujet qui me tient à cœur, que je trouve très politique, et au fur et à mesure de mon parcours politique, que ce soit comme élu local, à l'agglo, puis avec une dimension plus nationale. J'ai toujours regretté que la place des enfants dans les politiques publiques soit très... assez déprimante en fait, comme si ce n'était pas un sujet politique, les enfants devenaient politiques quand ils obtenaient le droit de vote à 18 ans. Et il se trouve que quand j'ai écrit mon livre en septembre, j'ai revendiqué de faire toute une partie qui s'appelait « Quels enfants nous laisserons à la planète ? » Les écolos disent souvent « Quelle planète on laissera aux enfants ? » Nous c'est « Quels enfants on laissera à la planète ? » où je parlais de l'aide sociale à l'enfance, dont on a beaucoup parlé depuis avec Rania, avec Jibé, avec d'autres. Mais c'est vrai que moi, dans ma famille, il se trouve que j'ai beaucoup de personnes qui s'occupent de ces sujets-là. dans un département dans le Pas-de-Calais où le directeur de l'aide sociale à l'enfance au département a quand même été condamné pour détention fichée pédocriminelle. Ce n'est pas récent, mais c'est un truc où tu dis comment c'est possible. On parle là du périscolaire, on parle d'un directeur de service au département, où en gros l'explication un peu de crise était, vous inquiétez pas, il n'avait pas de contact direct avec les enfants. C'est bon alors, directeur départemental. Et puis un endroit où l'aide sociale à l'enfance, comme dans quelques départements en France, est encore plus difficile qu'ailleurs, parce qu'il y a beaucoup de demandes, pas beaucoup de familles, et des dysfonctionnements. Donc c'est un sujet qui me prend au trip depuis longtemps, pour avoir eu de la famille qui bossait là-dedans, et que je voyais ce... se détruire. Plein de personnes qui tiennent ce pays à bout de bras, ceux qui prennent soin des enfants, ceux qui prennent soin de nos aînés, les pompiers, les associatifs, les caritatifs, tous ceux qui font que ça ne s'effondre pas complètement, là, sont quand même très fatigués. On sent un peu le manque de lumière au bout du tunnel et ces gens qu'on a toujours dit, les militants infatigables d'eux, les serviteurs infatigables d'eux, en fait, là, ils n'y arrivent plus. Donc, il y avait ce côté-là, aide sociale en France et violence sexuelle et morale et physique et psychique contre les enfants. Et c'est vrai que je me rappelle, on a retrouvé l'extrait-là il y a plus d'un an, je me rappelle avoir donné ce chiffre d'un enfant sur trois sur France Inter, parce que je ne sais plus pourquoi on parlait de ça, et j'étais venue sur ce chiffre, et je me rappelle, j'avais dit, vous savez, il reste 7 minutes d'émission, d'ici la fin de cette émission, il y a deux ou trois enfants qui ont vécu une agression sexuelle, et je me rappelle d'un blanc dans le studio. Et de tout le monde qui enchaîne sur un sujet suivant en mode « c'est malaise, il faut parler d'autre chose ». Donc là on voit qu'aujourd'hui ce sujet est sur la table avec une loi intégrale qui arrive, qui ne résoudra pas tout, mais qui est quand même un pas immense, rien que le fait qu'elle puisse être à l'ordre du jour, qu'on puisse parler des budgets qui accompagneront, c'est énorme. Et moi je me rappelle dans quel silence on s'est battu quand on en parlait, nos premières réunions de travail sur protection de l'enfance. C'est vrai que les acteurs nous disaient « vous êtes quasiment le seul parti à travailler là-dessus » et c'est grâce à des gens qui sont engagés chez nous et qui portaient ce sujet. Donc ça je voulais le signaler. L'idée du livret enfants, ce qu'on devait sortir en mai, c'était de parler des enfants qui subissent de mauvais traitements et comment on prend soin d'eux, comment on les protège. Mais je ne serais jamais satisfaite d'une société où on se contente du fait que les enfants ne soient pas agressés. Ça, ça paraît évident qu'il ne faut qu'ils ne soient pas agressés. C'est loin de l'être dans les faits, donc il y a un travail énorme à faire. Mais la seule ambition ne peut pas être juste que les enfants ne seront pas agressés. Nous, on veut qu'ils puissent s'épanouir, qu'ils puissent s'émanciper. On veut leur proposer un... avenir enviable durable habitable et ça c'est quand même une autre ambition et donc c'est pour ça que j'étais à l'époque en campagne municipale ça a duré un an, un an et demi avant les élections de la municipale, et tout le monde parlait de ville à hauteur d'enfants. Et je disais, mais pourquoi on ne ferait pas un pays à hauteur d'enfants ? Et donc c'est cet axe-là qui a retenu notre attention, pays à hauteur d'enfants. Et vous verrez qu'on va vous faire des propositions, évidemment, sur les violences sexuelles contre les enfants, sur le périscolaire, sur l'aide sociale à l'enfance, mais aussi des mesures sur mettre les enfants au cœur des politiques publiques, leur citoyenneté, sur le droit aux vacances pour tous, etc. Donc on va en parler juste après. Et je trouve ça hyper important. Mais quand on devait sortir le livret, La semaine d'avant, il y a eu le meurtre de Liana, et très sincèrement, on ne se voyait pas, alors qu'on était, moi, à part ce lundi-là, parce que vraiment, je ne peux plus, mais j'ai fait toutes les manifs du lundi. Il y avait très peu de politique, d'ailleurs. Moi, je me rappelle d'une journée en juillet, la seule manif qui a eu un samedi, je m'étais dit, c'est évident qu'on doit être là. J'étais à Aix-en-Provence le matin, je devais être à la Charité-sur-Loire au Festival des Idées le soir. J'ai fait l'aller-retour en train en passant par Paris, plutôt que passer par Lyon, en disant, je me sentirais mal de ne pas être là, quoi. Enfin, c'est évident. Et je suis arrivée, il y avait très peu de politiques nationaux. Il y a un truc un peu frustrant, je ne comprends pas pourquoi ce n'est pas évident pour tout le monde d'un seul homme, comme pour d'autres manifs, les retraites, etc. où on ne se pose pas la question de est-ce que j'avais un autre truc ou pas, on annule et on vient. Et moi j'ai eu ce réflexe là, de manière assez instinctive sur les enfants, je me suis rendu compte que ce n'était pas évident. Donc ce sujet on va revendiquer, le mettre au cœur de la campagne présidentielle, avec une méthode aussi qui est qu'on ne peut pas faire un beau projet pour les enfants sans les enfants. Donc je pense qu'on est le seul mouvement aussi qui organise des réunions dédiées aux enfants, où seuls les enfants ont le droit de parler. Je l'ai fait pendant les municipales, je l'ai fait pendant la campagne nationale, donc c'est les 5-15 ans. C'est rigolo d'ailleurs parce qu'entre quelqu'un qui a 5 ans et quelqu'un qui a 15 ans, les intérêts sont très diverses. Mais on les fait parler très librement, ils posent des questions, on répond. Et puis on les confronte à des faits. Par exemple, on dit qu'il y a des adultes qui ne veulent plus d'enfants dans les wagons de train, ils veulent des wagons dédiés sans enfants. Les enfants, très naturellement, ils disent « nous aussi on veut des wagons sans adultes parce qu'ils parlent fort au téléphone, ils nous dérangent ». En fait, c'est rigolo parce qu'ils disent comment ça ? Nous, on n'est pas du tout d'accord avec cette mesure. On n'en avait pas entendu parler, mais maintenant, on est très en colère que certains ne veulent pas qu'on soit là. Et pourquoi pas des hôtels sans enfants ? En fait, ça existe, on te l'annonce. Et du coup, c'est une manière rafraîchissante de faire de la politique, mais qu'on ne se voyait pas mettre en avant, en plein milieu. d'une actualité qui était très lourde de toute façon qui l'est de plus en plus et tout le temps. Mais voilà, si on arrivait à parler de droits vacances pour les enfants et d'Assemblée nationale des enfants au milieu, ça aurait quand même été un peu décalé. Donc on a reporté à la rentrée, ce qui nous a permis d'ailleurs avec Anne-Claire Boux, qui ne pouvait pas être là aujourd'hui, mais qui est adjointe en charge des affaires scolaires à la mairie de Paris, de creuser les choses parce que de fait, elle a pris ses fonctions à peu près au moment où on devait sortir le livret et qu'on a pu du coup bosser avec elle cet été. On va vous présenter les principales mesures. Moi j'en ai trois à vous présenter. La première, j'en ai parlé, c'est le droit aux vacances pour tous. C'est aussi un sujet qu'on porte depuis longtemps. Léonore Moncondu à Poitiers a été la chanteur de ça. Et elle a commencé par les enfants, mais ce qu'il faut dire, c'est que ce qu'on fait pour les enfants en général, ça sert à d'autres gens. Donc elle a commencé par les enfants, ensuite elle a fait le droit aux vacances pour tous, pour les aidants. et pour les familles monoparentales. Et elle allait là se mettre à faire les vacances pour tous, aussi pour les seniors. Et donc, vous voyez, on commence par les enfants, puis des fois, ça peut profiter à d'autres publics. Je trouve ça hyper intéressant. La deuxième mesure, et donc vous dire sur le droit à vacances pour tous, que je suis allée à Marseille, parce qu'Amine Kessassi, en tant qu'adjoint au maire de Marseille, a porté beaucoup de politique là-dessus. Donc on a accompagné des enfants au Frioul cet été à Marseille. C'était super de voir cette émulation sur le port de Marseille de gamins qui... parfois habitent à 500 mètres de la mer, mais la mer n'est pas accessible parce que dans les catinaires de Marseille, vous savez, vous avez sport qui est complètement impénétrable. Et donc, vous voyez la mer de votre fenêtre, mais vous ne pouvez pas y aller. Et comme il n'y a pas de transport public, les gamins ne voient parfois pas la mer de l'année physiquement, alors qu'ils sont à côté. Et c'est vrai qu'on se battra toujours. Moi, je me rappelle en CM2, la maîtresse qui dit qu'il n'est jamais sorti des Nambomont. Il y avait 10 gamins sur une classe de 25 qui n'étaient jamais sortis de la ville. Alors que pareil, chez nous, il y a la mer quand même en TER, pas très loin. Mais tu te dis, voilà, des enfants, il faut leur offrir la possibilité de voir autre chose que le bout de leur rue, que le bout de leur école, parce que ça ouvre les perspectives, ça donne des idées, ça apprend plein de choses. Et donc, ils ont droit aussi à cette part de bonheur, d'horizon, de voir loin, de s'épanouir. Et nous, on se battra pour ça, c'est ça, la gauche et les écologistes. Deuxième mesure qui me tient vraiment à cœur, c'est faire une Assemblée nationale des enfants. Parce que vraiment, je le dis sans flagornerie, les réunions avec les enfants sont parfois bien plus intéressantes que les réunions avec les adultes. Parce qu'ils ont une créativité, un regard sur le monde, ils pensent à des trucs que vous n'auriez jamais pensé, mais des choses qui seraient bonnes pour tout le monde et qui sont assez évidentes. Par exemple, dans les réunions sur les municipales, on disait « nous, il n'y a pas trop d'argent dans votre ville, donc qu'est-ce qu'on peut faire qui ne coûte pas cher et qui vous ferait plaisir ? » Ils disaient « nous, dans toutes les salles qui existent, est-ce qu'une fois par mois, on pourrait avoir une salle municipale où on vient avec nos jeux ? » c'est le dernier jour quand on peut tous venir avec nos jeux parce que par exemple moi je suis fils unique ou moi mon grand frère il veut plus jouer avec moi et moi le jour à l'école où je ramène mes jeux et avec mes copains on peut jouer à nos jeux de chez nous et montrer comment ça marche c'est notre meilleur jour de l'année et donc pourquoi une fois par mois la ville elle n'est pas une salle et on vient avec nos jeux ça coûte rien à la ville du coup et on peut jouer avec nos copains et comme ça nos parents ils sont tranquilles et nous On est super content. Ça ne coûte rien. Et donc c'est une mesure qu'on a portée dans certaines villes, dans les municipales. Au niveau national, ils ont plein d'idées comme ça. Et je trouve que cette Assemblée nationale des enfants, ce serait une vraie avancée, ce serait rafraîchissant. Ce serait par tirage au sort. On ne va pas commencer à faire des campagnes nationales d'enfants qui font des débats. Je leur souhaite de ne jamais nous ressembler. Donc ne faisons pas ça. Mais qui seraient accessibles potentiellement à tout le monde, avec des vrais critères de représentativité. C'est-à-dire qu'on tire au sort, mais en ayant mis des critères. soit représentatif socialement, territorialement, en termes de parcours. Et donc, par exemple, je sais qu'avec les garçons et les filles, c'est plus simple. Beaucoup de garçons passent et de filles, on tire au sort après que dans le pool des filles. Comme ça, on rééquilibre et on est capable de faire ça sur les critères sociaux, sur les critères territoriaux. Et ça permettrait d'être juste et représentatif. Troisième mesure, je reviens là sur la question des violences, c'est faire les centres comme on les fait en Belgique. J'étais allée en visiter en mai les centres de dénonciation et de prise en charge des violences sexuelles en Belgique. Si vous êtes victime de quoi que ce soit, si ce soit une maîtresse qui voit un enfant arriver qui comprend qu'il s'est passé quelque chose, une maman qui récupère après un week-end un enfant qui comprend de suite qu'il s'est passé quelque chose, vous avez premièrement un numéro qui s'appelle Taxi Vert. La couleur n'a pas été choisie par moi, mais vous appelez un Taxi Vert qui vient vous chercher où que vous soyez en Belgique et qui vous amène au centre le plus proche en sachant que toute victime en Belgique a un centre à moins d'une heure de chez elle. Il y en a dans chaque province de Belgique. Donc, vous arrivez dans ce centre, vous avez au même endroit tout. Premièrement, l'expertise psychologique d'urgence, s'il y a besoin et des soins d'urgence pour les agressions qui nécessitent vraiment une prise en charge médicale. C'est le cas pour les enfants et pour les adultes. Deuxièmement... Vous avez un examen légal qui permet de récolter les preuves. Parce que vous savez que souvent, les classements sont en suite. Il y a plein de raisons. Mais une des raisons, c'est aussi surtout que le temps que vous allez déposer plainte, c'est la croix et la bannière. Ça vous a tellement usé que vous rentrez chez vous, vous restez quelques temps à ne pas être capable de ressortir. Et le temps que vous alliez faire les recherches de preuves, soit il est trop tard, il n'y en a plus, soit les prélèvements sont faits par quelqu'un qui n'est pas spécialiste. Donc là, c'est des équipes. C'est dans les hôpitaux, ces centres. C'est des équipes qui sont spécialement formées à ça et qui, quand ils récollent vos preuves, vous savez qu'il y en a et qu'elles pourront être exploitées. Et elles sont gardées pour les enfants jusqu'à 50 ans. C'est-à-dire que 50 ans après les faits... Vous pouvez rappeler le centre en disant, à l'époque, ma mère ne savait pas trop ce que je voudrais, moi-même, je ne savais pas trop, j'étais jeune. Là, j'ai décidé, je suis prêt à parler, je vais avoir accès à ces preuves. Elles ont été conservées dans des conditions optimales et donc vous pouvez porter plainte. Et c'est solide pour pouvoir aller jusque la condamnation. Et puis ensuite, la police vient sur place. C'est-à-dire qu'on ne vous renvoie pas raconter une énième fois votre histoire ailleurs. La police vient sur place, des équipes spécialement formées pour les violences sexuelles, mais en particulier aussi pour les enfants, si ce sont des enfants qui veulent porter. des plaintes avec leurs parents et avec vraiment des salles qui sont dédiées, qui sont bien organisées, des captations qui permettent à l'enfant de témoigner une seule fois, je le dis, parce que la France c'est aussi des spécialistes de faire raconter, re-raconter, re-raconter, puis de comparer des versions dans l'enfant de 4 ans en disant il n'a pas tout à fait utilisé le mot il y a 6 mois et aujourd'hui est-ce que c'est pas un peu louche ce récit ? Et ça franchement c'est insupportable, on a l'impression que c'est aux enfants d'avoir la charge de convaincre. qu'il est vraiment arrivé quelque chose, alors qu'en fait, juste on devrait les croire et s'organiser autour d'eux, en partant d'eux, de leur bien-être, de leur sécurité. Parce que ces enfants qui arrivent quand même déjà, on a vécu des choses traumatisantes, et en France, c'est pas bien la manière dont ça se passe. C'est pas bien pour l'enfant, c'est pas bien pour les... pour mettre fin à l'impunité, parce que tout le monde a bien compris que les condamnations étaient très rares, et ça met tout le monde dans des conditions, y compris les gens qui travaillent dans ce domaine et qui voient bien qu'ils sont en situation d'impuissance, ça les met dans une dissonance qui est quand même assez atroce. Donc c'est centre en Belgique, ça coûte un peu d'argent, mais en fait, laisser des gens en liberté, des prédateurs en liberté, des gens qui souffrent, on a retravaillé le chiffre avec Arnaud, c'est les violences faites aux enfants. qui ne sont pas prises en charge, ça coûte 9,7 milliards par an de tout ce traitement psychologique pour toute une vie, de gens qui sont brisés, d'arrêt maladie, de gens qui pendant des décennies vont porter ce fardeau-là. Ça coûte aussi énormément d'argent. C'est comme pour le climat, l'inaction coûte parfois beaucoup plus cher que l'action. Et franchement, quand on voit les souffrances engendrer... Et le faible coût que ça représenterait, je ne comprends même pas qu'on ait à en discuter et à convaincre. Donc c'est semble qu'il existe en Belgique. J'adore la Belgique, mais franchement, on est en France. Si les Belges savent le faire, je ne vois pas pourquoi on ne saurait pas le faire. Et donc c'est une question de volonté politique. Et nous, nous l'aurons, on ne lâchera pas sur ce sujet-là. Voilà ce que je voulais vous dire sur les trois mesures. Je crois que c'est toi, JB, qui enchaîne. Viens te mettre ici, sinon on ne te va pas
voir.
Mets-toi bien en soleil.
Merci beaucoup pour votre présence. J'aimerais juste commencer aussi sur la méthode qu'on a mis en place avec les écologistes. C'est-à-dire qu'avec Rania qui parlera après, on est tous les deux issus de la protection de l'enfance avec un parcours à l'aide sociale à l'enfance. Et je voulais juste te dire, je pense que c'est très important. Aujourd'hui, c'est quelque chose qu'on a inclus chez les écologistes. Je pense qu'on est un des seuls partis à avoir fait monter des cadres politiques aujourd'hui qui viennent vous présenter des mesures avec des personnes concernées qui viennent de ces parcours-là. Et je pense que c'est aussi très important quand on parle d'un sujet de valoriser des personnes concernées. Et je pense qu'il en faut énormément. Je vais féliciter pour évidemment les travaux réalisés, le groupe de travail, mais aussi nos parlementaires. Arnaud Bonnet va parler après, qui ont fait un énorme travail sur ce sujet. Aujourd'hui, on vous présente un livret, une quarantaine de pages. Vous voyez tout le sérieux qu'on apporte à ce sujet, à ces questions. Et ça montre toute la complexité qu'on a voulu porter à ce sujet et d'avoir des mesures extrêmement réfléchies. Moi, celle que je vais vous présenter, il y en a une qui nous touche particulièrement. Pour commencer, c'est un fichier de prévention pédocriminelle numérique. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il nous faut des mesures qui soient des mesures à la hauteur. de l'enjeu et de la pédocriminalité qui sévit partout en milieu périscolaire, mais pas que, puisque la majorité des violences pédocriminelles sont dans les milieux intrafamiliaux. Et donc pour cela, on doit renforcer. Donc la prévention, elle passe par quoi ? Elle passe premièrement, évidemment, par le fait que... On doit renforcer aujourd'hui le fichier des auteurs de violences sexuelles en y ajoutant les personnes qui ont eu des plaintes mais qui ont été classées, les affaires qui ont été jugées en première instance et qui aujourd'hui font l'objet d'appel, avec des personnes qui aujourd'hui évitent totalement ce fichier. Et puis nous, on pense aujourd'hui qu'on a un autre sujet. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a des sites pédopornographiques, on a des boucles Telegram, des boucles Twitter avec du contenu pédopornographique. Il faut que je vous dise, la France est le quatrième pays au monde à héberger le plus de contenus pédophiles. Ça veut dire qu'il y a quand même un énorme sujet sur l'usage numérique de ces contenus pédophiles. Et donc on doit agir là-dessus. Et aujourd'hui, on considère qu'une personne qui a une activité numérique sur des boucles de télégramme où il y a du contenu pédophile, en fait c'est un problème en soi. Et cette personne-là, elle doit pouvoir être détectée parce qu'elle présente un risque et elle ne peut pas derrière pouvoir prétendre à un... une activité à un métier en contact avec des enfants. Et donc ça, ça doit faire l'objet, en fait, on pense d'une surveillance. Donc évidemment, c'est des personnes qui échappent à des formes de condamnation parce qu'elles ne partagent pas le contenu directement, parce qu'en fait, elles ne le détiennent pas directement, mais par leur activité présente, de fait un risque. Et donc on doit pouvoir agir et aller beaucoup plus loin. Il faut qu'on passe aujourd'hui d'un temps, on va dire, de réaction à un vrai temps d'action sur ces sujets-là. Et donc cette proposition nous semble être adéquate aujourd'hui avec toutes les mesures qu'il faudra. évidemment mettre en place sur la prévention sur les risques numériques de l'usage des données des uns et des autres.
J'ajoute un tout petit truc pour que vous vous rendiez compte de comment on marche sur la tête dans ce pays. Quand j'étais au Festival de Cannes, on m'a expliqué que les festivals de Cannes et d'autres événements sont ce qu'on appelle des événements protégés, vraiment qui font l'objet de... de plein de procédures administratives pour vraiment que les choses soient sécurisées, qu'on ne recrute pas en gros n'importe qui, comme il l'explique. Et j'ai rencontré une personne qui devait travailler au Festival de Cannes, à qui deux jours avant, on explique que finalement, il ne pourra pas y travailler, parce qu'elle n'a pas passé, vous savez, il doit envoyer vraiment, ça s'appelle un criblage, il doit envoyer la liste des salariés à l'État qui répond oui, non, oui, non. Et elle, elle s'est tenait vraiment d'être écartée en disant qu'est-ce que j'ai fait ? Il lui explique qu'elle avait participé à une manifestation écologiste. Vous voyez desquels je peux parler. Et donc, elle ne peut pas travailler au Festival de Cannes. Donc ils savent cribler qui a participé à quelle manifestation écologiste et donc ne peut pas travailler au Festival de Cannes. Ils ne savent pas cribler qu'une personne qu'on va mettre au contact de nos enfants tous les jours est en accès permanent et en consultation de sites pédocriminels. Je trouve ça complètement inentendable en tant que maman, en tant que citoyenne et ça montre quand même le sens de priorité de ce gouvernement. Je pense que c'est important parce qu'elle aurait pu risquer de déployer une banderole sur les marches du Festival de Cannes, ce qui aurait vraiment été très grave pour la nation.
Tout à fait. Et donc effectivement, tout l'usage du numérique depuis 2015 pose beaucoup de questions sur les libertés individuelles, mais là, effectivement, on a besoin en tout cas d'agir directement sur ces profils-là, et c'est ce que j'ai dit. Un deuxième élément, parce qu'on va parler aussi un peu de la protection de l'enfance sur aujourd'hui, ce qui concerne l'ASE, c'est que... Nous, on porte la proposition d'interdire les structures privées, c'est-à-dire à but lucratif pour la protection de l'enfance. C'est une proposition que Arnaud Bonnet a portée à l'Assemblée nationale, qui a porté dans la contribution des écologistes lors de la commission de l'Assemblée nationale contre l'effet de l'ASE. Et aujourd'hui, on pense qu'on ne peut pas faire de l'argent et se retrouver dans le même type de dérive qu'on a vu avec Orpea pour les personnes âgées, qu'on a vu avec People and Baby pour les garderies. Ce n'est pas possible de faire de l'argent sur la misère aujourd'hui d'enfants qui déjà ont eu pour celle faute dans leur vie de ne pas avoir de parents ou d'avoir des parents défaillants. Rien ne reviendra aussi dessus. Et donc c'est clairement problématique. Et donc ça, aujourd'hui, c'est une mesure sur laquelle il faut être assez clair. Et nous, on insiste aussi sur ce point-là, évidemment. Et enfin, une autre mesure qu'on porte, c'est une mesure sur le fait de faire des plans de mobilité pour les enfants. Aujourd'hui, on a une problématique, c'est qu'on calque le rythme des enfants intégralement sur le rythme des adultes. Pendant tout le travail qu'on a mené toute cette année sur ce livret, on a rencontré des chronobiologistes, des psychiatres, des gens qui ont participé à la convention citoyenne sur les temps de l'enfant. où on a des enfants qui, le matin pour à l'école, font une heure de transport en commun, y compris le soir. Et en fait, quand on les interroge, puisqu'il y avait des ateliers avec les enfants, ils disaient qu'eux, ce qu'ils signalent le plus, c'est leur fatigue. Parce qu'en fait, le fait d'être contraint d'aller à l'école sur le rythme des adultes, avec des débuts d'école évidemment à 8h, 8h30, ça les oblige à se lever extrêmement tôt, à avoir aujourd'hui des transports qui ne sont pas du tout adaptés. En plus, on connaît dans les drum-toms les situations. Je ne vais pas revenir aussi sur les situations sur certains drum-toms où on n'a carrément pas accès à l'école, notamment. à Mayotte. Et donc en fait, on a quand même une problématique aujourd'hui sur la mobilité de ces enfants et puis sur un autre volet. ici en métropole, où on a besoin de reconfigurer nos villes, de reconfigurer les espaces urbains pour les enfants. Et je pense que cet espace, cette rue, qui aujourd'hui était une rue où les voitures passaient, entre deux établissements scolaires, en est le symbole. C'est-à-dire qu'en fait, on vient sanctuariser des espaces où les enfants peuvent circuler. Vous voyez, là, il y en a qui sortent de l'école, par exemple. On a même
calé exactement de l'intervention. Exactement,
c'était l'idée. Et donc, on vient vraiment sanctuariser ces espaces où on crée des jeux pour enfants. On crée de l'ombre, on crée de l'activité et donc on vient pacifier ces espaces. On appelle les rues aux enfants, les rues aux écoles. Et donc en fait c'est très important aussi d'inclure dans ces plans de mobilité pour les enfants des espaces urbains apaisés pour que les enfants puissent jouer. Et puis il faut retrouver évidemment des espaces pour se déplacer, des espaces où les enfants peuvent jouer librement au football qui devient de plus en plus contraignant aussi dans les villes. On vient placer les terrains de foot plutôt en périphérie et où en fait on perd totalement ces espaces dédiés aux enfants avec des enfants qui de plus en plus sont contraints. soit à rester à la maison, soit à devoir se contenir sur des bouts de trottoir ou autre. Et donc le plan de mobilité vient structurer toute la pensée des écologistes aussi sur la façon dont on va proposer un avenir pour les enfants, un pays et hauteur d'enfants. Voilà, je ne vais pas être plus long parce que mes collègues ont aussi beaucoup de choses à dire.
Il y a une maman qui empêche les enfants de venir nous voir. Ils peuvent venir, il n'y a pas de problème, c'est pas secret. Oui, je sais que vous ne pouvez pas... Il n'y a pas de problème, vous n'avez rien embêté du tout. C'était à toi Rania ou Arnaud, je ne sais plus comment c'était arrangé. Vas-y Rania, puis après Arnaud.
Bonjour à tous, merci beaucoup. Je suis ravie d'être une nouvelle porte-parole de Marine Tandelier. C'est un honneur de porter la voix de l'écologie et surtout de l'union. Et puis au-delà de ça, je crois que c'est aussi porter la parole de l'enfance. Pendant des années, les enfants étaient traités comme un fait divers. On n'en parlait que quand ils étaient morts. Je pense à Lily, aujourd'hui, qui méritait de vivre, qui est morte à l'aide sociale à l'enfance. Je pense à Liana aussi. Je crois qu'on a un problème, et il faut le dire, dans notre pays, qui est qu'on parle des enfants une fois qu'ils ne sont plus de ce monde. Et du coup, je pense que ma présence au-delà de ma personne, c'est aussi comment on met l'enfant au cœur de nos politiques. projet politique. Et je crois d'abord que c'est un honneur d'être porte-parole de Marine Tondelier. C
'est l'inverse. Je suis hyper fière que tu sois notre porte-parole de la campagne.
Merci beaucoup. Mais je crois que c'est important aussi de le dire. Je suis aussi la porte-parole des enfants. Et tout au long de cette campagne, je porterai l'ensemble de la parole des enfants. Je ferai en sorte qu'on les oublie dans aucune campagne qui seront au cœur du débat, que ce soit les enfants à l'école, que ce soit les enfants de l'aide sociale à l'enfance. Et à ce titre, c'est... C'est un honneur personnel aussi parce que moi, Jean-Baptiste l'a dit, mais moi je viens de l'aide sociale à l'enfance et quand j'étais petite et puis surtout à la majorité. J'avais peur d'être oubliée. J'avais peur d'être oubliée dans la société. J'avais peur de ne pas exister. Et je crois que ma présence, au-delà de mon prénom et de mon nom et de ce que j'ai pu faire comme travail, c'est d'abord pour eux. Donc ça, c'était d'abord mes propos d'introduction. Mais du coup, pour continuer sur notre première mesure qui est l'accompagnement des jeunes de l'aide sociale à l'enfance jusqu'à 25 ans. Aujourd'hui, dans notre pays, on accompagne de 0 à 18 ans. Et puis à 18 ans, c'est au bonheur la chance. Vous vous êtes placés dans le Vaucluse, dans le Val d'Oise, à Paris. et puis on va vous dire « Ah, peut-être qu'on vous donnera un contrat jeune majeur ». D'ailleurs, j'aimerais discuter du mot « contrat jeune majeur » parce qu'en réalité, c'est des enfants et puis on les traite comme si c'était un objet à vouloir leur demander des garanties pour pouvoir les accompagner. Et aujourd'hui, au bonheur la chance, on les accompagne jusqu'à 21 ans. J'aimerais juste rappeler un chiffre qui est très clair. Dans notre pays, un enfant quitte le domicile familial à l'âge de 24-25 ans. Aucun parent ne convoque son enfant à 18 ans en lui disant « Si t'as pas ton année cette année, si t'as... » tu n'as pas fait ta chambre, ça sera la rue. Alors pourquoi avec les enfants les plus vulnérables, aujourd'hui, on les traite de cette manière, on les invisibilise. C'est l'État qui le fait en plus. C'est l'État qui le fait. Et puis moi, j'ai une formule que j'utilise depuis pas mal d'années. Moi, j'étais pupille de l'État. Donc en réalité, moi, je me considère comme enfant de Marianne. Donc je crois que c'est la double peine quand on abandonne ses enfants. Et puis je rappelle quand même qu'on décide de les protéger face à des familles, peut-être par moments défaites. et puis à leur tour on les abandonne donc je pense que c'est la double peine moi je le dis souvent on veut protéger des enfants mais qui nous protège de cet état défaillant donc on doit y aller on doit protéger les enfants les accompagner les accompagner jusqu'à une autonomie réelle donc ça c'était notre première proposition sur sur l'aide sociale à l'enfance Mais je crois qu'il y a aussi tout un sujet bien avant l'aide sociale à l'enfance, typiquement les familles monoparentales. Aujourd'hui, c'est les grandes oubliées de nos politiques publiques. Aujourd'hui, on a une règle qui est des familles... Et du coup, la réalité, c'est que c'est la double peine. C'est souvent des femmes aussi. En réalité, il faut le dire. C'est aussi une mesure féministe aujourd'hui que de pouvoir défendre ces familles-là et d'adapter nos écoles, d'adapter nos moments de vie, d'accompagner aussi les enfants là-dessus. Et nous, on leur dit d'abord qu'on ne les oublie pas et que tout au long de cette campagne, on portera ces sujets. Et puis le dernier, qui me paraît invraisemblable dans notre pays, mais les familles avec enfants à la rue. Aujourd'hui, on a un pays qui laisse ses enfants dormir. On est face à une école, et je crois que c'est important aussi de le dire, c'est qu'on a des enfants qui viennent à l'école alors qu'ils ont passé la nuit d'or. Et c'est-à-dire que le seul repas peut-être qu'ils vont avoir, c'est celui qu'ils ont à la cantine. Et donc comment on peut se regarder dans les yeux, comment on peut se dire société quand on abandonne d'abord les plus vulnérables et quand on accepte que dans notre pays, des enfants se retrouvent à la rue. Donc c'est toutes ces mesures-là qu'on va porter.
Alors, on n'a pas été très protocolaires, donc je rappelle que Jean-Baptiste Péjeon, outre qu'il est membre du bureau politique, est conseiller régional de l'île de France, que Rania est conseillère de Paris, et on accueille maintenant Arnaud Bonnet, qui est député de Seine-et-Marne, et qui, vous le savez, travaille depuis très longtemps sur le sujet de l'enfance. Tu as même animé, et je remercie la commission Enfance-Éducation du Parti, parce qu'ils ont beaucoup travaillé avec nous, et tu en as été responsable pendant des années avant de devenir député, donc c'est ton sujet, professionnellement et en termes militants.
Bonjour à vous ! Nous avons la nécessité d'une bascule sociétale radicale sur l'enfance. C'est ça qu'il faut comprendre. La société d'aujourd'hui, elle est faite des enfants d'hier. Nous sommes les enfants d'hier et la société d'aujourd'hui est le produit de ce que l'on a fait pour ces enfants, de ce que l'on n'a pas fait. Et je crois que c'est quelque chose d'important à comprendre parce que... faut avoir cette bascule radicale pour avoir une transformation réelle de notre société, sinon nous ne l'aurons pas. Parmi les mesures que je vais vous présenter, il y en a une sur laquelle j'ai énormément travaillé, notamment au sein de la délégation droit des enfants pendant six mois sur une mission d'information sur le sujet, c'est l'imprescriptibilité. L'imprescriptibilité, ce n'est pas une solution, c'est un dû. Les enfants d'hier que l'on n'a pas su protéger, on leur doit aujourd'hui de reconnaître ce qui n'a pas été fait pour eux. Et ça, c'est quelque chose qui est pour moi essentiel. Bien sûr, les contradictions sont toujours les mêmes, donc on pourra en rediscuter de manière plus large après si vous voulez. Mais cette imprescriptibilité, ça fait partie de cette bascule radicale de la manière dont on considère les enfants d'hier et aussi du coup les enfants d'aujourd'hui. Le deuxième point, et l'important, c'est la mise en place d'un ministère de l'enfance, dont l'éducation nationale. Il faut que les droits des enfants, dont nous sommes signataires à l'international, il faut que ces droits des enfants s'appliquent à tous les temps de l'enfance, dont l'éducation nationale. Actuellement, le sujet de l'enfance est transministériel. Ça veut dire qu'on n'a pas forcément de budget à louer. Par exemple, je pense à la santé, la pédopsychiatrie. On n'a pas forcément de budget dédié. Je pense à l'aide sociale à l'enfance au niveau des départements. Il nous faut avoir cette vision transversale. On ne peut l'avoir qu'en ayant un ministère dédié qui va s'occuper de l'enfance et de la jeunesse. L'enfance va jusqu'à 18 ans, je le rappelle, en France, pour avoir cette bascule sociétale. On le voit à quoi ? On le voit également à la manière dont on considère les professionnels de l'enfance. Quand je parle des professionnels de l'enfance, ce sont tous les professionnels de l'enfance. Ça va être évidemment les EESH, dans quel métier on accepte un salaire indigne qui n'est pas un salaire complet. Et on considère que c'est un temps partiel, ce qui n'est absolument pas le cas. Dans quel métier on va accepter également un sens du travail qui est totalement dégradé. J'étais enseignant en collège, je peux vous dire que je considérais que l'éducation nationale était maltraitante. Pour les enseignants, par exemple, on ne les rémunère pas à la hauteur des autres catégories. A, la fonction publique. Voilà, c'est un fait. On retrouve la même chose au niveau de la médecine. Nous avons aujourd'hui une mobilisation des psychiatres et des pédopsychiatres. Ce n'est pas du tout anecdotique. Il nous reste 435 pédopsychiatres en France avec une pyramide des âges qui est très élevée. Ce qui veut dire qu'au niveau de cet investissement dans la pédopsychiatrie, on peut ouvrir des places. Elles ne sont pas pourvues, donc c'est un affichage. On va avoir du coup cette réflexion également à avoir et un développement pluriannuel, une réflexion pluriannuelle sur la remise en place d'un véritable système de psychiatrie et de pédopsychiatrie parce que c'est le sujet qui nous intéresse aujourd'hui et là il y a énormément à faire. Bien sûr, quand je parle pédopsychiatrie, ce sont les médecins, mais ce ne sont pas que les médecins. C'est également tout le paramédical, les infirmières, les aides-soignantes, mais également parce que là, on voit que c'est pluridisciplinaire. On va avoir des assistantes sociales, on va avoir des psychologues, on va avoir des ergothérapeutes. C'est quelque chose, l'enfance, qui est pluridisciplinaire. Et si on n'a pas cette réflexion globale, si on n'a pas des budgets dédiés et alloués... Ce n'est pas fonctionnel. Je reprends à l'hôpital, on a actuellement les UAPED, donc les unités d'accueil pour les enfants en danger. Ces UAPED, ce sont des unités, ce qui veut dire que ce n'est pas un secteur médical. Les fonds ne sont pas fléchés vers ces unités. Donc actuellement, on ne va pas avoir les mêmes moyens pour ces unités-là qui sont essentielles pour l'accueil de la parole. On peut également parler de la formation, évidemment, et ça fait partie des grands sujets dont on parle. Parce que ce qui nous intéresse, au-delà de l'imprescriptibilité qui est un dû, c'est bien sûr, et c'est le point essentiel, la prévention. La prévention. Et actuellement, qu'est-ce qui est fait ? Et depuis très longtemps, on coupe progressivement dans les sujets de prévention au niveau budgétaire, parce que la prévention, ça peut avoir des effets immédiats, mais ça va surtout avoir des effets à moyen terme et à long terme, ce qui n'intéresse pas le temps politique. Et bien nous, nous voulons faire cette bascule. C'est pour ça que ce sujet de l'enfance est essentiel pour les écologistes.
bien voilà, on a eu tout, on est intervenu. Merci Daniel pour tes encouragements. Franchement, bravo. Et juste finir par vous dire qu'en étant enceinte cet été, il y a beaucoup de gens qui disaient mais comment vous vivez les incendies, c'est pas angoissant, etc. Et on en parlait avec beaucoup d'autres femmes qui attendaient des enfants, en disant les gens ils n'ont pas compris qu'en fait, évidemment on est stressé par les incendies, c'était très anxiogène cet été, mais en fait ce qu'on entendait surtout à la télé toute la journée, c'était les affaires de pédocriminalité. Et en fait, quand t'attends un enfant, tu te projettes forcément... sur comment sera sa vie à 2 ans, à 5 ans, à 10 ans, à 20 ans. Et évidemment que les questions climatiques, surtout quand tu es écologiste, prennent une grande importance là-dessus. Mais en fait, quand tu suis les actus, tu te demandes ce qui se passera pour ton enfant à la crèche, à l'école, dans le péri-scolaire, dans le sport. Sabrina Sébailly a fait toute une commission d'enquête sur les violences sexuelles dans le sport. Dans les soirées pyjama aussi, quand ils iront chez leurs copains, dans leur famille. C'est un truc qui est très anxiogène. Et je le dis parce que... On a entendu parler aussi cet été de l'éco-anxiété en disant, ah là là, les éco-anxieux, on vous alerte, c'est très dangereux d'être comme ça, faites attention. En fait, j'en parlais avec Alice Débiol qui a été responsable de la commission santé chez nous, qui est experte, elle est médecin de santé publique de l'éco-anxiété, qui me disait, l'éco-anxiété est une lucidité. Et en fait, nous on est anxieux pour l'avenir climatique de nos enfants, on est anxieux évidemment pour leur présent en tant qu'enfant dans cette société qui n'arrive pas à les protéger des violences et qui n'est pas bienveillante envers eux. Mais cette éco-anxiété c'est une lucidité et la meilleure manière de la... ce n'est pas que l'État nous dise rassurez-vous, soyez tranquilles, c'est que l'État mette en place des actions. Donc en fait, sur l'éco-anxiété comme sur l'anxiété qu'on peut avoir pour l'avenir de nos enfants et leur vie quotidienne, si on veut tranquilliser les parents et qu'ils arrêtent de s'inquiéter, il y a deux modes d'action. premièrement c'est l'engagement c'est être en action et deuxièmement c'est leur proposer des solutions et dans ce livret c'est ce qu'on fait comme là on a les solutions aujourd'hui maintenant on va passer à l'action comme on l'a fait depuis longtemps ensemble et c'est un sujet vraiment je vous le dis qu'on va pas lâcher dans les semaines qui viennent qu'on mettra au coeur de cette campagne comme d'autres qu'on a mis sur la table voilà