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Ce matin, Yael Broun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale. Bonjour.
Bonjour.
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Merci d'être avec nous ce matin. Les prix de l'énergie continuent de flamber. De plus en plus de Français, de ménages, ont du mal à faire face. Hier, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de faire un geste supplémentaire. Est-ce qu'il faut aider davantage les Français ?
Évidemment. Évidemment, on voit hier que les aides sectorielles ont été renouvelées, donc tous ceux qui ont besoin d'essence pour travailler, agriculteurs, pêcheurs, etc. Mais il faut aller plus loin. Évidemment, il faut aider les Français qui utilisent leur voiture pour travailler, pour aller travailler. On pense à toutes ces personnes qui vivent dans des territoires ruraux et qui ont besoin de leur voiture. On a une aide qui existe, c'est une aide ciblée gros rouleurs pour les personnes qui font plus de 15 km par jour pour aller à leur travail. Il faut renouveler cette voiture. Cette aide doit s'arrêter au 30 septembre. Il faut la renouveler pour aider ces Français qui bossent. Elle va être prolongée. Aujourd'hui, elle est prolongée jusqu'au 30 septembre. Il faut aller plus loin. Elle est prolongée
jusqu'au 31 décembre. C'est indispensable pour que
le prix de l'essence soit aux environs de 2 euros pour nos compatriotes, pour que ce soit soutenable.
2,99 euros ce matin à Oswald, dans l'Est de la France. Mais c'est insupportable. 2,99 euros le lit de gazole.
Mais c'est insupportable pour nos compatriotes. On voit bien que dans tous les pays d'Europe, il y a des aides ciblées qui sont mises en œuvre en Espagne, en Italie, en Allemagne, etc. On est évidemment dans ce mouvement-là. Ils ont des meilleures
finances que nous, peut-être.
En fait, justement, l'aide ciblée, c'est celle qui est la moins onéreuse. Moi, j'entends des candidats à l'élection qui nous disent qu'il faut baisser la TVA, il faut plafonner les assises. C'est des choses qui coûtent entre 5 et 17 milliards d'euros par an aux finances publiques. Ça, ça coûte extrêmement cher. Mais vous dites qu'il faut baisser les taxes ? Si on cible l'aide... A ceux qui en ont réellement besoin, les coûts se comptent, c'est très cher, mais ça coûte en centaines de millions et pas en dizaines de milliards. C'est la raison pour laquelle il ne faut pas arroser le sable avec les aides, mais cibler les Français qui en ont réellement besoin, l'aide soignante dans les campagnes qui fait le tour des personnes âgées. Donc ce matin,
Yael Brunpivet, vous nous dites que le gouvernement ne fait pas assez.
Qu'il faut aller plus loin, évidemment, parce que nos compatriotes en ont besoin et il faut les soutenir.
Pour le gaz, on fait quoi ? Parce que la facture de 2026 va être 120 euros supérieure à celle de 2025. C'est ce que dit la commission de la régulation de l'énergie. Là aussi, vous demandez au gouvernement de... Là
aussi. En fait, est-ce qu'on se rend bien compte qu'on a des compatriotes qui bossent, qui jouent le jeu, qui se lèvent le matin et qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois parce qu'ils sont victimes des effets d'une guerre ? que personne n'a souhaité dans notre pays. Donc on voit bien que l'impact de la situation internationale vient se retrouver sur la table de la cuisine de nos compatriotes et le rôle des politiques du gouvernement, c'est de les aider à passer cette période difficile, qu'ils puissent continuer à aller travailler, qu'ils puissent se chauffer, qu'ils puissent continuer simplement, simplement à vivre dignement.
Est-ce que vous craignez des manifestations, une explosion sociale ? Il y a un sondage ce matin dans le Figaro d'Oxa qui dit que 88% des Français croient au retour possible des Gilets jaunes.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que quand les Français expriment de la colère, c'est parce qu'ils la ressentent profondément et que la vie est difficile. Et donc ça, il faut l'entendre et c'est pour ça qu'il faut y répondre rapidement. Après, moi je reprends aussi une proposition sur ce point de Marie-Lise Léon qui demandait aux entreprises aussi de jouer le jeu et d'aider à travers les forfaits kilométriques, etc. leurs salariés. parce que là aussi, on a une piste à avoir pour éviter justement qu'ils se retrouvent dans une situation... Donc ce matin, vous faites appel aux entreprises pour contribuer aussi à l'effort pour leurs salariés. Pour leurs salariés, c'est hyper important. Et là aussi, on a des dispositifs qui existent, qui se mettent en place très rapidement. Ce qu'on a besoin, c'est d'aider les gens maintenant, pas dans quelques mois, parce que c'est maintenant que la souffrance existe. Et si on veut éviter qu'une gronde et qu'une colère sociale augmentent, il faut agir le plus rapidement possible.
Yael Brunpivet, ce sont les discussions sur le budget qui vont bientôt commencer. Je voulais savoir quelles étaient vos lignes rouges. Est-ce que toucher ou retraiter, c'est une ligne rouge pour vous
Alors, ça dépend comment on y touche. C'est une ligne rouge si on vient toucher toutes les... Petite retraite, entre guillemets, j'aime pas ce mot. Donc si on est au-dessus
de quoi ? 2000, 3000 euros ? On n'arrive
pas à savoir, en fait. C'est pour ça que la solution que je préconise, c'est plutôt la suppression de l'abattement de 10%, donc un abattement fiscal dont bénéficient les retraités. On voit bien que plus vous avez une retraite importante, plus cet avantage est important pour vous. Et donc, je l'avais déjà proposé l'année dernière, c'est un rapport de 6 milliards d'euros.
D'accord. Ce qui est très important,
c'est très conséquent et ça ne touche pas. les retraités les plus modestes. Donc c'est quelque chose de proportionnel quand on supprime un avantage en pourcentage et ça me semble être une mesure juste. Est-ce que vous craignez une censure de ce
budget ?
Moi, je suis convaincue qu'on peut arriver à avoir un budget adopté. Alors, il faut regarder les modalités. Vous savez que moi, je plaide pour le Premier ministre. Ce n'est pas mon genre de plaider pour le 49.3. Je suis présidente de l'Assemblée nationale. Mais là, je pense qu'il faut y aller. Il faut que le Premier ministre présente un budget raisonnable et responsable, qu'on ait une trajectoire budgétaire raisonnable. On a sept mois
de la présidentielle. Chacun va vouloir tirer la couverture à soi. Mais en fait,
je pense qu'il ne faut pas aller négocier le pacte de non-censure. Il faut simplement... prendre ses responsabilités, dire on est à 7 mois d'une présidentielle. Je sais que vous ne pouvez pas voter mon budget, vous ne faites pas partie de ma majorité. Cependant, je vous présente un budget sans ligne, écarlate pour vous. et un budget raisonnable et responsable. Je prends mes responsabilités en tant que Premier ministre, je fais un 49-3. Vous, vous prenez les vôtres, vous êtes candidat à l'élection présidentielle, vous dotez la France aussi d'un budget parce que vous avez le sens de l'Etat. Il faut avoir le sens des gens quand on fait de la politique et le sens de l'Etat. Et mettre la France dans une situation catastrophique en la privant d'un budget, ce n'est pas avoir, à mon sens, le sens de l'Etat.
Une question sur la loi intégrale contre les violences faites aux femmes. Il y a une discussion budgétaire. Le Premier ministre a fait une tribune dans le journal Le Monde pour dire qu'il faut mettre les moyens sur les violences et la protection de l'enfance. Mais vous y croyez ? Parce qu'on ne comprend pas très bien si vraiment ils veulent mettre les moyens.
Il n'y a pas le choix, parce qu'ils ont accepté d'inscrire cette fameuse loi intégrale portée par toute une population, par une coalition féministe et 246 parlementaires à ce jour. Maintenant, cette loi intégrale, si elle est adoptée et qu'il n'y a pas le budget en face, ça ne sert pas à grand chose. Donc il sera impératif de mettre le budget en face de cette loi intégrale.
Je voulais quand même vous dire, parce qu'on arrive aux journées du patrimoine et vous avez un projet d'agrandissement à l'Assemblée nationale d'accueil. J'espère qu'on va voir quelques photos. Vous avez été critiquée. On dit que c'est moche, que ça abîme le patrimoine. Ça coûte 53 milliards d'euros. Non, pas milliards, s'il vous plaît. 53 millions d'euros, pardon. C'était vraiment une priorité. Il faut vraiment le faire. C'est un projet
100% citoyen. C'est dédié 4000 m2 en sous-sol à l'accueil des Français pour qu'ils se réapproprient leur démocratie, leurs institutions, les valeurs de la République. C'est un projet vital pour notre démocratie. C'est un projet 100% tourné vers les citoyens français.
Juste une précision avant le j'y crois, j'y crois pas. L'aide aux grands rouleurs, c'est vrai qu'on s'y perd parfois au milieu de toutes ces aides, c'est bien jusqu'au 30 septembre. Et vous demandez... Et ce matin, à ce qu'elle soit prolongée jusqu'au 31. Je n'ai pas fixé
de date. En fait, tant que ce sera nécessaire. Le plus longtemps possible, tant que c'est nécessaire. L'aide, pour le moment, a coûté un peu plus de 130 millions. Vous voyez bien qu'on est dans des montants financiers qui n'ont rien à voir.
Ce sont les aides pour les pêcheurs qui ont été prolongées jusqu'au 31 décembre. J'y crois, j'y crois pas. Trois questions, très vite, et vous essayez de répondre le plus vite possible, s'il vous plaît, par j'y crois ou j'y crois pas. L'interdiction du voile par référendum, comme le souhaite Marine Le Pen, non ? J'y
crois pas du
tout.
Ce serait inconstitutionnel, c'est discriminatoire. et c'est contraire à toutes les valeurs de la République, puisque dans notre pays, nous avons la liberté de croire et de ne pas croire, et la liberté d'exercer son culte comme on le souhaite.
Toujours, Marine Le Pen dit défendre le droit des femmes, c'était hier, sur LCI, j'y crois, j'y crois pas.
J'y crois pas, quand on regarde ses votes, j'y crois pas.
Un candidat unique pour la droite et le bloc central, j'y crois, j'y crois pas. Je
peux dire les deux, parce que j'aimerais bien y croire, mais c'est pas pareil.
Vous n'y croyez pas, très bien.