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24, LCP. Public Sénat présente.
Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires. Nous parlerons dans notre partie débat de la canicule qui a sévi cet été et des leçons à tirer. Mais tout de suite, je vous propose de revenir sur cette semaine où les Européens étaient peu audibles à l'Assemblée Générale de l'ONU et surtout, ils s'inquiétaient de leur faiblesse économique. Voilà pourquoi nous recevons aujourd'hui Aurore Laluc. Bonjour. Bonjour. Vous êtes députée européenne, socialiste, française, coprésidente de... Place publique également, vous venez de sortir Trump contre l'Europe aux éditions Les Petits Matins. Et vous êtes présidente surtout de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, présente à la dernière réunion de l'Eurogroupe. Aurore Laluc, une croissance faible des 27 pays membres de l'Union européenne, 1,1% pour 2026. Des prix de l'énergie qui grimpent à plus de 14% sur un an selon Eurostat. Comment vous qualifiez l'état de notre économie européenne
?
C
'est très paradoxal, parce qu'en réalité, malgré tout ce qu'on subit ces dernières années, c'est-à-dire qu'on est quand même sous attaque de l'administration Trump via la politique commerciale, il y a maintenant la crise avec le prix de l'énergie, la guerre, la guerre hybride, on a vraiment une économie qui est mise sous pression, que ce soit par la Russie, par la Chine ou par les États-Unis. On résiste quand même pas mal quand on y pense. On résiste quand même pas mal, on reste résilient. Néanmoins, on arrive dans des temps très difficiles en termes de croissance économique, d'activité économique, en termes de pouvoir d'achat surtout. C'est ça en fait qui nous inquiète profondément. C'est la question de l'inflation, de cette inflation importée sur laquelle en fait on a très peu de prise parce qu'elle est liée à des événements extérieurs et ce n'est pas la première fois que ça nous arrive en fait. Donc c'est ça qui est difficile aujourd'hui pour nous. à gérer, et puis le fait qu'au bout d'un moment, on risque d'avoir de l'inflation alimentaire. Malgré tout, on résiste. Même si on est une zone qui n'est pas finie d'être construite, même si on n'a pas tous les outils, etc., c'est ça qui est étonnant. On arrive quand même à tenir, mais néanmoins, on est mis sous pression, et surtout les Européens sont mis sous pression. Et c'est ça, l'économie, elle est au service des gens. Et en fait, c'est là où nous, on doit agir rapidement sur la question de l'électrification, agir sur la question des prix, et surtout... investir, investir, investir pour ne plus être dépendant des autres
économies. Alors comme chaque semaine, je vais vous proposer un tour de l'actualité européenne, c'est l'Europe en bref de Agnès Le Cossèque.
électrochoc pour Friedrich Schmerz. L'extrême droite allemande remporte de nouvelles élections régionales, tandis qu'avec moins de 5% des voix, la CDU, le parti du chancelier, est pour la première fois absente d'un parlement régional.
Nous ne pouvons pas édulcorer le résultat obtenu en Mecklenburg. C'est un désastre.
Autre défaite électorale, à Berlin, où la gauche radicale de Die Linke est arrivée devant le maire conservateur sortant. Dans le reste de l'Europe, de nombreuses élections nationales sont attendues d'ici un an, avec une percée annoncée de l'extrême droite qui met sous tension le projet européen. En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, les dirigeants américains, danois et groenlandais ont signé un accord de sécurité. Cette signature devrait mettre un point final à la crise qui a envenimé les relations entre États-Unis et Europe après les menaces de Donald Trump d'annexion du Groenland. Le texte acte un renforcement de la présence militaire américaine sur l'île. Il interdit également à tout acteur, hors Union européenne et OTAN, d'exercer un contrôle dans des secteurs stratégiques. Donald Trump a annoncé qu'il pourrait interdire les exportations américaines de diesel, une perspective qui inquiète des pays européens aux options de plus en plus limitées. Le Premier ministre slovaque Robert Svitso, pro-Kremlin, réclame un conseil européen extraordinaire sur la crise des carburants.
Je le dis clairement, je considère que l'Union européenne fait preuve d'un cynisme total en laissant les États membres gérer la crise pétrolière tout seuls.
dirigeant slovaque, qui affiche à proximité avec Vladimir Poutine, conteste l'interdiction par Bruxelles des importations de gaz russe prévues fin 2027.
Alors, Aurore Laluc, face à la flambée des prix du pétrole, les 27 ont eu des politiques très différenciées. Certains ont abouti à un prix plus bas que dans l'hexagone autour de nous, avec des remèdes comme le plafonnement, la taxe sur les super profits énergétiques, des aides directes. Qu'est-ce que vous, vous préconisez ? Et est-ce qu'il faut le même remède
pour tous ? En fait, effectivement, on n'est pas exposés de la même façon, et puis on n'a pas le même état des finances publiques. C'est ça aussi la réalité dans les différents pays. Ce qu'il faudrait, c'est la taxation sur les super profits. Et au niveau européen, il y a clairement une coalition de pays qui est en train de se dégager. L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche, donc des gouvernements d'une couleur politique très différente, demandent la taxation des super profits. Pour l'instant, la France s'y oppose. Or, ce seraient les moyens de récupérer de l'argent pour pouvoir justement… faire des aides ciblées à ceux qu'on les poise. Franchement, en fait, quelle serait l'autre raison en réalité ? Il n'y a pas d'autre raison. Donc deux choses l'une, soit à un moment, Total Énergie, les prix qu'ils font à la pompe, ils font en sorte que tout le monde ait le même prix sur le territoire. Je ne pense pas que ce soit leur stratégie en réalité. S'ils ne font pas ça, pardon, mes taxations des super profits, ça commence à bien faire. On ne peut pas mettre en danger comme ça les Français et les finances publiques.
Vous mentionnez la France avec un budget très difficile à adopter, une dette en hausse et un déficit le plus élevé de la zone euro à 5,4% du PIB. Est-ce que vous avez senti l'Eurogroupe, puisque je disais que vous y aviez été, très inquiets de la situation française ?
Non.
Les ministres des Finances,
les institutions européennes sont inquiets en général de l'état mondial des finances publiques, mais aussi de la dette privée, de ce qui se passe aux États-Unis, la bulle IA, etc. et le fait que les Américains ne maîtrisent plus leurs dettes comme avant. Et on n'est pas à l'abri d'un accident financier. Ça c'est clair. Mais on ne sait pas d'où il va venir. Et on n'est pas à l'abri. Et c'est de la probabilité. Ça veut dire que ça peut arriver comme ça peut ne pas arriver. Bref, c'est un sujet qui mérite de la nuance. Or, dans le débat politique aujourd'hui, la nuance, ce n'est pas la chose la plus commune en réalité. Donc voilà quel est l'État mondial. Maintenant, au niveau européen. Nous, ce qu'on demande à la France, c'est une trajectoire de réduction de 100, 120 milliards sur 5 ans. Ça veut dire qu'il n'y a pas besoin de faire un effort de 54 milliards, déjà ça n'existe pas, ça n'existera pas, c'est trop brutal, mais de l'ordre de 18, 20 milliards. Et ensuite, quand je suis à l'échelle européenne, je vois qu'il y a beaucoup moins d'inquiétude. C'est-à-dire que tout le monde dit oui, il faut que la France prenne un effort. Mais personne ne se dit que la France, là, tout
de suite, va rentrer en crise financière. Mais inquiétude aussi par rapport au discours du RN concernant l'Europe, qui, s'il accède au pouvoir, veut baisser la contribution de la France à l'Union européenne, alors que l'actuel Premier ministre a d'ailleurs demandé de retrancher 800 millions en les prélevant sur l'amende Google. Ça accrédite, avant les élections de 2027, l'idée que la France paye trop ? Et c'est le cas ?
Ce n'est pas le cas, déjà, parce que je suis navrée, mais sans l'Union européenne, la France n'est pas grand-chose. Elle n'est pas grand-chose du point de vue des exportations, elle n'est pas grand-chose non plus du point de vue de la soutenabilité de sa dette, si je peux me permettre. Parce qu'aujourd'hui, si la dette française est soutenable, c'est grâce à quoi aussi ? C'est parce qu'en fait, on sait que derrière, il y a la Banque centrale européenne, il y a le mécanisme européen de stabilité, il y a tout ce qu'on a créé qui fait qu'aujourd'hui, les dettes européennes restent quand même, malgré tout, fortes. Et en revanche... Ce qui inquiète les marchés financiers, très clairement, c'est la perspective de 2027 et des élections présidentielles. Et c'est pour ça aussi qu'on a une prime de risque, on a des taux un peu plus élevés, contrairement à ce qu'on pense. Ce n'est pas l'état de la dette, c'est à la fois l'instabilité politique. depuis la dissolution, très clairement. Le fait de, là, savoir ou pas si on va réussir à faire passer le budget. Et puis, les élections prochaines. C'est vraiment le sujet politique qui inquiète quasiment plus les marchés financiers, en réalité, que le niveau de notre dette.
Parlons justement du futur budget, mais cette fois-ci de l'Union européenne pour 2028-2034, qui est négociée ardemment actuellement. L'Allemagne, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, l'Autriche. sont dans les frugaux. Ce qu'on appelle les frugaux, c'est ceux qui demandent qu'on soit en dessous des 2 000 milliards d'euros sur 7 ans proposés par la Commission européenne. Votre Parlement européen, Aurore Laluc, veut maintenir ce montant. Qui va gagner ? Si
on n'a pas un budget qui vient répondre aux défis européens, on va tous perdre. C'est ça en réalité. Si on n'a pas un budget qui nous permet d'avancer sur la défense commune, dans l'indépendance numérique, si on a un budget qui ne nous permet pas d'être autonome en matière d'IA, qui ne nous permet pas d'avancer dans la transition écologique, dans la réindustrialisation, on va tous perdre. C'est ça que certains pays... devraient avoir en tête. Donc il y a la question de ce budget, et sur lequel vous avez, voilà, le Parlement européen est toujours plus de 10 ans que les États membres. – Y compris l'Allemagne qui est chez les frugots maintenant. – Exactement, donc on va essayer de pousser un maximum, mais à côté de ça, de toute façon, il faudra créer de nouveaux instruments financiers. Je sais que les débats sur l'annualisation de la dette agitent beaucoup la bulle française, mais en réalité, au niveau européen, le débat qu'on a, c'est sur la question, ce qu'on appelle des actifs sûrs, alors c'est un peu techno, mais c'est le fait d'avoir un endettement commun. taux d'intérêt commun. Ça, c'est un débat que nous avons, pour le coup. C'est un débat que les ministères... Beaucoup avec l'Allemagne,
qui ne veut pas s'endetter en commun. Alors, justement, précisément, le chancelier Merz, très fragilisé, suite à des défaites dans trois régions, dans les fameux landers, à la faveur de l'extrême droite à l'Est, les vieux démons sont de retour, et de l'extrême gauche à Berlin. Quelle leçon vous en tirez ?
C'est une situation qu'on peut retrouver aussi en France, en réalité. On voit aussi qu'en France, le parti qui est dominant, c'est le rassemblement, du moins dans les sondages, c'est le rassemblement national. On voit une poussée de l'extrême droite à peu près partout en Europe. Donc, il y a un sujet qui est de rappeler ce qu'est l'extrême droite. L'extrême droite, ce n'est pas un parti comme un autre. Il faut rappeler ce que c'est. Et ensuite, de prendre soin des Européens, de prendre soin des Français. Je crois aussi qu'il y a des... Il y a des leçons qu'on a tirées après la Seconde Guerre mondiale qui ont été oubliées. Et qui étaient de dire que le meilleur remède à la montée des populismes et des nationalismes, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas de ressentiment, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas des inégalités inacceptées. Il y a toujours un niveau d'inégalité acceptable. Moi, je m'en fous qu'il y ait des milliardaires du moment que je vis bien. Et je pense que ça peut préparer pour tout le monde. Donc là, on est arrivé sur des choses qui deviennent inacceptables et qui peuvent engendrer...
Alors, parlons de diversification de nos sources d'approvisionnement, de rapprochement entre l'Union européenne et le Canada, avec Marc Carnet qui était accueilli en héros dans votre hémicycle de Strasbourg. Il y a quand même dix pays manquants au fameux traité de commerce qu'on a signé avec lui, le CETA, dont la France. Est-ce qu'il faut le faire ?
j'ai parti des gens qui étaient opposés pour des régions sanitaires, écoutant un certain nombre d'experts et d'ONG. Néanmoins, là, je trouve que ce qui était intéressant avec sa venue au Parlement européen, parce que finalement, ce que proposait Ursula von der Leyen était assez vague, c'est-à-dire que concrètement, on ne sait pas trop de quoi il s'agit. Ce qui était important, c'est qu'enfin, il y avait quelque chose de positif qui se passait. Ces derniers mois, ces dernières années, on subit, on a mauvaise nouvelle sur mauvaise nouvelle, on traverse des temps difficiles, rudes. Et là enfin, il y a quelque chose de constructif qui se passe. On voit qu'on est en train d'essayer de créer du dialogue et de créer des associations, on ne sait pas encore sous quelle forme ce sera, avec des pays qui résistent et qui ont envie d'être constructifs et qui se disent après tout, bon ben... Les États-Unis font ce qu'elles veulent. Ils ont voulu le Trumpy, ils ont le Trumpy. Ce n'est pas parce qu'on est les voisins des États-Unis qu'on leur appartient. Je trouve cette formule très forte d'ailleurs. Et nous, on a décidé de
suivre un autre chemin. Oui, vous parliez des accords commerciaux. On en a 80 après l'Indonésie, l'Inde, l'Australie. L'Union européenne est en bonne voie pour conclure avec les Philippines. Cette stratégie de diversification, parce qu'on a des tensions commerciales avec la Chine aussi, il ne faut pas oublier un autre acteur mondial. Est-ce que pour vous, quand même, elle a un intérêt ? Il faut l'encadrer ou il faut l'interdire ?
Non, elle peut avoir un intérêt. Mais c'est comme tout en économie. Les moyens ne sont jamais la solution. Donc on peut signer des accords de commerce, mais ça ne peut pas être n'importe lesquels. Ça ne peut pas être n'importe quel, ça ne peut pas être avec n'importe quelle norme sociale et environnementale, ça ne peut pas être sans close miroir, etc. Il faut pouvoir quand même se protéger. Donc c'est un élément stratégique, mais ça ne peut pas être LA stratégie. La stratégie qu'on doit avoir, en réalité, c'est de ne plus être dans des dépendances suicidaires, comme dans le domaine du pétrole, par exemple, et du gaz. On est en train de redécouvrir à chaque crise qu'on n'a pas de pétrole. Enfin, quand même. En réalité, il faut accélérer sur la question de l'électrification dans le domaine des systèmes de paiement. Il faut accélérer aussi, mais là c'est bon, c'est en bonne loi, pour être indépendant dans le domaine du numérique. En fait, c'est plus la politique industrielle et c'est plus le fait de protéger un maximum notre industrie, de reproduire certaines choses en Europe. Qui va réellement nous protéger ? Vous mentionnez à juste titre la Chine, parce qu'on est toujours en train de regarder les États-Unis et la Russie, pour des raisons évidentes. Mais la Chine est très agressive d'un point de vue commercial. On doit protéger notre secteur automobile, par exemple. Et moi, je suis désolée, là-dessus, la question des droits de douane ne peut pas être un tabou, en fait. Parce qu'on ne peut pas laisser notre industrie automobile, nos batteries, etc., être détruite par une concurrence
déloyale. Alors l'Union européenne, cette semaine, elle a sauvé in extremis ses sanctions contre Moscou en se ralliant à contre-coeur, en dépit des critiques de Kiev, aux exigences de la France et du Luxembourg qui ont obtenu le retrait de deux oligarques. de la liste noire. La faveur faite à l'oligarque russe qui était bien introduit en Azerbaïdjan, c'est traduite par une grâce accordée à ce ressortissant français emprisonné là-bas. Est-ce que l'Europe est cohérente et unie sur le dossier ukrainien et dans ses sanctions vis-à-vis de la Russie ? Non,
elle ne l'est pas. Elle ne l'est pas sur, vous citez ce dossier, mais oui, pour le coup, une vie qui est en jeu. Mais elle ne l'est pas à plein de points de vue. La question du gaz reste une question très épineuse. Il y a plein de choses sur lesquelles on a du mal à être cohérent et où les intérêts nationaux ne reprennent pas le dessus. Je trouve que malgré tout, ça tient à peu près. Il faut que ça tienne très fort, parce que les temps à venir vont être extrêmement rudes. Et on sait que la stratégie de Poutine, depuis le début, c'est de tenter de nous diviser. C'est ça, en fait. Et il a été surpris par le fait que nous soyons restés unis et que nous ayons répondu.
Dans votre livre « Trump contre l'Europe », vous dites qu'il faut être en position combat, donc face aux attaques venues de l'extérieur. Est-ce que l'Europe, pour vous, elle a bien réagi ? Par exemple, cette semaine, il y a eu l'Assemblée de l'ONU. vis-à-vis d'un certain Donald Trump ? Je ne trouve pas.
Je ne trouve pas que l'Union européenne ait été à la hauteur sur la question des droits de douane. Je ne trouve pas qu'elle soit à la hauteur sur la Cour pénale internationale jusqu'à présent et j'espère que sa position changera. C'est-à-dire que Trump menace la Cour pénale internationale et a sanctionné des juges. Ces juges, jusqu'à présent, ne sont pas protégés par la Commission européenne qui pourrait le faire. Ces juges sont mis sous sanctions américaines, donc ils n'ont plus accès à un grand nombre de sites internet américains, ils n'ont plus accès à la carte de paiement, etc. Visa Mastercard, ils n'ont plus accès à rien. La possibilité de les protéger, c'est de mettre en place ce qui s'appelle le mécanisme de blocage. Et ça, la Commission européenne se refuse à le faire pour l'instant. Typiquement, si vous voulez être respecté, si vous en appelez tout le temps au droit international, il faut protéger les juges qui l'appliquent. Et Donald Trump ne comprend qu'une seule chose, je le dis depuis le début, c'est le rapport de force. Il faut tenir ce rapport de force, même si ce n'est pas dans l'ADN de la construction européenne,
tant pis. Aurore Laluc, merci d'avoir été en notre compagnie. On rejoint tout de suite le Parlement européen, votre Parlement européen, on va parler. Climat, canicules, feux de forêt, quelles leçons tirer ? Là encore, c'est tout de suite le débat.
Merci de nous rejoindre au Parlement européen à Strasbourg. Strasbourg, capitale européenne qui n'a pas été épargnée cet été par la canicule qui a touché toute l'Europe. Août 2026, le mois le plus chaud jamais mesuré dans le monde. Et l'Europe, dans son ensemble, a vécu le pire été de son histoire. 2,7 degrés de plus que les normales de saison. Résultat, une sécheresse record qui dure jusqu'à aujourd'hui. Au pic de l'été, les deux tiers du territoire de l'Union européenne se sont retrouvés en état d'alerte. fragiliser la végétation, notre agriculture et également faciliter la propagation des incendies.
Oui, elle a rentré. 660 000 hectares avaient déjà brûlé cette année en Europe, au sud, mais aussi au nord. C'est deux fois plus que la moyenne des territoires ces 30 dernières années qui sont partis en fumée. L'Union européenne a mis des moyens inédits en activant son mécanisme européen de protection civile qui permet une solidarité entre les États-Unis. Et la Commission européenne veut aller encore plus loin avec une loi sur la résilience climatique face à l'urgence de l'adaptation au réchauffement climatique. Alors pour en parler aujourd'hui avec nous, nous avons deux eurodéputés.
Saskia Bricmont, bonjour. Vous êtes eurodéputée belge, membre du groupe Lever au Parlement européen. Et face à vous, Grégory Allion, bonjour. Vous êtes eurodéputée française, membre du groupe Réunion Europe au centre de l'hémicycle européen. Et vous êtes aussi l'ancien président de la Fédération des sapeurs-pompiers de France.
Alors, Madame Bricmont, la chaleur a fait plus de 35 000 morts sur le continent européen, supplémentaires par rapport aux autres années, et a impacté toutes les activités humaines cet été. Est-ce que les Européens se sont sentis trop longtemps à l'abri de ce réchauffement climatique
et tout d'un coup se réveillent ? Merci de remettre le sujet à l'agenda et de parler des 35 000 morts supplémentaires parce qu'on en a certainement trop peu parlé encore. Je voudrais d'abord leur rendre hommage. On n'a pas eu une seule minute de silence ici au Parlement européen pour leur rendre hommage et c'est important. Et ce n'est pas un fait divers parmi d'autres. Si on avait eu autant de morts liées à une crise, une pandémie, un attentat, ça aurait été le branle-bas de combat et l'activation d'un vrai plan d'urgence. On n'a pas vu ce déclenchement de plans d'urgence. ni au niveau national ni au niveau européen. On l'a pourtant demandé en plein été que l'on puisse se réunir, avoir un sommet des ministres compétents au niveau européen pour mettre en place les mesures d'urgence qui pouvaient l'être en matière notamment de prévention et de protection de la population face à ces vagues de chaleur. Il n'en a rien été. Il y a une volonté politique d'invisibiliser, de ne pas politiser la problématique alors que le dérèglement climatique, on va continuer à en subir les conséquences.
qui est un plan d'urgence européen cet été au cœur de la crise face à ces multiples vagues de chaleur ?
En fait, on ne peut pas demander à l'Europe ce que les États membres réclament, c'est-à-dire leur souveraineté. Et en la matière, il faut savoir quand même que le mécanisme de protection civile est un mécanisme volontaire et on appelle à l'aide si on en a envie, si on le souhaite. On appelle les autres États à l'aide. Donc il faut vraiment préciser que dans l'Union européenne, l'Europe ne peut pas tout faire parce qu'elle n'a pas la mesure de prendre la main sur quelque chose qui appartient d'abord aux États. Ça, c'est le premier point. Et dans les États, ce principe de subsidiarité existe. aussi parce qu'on a des états fédéraux en france pour mon pays ce sont des états où c'est organisé au niveau départemental et la solidarité ne s'exprime que quand les autorités communales départementales en expriment finalement la nécessité donc c'est bien là le finalement le la double difficulté c'est que c'est une politique très territoriale qui n'est pas au sens du régalien qui prend pas le dessus qui n'est pas au niveau européen exprimé avec des grands plans de prévention et derrière vous avez une europe à qui on demande tout Si
on prend le cas des incendies, c'est vrai que même la Commission européenne se félicite de ce mécanisme mis en place avec des moyens inédits, 800 sapeurs-pompiers, 22 avions bombardeurs d'eau, sans oublier cette solidarité qui a été sur tous les territoires incendiés bien réels. Ces moyens ont montré leurs intérêts, peut-être aussi leurs limites par rapport au déploiement de moyens
nationaux aussi. Oui, tout à fait. On a vu l'importance de l'Union européenne dans ce contexte et du fait qu'on puisse se venir en aide entre États, que ces mécanismes d'urgence puissent être activés par les États concernés par des crises, par des incendies majeurs, des méga-feux, contre lesquels les équipes de pompiers territoriales locales n'ont pas pu faire face. Mais le mécanisme a effectivement rapidement montré ses limites. Il faut quand même savoir qu'en 2025... 2024-2025, ce sont moins 18 000 effectifs de pompiers en Europe. Nos gouvernements ont décidé de diminuer à peu près partout les effectifs du pompier, là où ils n'ont pas arrêté d'alerter, y compris en Belgique, avec les incendies qu'on a vus dans les Hauts-de-Fagne en France, qu'ils étaient en sous-effectifs et qu'en cas d'incendie majeur, très vite, ils allaient être confrontés à des problèmes. Oui,
parce que c'est remonté au nord, jusqu'à la Belgique. Vous vous faites bien de le noter. La
Grèce, l'Italie, l'Espagne ont brûlé. Mais là où je ne suis pas d'accord. avec mon collègue, c'est que l'Europe a énormément de leviers d'action. Et le fait que depuis deux ans, on a sur notre table au Parlement européen, de par l'action de la Commission européenne, un agenda de dérégulation, donc de détricotage des lois environnementales, des lois climatiques, le fait qu'à un moment donné, on n'investisse pas massivement au niveau européen pour dire « Ok, la priorité, c'est d'isoler tous les logements pour des raisons évidentes de factures énergétiques, mais pour que personne ne meure de chaud sous son toit. » Aussi, c'est un enjeu sanitaire majeur dans le cadre des vagues de chaleur. qu'on va encore subir. Le fait de sortir des énergies fossiles, c'est au niveau européen qu'on doit prendre cette décision-là, d'arrêter progressivement les subsides aux énergies fossiles et de switcher vers quoi ? Le renouvelable, qui non seulement rétablit notre souveraineté énergétique, mais permet aussi de répondre à la problématique des factures, de l'explosion des prix du diesel. Tout soutient et l'Europe a tous ces leviers-là en main et elle ne les actionne pas suffisamment aujourd'hui. Une
réaction, Grégory Allianne ? Oui, je n'ai pas dit que l'Europe n'avait pas de levier. J'ai simplement dit que la politique de protection civile, de sécurité civile, était une politique très territoriale. Et je souscris pleinement finalement aux propos, puisque à savoir quand même que quand je suis arrivé au Parlement, vous avez dit que j'avais une fonction au préalable, j'étais président des sapeurs-pompiers de France. On a créé un intergroupe réunissant l'ensemble des groupes politiques pour justement traiter de ces sujets-là. Et par rapport au discours de la semaine dernière sur le discours de l'État de l'Union avec Mme Van der Leyen, qui évoquait la protection civile, nous, on attend encore plus. Parce qu'au-delà des moyens supplémentaires, il faut des hommes et des femmes. Et les hommes et les femmes, en Europe, c'est 80% de la ressource, c'est du pompier volontaire. 3 millions de sapeurs pompiers volontaires.
L'Union européenne, elle a acheté des Canadair en très grand nombre. Et précisément, on a reproché à Emmanuel Macron du coup de ne pas le faire.
En très grand nombre, c'est 12 appareils qui sont répartis sur 6 pays, dont 2 pour la France. Mais les accusations
contre le gouvernement français, justement, de substitut...
Dont 2 pour la France. Ce qui a été reproché à mon oeil, qui a fait le débat politique, c'était le report d'une commande de 2 appareils parce que l'usine qui est au Canada, rappelons-le, et on peut parler de souveraineté industrielle et en l'espèce, c'est ce que nous revendiquons, n'était pas en capacité de les fabriquer. Donc la flotte qui a été annoncée par USOL... la van der Leyen, c'est probablement celle qui a déjà été commandée. Et je souscris pleinement où il faut faire beaucoup plus, certes, en matière de matériel, c'est ce que nous travaillons actuellement, mais aussi en matière humaine et notamment sur le volet sapeurs-pompiers volontaires.
Alors, la présidente de la Commission européenne a fait des annonces sur cette adaptation au réchauffement climatique, mercredi 16 septembre, dans son discours sur l'état de l'Union face au Parlement européen et elle prévoit de présenter une loi sur la résilience climatique. On l'écoute.
Nous avons connu cet été un moment de vérité. Presque aucune partie de notre continent n'a été épargnée. 660 000 hectares réduits en cendres, quelques 12 millions de tonnes de récoltes perdues. Des fleuves aussi importants que le Danube, le Rhin ou la Garonne qui disparaissent sous nos yeux. de 35 000 décès supplémentaires pendant les vagues de chaleur. Le mois prochain, nous présenterons un nouveau cadre pour la résilience au changement climatique. Nous identifierons 100 des territoires les plus vulnérables d'Europe et nous évaluerons les risques ainsi que le niveau auquel ils doivent être gérés.
Saskia Bricmont, comment vous recevez cette future loi sur la résilience climatique ? Ça montre que la Commission européenne actionne un nouveau levier pour être plus résistant face à ces phénomènes extrêmes.
J'espère que ce n'est pas un énième effet d'annonce parce que des plans, rappelons-nous du pacte vert européen qui était le bébé de Madame von der Leyen, qui était censé en fait organiser... Toutes les politiques européennes pour atteindre nos objectifs climatiques. Ici, elles ne parlent que d'adaptation. L'adaptation est extrêmement importante. On l'a vu cet été, les citoyens européens l'ont vu cet été. On n'est pas prêt à faire face à ces méga-feux, on n'est pas prêt à faire face à des inondations. On doit adapter nos territoires, nos villes, nos maisons, notre agriculture, parce que les pertes de récoltes, on en parle trop peu aussi. La flambée des prix de l'énergie, de l'alimentation, tout ça. Mais si on s'adapte sans par ailleurs lutter contre le dérèglement climatique, en fait... Elle en a parlé
également, elle a dit atténuation et adaptation en même temps.
Sauf que tout l'agenda européen depuis le nouveau mandat 2024 va dans l'autre sens et que dans le discours de Madame Van der Leyen, on n'a pas entendu une seule fois le lien qu'elle fait entre le dérèglement climatique et la politique économique européenne et notamment cet agenda de compétitivité qui ne tient pas compte des effets du dérèglement climatique. La Commission prétend
qu'on peut faire en même temps atténuation du réchauffement climatique, c'est-à-dire baisse des CO2 et l'adaptation. Mais en effet, on vient de le souligner, il y a eu des votes contre l'ancien pacte vert. On n'ose même plus prononcer ce mot dans cet hémicycle apparemment.
Cette idée qu
'on fait surtout de l'adaptation et pas de la...
Au cours de cette mandature, ce que l'on souhaite, c'est continuer de s'adapter, continuer de pousser les textes qui font que... Aujourd'hui, vous savez, à nos concitoyens, il faut leur expliquer que certains ont voté finalement contre le fait d'avoir des voitures électriques. Et aujourd'hui, avec la situation géopolitique, on s'aperçoit qu'à la pompe, finalement, le pouvoir d'achat est obéré. Et ceux qui critiquent en ce moment les gouvernements qui sont en manœuvre sur le pouvoir d'achat sont ceux qui ont voté contre les textes qui auraient permis d'accélérer justement cette électrification de nos usages, cette décarbonation de nos usages. On reste trop dépendants des énergies carbone et aujourd'hui, ça pèse. sur le pouvoir d'achat. Mais qu'est-ce que vous pensez de cette majorité alternative ? Cette adaptation, il faut continuer et faire en sorte qu'entre adaptation, qui est celle que nous pronons, et atténuation, nous ayons ces deux leviers en même temps. Et je vais juste rajouter, et en conclusion, ce qu'il faut faire comprendre à nos concitoyens, à tous nos peuples au travers du territoire européen, c'est que ces deux mesures-là, ces deux politiques-là, sont des vrais vecteurs économiques. Ce sont des vrais vecteurs, finalement, de réussite économique. Ce qu'ils ont bien compris, ce sont les Chinois. Ce sont eux qui nous vendent la plupart des matériaux électriques, des panneaux photovoltaïques. Donc eux, ils sont en train de réussir une transition et nous, nous sommes en train de la louper.
'ailleurs, Ursula von der Leyen a dit que l'Union européenne pouvait devenir... la championne de l'adaptation au réchauffement climatique avec des entreprises compétitives dans ce domaine. Ça veut dire qu'on peut allier écologie et économie.
en fait, l'écologie est la condition sine qua non de l'économie et de la compétitivité. Si on n'intègre pas ça dans nos plans d'industrialisation, de développement économique, en fait, on loupe totalement le coche. Mais par contre, faire en même temps adopter une loi du plomb et l'équivalent au niveau européen, de ne pas sortir des pesticides et au contraire d'octroyer des dérogations supplémentaires, de continuer à donner des cotés. et des permis d'émettre des émissions de CO2, ne pas sortir des énergies fossiles, ne pas prendre des décisions politiques courageuses qui nous permettront de réellement réduire nos émissions de gaz à effet de serre, en fait, ce n'est pas possible. Donc qu'on nous dise qu'on veut s'adapter, on veut un grand plan de résilience climatique, mais en même temps... Mais pour l'instant, on est sur la trajectoire de baisse des émissions. mais sauf
que
climat et biodiversité, ça va main dans la main. Cet hémicycle sous l'égide de la Commission européenne a proposé de réduire les capacités et les outils de surveillance de nos forêts. Et voilà où on en est aujourd'hui. On a passé un été à voir les incendies se démultiplier et l'Europe affaiblit nos standards en matière de surveillance des forêts. Elle fait la même chose avec ce qui concerne le rétablissement de la biodiversité et la suppression de tout ce qui est pesticides. qui sont contre les pollinisateurs et qui détruisent la biodiversité, alors que nos agriculteurs sont les premiers confrontés à l'appauvrissement de leurs terres et à la sécheresse. Parce
qu'il y a aussi cette question de l'eau, finalement. Et ça a été un des temps forts aussi de ce discours, l'insistance sur une initiative européenne sur l'eau par Ursula von der Leyen à améliorer notre réseau, miner par les fuites, soutenir les agriculteurs. Vous critiquez parfois le stockage de l'eau, mais on va être obligé de stocker pour assurer notre sécurité alimentaire
? En fait, on ne peut pas dire qu'on va lutter contre le dérèglement climatique et donner les moyens aux sapeurs-pompiers pour lutter contre les feux l'été s'il n'y a pas d'eau. Donc, à un moment donné, il faut trouver le juste milieu. Je comprends tout à fait le raisonnement, mais à un moment donné, stocker de l'eau, c'est nécessaire pour nos nombreux usages. C'est nécessaire pour assurer l'alimentation en eau de nos populations. pour nos agriculteurs, pour nos industries, pour nos sapeurs-pompiers pour lutter contre les feux. Donc oui, à un moment donné, il faudra stocker de l'eau. On est dans une période où il y a de l'eau qui tombe en abondance, on n'est pas capable de la garder. Donc oui, il va falloir avoir des mesures courageuses et ne pas être dans la doctrine absolue de dire j'empêche tout de tout faire.
Exactement. Saskia Brickmont, vous êtes d'accord, on va être obligé de stocker de l'eau pour nos différents usages. Agriculture, pompiers, consommation ?
Écoutez, quand j'entends l'idéologie, ça me rend dingue quand même qu'on continue à mettre la question écologique dans la case idéologique. Parce qu'au nom d'une idéologie libérale, aujourd'hui, on ne fait pas ce qu'il faut en matière d'écologie. Et à nouveau, je répète que les deux sont éminemment liés. Si on parle d'eau, oui, il est grand temps qu'il y ait un plan global à l'échelle de l'Union européenne, puisqu'on va manquer d'eau, pour voir comment on fait en sorte que d'abord on puisse... Donner de l'eau à la population, donner de l'eau potable, c'est vital. C'est un besoin vital premier. Quantité et qualité. Ensuite, effectivement, il risque d'y avoir des conflits d'usage pour l'agriculture. On a besoin de se nourrir. Donc à un moment donné, il faut voir comment on fait en sorte d'approvisionner en eau nos champs. Ce sera nécessaire. Mais si tout ça est pensé intelligemment à l'échelle de l'Union européenne pour faire en sorte de ne pas arriver au stade de pénurie et de pouvoir s'organiser et qu'on n'arrive pas à ces conflits d'usage de l'eau, voire pire. des problèmes sociaux et des conflits liés à l'eau, c'est éminemment important. Mais j'ajoute, par exemple, on n'a pas entendu Madame von der Leyen parler des Big Data Center, que l'Europe est en train de déployer, qui sont extrêmement consommateurs en eau, par exemple. Donc tout ça va devoir être dans ce plan pour qu'on réfléchisse intelligemment à l'usage de l'eau. Deux
mots pour conclure, vous avez confiance, le prochain été sera meilleur que celui-là
je pense qu'on aura un été qui sera encore très complexe et il faut préparer nos concitoyens à être beaucoup mieux préparés en tous les cas. Moi, j'ai vu des populations qui ont demandé d'évacuer, qui ne savaient pas quoi faire, quoi emporter. Donc c'est cela la préparation. Et c'est aussi de dire à nos populations que l'État, l'Union européenne ne pourra pas tout faire. Lorsque j'étais sapeur-pompier, je disais que je n'avais pas la capacité de mettre un camion de sapeur-pompier devant chaque maison.
Saskia Bricmont, l'Europe sera prête pour l'été 2027 qui sera également chaud.
Je pense que l'Europe et nos gouvernements doivent vraiment se préparer et faire en sorte qu'il n'y ait plus des morts supplémentaires liées à la prochaine canicule qui pourrait arriver en mai, juin, l'année prochaine. Effectivement, il faut se préparer, accéder à l'eau. C'est aussi une question d'aménagement des territoires. Et ça, ce sont nos villes, ce sont les décideurs politiques à tous les niveaux de pouvoir qui doivent intégrer la question du dérèglement climatique, de ses conséquences dans toutes les politiques.
Merci à tous les deux d'avoir très bien illustré ce débat. Merci à vous de l'avoir suivi. Vous restez... sur nos antennes pour plus d'actualités.
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