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Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
coup je te laisse faire le tour des crottes et moi je vais faire le tour de sécu et éparpiller la nourriture.
Ici, c'est un rituel. Chaque matin, Elora cache de la viande un peu partout dans l'enclos des panthères.
Je suis en train de déparpiller la nourriture de Philibert, notre mal panthère, pour pouvoir faire en sorte qu'il cherche dans l'enclos, travailler ses sens, l'olfactif. Alors là, ça va être de la viande hachée, mais ils ont aussi du poulet, des steaks. On essaie de varier dans la semaine viande blanche, viande rouge. Il y a même des jours où ils n'ont pas de nourriture pour faire un petit peu comme dans la nature, que le transit se repose.
refuge de l'arche accueille et sauve des animaux depuis une cinquantaine d'années. il veille sur plus de 1000 bêtes issues de laboratoires Circuso, mais aussi du trafic illégal d'espèces sauvages. C'est le cas de ce félin.
Philibert, il a été récupéré par la gendarmerie, donc c'est une saisie chez un particulier. On n'a pas vraiment plus d'informations, mais du fait des analyses qui montrent qu'il y a eu des carences, qu'il était malnutri, forcément, oui, il y a eu du laisser aller et on ne s'est pas occupé de lui correctement. De toute façon, c'est un animal qui normalement devrait être dans la nature, donc il y a un affaire et on ne peut pas bien s'occuper de lui en tant que particulier. C'est plus mignon quand c'est tout bébé. C'est facile à garder, à faire des câlins, à papouiller. Mais c'est vrai que quand ça grandit, ça pose vite des problèmes. À partir du moment, les gens sont incapables de s'en occuper, forcément.
Ce jour-là, le sénateur de la Mayenne, Guillaume Chevrolier, vient rendre visite au refuge.
peut être deux sur le pont
Premier site touristique de son département.
arrive ici sur l'île des Lémurien, qui accueille notamment Kangoo, qui est issue du trafic illégal puisqu'elle était détenue par des particuliers et qu'on a recueillie pour lui offrir une vie plus adaptée dans un milieu avec des congénères qu'elle pourrait retrouver dans la nature.
2025, le sénateur a travaillé plusieurs mois à la rédaction d'un rapport sur le trafic d'espèces sauvages. Une mission ? qui l'a ramené tout droit sur ces terres.
êtes énormément sollicités puisqu'il y a de plus en plus de trafic, il y a des cabinets de curiosité, les personnes veulent collectionner soit des crânes ou soit carrément des espèces vivantes, exotiques, pour impressionner, mais ceci est illégal et on voit que ce trafic ne cesse de prendre de l'ampleur.
À chaque fois qu'un animal sauvage est saisi en France, c'est l'Association française des parcs zoologiques qui est chargée de lui trouver un lieu d'accueil. Le refuge de l'Arche reçoit des dizaines, voire des centaines de demandes de placement chaque mois. Impossible pour la structure d'accueillir tous ces animaux. En plus de sa mission de sauvetage, le refuge consacre une grande partie de son activité à la sensibilisation de ses quelques 80 000 visiteurs annuels.
les sensibilise au fait que les animaux sauvages appartiennent à la nature et on essaie d'oeuvrer pour une meilleure cohabitation entre l'homme et le reste du vivant. C'est un acte assez égoïste pour l'animal, mais aussi pour la biodiversité, puisque ça déstabilise les écosystèmes dans lesquels on retire les animaux.
je dis souvent sur les atteintes portées à l'environnement, elles sont parfois opérées par méconnaissance. Donc on voit que sur ces sujets, il faut davantage de pédagogie et d'informations sur l'environnement.
les réseaux, les contenus en apparence inoffensifs ou mignons sont légion. Anaïs Théron connaît bien ce phénomène. Elle a fondé l'association Réseaux Sauvages en 2025.
on voit une loutre qui se met dans une gamelle pour chien ou pour chat et qui se met dans l'eau, qui est normalement son espace naturel. On la voit dans un espace domestique, dans une maison. Ça, c'est typiquement un contenu qui montre l'utilisation d'un animal sauvage comme animal de compagnie.
contenus qui servent de moteur au trafic d'espèces sauvages. En les likant ou les commentant, les internautes alimentent les algorithmes. Ces vidéos, virales, normalisent la détention d'espèces protégées, un phénomène documenté par l'association.
Nous, ce qu'on fait, c'est que là, on reçoit des signalements, donc du coup d'internaute à internaute. Là, on a reçu près de 500 signalements et on peut retrouver un peu le nombre de likes, de partages, de vues, ce qui nous permet d'avoir une idée du potentiel de viralité et de visibilité du contenu. On les analyse et on essaie d'en créer de la connaissance. Quelles sont les espèces les plus représentées ? Quels sont les créateurs de contenu qui reviennent le plus aussi ? Où est-ce qu'ils sont basés ? Pour essayer de montrer aussi que ce n'est pas qu'un phénomène international. Ça concerne aussi des créateurs qui sont français. Et on essaie comme ça de pouvoir créer des données un peu clés pour montrer l'ampleur du phénomène.
À terme, l'organisation espère susciter une prise de conscience collective et agir sur la politique des plateformes.
pour ça, il faut pouvoir alerter les plateformes, qu'elles prennent conscience du phénomène et de ses conséquences. Elles ont aussi un intérêt économique avec ce phénomène perdu, parce que forcément, ces contenus sont viraux. Donc, il y a aussi une vraie responsabilité de leur part en termes de modération et de choix aussi de monétisation de ces contenus. Et donc, c'est sur ça que nous, Réseau Sauvage, on veut aussi impacter à la fois l'encadrement politique et aussi comment est-ce que ça se traduit dans les engagements de modération, les règlements intérieurs des plateformes.
Se procurer un animal sauvage se fait-il en quelques clics ? Nous décidons de faire le test. Notre choix se porte sur un Wistiti de quelques mois. Sa propriétaire semble vivre en Espagne. Très vite une réponse. On nous propose un jeune animal livré à notre porte pour seulement 350 euros. Nous n'irons pas plus loin et retournons au refuge de l'Arche avec une question. Que serait-il arrivé à ce Wistiti si nous l'avions acheté ? Qu'est-ce qu'on peut penser déjà de ces photos qu'on a reçues
Ça, c'est un petit. C'est un bébé, donc là, on peut se demander où sont les parents. Chez les Wistiti, du coup, forcément, c'est la mère qui les met au monde, mais ensuite, c'est le père qui les porte. Donc là, vraiment, il y a la question sur les deux parents qui se posent. À mon avis, c'est issu du braconnage. Et au niveau du transport, forcément, pour passer les douanes ou les contrôles aériens, ils vont être cachés. Donc on peut se douter que ça va être dans des tout petits espaces, dans des faux fonds de boîtes ou dans des... Fausse poche pour des bagages. Certains animaux ne survivent pas à ces transports. Donc vraiment, c'est quelque chose d'illégal, horrible et dans de très mauvaises conditions pour eux.
Attirés par la mignonnerie de ces bêtes, les particuliers se retrouvent souvent obligés de les maltraiter pour les garder.
début, en effet, c'est des tout petits, ils vont être mignons, mais on va s'apercevoir que ça fait ses besoins un petit peu partout. Donc on va vouloir leur mettre des couches, sauf que ces Ouistiti ont des queues, donc c'est pas pratique pour des couches. Donc souvent, les particuliers vont être amenés à couper la queue des Ouistiti pour une question de praticité et de propreté de l'animal.
sont les conditions de transport de ces petits animaux avant d'arriver en France ? Laetitia Tapon, experte du commerce international d'espèces protégées, nous explique.
a notamment vu des oiseaux qui étaient transportés dans des bagages. Je vous montre par exemple ce qu'on peut découvrir. On a eu le cas d'oiseaux. Imaginez une bouteille d'eau. Bien sûr, c'est découpé là aussi. Et l'oiseau est à l'intérieur, complètement comprimé, avec le bec fermé et bloqué. qui dépasse ici pour qu'il puisse respirer. Donc effectivement, dans le bagage, il ne respire pas forcément très bien, mais c'est un risque que les trafiquants prennent, du coup, pour le voyage. Là, je vous montre une bouteille, par exemple, transparente. On a déjà vu où on voit l'oiseau à travers, mais ça peut être des bouteilles fermées. Ça peut être des tubes, tout simplement. Un tube et l'oiseau est inséré à l'intérieur. Imaginez vraiment un tube noir et l'oiseau est inséré et il reste comme ça pendant tout le trajet, jusqu'à destination.
retrouvons le sénateur Guillaume Chevrolier au volant de sa voiture, en direction de l'aéroport parisien Roissy-Charles de Gaulle, pour constater l'ampleur du trafic.
le trafic ne passe pas par les aéroports, mais beaucoup en passent. C'est un hub important. On parle de centaines de tonnes de viande de brousse, mais après, d'espèces protégées passent par cet aéroport. Et les douaniers sont particulièrement mobilisés pour éviter des passeurs, parce qu'il y a le phénomène, on connaît les mules pour le trafic de drogue, et bien il y a malheureusement la même chose pour le trafic d'espèces protégées.
grande partie du trafic qui transite par l'aéroport provient des pays d'Afrique centrale. Mais impossible pour les douaniers de contrôler tous les voyageurs, alors ils ciblent leur fouille.
Je vais juste regarder les bagages, s'il vous plaît. Vous arrivez d'où ? La Guinée-Conakry. Est-ce qu'il y a des choses à déclarer à la douane ? Non, comme quoi ? Non, des marchandises particulières ? Que des vêtements ? Que des vêtements aimés manger. D'accord. Qu'est-ce qu'il y a alors en nourriture ? Il y a les poissons secs. Ok. La dame venait de Conakry. Au niveau des questions réglementaires, elle m'a déclaré seulement du poisson. Du coup, je vérifie ses dires. Pour l'instant, tout est bon.
Quelques minutes après notre arrivée, un passager avec une glacière attire l'attention de la douanière.
Vous arrivez d'où ? Kinshasa. Donc là, au vu de ces bagages, c'est une glacière. Souvent, les glaciers, on transporte tout ce qui est nourriture. Donc on le fait quand même systématiquement. Parfois, ils mettent des vêtements dedans. C'est souvent de l'alimentation. Il y a du poisson. Là et là, c'est du poisson séché. C'est assez courant.
Chaque jour, les agents saisissent des kilos de viande de brousse ou de poisson transportés illégalement. Des saisies qui finiront détruites.
Parfois, à l'intérieur des glacières, on trouve des petites chenilles, des petits verres, vous voyez, qui bougent encore. Et ça, après, ça se retrouve sur le territoire français. Et ça peut amener d'autres maladies.
trafic amène potentiellement des risques sanitaires très élevés pour notre pays, pour la population, les humains, mais également les animaux, nos élevages, agriculteurs, donc c'est un impact global. Les épidémies type la Covid-19, on sait, des liens entre présence d'animaux d'élevage, animaux sauvages, et si ça transite par des bagages, ça arrive sur le territoire national. propagation possible et impact sur l'agriculture française.
trafic d'espèces sauvages est une industrie criminelle majeure. Au niveau du monde, c'est le quatrième trafic le plus important, derrière les drogues ou encore les armes. Une économie parallèle à part entière qui représenterait 20 milliards de dollars par an.
Notre pays, la France, est naturellement très concernée par ce sujet parce qu'on a la chance d'avoir un positionnement géostratégique. On est un hub aéroportuaire, également les ports maritimes. Et puis les connexions avec le continent africain sont très fortes liées à notre histoire. Ce qui fait qu'on concentre des flux importants. C'est pour ça que la mobilisation de la France est importante. On pointe la nécessité d'avoir davantage d'informations. la certitude de la sanction, des moyens renforcés pour nos douaniers aux entrées de notre pays. C'est tout un arsenal qu'on propose pour être plus efficace face à ce trafic d'espèces protégées.
Depuis ce rapport, le gouvernement a lancé un plan de lutte contre les trafics d'espèces sauvages. Inspiré par le Sénat, il instaure plus de contrôles aux frontières et sur les réseaux sociaux et prévoit une enveloppe de 10 millions d'euros pour soutenir les refuges et les petites associations de protection animale.
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