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souhaitez, Philippe Devilliers, adresser un message au président de la République. Oui. Quel est ce message ? Alors je voudrais lui adresser le message suivant. Monsieur le Président, nous avons correspondu à une époque, et je me souviens de votre lettre du 4 juillet 2019, dans laquelle vous me dites entre les lignes, vous avez raison sur l'euthanasie. Cette lettre, je l'ai gardée précieusement, elle est écrite à la main. Elle est bien écrite. Elle est solennelle. Elle est personnelle. Elle vient du fort intime. Donc, qu'est-ce qui vous est arrivé ? Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous êtes en train de faire, là ? En plus, c'est très serré. Ça va être très serré, de plus en plus serré. Ce n'est pas du tout le consensus que vous avez appelé de vos voeux devant la grande loge. Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? Vous êtes en train d'opérer un renversement, un basculement éthique, un renversement anthropologique majeur. Vous êtes en train de changer de code. Vous passez du code pénal au code de la santé publique, avec la non-assistance de personnes en danger. La non-assistance de personnes en danger aujourd'hui... C'est un crime. Et la non-assistance à personne en danger, demain, sera une vertu morale. Avec votre loi. Une vertu morale familiale, civique. C'est intolérable. Renversement anthropologique. Mais ça va plus loin. C'est un retour en arrière. Un bond en arrière de 25 siècles. qui nous ramène vers l'âge pré-hypocratique, du nom de ce médecin grec, Hippocrate, qui a défini la médecine et les règles éthiques de la médecine, qui s'énumère ainsi, encore aujourd'hui, comme il y a 25 siècles à Athènes. Premièrement, le soignant soigne. Ensuite, le médecin sauve. Et ensuite, la mort sur ordonnance ne peut pas être le prolongement du soin. D'autant plus, comme le dit Claire Foucade magnifiquement dans son livre, la relation de soin entre le soignant et le soigné est une alliance asymétrique. C'est-à-dire qu'elle repose sur un acte de confiance ineffable. Cet acte de confiance ineffable ne peut pas supporter le soupçon. Comme l'a très bien dit le professeur Juvin, quand il a déclaré, moi, quand j'entre dans la chambre d'un patient, il me regarde, il guette mes yeux, il guette mes mains. Et il se pose la question, que vient-il faire ? Mais demain, la question sera plus lourde encore. Que vient-il faire ? Me sauver ? Ou en finir ? Avec un calmant, il vient ou avec une injection létale ? Donc, le crime de meurtre va devenir légal. Le crime de meurtre va devenir légal. Appelons les choses par leur nom. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on pourra tuer son parent, qu'on pourra tuer son enfant, qu'on pourra tuer son patient. Et ça change tout. C'est-à-dire qu'en fait, la mort administrée sera le prolongement du soin. C'est-à-dire que le soin sera défini autrement. par la médecine. Et déjà, on dit qu'il va y avoir un nouveau métier, les euthanasieurs, avec, dans les hôpitaux, des locaux affectés à ce nouveau métier, en finir. Et dans tous les pays qui ont légalisé l'euthanasie, le crime de meurtre s'est étendu aux enfants et aux handicapés. Il n'y a pas d'exception. Et donc j'en arrive à ceci, monsieur le Président. Vous mentez. Arrêtez de mentir. Pourquoi vous mentez ? Parce que vous dites avec vos amis, députés, vous dites qu'il s'agit d'une loi sur la fin de vie. C'est faux, c'est un mensonge. Puisque c'est une loi qui n'est pas que pour la fin de vie. Puisque sont éligibles, je cite, éligibles, vous vous rendez compte le mot, sont éligibles les incurables, les formes de maladies qui ne sont plus soignables, de même que les handicapés, etc. Sont éligibles. Ce n'est pas la fin de vie, ça. Ensuite, vous avez osé dire, Monsieur le Président, que c'était une loi de fraternité. Regardez-moi dans les yeux, si vous en avez le courage. Comment vous pouvez dire une chose pareille ? Une loi de fraternité ? Parce que donner la mort, c'est fraternel ? Donner la mort à son père, à sa mère, à son fils, à son patient, c'est fraternel ? Foutez du monde ! Et puis... L'aide active à mourir, qu'est-ce que c'est que ce contournement sémantique ? L'euphémisation, comme on dit. On contourne. L'aide active à mourir. Alors qu'il s'agit d'oxyre, par l'euthanasie et le suicide assisté, disons les mots, prononçons les mots, les plus pauvres. Parce que ce sont ceux-là qui sont concernés, les plus pauvres, les plus dépressifs, les plus démunis et les plus solitaires. Monsieur le Président, ce que vous êtes en train de faire laissera une trace dans l'histoire pour vous et vos amis. Vous serez comparé. à ce qui s'est passé en Allemagne en 1933 avec l'action T4 quand on disait dans une loi, je cite, que les personnes incurables doivent avoir droit à une mort miséricordieuse. L'eugénisme, puisqu'il s'agit de cela. L'eugénisme, c'est quand on décide... Qui va mourir et qui va vivre ? Le génisme, c'est quand on est sur le chemin de la dérive vers l'enfant parfait et le vieillard parfait. C'est ça le génisme. Et le génisme, c'est quand on dit délit d'entrave. Monsieur de Villiers, vous n'aurez plus le droit de dire que l'euthanasie est un crime. Vous n'aurez plus le droit de vous battre contre l'euthanasie et le suicide assisté. Parce que ce sera illégal et donc immoral. Monsieur le Président, vous avez charge d'âme en cet instant. C'est-à-dire que vous avez la charge de devoir considérer qu'en France, aujourd'hui, ce qui est légal est considéré comme moral. Par exemple, aujourd'hui, on ne peut plus dire... Que priver un enfant de sa vie, c'est mal. Le dire, c'est immoral. Parce que l'avortement est entré dans la Constitution. Et demain, on ne pourra plus défendre la vie. On risquera la prison. Et donc, M. le Président, je vous laisse en dépôt un mot de Bernanos que j'ai déjà prononcé ici. mais qui a toute son actualité. La civilisation moderne est une conspiration universelle contre toute forme de vie intérieure. C'est ce que vous m'avez dit dans votre lettre du 4 juillet 2019. Je vous en supplie, Monsieur le Président, considérez le pays comme il est. C'est un pays blessé, qui souffre. Il y a d'autres urgences que de liquider les vieux.
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