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Donald Trump qui menace de rompre les échanges commerciaux avec l'Union européenne après que Ursula von der Leyen a dit vouloir faire du Canada le premier pays membre associé de l'Union. Trump est-il hostile à l'Europe puissance ? On va en parler avec vous Benjamin Haddad. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation des délégués chargés de l'Europe. Interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Benjamin Haddad. Bonjour. On va revenir sur le discours d'Ursula von der Leyen et notamment cette mesure qui fait réagir jusqu'au président américain Ursula von der Leyen qui veut donc ouvrir la porte au Canada pour qu'il devienne membre associé de l'Union européenne. D'abord, est-ce que la France va ouvrir la porte ? Vous êtes d'accord avec ça ?
je trouve que c'est une très bonne idée d'approfondir les relations avec le Canada. Et d'ailleurs, le Canada fait partie de la coalition des volontaires qui a été créée par la France pour soutenir l'Ukraine et travailler sur les garanties de sécurité, a été invitée à la dernière communauté politique européenne. C'est la première fois qu'on avait un État qui n'était pas... européen ou du continent européen qui participait et sur le plan de l'énergie, sur le plan de la défense et de la vision du monde plus généralement, c'est-à-dire d'un attachement droit international au multilatéralisme et à la démocratie libérale. On a beaucoup de choses à faire avec le Canada. Je ne sais pas quelle forme institutionnelle ça doit prendre. En s
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'approfondir la relation et en faire un membre associé de l'Union européenne, il y a un fossé. Pas grand comme l'Océan Atlantique, mais un peu quand même.
Aujourd'hui, ce statut de membre associé, comme vous le savez, il n'existe pas. Donc il reste à définir. Donc encore une fois, moi, je ne sais pas quel titre et statut ça doit prendre. En tout cas, effectivement, nous avons tout intérêt, aussi bien entre la France et le Canada, et l'Union européenne et le Canada, à approfondir cette relation. Vous n
'applaudissez pas des deux mains sur ce statut de membre associé.
Mais c'est un débat qui a lieu depuis quelques temps. On en a parlé aussi d'ailleurs pour l'Ukraine l'an dernier. La question qui se pose, c'est comment est-ce qu'on peut mieux ancrer des relations avec des pays ? qui sont alignés, qui sont affinitaires, qui sont de notre voisinage, qui n'ont pas vocation à rentrer dans l'Union européenne, avec lesquels effectivement on peut resserrer les liens.
Mais est-ce que de votre point de vue, il faut entamer une discussion pour définir vraiment ce qu'est ce statut de membre associé ? Parce que comme vous le disiez, l'Ukraine s'est déjà vu proposer ce même statut, c'est un statut qui n'existe pas. Est-ce que la France serait demandeuse d'ouvrir des discussions pour en définir précisément les contours ?
Je crois que nous avons aujourd'hui déjà plusieurs institutions et plusieurs formats dans lesquels on peut déjà approfondir la relation avec le Canada. Évidemment, au niveau de l'Union européenne, on a un accord commercial. On pourrait regarder la façon dont on peut y mettre plus de contenu. Je pense encore une fois à la question des minerais critiques, à l'énergie, à la défense, l'aérospatiale, la communauté politique européenne, où le Canada a été membre récemment. Sur les sujets liés à la défense, la coalition des volontaires qui est… chargé de réfléchir aux garanties de sécurité qu'on va donner à l'Ukraine après la guerre, mais aussi de coordonner notre soutien actuel à l'Ukraine. On voit que le Canada partage des valeurs et des intérêts qui sont convergents avec les pays européens. Dans ces cadres-là, on peut aussi approfondir déjà l'existant dans la relation
avec l'Ukraine. On sent votre prudence. Un enthousiasme modéré sur cette proposition précise. Est-ce que pour cela, Van Der Leyen, et pour l'Union européenne, c'est un moyen de mettre le drapeau européen sur un pays dont Donald Trump... Très bien le drapeau américain. Et est-ce qu'au recours sous la Van der Leyen, c'est aussi un moyen pour elle de faire oublier qu'il y a quelques temps, elle signait des accords commerciaux avec Donald Trump
mais là, je pense que vous faites de l'interprétation sur les sujets qui ne sont pas liés. Le Canada, encore une fois, est un pays avec lequel nous partageons beaucoup d'intérêts et de valeurs en commun. C'est un pays qui a manifesté depuis longtemps sa volonté de trouver des façons de se rapprocher de l'Europe sur les questions de défense, sur les questions... d'énergie et donc je trouve que c'est bienvenu. On n'a pas besoin d'aller interpréter sur les États-Unis ou non. C'est dans notre intérêt de travailler avec le Canada, de travailler d'ailleurs plus avec d'autres États qui ne sont pas membres de l'Union européenne, je pense au Royaume-Uni, à la Norvège, à l'Australie sur la question des minerais. Il y a encore une fois beaucoup de partenaires qui sont des démocraties. qui partagent nos valeurs, notre vision du monde, la volonté aussi de ne pas se retrouver spectateur passif d'un affrontement entre les États-Unis et à la Chine, et d'incarner une voix indépendante, à ce moment-là, travaillons effectivement avec le Canada. Et d'ailleurs, le président de la République sera avec le Premier ministre Marc Carnet dans les prochains jours.
Au Canada
À Saint-Pierre-et-Miquelon, comme vous le savez. À Saint-Pierre
-et-Miquelon.
Et vous dites que si cette proposition est faite au Canada, ça n'a aucun rapport avec le fait que Donald Trump ait jeté son dévolu sur le Canada ? Ce n'est pas une mesure de protection, en fait, ou une forme de solidarité envers le Canada ?
Mais bien sûr que nous sommes solidaires et proches du Canada. Et comme je vous le dis, l'objectif, c'est justement de voir la façon dont on peut incarner nos valeurs, nos intérêts communs et travailler ensemble à cette... voie indépendante dans les relations internationales.
Donald Trump, ça ne lui a pas du tout plu, cette proposition d'Ursula von der Leyen. Acte hostile, dit-il, si elle était mise en œuvre. Comment vous réagissez à sa menace, il y a quelques heures, de rompre les accords commerciaux avec l'Union européenne, si cette proposition veillait le jour
Bon, tout d'abord, moi, je n'ai pas pour habitude de commenter toutes les déclarations du président des États-Unis. Il y en a déjà beaucoup. Et puis, par ailleurs... Voilà, c'est une menace directe sur l'Union européenne. Ce n'est pas... à une puissance étrangère, ce n'est pas aux États-Unis ou à qui que ce soit, de choisir les orientations politiques et géopolitiques des Européens. Encore une fois, nous avons une relation avec le Canada, nous sommes tout à fait en droit de chercher à l'approfondir pour incarner, exprimer nos intérêts, nos valeurs communes, et donc ce n'est pas aux États-Unis ou à qui que ce soit d'avoir un veto sur les relations. de l'Union européenne ou du Canada.
Donc vous ne céderez pas à cette forme de chantage de Donald Trump ? Ce
n'est pas dans notre habitude.
Est-ce que vous n'avez pas l'impression, quand vous entendez Donald Trump, qu'il y a une forme d'hostilité face à l'Union européenne et face à l'Europe puissance
Moi, je vois déjà des tendances de long terme, au-delà de la personne de Donald Trump, qui ont déjà même été exprimées par des présidents démocrates, pour dire que la priorité, c'était la Chine, pour faire du protectionnisme parfois à l'encontre des intérêts européens, penser à l'Inflation Reduction Act de Joe Biden. Je pense qu'au-delà de Donald Trump, qui a sa personnalité, il y aura des tendances qui continueront, d'ailleurs, quel que soit le président suivant. qu'ils soient démocrates ou républicains. Et donc fondamentalement, la seule conclusion qu'il faut en tirer pour nous, c'est d'investir dans notre autonomie stratégique, dans notre propre puissance, dans la réduction de nos dépendances, sur le plan militaire bien sûr, mais aussi sur le plan énergétique, sur le plan technologique. Nous avons des alliés, mais nous avons aussi des intérêts à faire valoir. Nous devons pouvoir assumer aussi des rapports de force. Et donc, je suis plutôt d'avis de ne pas commenter toujours ce que disent les autres, mais de se concentrer sur ce que nous devons faire nous-mêmes. pour affirmer la puissance européenne.
Alors justement, Salah Van der Leyen qui a proposé la création d'un Conseil de sécurité européen, sur l'Union européenne, le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni. Est-ce que là vous y êtes favorable ?
Vous savez que c'était une proposition initiale du président de la République. C'est le président de la République qui avait parlé de ce Conseil de sécurité. Je trouve qu'effectivement, il faut ouvrir à la réflexion sur la façon dont on peut travailler sur les questions de défense et de sécurité au niveau européen, y compris avec des États qui ne sont pas aujourd'hui membres de l'Union européenne, mais qui contribuent à l'architecture de sécurité, bien sûr. le Royaume-Uni. C'est pour ça, d'ailleurs, que le président de la République avait choisi de créer la coalition des volontaires pour l'Ukraine avec le Royaume-Uni. Bien sûr, la Norvège, qui est un partenaire avec lequel nous avons approfondi aussi les relations de défense. Et donc, je crois qu'il faut effectivement avoir cette réflexion sur l'articulation entre l'Alliance, l'OTAN, l'Union européenne qui peut servir notamment à financer la coopération industrielle, donc à faire émerger aussi une base industrielle de défense. autonome à travers ces instruments comme SAFE, comme le prochain budget européen, le cadre financier pluriannuel. Et donc un conseil de sécurité qui pourrait agréger les principales puissances pour parler de l'avenir de ces questions de sécurité sur le continent européen. Notamment face à la menace russe ? Notamment face à la menace russe. Comment vous
évaluez aujourd'hui l'état de la menace russe ? Elle est faible, elle est modérée, elle est forte
je vois déjà la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine, naturellement. Et c'est pour ça que soutenir les Ukrainiens, c'est notre première ligne de défense face à cette menace de la Russie. Mais on voit effectivement la Russie qui menace toutes nos démocraties européennes par ses ingérences, par ses attaques cyber, par ses attaques hybrides, comme on l'a vu encore, se multiplier ces derniers jours. Et donc, dans ce contexte, il faut rester calme et ferme. La Russie cherche à nous intimider, à nous diviser. Elle a échoué ces dernières années. Ces dernières années, nous avons d'ailleurs toujours sous-estimé, en fait... Vladimir
Poutine, il n'arrive pas à intimider l'Europe, selon vous
Non, au contraire. Mais au contraire, regardez, ça fait quatre ans... qu'ils croient que nous allons nous désunir, que nous allons nous affaiblir, que nous allons perdre notre détermination. Et au contraire, aujourd'hui, les principaux soutiens de l'Ukraine, ce sont les Européens. Nous, nous étions d'ailleurs, il y a quelques années, fixés des lignes rouges, des limites à nous-mêmes, comme le fait de livrer des armes, des chars, des capacités de frappe en profondeur. Et nous avons accéléré notre soutien à l'Ukraine. Et c'est aujourd'hui l'Ukraine qui regagne du terrain. Donc il n'y a aucune raison. d'exagérer nos faiblesses autoflagellées. Au contraire, nous avons montré que nous étions capables d'être unis, fort déterminés. Ce n'est que dans la force. que l'on dissuade la menace.
Et vous étiez d'ailleurs en Ukraine il y a quelques jours. Les Russes, qui ont qualifié mardi d'imprudente l'initiative française de dissuasion nucléaire avancée. Qu'est-ce qu'il faut voir derrière ce thème ?
Ça fait des années, encore une fois, que la Russie, par sa rhétorique, essaie d'intimider. Je crois qu'encore une fois, il ne faut pas surréagir ou y prêter beaucoup d'attention. Mais est-ce que cette initiative,
elle met une cible russe dans le dos de la France
? Mais non, cette initiative, elle contribue à la sécurité de la France et de nos partenaires. Rappelons de quoi il s'agit tout de même. Il s'agit de dire que, bien sûr, la dissuasion nucléaire et la décision de la dissuasion nucléaire, elle restera toujours intégralement française, en particulier la décision du président de la République, mais que naturellement, comme l'avait dit depuis le général de Gaulle, les intérêts vitaux de notre pays ont une dimension européenne, c'est-à-dire que ce qui se passe à nos frontières, la sécurité de nos alliés, évidemment que ça a un impact sur la sécurité des Français. Donc on réfléchit à la façon dont on peut... mettre en commun des forces, stationner des forces de dissuasion chez nos voisins, faire participer à des exercices en commun pour contribuer à la sécurité du continent.
Mais qu'on comprenne bien, la Finlande y a adhéré il y a quelques jours, c'est le dixième pays y a adhéré. Est-ce que ça veut dire que si Helsinki est attaqué par les Russes, on sort l'arme nucléaire
Ce n'est pas sur un plateau télé que je vais commencer à lancer ce genre de déclaration et vous le savez que ces décisions sont toujours... Qu'est-ce qu'il y a concrètement
derrière ce terme de... Laissez-moi,
s'il vous plaît, terminez, si vous posez une question à une telle gravité, il faut en parler effectivement avec calme. Ce sont évidemment des décisions qui sont l'apanage du président de la République. Maintenant, nous avons des alliés. Nous avons des garanties de sécurité. Je vous rappelle que nous sommes membres de l'OTAN. La Finlande, d'ailleurs, est membre depuis peu de l'OTAN. C'est d'ailleurs l'une des conséquences de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Et donc, la France honore sa parole et est aux côtés de ses partenaires. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons approfondi nos relations de sécurité et de défense avec nos partenaires sur le flanc Est. Je vous rappelle que nous avons des troupes dans les pays baltes, par exemple, comme en Estonie, à qui je suis allé rendre visite il y a quelques mois. Nous sommes nation cadre de l'OTAN. En Roumanie, nous avons beaucoup approfondi notre partenariat de défense avec la Pologne, précisément pour dissuader la menace et renforcer la sécurité européenne.
Mais du coup, qu'est-ce que ça implique de plus que nos engagements qui sont déjà présents en tant que membres de l'OTAN
? La dissuasion avancée, elle crée de l'incertitude chez l'adversaire. Elle renforce, encore une fois, la sécurité des Européens, en particulier aussi dans un climat d'incertitude sur la garantie de sécurité américaine et l'avenir de la relation. Elle permet aussi d'intégrer nos partenaires à la dimension conventionnelle de la dissuasion nucléaire, c'est-à-dire autant la dissuasion nucléaire elle-même, comme je le disais, restait 100% française, y compris dans son financement, mais sur sa partie conventionnelle, c'est-à-dire les capacités de frappe en profondeur, les mécanismes d'alerte avancée, on peut avoir des coopérations industrielles avec nos partenaires. C'est des discussions que nous avons par exemple avec les Allemands et avec d'autres, et donc ça contribue une fois de plus à… la sécurité des Français et de nos voisins.
Pour qu'on comprenne bien, juste Benjamin Haddad, pour finir là-dessus, donc nous on leur apporte le parapluie nucléaire, eux, qu'est-ce qu'ils nous apportent en échange ?
Eh bien, comme je vous le disais, par exemple, le fait de pouvoir contribuer de façon conventionnelle à renforcer notre dissuasion avec des coopérations sur les mécanismes d'alerte avancée ou les capacités de frappe en profondeur.
Et financièrement parlant ?
Mais je viens de vous répondre.
Oui, mais enfin, c'est des moyens.
Oui, c'est des moyens.
On va finir sur ce sujet. Je
viens de le préciser parce que financièrement, il ne s'agit pas du financement de la dissuasion qui reste 100% française naturellement. Et la décision aussi. Et la décision aussi parce qu'on entend beaucoup de fake news, comme vous le savez, sur ce sujet.
C'est pour ça que c'est bien de le préciser. Sur le numérique, parce que là aussi, il en a été question hier lors du discours de Ursula von der Leyen et les réseaux sociaux. Christelle.
lors de son discours, elle a proposé une interdiction des réseaux sociaux. C'était une demande d'Emmanuel Macron. Lui aurait aimé qu'il soit interdit dès l'âge de 15 ans. Elle a proposé 13. C'est un recul par rapport à la demande. Non, parce que c'est exactement la proposition
que nous avons envoyée à la Commission européenne, c'est-à-dire entre 13 et 15 ans, vous avez effectivement la possibilité d'avoir un contrôle parental ou une validation parentale. Puisque comme vous le savez, il y avait une première proposition, nous étions en discussion aussi bien. avec la Commission européenne, il y a eu aussi la décision du Conseil constitutionnel, donc nous avons travaillé à avoir une nouvelle proposition qui est compatible avec les deux décisions. C'est pas une manière de
contourner la décision du Conseil constitutionnel ? C
'est une façon d'y répondre, de répondre aussi aux problématiques qui ont été soulevées par le Conseil constitutionnel. Mais au-delà de ça, ce que j'ai entendu hier, c'est justement le leadership qui a été incarné par la France. C'est nous qui avons mis ce sujet de la protection des mineurs, de la santé. mentale des enfants face aux réseaux sociaux dans le débat européen. C'est nous qui avons créé une dynamique avec les gouvernements européens à ce sujet. Ça a été repris par la présidente de la Commission européenne. Donc il faut se féliciter de la proposition européenne en ce sens. Et d'ailleurs, je voudrais dire au-delà de ça, sur ce discours sur l'État de l'Union qu'on a entendu hier. Quand on parle de réduction des dépendances, quand on parle de questions de sécurité, de sécurité commerciale aussi face à la Chine avec les surcapacités subventionnées dans le domaine industriel qui viennent déstabiliser nos filières, de protection des enfants dans l'espace numérique, c'est bien l'agenda de la France. C'est bien les propositions de la France, d'ailleurs depuis 2017 et les discours sur la Sorbonne, sur la souveraineté européenne du président de la République, qui sont aujourd'hui au cœur de l'agenda européen. Il faut s'en féliciter.
Donc là, on en a parlé dans son discours. Après, j'imagine que le processus va être long. Pour la mise en place, est-ce qu'on peut imaginer un aboutissement avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron ou ce n'est pas imaginable ? Oui,
c'est notre objectif effectivement de pouvoir avoir un texte avant la fin du quinquennat.
Un mot sur les réseaux sociaux et le risque d'ingérence. On est en pleine campagne présidentielle en France. Est-ce que ça vous inquiète et est-ce que vous avez les moyens efficaces de lutter contre ces ingérences ?
Alors ces ingérences, vous le savez, on les voit déjà depuis plusieurs années dans l'espace informationnel. On le voit aussi bien en France, qui est l'un des pays les plus ciblés en Europe par ces ingérences, en particulier venant de la Russie. On l'a vu d'ailleurs aussi dans des processus électoraux en Europe. Je pense à ce qui s'est passé en Moldavie ou en Roumanie. Moi, je me suis rendu dans ces pays où on a vu... des contenus artificiellement amplifiés sur les réseaux sociaux, que ce soit sur TikTok ou Telegram, en particulier par la Russie. Donc il faut être extrêmement vigilant. un état de droit européen sur ces sujets. Nous avons des textes, notamment le Digital Service A, qui permet de dire de façon très concrète que ce qui est interdit dans le monde réel doit être interdit dans le monde virtuel. Que ce soit la haine en ligne, les ingérences, la manipulation de l'information, la manipulation des algorithmes. Nous avons des outils européens. Il faut pouvoir les utiliser, effectivement, pour protéger notre espace informationnel.
Christelle. Oui, Ursula von der Leyen a aussi abordé un autre sujet international. Elle a qualifié d'inacceptable la décision du gouvernement israélien de faire avancer le projet de colonie E1. La France a déjà pris des mesures contre ça. Est-ce qu'il faut, et notamment interdit, les importations issues des colonies israéliennes ? Est-ce qu'il faut aller plus loin
ce sujet-là ? – Vous connaissez l'attachement de la France à la solution à deux États. Le président de la République s'était lui-même beaucoup impliqué sur ce sujet, avec notamment la déclaration aux Nations Unies il y a exactement un an, et tout le travail que nous avons fait en faveur d'un cessez-le-feu, en faveur de l'aide humanitaire aux Palestiniens. Il y a eu les annonces en effet du ministre Jean-Noël Barraud, et donc on travaille effectivement avec nos partenaires sur ce sujet pour, encore une fois… continuer à donner une espérance à cette solution politique qui est la seule voie pour avoir un État palestinien qui reconnaît l'existence et la sécurité de l'Israélien, et évidemment sans le Hamas, et débarrasser du Hamas avec un Hamas désarmé. Mais là, il faut aller plus loin dans les sanctions. Vous l'avez vu déjà, des mesures qui ont été annoncées par le ministre d'Afrique Stanger.
-ce que vous nous confirmez, Benjamin Haddad, que Sébastien Lecornu demande une baisse de la contribution des États membres au budget de l'Union européenne ?
Non, ce n'est pas ça. Je veux vous expliquer de façon très claire. Tous les ans, on a le budget européen. Et là, nous avons des nouvelles recettes pour le budget européen, notamment une taxe sur Google de 4,6 milliards d'euros. Ce que nous avons dit, c'est qu'à partir du moment où vous avez des nouvelles recettes pour l'Union européenne, automatiquement, ça doit faire baisser. les contributions de tous les états membres. Mais pourquoi
? Donc ils demandent une baisse de la contribution des états membres ? Non mais
tous les ans nous avons cette discussion et c'était déjà le cas l'an dernier. L'an dernier, entre ce qui avait été prévu initialement pour notre contribution et la contribution finale, ça avait légèrement baissé. Je tiens à le dire parce que j'entends parfois dans le débat public certains dire qu'il s'agit d'un rabais. Mais ce n'est en aucun cas. Nous, nous nous battons depuis des années. Ça va être d'ailleurs l'un des enjeux de l'adoption du prochain cas de financier pluriannuel qui est le budget sur la période 2028-2034. de l'Union européenne pour créer des ressources propres de l'Union européenne. Et de dire, l'Union européenne a besoin d'un budget ambitieux pour soutenir nos agriculteurs, pour la cohésion des territoires, pour investir dans la défense, dans le spatial, dans l'intelligence artificielle. Mais tout ça ne peut pas reposer uniquement sur la contribution nationale des États membres. Aujourd'hui, c'est à peu près 90% du budget de l'Union européenne est financé par la contribution nationale des États membres. Si on veut un budget ambitieux, mais qu'on ne veut pas effectivement constamment faire augmenter notre contribution, on a besoin... de ressources propres, ça peut être la taxe carbone aux frontières, la taxe sur les petits colis, un Estat européen comme ça a été proposé par la Commission, une taxe sur les services numériques, il y en a une en France mais vous savez que ce serait beaucoup plus efficace si on le faisait au niveau des 27 et donc il faut se féliciter effectivement d'avoir ces nouvelles ressources et là c'est le cas effectivement de cette amende Google. qui doit pouvoir faire diminuer les contributions. – Qui doit ruisseller,
c'est ce que dit Sébastien Lecourne, ça doit ruisseller sur les amendements. – Mais c'est la logique des institutions. – Ça veut dire que pour le budget de la France, vous souhaiteriez que ça se chiffre à combien ? C'est pas un rabais, mais cette moindre contribution.
– Alors ça, ça fait l'objet des discussions. J'ai vu le commissaire au budget, Piotr Serafine, la semaine dernière à Bruxelles, pour effectivement essayer d'évaluer, je n'ai pas encore de chiffres à vous donner à ce stade, mais évaluer la façon dont ça pourrait faire baisser la contribution de tous les États membres, y compris celle de la France, et pour demander, comme nous le faisons chaque année aussi, à la Commission européenne de maîtriser son augmentation de dépenses, en particulier ses dépenses. – Donc ça veut dire que vous
ne demandez pas un rabais compte tenu de nos difficultés budgétaires ?
– Non, mais de toute façon, encore une fois, ça ce n'est pas une discussion que vous avez d'année en année, il s'agit encore une fois lié… à cette nouvelle recette, qui est une bonne nouvelle, cette amende, là, en l'occurrence, qui a été infligée à Google, 4,6 milliards d'euros, effectivement, que ça se traduise en une ressource propre pour l'Union européenne, donc ça fasse baisser la contribution. – Parce que la question du
rabais, elle est dans le débat, le Rassemblement national, depuis longtemps, on dit qu'il faut qu'on contribue moins à l'Union européenne. Bruno Le Maire, qui n'est pas le moins européen du lot, dit qu'il faut la baisser de 5 milliards. Qu'est-ce que vous dites ? – Mais
moi, je vais vous dire, c'est une erreur. Je vais vous expliquer de façon très claire pourquoi. Moi, demain… Je vais voir les partenaires européens et je leur dis la France veut un rabais. Qu'est-ce qu'ils vont me répondre ? Ils vont dire très bien, on baisse la PAC et vous la financerez au niveau national. La France est le premier bénéficiaire des fonds européens et en particulier le premier bénéficiaire de la politique agricole commune. Donc derrière, il faut aller expliquer à nos agriculteurs, on va baisser vos paiements directs pour baisser la contribution française. La France bénéficie de son appartenance au marché intérieur et à l'Union européenne. En revanche, comme je vous le disais, nous travaillons pour le prochain cadre financier pluriannuel à ce que l'Union européenne se dote de ressources propres, comme l'attaque carbone aux frontières, comme l'attaque sur les services numériques, donc des ressources qui pèsent sur les acteurs extérieurs à l'Union européenne, qui ne viennent pas alourdir la charge fiscale des Européens, pour pouvoir effectivement faire face aux besoins. d'investissement dans l'IA, dans la défense, dans le spatial, pour pouvoir continuer à assurer la sécurité alimentaire des Européens à travers la politique agricole commune. Mais si demain vous venez dire on veut intrancher le budget européen, très bien, mais venez l'expliquer à nos régions qui touchent la cohésion, à nos agriculteurs qui touchent la PAC, à nos entreprises qui touchent les fonds Horizon, à nos étudiants qui veulent aller faire des déplacements Erasmus, etc.
Dernière question sur Gabriel Attal. Gabriel Attal est à Reims aujourd'hui pour répondre justement au discours d'Ursula van der Leyen. Est-ce que c'est le rôle d'un candidat issu de l'ex-majorité présidentielle de répondre de cette manière, quitte à interférer dans la position de la France ?
– Non, alors, comme vous le savez, ce n'est pas le candidat que je soutiens dans cette élection présidentielle. Cela étant dit, je trouve ça bienvenu que des candidats viennent exprimer leur vision de l'Europe. – Ce qui va être visiblement
très critique, soulignant que l'Europe n'a pas réussi à lutter contre la désindustrialisation en France.
– On peut parler après des sujets de fond et déclinés, mais je crois que c'est important, effectivement, que l'Europe soit au cœur de cette campagne. Tout d'abord parce que… Regardez les sujets dont nous avons parlé aujourd'hui. La pression de la Russie, la relation avec Donald Trump, les questions de dissuasion nucléaire. On ne peut pas faire l'économie d'un débat sur les questions internationales, géopolitiques, du contexte qui nous entoure dans l'élection présidentielle. La question qu'on se pose dans cette élection présidentielle, c'est qui vous voulez aux manettes, qui vous voulez dans le PC Jupiter, quand on aura peut-être à nouveau des crises géopolitiques et internationales. Et par ailleurs, je voudrais aussi rappeler que nous avons aujourd'hui… Deux forces, la France insoumise et le Rassemblement national, qui sont des forces anti-européennes, qui sont des forces alignées sur l'agenda de M. Poutine, qui se sont opposées à tous les tournants au soutien à l'Ukraine. Mme Le Pen, qui, il y a dix ans, on se rappelle, faisait campagne pour le Frexit et la sortie de l'Europe. Je ne crois pas que ce soit le français. Je pense qu'effectivement, nous parlerons d'Europe, nous parlerons de géopolitique dans cette campagne présidentielle.
Merci Benjamin Haddad, merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin. Christelle, la Une de la dépêche, autre sujet, quatrième exécution depuis janvier.