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À l'heure où l'État cherche des économies, la facture interpelle. Près de 53 millions d'euros pour un nouveau pavillon d'accueil à l'Assemblée nationale. Mais c'est surtout son architecture qui provoque un tollé, une façade en verre au cœur d'un site historique à Paris. La présidente de l'Assemblée tente de justifier son projet. Les opposants ne désarment pas. Alors verra-t-il le jour ? C'est l'œil du 20h, signé Lisa Beaujour, Camille Gutin et Hervé Pozzo.
on pense à l'Assemblée nationale, on pense à ça, des colonnes iconiques. Pourtant, c'est cet édifice discret, dédié à l'accueil des visiteurs, qui déchaîne aujourd'hui les passions. La présidente de l'Assemblée veut le rénover totalement, mais pour certains, cet ambitieux projet est aberrant et beaucoup trop coûteux. L'Assemblée nationale n'a pas encore fait sa rentrée, mais Yael Braun-Pivet a déjà convoqué toute la presse pour une opération déminage.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
aurait dû organiser cette conférence de presse probablement plus tôt pour pouvoir expliquer, montrer, répondre
aux questions. Objectif affiché, répondre à la polémique suscitée par son projet. La destruction du pavillon actuel pour le remplacer par cette construction ultra moderne. Quatre grands cylindres de verre en façade, une cafétéria, une boutique et un sous-sol aménagé avec un musée. Le tout pour augmenter le nombre de visiteurs accueillis chaque année à l'Assemblée, comme nous l'explique l'architecte en charge du projet.
pense que le contemporain éclaire le patrimoine. On a été très attentif au lieu, on a réarticulé tous les espaces et on a surtout permis cette accessibilité universelle qui n'était pas possible.
A la tête des critiques, le président d'une association de préservation du patrimoine. Sa pétition a recueilli plus de 150 000 signatures et il multiplie les attaques sur l'esthétique du futur bâtiment.
va introduire ce bâtiment en verre qui va venir déséquilibrer la composition et rompre l'unité architecturale des rives de la Seine.
Nous sommes
en
pleine interview lorsque quelqu'un nous interrompt.
Revoici l
'architecte
en personne. Faire la vidéo que vous avez faite, c'est vraiment pas une bonne chose. La
vidéo à laquelle il fait référence, la voici. Une modélisation largement partagée sur les réseaux sociaux. Mais trompeuse, selon l'architecte. « Avant de commettre des vidéos comme ça, qui sont
des mensonges...
» « Non, ce n'est pas un mensonge, c'est une simulation de volume avec une couleur qui n'est pas réelle. » « Mais non, mais si, peu importe. » « Mais sur le fond, vous comprenez ces arguments.
» « Non, je ne
comprends
pas ces arguments. » Malheureusement, nous n'arriverons pas à les réconcilier. Au-delà de l'esthétique, c'est aussi le coût du projet qui pose problème. Près de 53 millions d'euros, une somme élevée en période de disette budgétaire. Je
ne vois pas l'intérêt de mettre autant d'argent dans... Enfin, je ne vois pas l'intérêt. Je ne vois pas du tout l'intérêt de ce projet. Ça apporte beaucoup de clarté à l'édifice. C'est bien. Et alors, si je vous dis que ça coûte à peu près 50
millions d'euros
Alors là, c'est beaucoup moins bien. C'est trop par rapport aux finances actuelles du gouvernement.
Un avis partagé par plusieurs politiques, comme Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste. Cette débauche d'argent public est scandaleuse. Ou encore Sébastien Chenu, vice-président RN de l'Assemblée nationale.
Son coût, 50 millions d'euros, interroge.
ses critiques, Yael Bronpivet répond que cette somme sera entièrement prélevée sur des fonds appartenant à l'Assemblée nationale. Une réserve qui s'élevait l'année dernière à 233 millions d'euros.
On a
l
'impression que dans les ministères, on demande des économies de se serrer la ceinture et là, on va faire un peu plus de 50 millions pour un bâtiment. Mais c'est pas pour un bâtiment. c'est pour créer un espace de médiation démocratique, c'est pour expliquer aux Français quelle est l'histoire de notre République. Ça fait diminuer les réserves, oui, mais dans un montant acceptable.
décision est désormais entre les mains du préfet d'Ile-de-France. Sans son aval, impossible de lancer le projet.