Chargement...
Chargement...
Avec Eric Lombard, ancien ministre de l'économie et des finances, bonjour et bienvenue sur le plateau de BFM Business. Vous avez publié début septembre, dit pas ça, tu vas finir par te faire virer cette édition Albin Michel. Vous revenez sur votre passage à Bercy, qu'est-ce que vous en tirez finalement de ce passage ?
J'en tiens une vision très positive, c'est-à-dire que quand on a des idées claires, quand on sait ce qu'on veut faire, ce qui était notre cas avec François Béraud, on peut avancer. Un exemple très simple. Michel Barniette est tombé sur le budget. En un mois, grâce à un dialogue avec tous les partis, on a réussi à trouver un accord et avoir un budget qui a fait baisser le déficit jusqu'à 5,1 alors qu'on venait de 5,8. On a pu commencer à mettre des limites à la pression chinoise sur l'industrie, dans l'acier, sur les petits colis. On a mis en route le programme d'EDF pour la construction des six EPR, ce qui est très rassurant. C'est qu'avec une vision claire, avec un dialogue avec tous les partis, on peut avancer, on peut réformer ce pays. J'entendais Eric Albert à l'instant parler d'italianisation. D'abord, j'ai beaucoup de respect pour l'Italie qui a fait beaucoup de bonnes choses. Mais on peut se réformer vigoureusement et retrouver une marche en avant pour éviter la situation actuelle. Puisque la situation actuelle, en réalité, c'est qu'on est quand même en train d'être déclassé. On le voit dans l'économie, on le voit dans l'éducation. Mais ça peut se retourner assez vite pour autant qu'on trouve un accord assez large.
cet accord, il faut le trouver ? Il faut le trouver avec l'EPS, forcément
faut le trouver avec l'ensemble de l'espace central, puisque en réalité, dans cet espace central qui va du Parti Socialiste jusqu'à LR, qu'est-ce qu'on partage ? L'idée qu'il faut produire plus avant de redistribuer, que c'est l'augmentation, le retour de la croissance qui permettra de financer la transformation écologique, qu'il faut faire ça dans un cadre européen. Alors les curseurs ne sont pas les mêmes, mais ça suffit à nous permettre de passer des accords de gouvernement, en tout cas moi c'est ce que je souhaite pour la suite, et avoir une réponse positive à ce que proposent les deux extrêmes qui ne fonctionnent pas et qui ne sont pas les bonnes réponses au problème du pays.
Alors vous parliez vous de votre expérience, les conditions sont assez différentes cette fois-ci parce que nous sommes en campagne présidentielle, il va y avoir une élection dans quelques mois et donc il est très politique ce budget, quel est l'intérêt finalement ? pour un parti d'opposition, d'aller toper, j'allais dire, avec Sébastien Lecornu, sachant que quand on regarde les propositions du PS, elles sont là, très très éloignées de celles proposées par le gouvernement aujourd'hui.
Alors, moi, il me semble que l'intérêt, il est très clair. C'est l'intérêt du pays, c'est l'intérêt des Françaises et des Français. Pourquoi ? On a vu hier, les taux d'intérêt sont à 4,65%. L'écart avec l'Allemagne est de plus de 1%. Ce qui est énorme. Et ça, ça pèse sur la capacité d'endettement des ménages et des entreprises. Et pourquoi est-ce que ce taux est si élevé ? Les taux montent partout, mais beaucoup plus en France qu'ailleurs. Parce qu'il y a une incertitude politique. Donc moi, je demande aux partis politiques de mettre entre parenthèses la campagne des présidentielles pour ce budget. Il est impératif que le budget présenté par le gouvernement soit adopté afin qu'on reprenne la baisse du déficit, ce qui permettra d'étendre les taux d'intérêt, de soulager notre économie. Et puis une fois cette parenthèse terminée, ça leur demande un effort politique de s'abstenir, de dire ok, on laisse passer ce budget dans l'intérêt du pays. Parce que dans le cas contraire... S
'il n'y a pas de budget,
c'est
quoi
les conséquences ? S'il n'y a pas de budget. Si on est par exemple en loi spéciale, le gouvernement a dit que dans ce cas-là, le déficit l'année prochaine peut être jusqu'à 6,5%, alors que déjà la cible du gouvernement c'est 150 milliards d'euros, ce qui est déjà énorme. Le risque. Ce n'est pas un risque pour la solvabilité de la France, qui est un pays riche et qui pourra honorer ses engagements, mais à des conditions beaucoup plus onéreuses. Et cette augmentation des taux d'intérêt, encore une fois, elle pèse sur les ménages, elle pèse sur nos entreprises. Donc je pense qu'il faut vraiment une parenthèse, que chacun fasse l'effort, qui sera compris par les Français, de dire « Ok, on n'est pas d'accord avec ce budget, on n'est pas d'accord avec ce gouvernement, mais il faut que ça passe ».
Mais cet accord, il faut faire les 54 milliards d'économies demandées par Sébastien Lecornu, quand on vous entend sur la situation économique, sur les taux, sur le déficit, la dette, les charges de la dette.
Regardons la situation. La cible du gouvernement, c'est 5% de déficit. Et je pense que c'est la meilleure cible possible dans la circonstance, il faut l'atteindre. Ça veut dire 150 milliards d'euros de dettes en plus. C'est-à-dire que nos enfants, pendant 10 ans, sur ces 150 milliards, vont payer chaque année 6 milliards de plus rien qu'en intérêt, rien que pour rémunérer les prêteurs. Donc vous voyez bien qu'il faut arrêter cette spirale. qui fait que chaque année, on rajoute de la dette à la dette. Et la question, c'est la charge d'intérêt, c'est en train de devenir le premier budget de l'État.
Mais il faut faire des économies ou il faut augmenter les impôts ? Parce que c'est là, on voit bien 40 milliards de hausses d'impôts côté PS, 54 milliards d'économies côté Sébastien Lecornu. On a les libéraux, les pylénésiens qui sont en train de s'affronter. Moi, j'étais
chef d'entreprise, je regarde un truc très simple, l'argent qui rentre, l'argent qui sort. L'argent qui sort, c'est pour l'État, c'est pour la sécurité sociale. On ne va pas baisser la dépense publique sur la sécurité sociale, la retraite, la santé, les gens vieillissent, ça coûte plus cher, l'état des missions. Simplement, et on a regardé les chiffres très précisément à Bercy, si la hausse de la dépense publique diminue... Sans augmenter les impôts, on peut réduire le déficit sur une durée de 5 à 7 ans. Et si cette trajectoire est validée par les parties, ça va rassurer les marchés financiers, les taux vont baisser, la croissance va reprendre. Parce que le principal levier pour régler notre problème de dette, c'est que l'activité soit plus importante, qu'il y ait plus de quantité de travail dans le pays. C'est-à-dire qu'on reprenne la baisse du chômage qui avait été entamée dans le premier quinquennat. qu'on fasse cette réforme des retraites sur laquelle il y a un accord qui est en train de se faire sur le fait que d'une façon ou d'une autre il faudra travailler plus. Et cette maîtrise de la dépense, on augmente la quantité de travail, on fait baisser le déficit, ça nous permet de financer l'avenir, la recherche. l'éducation, l'enseignement supérieur, qui sont des priorités qu'on a un peu de côté. Ça c'est sur le papier. Aujourd'hui
le PS ne l'entend pas du tout de cette oreille. C'est quoi le compromis possible ? Ça nous a coûté cher la dernière fois puisque Sébastien Lecornu a lâché sur la réforme des retraites. Quelle est la concession qu'il faut faire selon vous
n'y a pas de concession, me semble-t-il, à faire à qui que ce soit. Nous devons trouver un chemin qui nous permette de faire face à nos engagements. Et c'est vrai que le report, la suspension de la réforme des retraites est coûteuse. Il faut remettre cette réforme en chantier. Et je pense que l'accord doit plutôt porter sur des sujets positifs. Quel est le degré d'investissement dans la transformation écologique ? C'est ça la grande priorité, qui d'ailleurs n'est pas un sujet budgétaire. La transformation écologique, c'est que l'ensemble de la société, l'ensemble de l'économie doit modifier les modes de transport. J'entendais le débat sur les taxes sur le pétrole. Mais il faut surtout qu'on passe à l'électrique, qu'on passe aux transports collectifs.
Le gouvernement a eu tort d'augmenter l'aide pour les gros rouleurs, d'élargir...
Le gouvernement a eu raison, parce qu'il y a une difficulté de pouvoir d'achat, notamment pour les gros rouleurs, qui est évidente. Dans ces cas-là, la solidarité de la nation est absolument évidente. Mais dans le plus long terme, il faut... On transforme notre économie, notre façon de travailler, notre façon de vivre, de façon à continuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Et ça, ce n'est pas budgétaire, c'est politique. Et là-dessus, on peut avoir un accord.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.