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Nous venons d'accueillir sur ce plateau Olivier Besancetot, bonjour. Bonjour. Membre du nouveau parti anticapitaliste, ancien candidat à la présidentielle. Et je précise qu'en vue de 2027, vous avez décidé de rallier la France insoumise. Votre parti ne présentera pas de candidat, on est bien d'accord
ne présentera pas de candidat et on discute avec la France insoumise. On n'est pas rallié, ce n'est pas trop le genre de la maison.
Non. On garde notre
indépendance,
notre
autonomie. C'est
-à-dire que les conditions du ralliement sont encore en train d'être négociées. C'est ça ?
Non, c'est pas du ralliement. Nous, on ne court pas après les postes. Moi, je suis candidat à rien. On discute politique. Il y a des choses qui nous ont rassemblés ces dernières années avec la France insoumise, mais il y a aussi des sujets de divergence. Et nous, ça se fait en toute transparence. Donc c'est le moraliment qui me dit,
si je peux me permettre. Et c'est aussi pour ça que je voulais vous entendre ce soir, parce que vous avez des divergences, notamment sur le plan international. J'imagine avec la France insoumise, on va continuer évidemment le prolongement de cette réunion de crise autour du président. Sombre tableau qui a quand même été dressé sur la menace hybride, les conséquences aussi sur les prix énergétiques, les prix du carburant. Plusieurs réactions politiques à la sortie, notamment celle de Manuel Bompard. Le président de la République dit que les prix de l'essence, les prix du gaz, ça n'a rien à voir avec des décisions intérieures. C'est lié à des crises internationales. Voilà ce que répond Manuel Bompard.
situation internationale dégradée, elle est aussi la conséquence de choix, de décisions politiques qui ont été prises. Et je me permets de dire là, puisque beaucoup de gens viennent maintenant nous dire « Oh là là, la situation est catastrophique », que toutes celles et ceux qui n'ont pas été capables au moment où les États-Unis et Israël ont décidé d'attaquer l'Iran, de dire... qu'il fallait condamner cette agression et qu'il fallait que la France porte au contraire un message de paix immédiat, ils ont une responsabilité dans la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ou vous entendez le discours du président qui consiste à dire restons unis face à cette situation et pour le coup ce qui se place sur le plan énergétique n'est pas lié à des décisions que moi j'ai prises ?
pense que je ne vais pas vous surprendre, je suis plus proche d'Emmanuel Bompard qu'Emmanuel Macron en la matière. Ceci étant, pour prendre quand même le début de la discussion et de ces prétendues rencontres, enfin elles ont existé ces rencontres, mais ce cycle de soi-disant discussions, tout part d'une crise sociale. d'une crise économique, d'une colère qui est en train de monter, et qui est là pour le coup bien française, avec des journées d'action qui sont annoncées, avec une journée qui tourne sur le 17 octobre dans les réseaux sociaux, et qui porte sur la vie chère, qui porte sur le prix du carburant.
Oui, mais là, il y a quand même autre chose de la part de Manuel Mopar. Il dit qu'on aurait dû s'opposer à cette guerre des Américains, des Israéliens,
pour aider la
population iranienne.
Même sur ça, j'ai plus de points communs avec lui, qu'Emmanuel Macron. Mais je vous rappelle que là, pour moi, le sujet essentiel, c'est les salaires, c'est la question. De Total, qui est un groupe français, parce que j'entends toutes les discussions passionnantes par ailleurs, et qu'on leur parle d'intérêt, je suis un internationaliste, sur les questions géopolitiques internationales. Mais il y a aussi cette réalité d'un groupe français, et je vois que, en fait, dans ce bal politique et cette campagne électorale qui a commencé, on entend une multitude de mesures qui sont suggérées. pour surtout ne pas toucher au profit de Total, qui se gave, qui est un groupe français, qui a une multitude de défenseurs en permanence pour nous expliquer qu'en réalité c'est plus compliqué que ça. La réalité c'est qu'ils ont explosé les scores, plus de 72% d'augmentation sur le premier trimestre, c'est-à-dire un groupe qui en effet a profité d'une crise qui pour le coup a des racines internationales. Mais qu'on a vraiment profité, quand le Financial Times explique que par exemple, il y a quelques mois, Total a fait une opération de spéculation, c'est-à-dire... acheter massivement des stocks de pétrole dès le mois de mars, qui devait être prévu à l'achat au mois de mai, et a fait une opération d'un milliard. Je veux dire, on passe notre temps en France à discuter du fait qu'il faut faire des économies, qu'on est au bord de la banqueroute, qu'il faut que chacun fasse des efforts, et on a ces milliards qui volent au-dessus de nos têtes. Vous pensez qu'il faut nationaliser Total,
comme Sandrine Rousseau, elle disait sur ce plateau juste avant vous qu'il faudrait nationaliser Total ?
je pense qu'il faut la question de remettre en effet dans le giron. public, total, qui est une création publique. Alors
là, c'est la ligne rouge pour Jean-Louis Chilonski, ancien président de l'Union française des industries pétrolières. Gardez-la, il y a encore
de la marge. Vous voyez évidemment
réagir, et on va parler des mesures mises en place. J'aurais
voulu presque expliquer pourquoi je le proposais, mais on va dire que c'est ma position.
Allez-y Jean-Louis Chilonski, pourquoi vous... Non,
d'abord, cette crise-là, elle est liée à la guerre en Iran.
Là-dessus, sur ce point, Olivier Besançon, je sais que vous n'êtes pas d'accord sur les solutions mises en place par ce gouvernement, mais est-ce que vous entendez Emmanuel Macron lorsqu'il dit qu'il ne faut pas que le débat public vienne se concentrer comme si la flambée des prix n'était que le résultat de décisions intérieures nationales ? Ça n'est pas vrai ?
Non, ça n'est pas vrai, bien sûr. Je vous dis que c'est des relations entre ce qui se passe ici et ce qui se passe à l'international. Les raisons, elles sont quand même plus profondes que ça. Tout ne date pas de ce qui vient de se passer avec la guerre que les États-Unis ont menée en Iran. On a quand même une crise pétrolière qui... remonte un petit peu plus longtemps que ça, qui est un problème général dans le cadre de la crise économique, qui s'est accéléré avec les événements. Maintenant, j'ai cru que Donald Trump, grand stratège, salué par certains, avait réouvert ce détroit. Donc, a priori, les choses devraient revenir à peu près à la normale. Donc, en réalité, on nous rend tributaires dans la situation française. On en est loin. J'ai bien compris. Même ça, ça ne m'a pas échappé. C'était l'ironique. Oui, ça voulait l'ironique. Peut-être que j'ai foiré mon effet. On a un pouvoir. Merci de décrypter pour moi. Moi, je décrypte pour les téléspectateurs. Merci de parler en leur nom. Mais on a un pouvoir politique, en tous les cas en France, qui aime bien se dédouaner sur les autres en permanence. C'est à cause de l'Iran, c'est à cause du virus. Moi, je vous parle de Total. J'aimerais qu'on en parle. Parce que j'entends la plupart des responsables politiques de trouver des feintes de balayeurs à chaque fois pour trouver baisse des taxes, aide de l'État, nouvelles subventions, jamais sur le fait qu'il faille prendre sur cette marge que le groupe a réalisée, notamment y compris sur ce qui vient de se passer dans la guerre en Iran, puisque le groupe a engrangé des bénéfices. Sauf qu'on entend
deux sons de cloche là-dessus. Il y a aussi ceux qui disent que les marges réalisées ne sont pas réalisées sur des profits qui sont faits en France. On est bien d'accord ? J'ai quand même essayé de suivre.
sont des résultats amonts pour la plus grande part. Ce sont des résultats qui résultent de la production de pétrole brut. Quand le pétrole brut augmente, les résultats total augmentent aussi. C'est absolument mécanique. Mais si on taxe total, parce que c'est ça que j'entends sans avoir entendu jusqu'à présent, ça ne va pas changer un centime prix à la consommation.
Ce n'est pas ça la seule solution à très court terme pour répondre demain à l'urgence de la situation pour les Français. Après, qu'il y ait une réflexion engagée sur Total, le statut de Total, mais là, à très court terme. C'est vous qui m'avez
sollicité sur le statut de Total. Oui, oui, bien sûr, mais parce que j'ai écouté Sandrine Rousseau tout à l'heure. Je vous dis, il faut prendre sur les bénéfices de Total pour, en effet, faire en sorte que les prix baissent. J'entends l'idée, les profits... Attendez, je vous ai laissé terminer. Par exemple, la baisse de la TVA. Les profits de Total, c'est pour ça que je me suis permis de vous poser la question sur la Suisse, se réalise, soi-disant, c'est presque tentant comme explication. Total va réaliser ses bénéfices et ses profits. Là, on va extraire le pétrole. Je rappelle que 30% du bénéfice de Total... est lié à son activité de négoce du gaz et du pétrole, avec deux filiales qui sont situées où ? En Suisse. C'est pour ça que je me permette de poser la question. Est-ce qu'il y a du pétrole en Suisse ? Je ne crois pas. Total en France, ce n'est pas simplement du raffinage. C'est toute une activité qui comprend de la pétrochimie, de l'activité plastique, du transport, des énergies renouvelables. Un groupe qui, en 2019, 2020, 2021, 2023, a payé zéro impôt sur les bénéfices des sociétés. touche de l'argent public. Je me permets, au-delà de la nécessité d'une réappropriation publique de Total, parce qu'en effet, c'est posé, c'est pas une création privée. La longue histoire de Total, c'est une pure création publique et étatique à la base, qui n'a été privatisée qu'au début des années 80. C'est pas vrai,
Total a été détenu à 30% par l'État français, et c'est cette participation de 30% qui a été privatisée. Total n'était pas une entreprise. public. Maintenant, si vous voulez acheter Total, cher monsieur Besancenot, c'est pas compliqué. Il faut que vous alignez 200 milliards. Donc, vous spoliez les gens qui ont les actions totales. Vous me voyez venir, c'est-à-dire qu'en réalité, moi, je vous parle d
'expropriation. Donc, c'est là où vous risquez de tomber votre chaise. C'est-à-dire que je suis en effet pour socialiser, sans rachat, ni en dénité. Alors, si vous
expropriez des actionnaires... Dans le contexte international que vous connaissez, toutes les sociétés françaises vont être pénalisées. Mais ça, on connaît l'histoire. C'est pas l'histoire, c'est la vérité. Les actionnaires ne voudront plus acheter d'actions françaises avec ce risque-là. Par
conséquent, il y a une concentration extrême des actionnaires entre les mains des mêmes et que Total, par ailleurs, dans son fonctionnement, est un fonctionnement qui redonne toute la structure. toute la colonne vertéorale du fonctionnement économique de Total, c'est la part spéculative. Donc vous seriez pour l'expropriation ? Absolument, j'ai voulu dire, c'est pour ça que j'essaie de le dire avec le sourire. Mais non, mais c'est important quand même. Oui, comme ça, ça règle le problème de la question qui m'était posée par mon voisin. De l'achat de Total. Je veux dire en tous les cas, géographiquement en tous les cas. Quand 100 euros de valeur ajoutée... sont créés dans le cadre de l'activité totale. Il y en a 35 qui retournent pour les actionnaires et simplement 15 pour les salariés. C'est une entité qui a purement été créée depuis le début du siècle passé publiquement et qu'on a décidé politiquement de privatiser. Je comprends que ça agace, mais un groupe qui a été pu juste pendant des décennies. Sur les mesures qu'on
pourrait mettre en place, les réactions à la sortie de la réunion avec le président de la République, je voudrais qu'on écoute Marine Le Pen. Elle n'y était pas. Qu'est-ce que vous pensez, vous, de la solution que prône Marine Le Pen, la baisse de la TVA, et surtout le tableau qu'elle dresse, là
Baisser la TVA, c'est une fois de plus une manière de contourner la question que j'essayais d'évoquer, c'est-à-dire toucher à la question des profits, des dividendes, de la spéculation. C'est quand même extraordinaire qu'on soit aussi peu nombreux à le dire aujourd'hui. Je rappelle qu'il y a toute une partie de la classe politique, il y a plusieurs années. qui pointait du doigt la part spéculative, la part de la financiarisation de l'économie, qui a quand même été à l'origine d'une grande crise financière, celle de 2008-2009. Je me rappelle même qu'un certain Nicolas Sarkozy, qui n'est pas situé à ma gauche, expliquait que plus jamais on irait dans cette orientation-là. Donc là, concrètement...
J'entends ça, Olivier Besant, mais là, ce serait pour le coup une solution à très court terme, dont on verrait les effets, j'imagine, en quelques jours, si on baissait la TVA sur l'essence. Moi, c'est de ça dont je vous parle aussi. S'il y a eu cette réunion, c'est qu'il y a eu une urgence. Vous l'avez dit, il y a une colère. il y a une grogne qui monte. Il y a un besoin de répondre à ça. Le statu quo n'est plus possible, tout le monde s'accorde à le dire. On peut
bloquer les prix, par exemple, si vous voulez des mesures. Alors, voilà, blocage des prix. Ça, c'est déjà fait dans l'histoire. Si vous parlez, en effet, il faut imaginer des solutions. Moi, je ne vous dis pas que tout se fait d'un claquement de doigts. Il y a des solutions immédiates, des solutions à court terme et des solutions au long cours. Mais quoi qu'il en soit, il y a la question de savoir qui on va faire payer. Une fois de plus, si vous avez des solutions qui ne sont tournées que sur la fiscalité, vous tournez vers quoi ? Vers les caisses de l'État. Si vous tournez vers les caisses de l'État, in fine, vous tournez vers qui ? Vers les contribuables. C'est-à-dire nous tous et nous toutes, et vous laissez indemne ceux qui spéculent sur cette situation. Enfin, je tourne autour du pot depuis le début, mais on en arrive toujours au même point. Voilà, donc bien sûr, dans les mesures d'urgence, vous pouvez par exemple immédiatement bloquer les
potes. Sur la menace russe, je voudrais qu'on y revienne avec vous Olivier Besancenot. La menace russe, la Russie qui fait monter la pression, cette guerre hybride qui est de plus en plus agressive à l'égard de l'Europe et la France, ça intervient évidemment dans un moment où au sein de la classe politique, le soutien à l'Ukraine fait débat. Quelques réactions justement à la sortie de cette réunion et j'aimerais beaucoup vous entendre sur le sujet. Plein de choses intéressantes évidemment dans ces réactions politiques. Est-ce que pour le coup, contrairement à la France insoumise, vous considérez qu'il faut... continuer à soutenir militairement l'Ukraine
je suis solidaire de la résistance ukrainienne, bien que j'ai des désaccords avec la politique économique en particulier, mais pas seulement de Zelensky. On a des camarades qui sont regroupés dans ces combats-là. Je pense qu'il y a beaucoup d'effets d'annonce, là aussi, dans la réfraction du débat politique français. C'est-à-dire ? On en fait des tonnes sur l'aide. militaire à l'Ukraine. L'aide militaire à l'Ukraine qu'on voulait rapporter à la loi de programmation militaire, qui est de plus de 400 milliards d'euros, en réalité, c'est pas grand-chose, très concrètement. Et la France, comme deuxième puissance exportatrice d'armes, elles vont pas d'abord à l'Ukraine. Elles vont à toute une série de puissances économiques et politiques qui sont tout à fait infréquentables du point de vue des droits de l'homme, du point de vue des droits sociaux et des droits démocratiques. Donc tenir bon là-dessus, bien sûr, une partie de l'aide qui était promise d'ailleurs n'est pas arrivée de ce point de vue-là, mais faire confiance au droit à l'autodétermination des peuples. C'est
oui, mais ce n'est pas totalement oui, quand je vous entends.
Non, non, écoutez, je ne sais pas, ou alors... Je ne m'écoute pas quand je parle. Vous dites qu'il faut continuer à le faire tout en
minimisant ce que représente ce soutien.
C'est quand même ce qui permet aussi aux Ukrainiens de tenir. Dans les annonces qui sont faites, il y a une partie de l'aide que les Ukrainiens attendent toujours, par exemple. Et que je remets ça en rapport, et je vois dans l'utilisation du débat politique français. L'idée, en gros, on en donne trop aux Ukrainiens. Pourquoi ? C'est de l'argent qu'on devrait mettre pour le pouvoir d'achat en France, puisqu'il y a une relation dans tout ça. Et en réalité, je suis en train de vous dire qu'on met beaucoup trop d'argent dans le budget militaire, dans la militarisation, pour des voix expansionnistes, impérialistes. L'impérialisme, il n'est pas que russe. Il est par exemple aux Etats-Unis, il est en Israël, et puis il y a un impérialisme français que je dénonce également, parce que c'est aussi une réalité. Donc j'ai aussi cette spécificité politique-là. Par ailleurs, si je puis me permettre une digression, c'est quand j'entends tous ces discours politiques à la sortie d'une réunion qui était prévue sur une situation de crise qui est celle de la vie chère. Mais là aussi, j'espère que je... Pas
que, pas que ! Ce n'était pas que consacré à ça ?
Le fait est, vous avez parfaitement raison, puisqu'on sort avec une discussion géopolitique quasiment stratosphérique, là où il y a une crise sociale contre la vie chère qui monte. Et puisque cette mesure, vous ne me l'avez pas demandé, je vous la suggère également, même dans l'urgence, on pourrait, vous savez quoi ? Augmenter les salaires. Tout augmente dans ce pays, sauf les salaires. Mais l
'enjeu sécuritaire, il est important aussi quand même. Pour les Français, non
? Vous m'avez posé une question sur l'Ukraine ? J'ai répondu en toute franchise. Oui, mais parce que vous dites qu'on est sorti avec
des déclarations stratégiques. À gauche, c
'est un peu compliqué d'avoir une discussion avec un point d'équilibre à trouver. Vous êtes tout de suite accusé soit d'être un agent du FSB, soit un agent de la CIA. Un peu compliqué d'exprimer un point de vue de solidarité internationaliste. Je suis un internationaliste, je vois les choses par le bas, c'est-à-dire l'intérêt des peuples. Je serai toujours du côté des opprimés et des exploités. pas du côté de ceux qui les oppriment. Voilà. Donc, raison pour laquelle j'ai, depuis le départ, avec mon courant politique, dénoncé la guerre d'intervention, d'occupation russe. Je ne peux pas vous dire autre chose. Avec les maigres moyens qui sont les nôtres, on est une toute petite organisation. Mais je me permets de vous dire que l'annonce qui a été faite, parce que je ne suis pas né de la dernière pluie, de cette réunion de convocation des partis, c'était de dire, il y a quelque chose qui est en train de monter en France, je vais convoquer les partis, puis on va essayer d'unir toute la nation sur des solutions d'urgence. L'attente pour ceux qui nous regardent. C'est de remplir le frigo et c'est de savoir si on va atteindre ou pas les 3 euros. Alors il y en a en effet qui pensent que l'économie de marché, elle est absolument inéluctable. Je ne pense pas ça. Je pense qu'il y a d'autres options. Et je pense que de toute façon, qu'on le veuille ou non, réunion de délégation ou pas, cette question, elle va se réinviter dans la société française. Et elle pourrait même mettre un peu de piment dans cette année politique électorale commençait déjà, déjà par nous ennuyer alors qu'elle avait à peine commencé.
Ah bon
Ouais, je trouve. Je trouve, parce que quand on commence avec des discussions électorales, bon alors évidemment c'était quand même un petit indicateur, ça commençait sur l'invitation du MEDEF, et en gros pour savoir quel cadre budgétaire un peu rigoureux vous allez mettre en place, c'est-à-dire comment vous allez demander à la majorité de la population que vous serrez la ceinture, on était mal barrés. Donc là, je vais vous dire que peut-être ce serait une nouveauté en France, parce qu'en général les années électorales ont tendance un peu à étouffer la question sociale et ce qui se passe dans la rue. Peut-être que ça sera différent, et moi je le souhaite.
C'est très intéressant, vous pensez qu'il y a une vraie déconnexion entre ce qui s'est passé aujourd'hui à l'Elysée et ce qui se passe au fond dans l'esprit des Français en ce moment ?
Mais même moi, j'étais chaud bouillant comme la Bresse pour venir vous voir, en pensant que j'allais répondre sur les salaires, sur les prix, l'indexation des salaires sur les... Et puis je me retrouve, là c'est pas de votre fait, à commenter en effet les déclarations des différentes délégations des partis. Pas que,
pas que, on parle aussi des prix de l'essence, on parle aussi... Mais pas
que, là dans les extraits que vous m'avez... Je réponds à des situations qui sont vraiment... Pour le coup, la grogne sociale, aujourd'hui, elle
focalise sur la crise énergétique, sur les prix de l'essence. On ne tombe pas autour du sujet.
Non, mais je ne fais pas démagogie là-dessus. Il y a une relation entre ce qui se passe là-bas et ce qui se passe ici. Ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire. Mais quand vous ne l'amenez que comme ça, avec des positionnements qui sont tellement lointains par rapport à la colère, mais telle que je la ressens. Moi, je travaille au guichet, à la poste. Je peux vous dire que là où je suis, il y a des gens qui survivent. En ce moment, il y a des gens qui survivent.
Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
Mais ça ne dit plus grand-chose à part une espèce de colère froide, en fait. De colère froide. Et là, je ne vais pas parler en leur nom, par ailleurs, parce que je n'ai pas cette prétention-là. Mais il y a des gens qui survivent. Et ça touche beaucoup de gens. Pas que les plus précaires. Ceux qui se pensaient être dans les classes moyennes sont en train de se rendre compte qu'en réalité, ça devient très compliqué. Il y a des artisans, des commerçants, des chauffeurs de taxi qu'on voit et qui disent « j'en peux plus, j'y arrive plus ». Là, c'est ça, l'urgence sociale dont on parle. Donc quand vous parlez d'urgence, je vous rejoins, mais l'urgence sociale, c'est aussi ça, augmenter les salaires. On était dans un pays où il y avait une indexation par le haut des salaires sur les prix. Par exemple, ça aussi, à l'époque, même l'économie de marché n'avait pas été remise en cause, et pourtant, des mesures d'urgence avaient été prises pendant des années, des années.
Merci, merci Olivier
Brunsto.
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