Chargement...
Chargement...

Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Vous êtes l'ex-porte-parole du gouvernement. Vous avez été la conseillère à l'Élysée d'Emmanuel Macron. Vous êtes aujourd'hui présidente de Posidoni Conseil. On va commencer par Emmanuel Macron qui a tapé du poing sur la table hier lors de l'Assemblée Générale de l'ONU à New York. Un an après la reconnaissance de l'État de Palestine par la France, il a dénoncé, je cite, « une paix prétendue à Gaza et un spectacle qui nous fait honte à tous ». Pourquoi ? Cette sortie, il a besoin de se faire remarquer en ce moment, le président ?
Non, pas du tout. Je pense que cette déclaration, elle s'inscrit tout simplement dans la logique de sa déclaration précédente, quand il a reconnu l'état de Palestine au nom de la France. Et donc, pour moi, il y a une forme de continuité dans la politique étrangère qu'il mène pour notre pays. Ça ressemble quand
même un petit peu à un aveu d'impuissance, puisque un an après, la Palestine n'a été reconnue que par un nombre limité de pays. Et on le sait, cesser le feu, même s'il y a des entorses, continue à Gaza.
oui, c'est sûr que si quelqu'un avait une baguette magique pour résoudre ce conflit qui dure depuis des décennies, sans doute qu'on l'aurait déjà utilisé. Mais je pense que c'est important dans le positionnement de la France et dans celui du président de la République, à la fois de rappeler ce qu'a été la position, toujours celle de la France, de la reconnaissance et de la nécessité d'avoir deux États dans cette région du monde. Et puis je crois aussi que la situation sur place appelle à avoir un regard d'humanité sur ce qui est en train de se passer.
Alors, on revient à la campagne en France. Vous avez été la conseillère du candidat Emmanuel Macron en 2016 et 2017. Dix ans plus tard, qu'est-ce que ça vous inspire, la physionomie de cette campagne, ce démarrage un peu tous azimuts ? Quel est votre sentiment ?
Écoutez, une campagne électorale, qui plus est une campagne présidentielle, c'est nécessairement, et on peut l'espérer, un moment de clarification. Pour qu'il y ait une clarification, il faut commencer par avoir des idées différentes. Et c'est ce à quoi on assiste aujourd'hui. avec cette floraison de candidats, dont je ne doute pas que plus on se rapprochera de la date fatidique, et moins il y aura de candidats, et plus on y verra clair. Vous avez raison,
ce qui frappe, c'est le nombre de candidats, il y a une profusion dans tous les cas, et notamment dans le camp macroniste, on va dire, avec Gabriel Attal, Edouard Philippe, deux anciens premiers ministres, qui sont, je ne dirais pas touche-touche, parce qu'Edouard Philippe est un peu devant dans les sondages, mais aucun des deux n'entend s'effacer devant l'autre.
pense que l'un comme l'autre sont extrêmement conscients de la nécessité qu'il y aura à un moment donné de se rassembler. Il n'y a pas pu avoir, puisque quelque part ni l'un ni l'autre ne le souhaitait réellement, le processus d'une primaire. Par ailleurs, moi je suis assez dubitative sur ces processus qui correspondent assez peu à notre modèle démocratique. Mais en tout état de cause, il est certain que si nous voulons que le camp central puisse à un moment donné accéder au second tour de l'élection présidentielle, il sera indispensable que... l'un des deux renonce.
Ça veut dire que sans primaire, c'est les sondages qui vont décider
-ce que ce sont les sondages ? Est-ce que ce sont les dynamiques de campagne ? Moi, ce que j'ai toujours trouvé important, et qu'on a constaté dans le temps, c'est qu'une campagne n'est jamais jouée d'avance. Et donc, le fait qu'ils fassent leurs propositions, qu'ils inscrivent leur marque, leur personnalité, qu'ils trouvent ce moment de dialogue avec les Français, sera, de mon point de vue, ce qui permettra de les différencier. dans la dernière ligne droite.
Vous qui êtes une fidèle d'Emmanuel Macron, ça vous a inspiré quoi ? Les prises de distance parfois brutales d'Edouard Philippe et Gabriel Attal par rapport au président. Certains dans l'entourage du président parlent même de trahison.
Alors moi, je n'irai pas jusque-là parce que je n'aime pas les mots qui sont excessifs. Ce qui est certain, c'est que pour être un impétrant dans cette élection présidentielle, il faut avoir sa personnalité propre, sa vision propre pour le pays. Pour autant, on n'est pas obligé de renoncer à ce qu'on a été, car il n'est pas possible d'effacer un trait de plume les années qu'on a passé à mettre en œuvre la politique du président de la République.
Vous pensez qu'ils y sont allés un peu fort
Sans doute un peu, mais chacun son style. Et donc, je sais aussi à quel point c'est important de se forger sa propre histoire. Et donc, ça ne me pose pas de problème qu'ils aient un droit d'inventaire. C'est même sain, c'est même important parce que tout n'a pas été réussi dans les deux mandats d'Emmanuel Macron. On peut le faire avec parfois un peu plus d'élégance.
Alors, vous le disiez, une élection n'est jamais jouée d'avance. Mais là, on constate que les sondages donnent une très, très nette avance à Marine Le Pen. 35% grosso modo au premier tour, avec parfois 15 à 20% sur les premiers poursuivants que sont Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Alors, de mémoire de journalistes politiques, c'est très, très rare. Vous ne pensez pas qu'elle peut être jouée d'avance, cette campagne, au moins ce deuxième tour ? C'est-à-dire que Marine Le Pen, à l'heure actuelle, a quand même 99% de chances d'être en finale.
ce qui est certain, c'est que Marine Le Pen sera, en finale, ça fait désormais plusieurs élections présidentielles, que la montée en puissance du Rassemblement national se traduit par cette place au second tour de l'élection présidentielle. Pour autant, on a eu beaucoup d'exemples dans l'histoire qui nous ont montré que le candidat favori des sondages n'était pas forcément celui qui arrivait en tête de l'élection. Donc c'est à ça que ça sert une campagne, faire émerger ses idées, se bagarrer. toujours avec fair play, et au fond, réussir à convaincre les Français.
Donc rien n'est joué en termes de qualification au deuxième tour
pense que pour la qualification au second tour, Marine Le Pen est en excellente position. Aujourd'hui, elle a un parti qui a défaut d'être à 100% rassemblée. On sait les divergences qui existent entre Jordan Bardella et elle-même. On a quand même un parti qui est relativement homogène, en tout cas, qui à la veille de la possibilité d'une conquête de pouvoir, serre les rangs. Donc je crois que de ce point de vue-là, la place au second tour est assurée. Tout se joue donc pour le deuxième ou la deuxième candidate qui arrivera face à elle au second tour. Et de mon point de vue, là, rien n'est joué.
Alors, le scénario d'un deuxième tour Le Pen-Mélenchon était un petit peu irréalisable, impensable il y a quelques mois encore. Il devient une possibilité, voire même une probabilité. Qu'est-ce que ça dit, selon vous, de l'état de notre pays
dit, je crois, un pays qui est déboussolé, un pays qui est désabusé, qui a aussi perdu la confiance dans ses élites. Et il revient au candidat, je crois, qui incarne aujourd'hui le bloc central, qui incarne la social-démocratie ou qui incarne la droite, de trouver les moyens, le chemin pour parler à nouveau aux Français, être à la fois crédible et responsable.
Mélenchon Le Pen, vous votez quoi, Sibeth Ndiaye, en finale
préfère ne pas me placer dans cette perspective.
On ne peut pas considérer qu'Emmanuel Macron, qui avait promis que quand il partirait du pouvoir, le vote des extrêmes serait réduit, on ne peut pas considérer qu'il a quand même une responsabilité. Ce n'est pas une réussite de ce point de vue-là, puisque je vous pose la question de ce deuxième tour Mélenchon-Le Pen. Il est quand même responsable aussi de cette situation, de cette montée des extrêmes.
Je pense que cette responsabilité, elle est partagée. On ne peut pas tout mettre sur les épaules du président de la République. Il y a eu des crises, telles que notre pays n'en avait pas connues depuis bien. longtemps, il y a cette instabilité géopolitique. Il faut aussi noter que À travers le monde, dans les démocraties occidentales, la crise du politique se traduit partout par la montée des populismes. On l'a vu en Europe, on le voit outre-Atlantique aux États-Unis, on le voit aussi en Amérique du Sud. Et donc, en fait, cette responsabilité, de mon point de vue, elle est partagée, mais nous en prenons aussi notre part.
Alors, une campagne présidentielle a toujours une thème, une thématique dominante, ça peut être la sécurité. D'après vous, qu'est-ce que ça va être ? C'est plutôt le pouvoir d'achat, plutôt l'international, au vu des crises nombreuses et variées ? et des tensions géopolitiques. Quel va être le thème central de cette campagne ?
n'ai pas de boule de cristal. Ce que je peux vous dire, c'est qu'évidemment, la situation géopolitique qui nous apporte chaque semaine, si ce n'est chaque jour, voire chaque heure, son lot de surprises, de rebondissements, pèsera certainement dans la tête de nos concitoyens. Je crois aussi qu'on est arrivé à un moment donné où tout le monde se rend compte que l'organisation de l'État-providence, de notre système de protection sociale, tel qu'elle l'a existé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, est arrivé finalement à un seuil et qu'aujourd'hui, il est indispensable. de reposer à plat ce système et j'espère que c'est ce qui sera l'objet de cette élection présidentielle.
Alors, il y a une question qui préoccupe beaucoup les Français, qui avait été la question numéro 1 en 2022 et qui pourrait l'être aujourd'hui encore en 2027, c'est celle du pouvoir d'achat et bien sûr par rapport à la flambée des prix à la pompe. Hier, le gouvernement a annoncé qu'il élargissait l'aide de 100 euros au grand rouleur à 5,5 millions de personnes. Il prolonge celle des pêcheurs, il va compenser les infirmiers et aide à domicile. C'est des mesures à 450 millions d'euros, mais on a le sentiment que la colère est là. Eh bien là, on a vu des blocages dans certains ports, des stations-service qui avaient été dégradées. Est-ce qu'une crise sociale en pleine campagne, une explosion de colère type gilet jaune, ça vous inquiète ?
D'abord, je voudrais dire que cette colère, on la comprend. Quand vous avez des pleins à plus de 100 euros, pouvoir les assumer financièrement, c'est une énorme difficulté pour beaucoup de Français aujourd'hui. Pour autant, il faut aussi avoir en tête ce qu'est la situation des finances de notre pays. Moi, j'ai souvent coutume de dire que l'argent n'a pas disparu. Cet argent qu'on a dépensé, qui a creusé nos déficits publics, c'est un argent qui a été mis quelque part aussi au service des Français. On peut interroger l'efficacité de la dépense publique, mais on ne peut pas laisser croire aux Français. français qu'on a jeté l'argent par les fenêtres. La deuxième chose, c'est que... C'est aujourd'hui, cette situation, elle nous conduit finalement à devoir être soucieux des données publiques et donc à avoir ces mesures qui sont ciblées. Et je crois que le gouvernement fait le bon choix. On se souvient qu'au moment du démarrage de la guerre en Ukraine, il y avait eu à la fois un choc énergétique, des mesures qui étaient très larges avec ces remises sur le carburant à la pompe à essence et que ça avait coûté extrêmement cher aux finances publiques. Ça avait contribué. de fait à creuser le déficit public. Donc, est-ce que la colère sociale peut exploser ? Je ne le sais pas. Elle est compréhensible, mais pour autant, je crois qu'elle a un dérivatif, qui est l'élection présidentielle, au fond, le moment suprême où on choisit.
Le problème, c'est que ces 450 millions d'euros, à la fois, on ne les a pas, puisqu'on essaye de faire tenir un déficit à 5% du PIB, et ce sera mission impossible, visiblement. Et en même temps, on n'est pas certain que ça apaise, comme vous le disiez, ce risque de colère sociale.
Si on se rappelle, je reviens à ces 8 milliards qui avaient été dépensés pour le bouclier énergétique. Pour autant, ça n'avait quand même pas eu de gain fantastique d'un point de vue électoral pour Emmanuel Macron. Ça n'avait pas forcément eu d'impact psychologique pour les Français. Et donc, on sait bien que c'est jamais assez quand on parle de pouvoir d'achat. C'est très difficile de satisfaire les Français. Et donc, de ce point de vue-là, est-ce qu'une colère sociale peut s'apaiser ? Je ne le sais pas. Ce que je sais, c'est qu'on a un moyen en démocratie de donner son avis. C'est de voter au moment d'une élection majeure.
Justement, hier, à votre place, nous avions Pierre-Henri Dumont, le porte-parole Bruno Rotaio, qui fustigeait Emmanuel Macron pour sa gestion des deniers publics. Il rappelait qu'il était passé à son arrivée d'un déficit à 3% du PIB à aujourd'hui 5%, voire plus 5,3, 5,4. On va voir ce qui va se passer dans le prochain projet de loi de finances. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
C'est l'hôpital qui se moque de la charité.
Vous voulez dire ?
Parce qu'en fait, ce sont les Républicains qui ont insisté. qui ont fait du chantage à la démission. pour obtenir cette fameuse remise à la pompe qui a grévé les comptes publics. Ça n'était pas l'intention initiale d'Emmanuel Macron et de son mouvement politique. Premier élément. Deuxième élément, c'est à nouveau les Républicains qui se sont fortement divisés quand on a essayé de faire la réforme des retraites. Une partie non négligeable du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale n'a pas voté cette réforme. Donc c'est quand même vraiment l'hôpital qui se moque de la charité quand il donne aujourd'hui des leçons de finances publiques.
Très rapidement, parce qu'il ne nous reste plus beaucoup de temps, on a l'impression que c'est... c'est les retraités, nos aînés, qui vont être un peu les dindons de la farce budgétaire du projet de loi de finances. On parle de non-indexation ou de sous-indexation pour certaines catégories. Est-ce que ce n'est pas eux qui vont payer l'addition, finalement ?
va tous payer l'addition, en fait. Donc, la question, c'est celle d'un effort qui est justement réparti. Aujourd'hui, ce qu'on dépense pour les retraites, c'est le premier poste de nos dépenses publiques. Et donc, on ne peut pas faire comme si ce téléphone au milieu de la pièce n'existait pas. Donc, une réforme structurelle sera nécessaire et tout le monde devra prendre sa part de l'effort.
Merci, Sivette Ndiaye, d'avoir répondu aux questions de Radio-G.
Merci
beaucoup, David. Demain, votre invité sera Clément Beaune, au commissaire à la stratégie et au plan.