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Bonsoir, rebonsoir à la France dans les crises des carburants. Le président de la République a pris la parole dans son interview tout à l'heure. Réaction, les nouvelles qui pourraient peut-être changer la donne. Vous êtes avec nous Daniel Obono, merci beaucoup. Député de la France Insoumise, Stéphane Manigold, président du groupe Eclor, patron de PME. Pierre Cazeneuve, député ensemble pour la République des Hauts-de-Seine. Merci à vous aussi. Catherine André, notre référence économique. Et Philippe Ballard, vous êtes avec nous en duplex, député de l'Oise, porte-parole du Rassemblement National. Merci à vous aussi. Les derniers chiffres, aidez-nous à les expliquer ce soir où on en est très exactement, Catherine André, avec une hausse qui apparaît continue. On a l'impression que les jours se suivent et rien ne semble arrêter la glissade.
Oui, et rien ne l'arrêtera à court terme, malheureusement, parce qu'on a toujours ce problème d'approvisionnement majeur sur notamment le diesel. C'est notre grande dépendance au diesel et aux importations, et on voit bien que du côté ukrainien, il y a des attaques qui ont visé la Russie, qui ont fragilisé les installations de raffinerie, et qu'au niveau du détroit d'Ormuz et de Babel-Mandeb, il n'y a pas de résolution. Donc on est sur des niveaux absolument records, records sur le diesel, notamment c'est vraiment... sur le diesel qui a le plus d'inquiétude parce que, en fait, finalement, quand on regarde le cours du diesel, il augmente encore plus rapidement que celui du baril.
Tout est mauvais dans cette histoire. Il y a ce qui se passe à Babel Wandeb et aussi le président de la République, ça m'a frappé dans son interview quand on lui dit est-ce que les bombardements énergétiques en Ukraine et en Russie comptent ? Il dit oui, ça a un impact aussi.
Bien sûr, ça a un impact absolument majeur parce qu'on estimait lors des derniers décomptes que 40 à 50% des capacités de raffinage russes avaient été endommagées. On pourrait parler aussi de la menace américaine de Donald Trump de dire qu'on va peut-être stopper nos exportations de pétrole raffiné vers l'Union européenne. Ça rajouterait encore des difficultés sur la table. Il n'y a pas de résolution rapide et il va falloir s'habituer au moins à court terme et à moyen terme à des prix très élevés en espérant. On ne va pas flirter aux 3 euros le litre.
Quelle solution ? Ce soir, le président de la République fait événement en disant que rien n'est exclu quand on lui pose la question de la baisse des taxes. Est-ce que c'est inévitable ? Et le fait que le président lui-même dise cela, baisse des taxes, c'est ce que propose le RN. Est-ce que ça a été un encouragement pour vous, Philippe Ballard, d'entendre Emmanuel Macron dire pourquoi pas ?
'est la seule solution. Ce n'est pas une marotte, mais c'est la seule solution parce qu'il y a la souffrance des Français. D'ici du mois, on fait le choix maintenant, soit on remplit son réservoir, soit on remplit son frigo. Et puis il y a un effet récessif qui se pointe à l'horizon. Donc il faut agir, il faut baisser la TVA de 20 à 5,5%. L'ancienne TICPE qu'on appelle Assise maintenant, puis on peut s'interroger aussi sur les certificats d'économie. énergie qui ont été épinglées par la Cour des comptes. Donc il faut redonner de l'oxygène aux ménages et puis il faut redonner de l'oxygène aux entreprises parce que sinon il y a un énorme, énorme, énorme effet récessif qui se présente à nous et là ça coûtera beaucoup plus cher que les 15 milliards d'euros de manque à gagner pour les caisses publiques cette baisse de la fiscalité.
Regardez le graphique, 52%, plus de 52% va effectivement dans les poches de l'État, alors certes pour être utilisé, mais réaction là-dessus, Pierre Cazeneuve ?
Déjà, je soutiens le choix qu'a fait le gouvernement de d'abord cibler ceux qui en ont besoin et le plus besoin. Les activités économiques très dépendantes du coût du pétrole, et donc les agriculteurs, les pêcheurs, les infirmières désormais. Évidemment, c'est être ciblé sur les gros rouleurs, ceux qui en ont le plus besoin. plus exposés aujourd'hui par cette haute des prix. Derrière une baisse généralisée comme le demande le Rassemblement National ou un blocage des prix, on sait bien qu'on n'en a pas les moyens. Mais pardon,
Maud Bregeon elle-même dit à 1,5 million de Français, 1,5 million de Français, c'est tellement compliqué tout ce magma bureaucratique d'aide qu'en fait il ne les touche pas, ça paraît inouï.
Objectivement, si vous avez testé ce simulateur et si vous êtes allé sur le site internet, il y a probablement un problème de communication, mais ce non-recours-là ne s'explique pas forcément par la complexité de l'accession à l'aide.
C'est-à-dire comme votre prélaisseur qui disait que les Français ne sont pas assez subtils ou je ne sais pas quelle formule ? Non, non, mais encore une fois, les gens ne
sont pas idiots. Il y a un truc qui ne marche pas, visiblement. Il y a forcément un truc qui ne marche pas, mais vous savez, le non-recours aux aides sociales, quelle qu'elle soit, c'est extrêmement courant et ce n'est pas uniquement sur ce dispositif. Donc, c'est plutôt des proportions, malheureusement, qu'on observe. Je pense qu'il faut qu'on accélère la communication dessus. Je pense qu'on en parle quand même beaucoup. Il n'y a pas un plateau télévisé, pas une chaîne de radio ou pas un journal dans lequel on n'évoque pas ce chèque grand rouleur et cette crise du pétrole qui nous impacte tous. Donc, je veux croire qu'à un moment donné, l' se diffuse le plus largement possible. Mais je pense qu'il faut rester, évidemment, le plus cible possible. Et ce qu'a rappelé le président de la République, je pense que ce qu'on a focalisé sur cette histoire de taxes, c'est aussi se rendre compte et faire la pédagogie autour du fait que ce n'est pas une crise qui n'est que française. Tous les pays européens, tous les pays du monde sont impactés. L'Allemagne est plus chère qu'en France. La solution ici,
Daniel Omono, réaction.
j'ai entendu le président de la République expliquer que ce qu'il fallait avant tout, c'était baisser les prix. Parce que la proposition du Rassemblement National est une fausse bonne idée. Baisser les taxes, ça veut dire baisser les moyens et les ressources du Trésor public. On va entrer dans un débat budgétaire et on va nous expliquer qu'il faut faire des coupes budgétaires et on va encore enlever de l'argent. En fait, c'est l'argent des Français, il faut rappeler de quoi on parle. C'est l'argent, vous l'avez montré, qui sert à financer nos dépenses. Donc en fait, c'est une fausse bonne idée. Nous, depuis le début, nous disons qu'il faut agir sur les marges. Parce que... Y compris si on baisse les taxes, on va s'enlever de la ressource, mais on n'est pas sûr qu'automatiquement ça se traduise par une baisse des prix parce que les distributeurs peuvent jouer sur leur marge, par exemple. Donc c'est à ce niveau-là, en fait, qu'il faut agir. La réalité, c'est que ça ne doit pas être les Français qui payent deux fois à la pompe et ensuite dans le trésor public, ça doit être ceux qui ont super profité. Nous le dirons encore et encore jusqu'à ce que ça fasse tilt chez le gouvernement. Et je pense qu'à un moment donné, ça va arriver parce qu'il se trouve... Qui a super profité d'après
vous
? Nous pointons ces choses-là. C'est ce qui est annoncé il y a quelques semaines sur les super profits faits par notamment Total et les pétroliers de manière générale. Vous plafonnez les
marges, ils vont aller vendre leur pétrole ailleurs. Vous savez déjà qu'on va manquer de diesel probablement dans les prochaines semaines. C'est un marché
important, Total fait presque. 25% de son chiffre d'affaires en France, ils ne vont pas
ignorer
le marché que ça représente. C
'est-à
-dire que Total, c'est un agent économique rationnel. C'est à un moment où vous plafonnez les marges. Quand on sait qu'il y a une tension majeure sur le diesel dans toute l'Europe, ils iront vendre une grande partie de leur production ailleurs. C'est contre-productif. On a bien vu que les plafonnements... de tout type de prix dans tout type de pays mène à des formes de pénurie. Donc on sait que ça ne fonctionne pas, le plafonnement. Le
plafonnement est mis en place en Grèce, par exemple, et il y a eu d'autres pays européens qui ont mis en place cette mesure. Et je rappelle qu'il ne s'agit pas de dire qu'il ne fasse plus aucune marge. On n'est pas là en train de dire qu'on va tout prendre. On va prendre sur ce qui a permis, y compris par de la spéculation, que... les profits soient exponentiels. Donc on dit que dans la crise, Total, il se trouve que c'est un groupe en plus français, il pourrait faire un geste de participer un peu mieux, pas à son bon vouloir, parce que le plafonnement, ils disent on va le faire comme nous on le dit. Le président,
lui, il dit qu'ils sont patriotes. Emmanuel Macron dit qu'ils sont patriotes. Non,
je crois que ça c'est une erreur et les faits le prouvent, puisqu'ils ne doivent pas être ceux qui décident en fait combien ils donnent, ça doit être le gouvernement. qui décident de jouer sur ces marges. C'est incompréhensible pour les Français de se dire qu'il y a des milliards qui profitent aux actionnaires parce que les dividendes sont versés de manière très dispensieuse. Et eux, ils sont en train de se serrer à la ceinture. C'est insupportable.
Madame Obono, combien coûte le plafonnement des prix à total depuis qu'il plafonne à 1,89 € ? Est-ce que vous le savez
Combien
300 millions.
Et il
leur reste bien ? Non mais... Total, boîte privée, plafonne, les prix, c'est 300 millions d'euros qu'il décide d'impacter sur le résultat. Est-ce qu'on peut dire à un moment, vive Total, vive la France ? C'est plutôt pas mal.
Et il leur reste combien ? 11 milliards.
Je vais prendre votre exemple. Je vais aller sur votre propos. Je ne vous ai pas coupé, j'aimerais pouvoir développer. Donc la
petite monnaie, ça va. Ce n'est pas ça qui va aider les Français. Madame Obono,
j'aimerais illustrer votre proposition de plafonner les prix à 1,70€. C'est à priori ce que vous proposez. La première semaine, qu'est-ce qui se passe ? 1,70€. Vous avez une ruée et des jerrycanes. Tout le monde va... vouloir aller foncer pour remplir. Si jamais ça saute, on va remplir des jerrycans. Donc vous avez une augmentation substantielle de la consommation. La deuxième... De la deuxième à la quatrième semaine, il y a une grande partie de notre gasoil qui est importée, comme vous le savez, et vous avez l'intégralité des pays frontaliers, c'est-à-dire l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne, qui vont se ruer vers chez nous. Là, le deuxième et le troisième mois, qu'est-ce qui va se passer ? Eh bien, il va se passer le rationnement. L'État va devoir décider à qui ce prix est configuré. Et finalement... On va arriver à ce que la Hongrie a fait en décembre 2022, c'est-à-dire certainement là où vous êtes inspiré de M. Urban, c'est-à-dire arrêter et de repasser à un système complètement fou, c'est-à-dire repartir à la hausse. Votre incantation qui est dans un premier temps de taper en continu sur Total, et moi je dis vive Total et vive la France, mais je sais que vous serez incapable de le dire, et je dis deuxièmement, votre proposition, elle conduit à qui paye, à une pénurie et à qui paye. Mais c'est arrivé, monsieur Orban, c'est peut-être votre modèle, mais il l'a fait.
Vous savez bien, c'est assez caricatural, monsieur Van Gogh. La situation en Grèce, ce n'est pas ce que vous décrivez. Pourtant, ils ont usé de cet outil-là. La question des périodes...
C'est un
exemple qui vient contredire l'espèce de scénario catastrophe décrit à l'instant. Je tiens à rappeler que la situation ce n'est pas la situation en Grèce. Et pourtant ce n'est pas un pays qui est dans la meilleure situation économique en ce moment. Je voudrais juste qu'on rappelle quand même qu'il n'y a pas besoin de faire des scénarios catastrophes. la situation des Français et des Françaises. Actuellement, elle est de plus en plus difficile. On parle du carburant, mais vous savez très bien que cette inflation sur les prix du carburant vont et sont déjà en train de se répercuter sur la question de la consommation. Donc ce n'est pas la proposition de la France insoumise qui
met
aujourd'hui les Français dans une situation qui n'est pas de la science-fiction, qui est leur réalité. et qui est celle d'une difficulté de plus en plus grande. C'est le résultat de la politique de M. Macron que vous soutenez. J
'insiste, il faut être un peu court et laisser l'autre répondre, c'est une discussion, c'est intéressant d'avoir l'argument contre argument à chaque fois. Ça ne vous aura pas échappé depuis quelques années. Est-ce que l'impôt sur la fortune va revenir ? La Cour des comptes propose le retour de l'ISF, expliquez-nous ça Catherine André, on pensait que la chose était enterrée, et c'est la Cour des comptes, c'est pas la France Insoumise en l'occurrence, c'est plutôt une bonne nouvelle pour vous. Alors
c'est une nouvelle forme d'ISF, parce que ça ne serait pas l'ISF. comme on l'a connu, ce serait effectivement un prélèvement, ce qui est proposé de 0,5% sur les patrimoines. On ne parle pas du patrimoine immobilier, parce qu'à l'IFI, le patrimoine, notamment par exemple financier, de plus de 5 millions d'euros, avec un rendement qui serait évalué à 1,4 milliard d'euros. Ce serait donc une nouvelle contribution, mais sur le patrimoine, grosso modo, financier, si vous voulez, des Français les plus fortunés. Mais ce n'est pas l'ISF ressuscité, mais ça s'ajouterait donc à l'impôt sur la fortune immobilière. On est un peu comme un hamster bloqué dans la roue. C'est-à-dire que nous, en France, on ressuscite sans cesse la question de la taxation des plus riches en pensant que, éventuellement, cet impôt, les plus riches ne vont pas optimiser. Bien sûr que si, si vous imposez... Mais bien sûr qu'ils partiront. En plus, on parle d'assurance-vie, on parle de trésorerie, on parle de crypto-monnaie. placer leur argent ailleurs. Ça ne fonctionne plus de taxer les plus riches. On l'a vu sur les dernières contributions notamment qui ont été mises en place. Le rendement n'est jamais le rendement attendu.
C'est-à-dire qu'on rajoute, je découvre cette valeureuse idée de la Cour des comptes, ça s'ajoute donc à ce qu'on appelle à l'IFI, l'impôt sur la fortune immobilière. Nous, on y est farochement opposé parce que nous, on est pour l'ancrage dans le territoire. Mais comme Emmanuel Macron, lui, il est pour un monde liquide, évidemment, il veut taxer tous ceux qui sont propriétaires. Non, mais en France, on est à 44% de prélèvements obligatoires, 56% de dépenses publiques. On est les champions du monde, on ne va peut-être pas, pardon, mais en rajout. Nous, on avait voté un amendement l'an passé lors de la discussion budgétaire qui venait du Modem. Ce n'est pas des dangereux gauchistes, ça s'apparentait à ce que nous, on appelle l'impôt sur la fortune financière. On ne vise que la spéculation. C'est-à-dire qu'on excluait, alors on supprimait l'IFI déjà, on excluait de cet impôt sur la fortune financière, résidence principale, tous les biens professionnels et tous les biens qu'on met en location avec un seuil de déclaration. déclenchement de 1 300 000 euros. Mais une fois donc, retirer résidence principale, biens professionnels et tous les biens qu'on met en location. Ceux qui sont les mieux logés peuvent, en ces temps difficiles, faire un petit effort. Ça peut s'entendre, mais taxer encore davantage, c'est purement français. C'est bienvenu chez les dingos. On en rajoute une couche.
C'est la démonstration de ce que je vous disais tout à l'heure. À force, nos propositions finissent par s'avérer être les plus raisonnables. Parce que nous, ce que nous disons depuis longtemps, on parle là de rétablir un élément de justice sociale, d'une part, qui va permettre de dégager les ressources dont on a besoin. Donc, et ça revient encore une fois à ce qu'on explique, le problème aujourd'hui, ce n'est pas une question... de dépenses, les dépenses répondent à des besoins, c'est une question de ressources. Et oui, nous considérons qu'il faut introduire plus de justice sociale. Vous l'avez dit, la Cour des comptes, ce n'est pas l'Institut La Boétie, l'Institut de la France insoumise. Est-ce qu'ils
ont une couleur politique, cela dit, la Cour des comptes ? Ils ont le droit, tout le monde peut avoir des couleurs politiques. Je pense qu
'y compris nous sommes des fois assez critiques de ce qui est proposé par la Cour des comptes, mais moi je voulais revenir sur ce que vous avez dit. Moi je ne suis pas d'accord de considérer, y compris en tant que responsable politique, que c'est normal que ceux qui ont le plus bénéficié des 10 ans de M. Macron, qui sont dans une situation quand même d'extrême... Ceux qui ont le plus bénéficié, quand on regarde les baisses de
taxes, ça a été tous les Français, notamment avec la suppression de la taxe d'habitation, ne sont pas les plus riches.
des études publiques montrent que ceux qui ont le plus bénéficié ce ne sont pas les classes moyennes ni les classes populaires c'est des ultra riches et que vous disiez que ils vont s'en aller et puis on considère bon bah tant pis mais c'est factuel c'est
facile de dire on
va taxer mais
si le rendement
n'est pas là je parle souvent plus longtemps parce que vous avez
une pensée
plus
complexe Je vais juste
terminer. Terminer et ensuite laisser répondre. Je ne suis pas d'accord de considérer que quand la majorité, les classes moyennes, qui, elles, sont concernées directement par les augmentations d'impôts, font leur devoir républicain, font leur devoir citoyen, on puisse considérer qu'on laisse faire une minorité qui ne participerait pas à l'effort collectif. Et je crois que c'est de la responsabilité des politiques, c'est notre rôle. Sinon, à quoi on sert ? De faire en sorte... que la justice sociale soit mise en place et appliquée. Et pour ça, il faut des moyens pour l'État, il faut des inspecteurs des finances qui fassent en sorte que ceux qui veulent échapper à l'impôt ne puissent pas le faire pour participer à l'effort collectif.
La Cour des comptes dit des choses souvent formidables, mais elle peut aussi dire des bêtises, parce que dans ce même rapport, elle parle de raboter le pacte d'Utreil. Notre boulanger, votre boulanger de quartier, qui veut transmettre son entreprise 500 000 euros. Aujourd'hui, il paye 3 200 euros de taxes. Demain, avec ce que préconise la Cour des comptes, c'est 20 700 euros. Vous pensez vraiment que c'est une bonne idée ?
pense qu'il y a beaucoup de choses dans le parc d'Utreil qui participent justement des tentatives d'évasion fiscale. Le boulanger, il ne va pas faire une évasion fiscale. Ce n'est pas total. Je vous parle du boulanger qui transmet
à son enfant 500 000 euros. Aujourd'hui, c'est 3 000 euros. Demain, pardon. Je veux bien, madame Obonneau, répondez précisément. Arrêtez
votre
fixation sur les super-riches. Moi, je vous parle d'une PME, d'une TPE. Oui, c'est toujours les mêmes. Les super-riches, vous voulez taxer tout ça. On a compris. Le boulanger, 500 000 euros.
Votre question est toujours la même. Pour notre part, nous avons soutenu le fait de réviser les conditions du parc du travail pour éviter que ça ne serve à ceux qui ne sont pas les petits boulangers dont vous parlez. Parce que c'est facile de mettre en avant les petits boulangers qui seraient... Mais il faut le taxer plus, celui-là en l'occurrence. Attendez, je peux vous
poser une question ? – Non, ce petit boulanger, en l'occurrence, il a 500 000 euros, c'est ça ? – 500 000 euros, c'est 2300, c'est plus de 20 000 demain. – Est-ce que lui, vous considérez qu'il faut le taxer plus aujourd'hui ? – Eh
bien non, c'est ce que j'essaie d'expliquer. Nous, nous ne sommes pas favorables à restreindre les possibilités pour les petites entreprises, pour les TPE, de ce point de vue-là. Nous sommes d'ailleurs pour une justice, une meilleure justice sociale entre les entreprises et faire en sorte qu'il y ait plus de péréquations et qu'on révise l'impôt sur les sociétés qui est très inégalitaire. Donc nous, notre logique n'est pas celle-là, mais je redis sur… le parc du treil, et c'est les débats qu'on a eu à chaque débat budgétaire, c'est qu'il y a des dispositifs dans les parcs du treil qui ne bénéficient pas aux petits boulangers, mais justement à ces ultra-riches qui utilisent des dispositifs fiscaux pour ne pas faire leur devoir républicain. Est-ce qu'il y a
un tabou sur la richesse en France ? Regardez le cas de Mathieu Pigasse, patron de gauche, qui l'assume d'ailleurs tout à fait, il a répondu à France Inter en expliquant qu'on ne fait pas vœu de pauvreté parce qu'on est de gauche, on est pour l'égalité, mais on a le droit d'avoir une... fortune, c'est pas indissociable. Sa compagne a réagi très vertement sur Twitter au fait que, c'est le calard enchaîné qui avait épinglé ses vacances à 400 000 euros. Alors il était je crois à l'île Moustique, qui est une sorte d'île lointaine et chaude, avec des vacances effectivement très chères. La nuit à 23 000 euros. Je sais pas comment on dépense 23 000 euros pour une nuit, mais je crois que c'est des villas. Et si vous avez des nuits à 23 000 euros quand vous partez en vacances, non ?
Vous êtes pauvre, alors, regardez, je
suis entouré de pauvres, moi qui croyais. Tu as raté ta vie, si tu n'as pas ta vie là, à l'île Moustique, pour les vacances. J'aimerais votre réaction là-dessus, parce que, de façon assez verte, la campagne dit, au fond, vous êtes des jaloux. dit sur Twitter, vous n'enquêtez plus, vous fouillez, vous fantasmez, vous recyclez. Une bande de jaloux frustrés, sans sujet, sans élégance et visiblement sans aucune dignité professionnelle. Et suit la phrase qui a suscité beaucoup de réactions quand elle dit, pendant que nous vivons, avançons et faisons de la moula. Vous connaissiez l'expression faire de la moula ? Vous nous surveillez et c'est bien ça qui vous rend dingue. Vous passerez votre vie à regarder les autres réussir parce que vous n'avez jamais su faire autre chose. Est-ce qu'elle a raison dans son genre de dire, allez jaloux, vous êtes jaloux parce qu'on fait de la moula ?
y a un vrai problème. Je ne suis pas du tout les propos de cette dame, mais il y a quand même un vrai problème sur la perception de la réussite financière en France. Dès qu'on parle de millionnaires, de milliardaires, ce sont les grands méchants. Excusez-moi, mais là où il y a des millionnaires et des milliardaires, c'est là où il y a des leviers de croissance importants et on se rend compte que la croissance, elle est où ? Elle est aux Etats-Unis et c'est là où il y a le plus d'ultra-riches. Donc oui, il y a une détestation des riches en France qui est une détestation bien française.
Philippe Ballard, que Mathieu Pigasse ait des vacances à l'île Moustique à 434 000 euros, c'est une semaine, je crois, c'est ça
encore une fois, j'ai pas mal un plaisir à l'erreur de cette activité du canard enchaîné, je l'avoue, puisque Mathieu Pigasse... qui entre parenthèses quand même, parce qu'il y a une dimension politique dans cette affaire-là, il n'y a pas juste, on nous surveille parce que nous on a réussi, voilà. Bon, il a fait ton combat contre le Rassemblement National. Il passe son temps à nous donner des leçons de morale. Il va à la fête de l'humanité débat, bon, pourquoi pas. Il nous vend ses valeurs de gauche, mais enfin une valeur de gauche quand on paye sa chambre d'hôtel 23 000 euros par nuit. Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment une valeur de gauche. Alors oui, qu'il soit dans l'œil du cyclone, même si c'est dans l'œil du cyclone où la situation est la plus paisible, c'est quand même la moindre des choses. Il faut arrêter que ces gens-là, pardon, je vais être un peu grossité, se foutent de la gueule du monde. Voilà, Mathieu Pigat se fout de la gueule du monde. Moi, je voudrais bien que vous enquêtiez un petit peu sur les marches qu'il se fait avec MediaOne quand il produit des émissions sur le service public. Il y a eu un rapport, celui de Charles Lalonde, qui s'est penché sur la question. Il s'en met plein les poches. Philippe Ballard, vous êtes
responsable de vos propos. De toute façon, les gens ont le droit de faire des affaires. S'il y a un marché, ce n'est pas parce qu'on est de gauche qu'on ne fait pas d'affaires.
Monsieur Ballard, après sa carte chez Monsieur Mélenchon, je le note. Non, par contre, si Monsieur Pigat se souhaite passer des vacances à 400 000 euros, moi je suis très heureux qu'il les passe, mais c'est son argent. Premièrement, mais je veux bien faire son guide touristique et lui indiquer de belles destinations en France, en Corse, ce qui est très beau, ce qui aurait permis dans ces 400 000 euros de récupérer 80 000 euros de TVA, puisqu'il y a 20% de TVA là-dessus. Ça aurait fait du bien au compte public, puisqu'il est à un pourfondeur de la restructuration de la dette. c'est bien s'il passe ses vacances et qu'il dépense son argent en France. Vous voyez, moi, je ne suis pas... Tant mieux s'il a les moyens de dépenser cet argent, j'aurais préféré qu'il le dépense chez nous. C'est une façon d'être un peu plus patriote, cher M. Ballard.
Daniel Obono, si vous avez invité sur l'île Moustique, à mon avis, il fait très chaud, ça va être désagréable. Enfin, chacun aime les goûts de vacances. Moi, j'aime mieux la vallée de Chevreuse. Est-ce que vous sauriez aller sur l'île Moustique, Darius ? J'aime bien
passer mes vacances en France également, mais la question n'est pas d'un comportement personnel. Moi, je crois que je ne suis pas d'accord avec l'idée. que c'est grâce aux milliardaires, aux ultra-riches, qu'il y a de la valeur, etc. C'est la conséquence, les milliardaires et les millionnaires. Je peux finir ? Alors, ça fait deux secondes que je parlais, là ça y est. Là, c
'est vous qui avez raison. Je vous donne le point.
Donc, non, et vous voyez, ce n'est pas parce que M. Pigasse ait dit de gauche que je change la vie et que nous changeons la vie sur notre conception, mais à la fin des fins, ce n'est pas parce qu'on a beaucoup d'argent qu'on ne peut pas aussi considérer qu'on peut vivre heureux. très très riches dans un océan de malheur. Et moi, les milliardaires et les ultra-riches qui sont prêts à partager et à plus de justice sociale, il y en a. Monsieur Pigasse n'est d'ailleurs pas le seul à avoir déclaré qu'il fallait changer et qu'ils étaient prêts à... A payer par exemple l'ISF.
Je termine
là-dessus. Y compris aux Etats-Unis d'Amérique, plusieurs personnalités très très riches qui soutenaient par exemple M. Bernie Sanders avaient fait des déclarations. On disait que l'extrême inégalité qui sévit aux Etats-Unis avec des très très riches et des très très pauvres était insoutenable. Donc je trouve très bien que des ultra riches soient prêts à... plus de justice sociale, même si je pense que l'extrême richesse est problématique.
Sur le fond, à quel point on est égalitariste ? Est-ce que vous, ça vous choque que des gens, c'est leur argent, c'est leur liberté totale, mais est-ce que ça vous choque que Mathieu Pigasse se paie une nuit à 23 000 euros ?
Mais écoutez, je pense que... Ça vous
choque ou ça vous choque pas ?
Moi, je pense que l'extrême richesse est problématique. Donc je le redis. Mais ça vous est
désagréable de l'entendre ? Vous dites que c'est son argent, il fait ce qu'il veut.
Oui, mais il se trouve qu'il fait ce qu'il veut parce que c'est son argent. Mais ça ne veut pas dire qu'on peut... Non, non, excusez-moi. Il n'a pas encore voté, ce n'est pas encore les élections, mais la question c'est, je pense que c'est immoral d'avoir autant d'argent dans un monde.
Vous êtes très fort pour faire bégaler. Absolument pas,
je viens de vous dire que je pense, et nous pensons et nous ne changeons pas d'avis là-dessus, ne vous en déplaise, que c'est immoral d'avoir autant d'argent. Ce que je dis sur la passion, vous disiez le tabou des gens, etc. Non, je ne crois pas, je crois que c'est très sain que dans notre pays, il y ait une passion pour l'égalité. Et que les gens ne supportent pas, ce que les gens ne supportent pas, c'est de voir... autant de richesses dans un pays où il y a 10 millions de pauvres. C'est ça que les gens ne supportent pas. Et moi, je trouve que c'est très ça, effectivement, de considérer qu'en fait, non, on ne peut pas supporter un monde pareil.
Non, si Mathieu Pigasse a un appétit extraordinaire, vous savez, je le vois un peu comme à la sortie du collège, vous avez toujours quelqu'un qui vous disait, tiens, va-toi sonner, et comme ça, on court tous, va sonner chez la voisine. C'est un peu Mathieu Pigasse, il dit, il faut taxer les riches. Il y a un article du code fiscal qui permet à M. Pigasse de faire des dons sans attendre que tout le monde paye. Il n'est pas obligé de dire à tout le monde de payer. Il peut montrer le chemin. Soyons honnêtes, il disait sur notre antenne qu
'il ne payait pas l'ISF mais qu'il souhaitait le payer, qu'il espérait le payer. Donc il est tout à fait cohérent de ce point de vue-là. Regardez ce qui se passe.
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